‹ Pathologie de Honoré de BalzacChapitre 14 sur 15 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

I. Honoré de Balzac, l'illustre romancier de la Comédie humaine, avait une constitution robuste. Son père, qui était d’origine terrienne, possédait un tempérament sanguin et vigoureux : il est mort accidentellement à 82 ans. Sa mère, Parisienne, présentait les caractères d’une hyperthyroïdienne. Elle est morte dans sa 76€ année, quatre ans après son fils Honoré. Les ascendances paternelle et maternelle de Balzac le

prédisposaient à la longévité.

II. On ne relève, ni dans son enfance, ni dans sa jeunesse, de maladie grave. Ses portraits le montrent

sous un aspect floride. Lui-même se sentait plein de vigueur et avait la conviction qu'il vivrait très vieux.

Un de ses contemporains l’a comparé, sous le rapport

de la santé et de la gaîté, à un « sanglier joyeux ».

III. Quand ïl était plongé dans ses productions littéraires, Balzac observait une hygiène spéciale il ne dormait que 5 à 6 heures, mais il mangeait très peu, surtout des fruits, buvait du café très fort, un

peu de vin de Vouvray, prenait tous Îles jours un bain

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d’une heure. Le surmenage intellectuel et labus du café étaient certains. Mais ils ne suffisent pas à expliquer le mal qui causera sa mort à l’âge de 50 ans. En dehors des périodes de création intellectuelle, Balzac menait large vie, était gros mangeur, voyageait beaucoup. Sa constitution pléthorique est attestée par sa corpulence frisant l’obésité, son teint coloré, son

double menton et son cou puissant.

IV. A partir de 1832, on relève dans sa correspondance qu'il se plaint de céphalée fréquente et de vertiges. On peut suivre alors la marche progressive d’une affection dont le grand symptôme évident est l’hypertension.

D'où vient cette hypertension ? Le surmenage, l’abus du café, la pléthore chez un sujet enclin à l’obésité, sont des facteurs certains et importants, mais qui malgré tout, restent secondaires. Ils ne suffiraient pas à déterminer une grande hypertension chez un homme encore Jeune et robuste.

Quelques années avant la mort de Balzac, nous voyons déjà s'installer la maladie qui l’emportera. C'est une insuffisance aortique d’origine artérielle, le type classique de la maladie de Hogdson. En effet, nous, ne trouvons chez lui ni passé rhumatismal, ni endocardite infectieuse. Son âge, son faciès plutôt

vullueux, son aspect physique, et les signes qu'il

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décrit dans ses lettres, sont en faveur de la maladie de Hogdson. Dans ce cas, c’est la spécificité qui est en cause. Cliniquement, tout la requiert et nous permet de supposer son existence. Ajoutons qu’au point de vue psychique et intellectuel, elle cadre bien avec l’intensité de développement des facultés intellectuelles qui aboutit à la prodigieuse création de la Comédie humaine. Aucun autre écrivain n'offre, dans un temps

aussi court (vingt ans), une pareille fécondité et d’un

pareil génie.

V. L'excitation cérébrale et l’atteinte artérielle, d’origine spécifique, ont usé précocement Balzac. L’aortite a déterminé l’hypertrophie du cœur. Puis la défaillance cardiaque s’est accompagnée d’accidents pulmonaires (dyspnée, œdème aigu du poumon), de congestion hépatique, d’æœdème des membres inférieurs et d’albuminurie. Pendant plus de deux ans, la nature vigoureuse de Balzac a résisté. Enfin, l’asystolie est devenue irréductible et la crise terminale à

enlevé le grand écrivain dans sa cinquantième année.

Vu : le Doyen, Vu : le Président de la Thèse, TIFFENEAU. TANON.

Vu et permis d'imprimer :

Le Recleur de l’Académie de Paris, ROUSSY.

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