‹ Pathogénie, marche, terminaisons du tétanosChapitre 11 sur 11 · IM · texte numérisé non relu

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Malgré son trismus, le malade a pu avaler hier quelques gorgées de bouillon.

Les bras ne sont pas contractures. La langue peut être un peu sortie hors de la bouche. Les yeux s'ouvrent difficilement. Géne de la parole.

Les muscles convulsés ne sont pas douloureux. Les accès de spasmes convulsifs sont rares et courts.

De temps à autre, il y a rémission partielle de la contracture durant une ou deux minutes.

Mais cette rémission cesse aussitôt qu'on vient à toucher un muscle non contracturé, et est suivie de contractures spasmodiques assez douloureuses.

Les globes oculaires ne sont pas agités de mouvements convulsifs. Légère contracture des muscles abdominaux.

11 n'y a pas de vomissements, ni de diarrhée. Miction facile. Pas de céphalalgie; la peau est sèche; l'intelligence intacte. Pas de fièvre. Insomnie.

Temp. axill. 38o,3. Pouls 84.

Traitement. Bains de vapeur dans le lit. Julep avec 3 grammes de chloral. Bouillon.

Le 13, l'opisthotonos a augmenté; les jambes son raides; les genoux ne peuvent être fléchis. Trismus plus marqué. La parole est presque impossible.

Les accès sont plus intenses.

La peau chaude est couverte de sueurs.

La miction est un peu gênée.

Pouls 100. Potion avec 4 grammes de chloral. Bain de vapeur.

Le 14, les pectoraux et les muscles de l'abdomen sont contracturés. Les membres su)3érieurs sont libres. Le malade dit qu'il n'urine pas, mais la vessie n'est pas distendue. Insomnie. Temp. 38'', 2. Pouls 104. Prescription, 5 grammes de chloral.

Le 15. Hier soir, le malade a été sondé; il y avait peu d'urine dans la vessie. Ce matin, la miction est facile. Il y a une légère détente, et le malade est à peu près dans le même

état que les premiers jours. La parole estplusfacile; ily a moins de dysphagie ; la respiration est aisée. Langue blanche. Pas de garde-robe depuis le 12 septembre. La sensibilité est intacte. Le malade, qui a pris hier un peu de bouillon, espère pouvoir en prendre aujourd'hui davantage. Légère épistaxis, ce matin. Pouls 80. Temp. 38°, 2. Chloral 6 grammes. Même traitement.

Le 16, amélioration légère. Le malade a dormi un peu cette nuit. Opisthotonos. Légère contracture des pectoraux et des muscles de l'abdomen.

Le membre inférieur gauche remue facilement; il est dans l'abduction et dans la flexion. Le membre inférieur droit ne peut être remué. Les membres supérieurs sont un peu pris ce matin. Trismus moins marqué. Depuis hier, la vessie n'a pas été vidée. Constipation. Moins de dysphagie. Sueurs abondantes. La parole est toujours gênée. Epistaxis, ce matin. Les spasmes sont moins fréquents. Tempér. 37°, 8. Pouls, 92. Hydrate de chloral 7 grammes.

Le 17. — Trismus moindre, pas de garde-robes, même opisthotonos; lavement simple samedi soir resté sans effet, lavement au miel de mercuriale, sans effet également, même état des muscles des jambes et de l'abdomen; somnolence; absence de sucre et d'albumine dans les urines. Hydrate de chloral, 8 grammes; température, 37,8; 72 pulsations; 30 grammes de sulfate de soude demain matin.

Le 18. — Trismus et opisthotonos moins considérables, pas de garde-robes, somnolence moindre, muscles abdominaux detendus, la jambe droite remue aussi aisément que la gauche; sommeil cette nuit; contractures de plus en plus rares; température, 38,1 ; 80 pulsations; hydrate de chloral, 9 gr.

Le 19. — Opisthotonos et trismus, sommeil cette nuit, somnolence ce matin; muscles pectoraux, abdominaux et des jambes fortement contractés ; sueurs moins abondantes ; soif intense; contractures plus rapprochées, sensibilité moins vive, il ouvre les yeux et parle moins facilement; pas de garderobes malgré le sulfate de soude, miction facile ; 84 pulsations, température 38,3; même traitement. Le soir, à la

visite de 4 heures, coma profond, on supprime la potion au chloral.

Le 20. — Amélioration; contractures moins fréquentes, opisthotonos, trismus, moins de contracture des jambes, des muscles pectoraux et abdominaux ; pas de céphalalgie, épitaxis ce matin; il ouvre bien les yeux, sommeil la nuit, somnolence le matin; 84 pulsations; température 38°.

Le 21. — Trismus. opisthotonos, contracture des muscles pectoraux et abdominaux toujours la même; jambe droite plus contracturée que la gauche, les yeux s'ouvrent difficilement, sommeil, somnolence le jour, sueurs, pas de céphalalgie, pas de garde-robes; 120 pulsations pendant les accès de contracture; 96 entre les accès; température 38,2. Bains de vapeur; hydrate de chloral, 8 grammes.

Le 22. — Pleurosthotonos gauche, mouvements latéraux de la téie moins étendus, trismus, même état des autres muscles ; sommeil et somnolence; 92 pulsations, température 38,1. Chloral, 9 grammes. Même traitement.

Le 23. — Même état musculaire qu'hier; bras droit légèrement contracté; parole difficile; délire; il ouvre difficilement les yeux; somnolence considérable; 124 pulsations pendant les accès, 108 entre eux; température 38,3; chloral, 8 gr.

Le 24. — Température 38,1 . Pulsations 92 très-variables. Même état musculaire; pleurosthotonos gauche, contractures plus fréquentes; lavement simple le samedi soir, rendu le dimanche matin; somnolence, bras libres.

Le 23. — Bras libres dans le sommeil. Détente, sauf un peu d'opisthotonos. Dans la veille, même état de contraction; un peu de sommeil la nuit, 1 04 pulsations, température 37,8; même traitement.

Le 26. — Température 38,7; 96 pulsations; meilleur état musculaire, mouvements dans le lit, abdomen mou, trismus moindre, mouvements latéraux du cou possibles; pectoraux détendus, mouvements des bras libres, pas de garde-robes. Panade, bouillons.

Le 27. — Etat musculaire idem, pectoraux plus contractéSj

un peu de toux, difficulté de cracher; bouillon; iOO puis.; température 38,2, pas de garde-robes, épitaxis hier soir. \ gr. sulfate de quinine en 3 paquets de 6 en 6 heures, potion avec hydrate de chloral, 8 gr. Etat moins satisfaisant que les jours précédents.

Le même jour, à la visite du soir, contracture considérable, accès surtout si le malade tousse; pectoraux contractés; bouillon le matin, oeuf à la coque à 6 heures du soir; à 8 heures 1/2, les convulsions redoublent ; voies aériennes embarrassées par des mucosités que le malade ne peut rejeter; sueurs abondantes; à 9 heures, mort subite.

Autopsie. — 36 heures après la mort. Vendredi 29 septembre, trois semaines après le début.

Dure-mère crânienne congestionnée; par des coupes faites dans le cerveau en tous sens, on s'assure que l'organe est sain; il en est de même du cervelet et du bulbe; dure-mère rachidienne légèrement injectée. Des coupes transversales dans toute la hauteur de la moelle à un centimètre environ les unes des autres, ne dénotent aucune lésion; substance médullaire parfaitement saine, non ramollie. Les organes de la cavité abdominale n'ont pas été particulièrement examinés, aucun trouble n'étant survenu de ce côté. Le cœur ne présente rien de particulier; poumons fortement congestionnés.

Ce qu'il y a de remarquable ici e'est la durée de la maladie; la mort n'est arrivée que trois semaines après le début de l'affection; la marche de celle-ci a-t-elle été retardée par le traitement, cela est probable; remarquons l'effet du chloral, la dose de 9 grammes ordonnée un jour a amené un état de somnolence tel qu'on a dû la suspendre le lendemain. Remarquons enfin que la maladie suivait une bonne voie et que l'on pouvait peut-être espérer une heureuse terminaison, quand tout ;/ coup, en moins de 12 heures, des troubles repiratoires suiii survenus qui ont emporté le malade*

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