‹ Pathologie de Honoré de BalzacChapitre 9 sur 15 · PRESS · texte numérisé non relu

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En 1832, il fit une chute de diligence. I] se rendait à Aix et, à Thiers, en montant sur l’impériale, son pied glissa sur le marchepied d’en haut, et le fer lui fit «un petit trou à l’os de la jambe droite ». Il dut interrompre son voyage et se fit soigner à Voreppe, chez le docteur Rome, dont il a transposé en partie l’originale figure dans le docteur Benassis du Médecin de campagne.

L'année suivante, il se plaignait de maux de tête. Son médecin, le célèbre docteur Nacquart, dont M. Marcel Bouteron a publié la correspondance avec Balzac dans les Cahiers balzaciens (n° 8, 1928), le condamna à l’inaction et au repos total.

« — Oui, docteur, lui répondit Balzac, si je faisais excès sur excès ; mais, depuis trois ans, je suis chaste comme une jeune fille; je ne bois jamais ni vin, ni liqueur ; mes aliments sont pesés, et la recrudescence de ma névralgie apaisée venait moins de travail que de chagrin ».

En octobre 1836, il écrit à Mme Hanska : « Il y à plus d’un mois que je me lève à minuit et me couche à 6 heures, que je me suis imposé la plus stricte nourriture qu’il faille pour vivre, afin de ne pas envoyer au cerveau la fatigue d’une digestion ; eh bien, non seulement je sens des faiblesses que je ne puis décrire, mais tant de vie communiquée au cerveau que j'en éprouve

de singuliers troubles ; je perds parfois le sens de Ja

os

verticalité qui est dans le cervelet ; même dans mon lit, il me semble que ma tête tombe à gauche ou à droite, et je suis, quand je me lève, comme emporté par un poids énorme qui serait dans ma tête ».

Quelques mois plus tard, le docteur Nacquart exigea qu'il allât se reposer en Touraine. Dès lors, dans de nombreuses lettres, il se plaint de maux de tête. En mai 1840, il écrit à une correspondante qu'il est atteint de « névralgies cérébrales causées par un coup d'air reçu sur le chemin defer ». L'année suivante, le docteur Nacquart le condamne « à un bain de trois heures par jour, à boire quatre pintes d’eau, à ne pas se NOUITIT ».

Le docteur Roux, consulté en 1844, lui conseille, pour faire cesser les maux de tête, de voyager à pied.

Puis les maux de tête se compliquent de douleurs au foie. On lui applique des sangsues et des vésicatoires. Le docteur Nacquart le supplie de renoncer à ses « débauches de cervelle », lui prédisant que cela finira par quelque chose de fatal. « Vous y crèverez ! », lui dit-il un jour.

Balzac se plaint de perdre la mémoire. Ses cheveux blanchissent et tombent par poignées. Enfin, il respire avec peine, et il lui semble qu'il souffre de la poitrine.

Retenons ce détail. Il a son importance.

En septembre 1848, il se rend en Pologne chez

Mme Hanska. Le 6 novembre, il écrit à sa mère qu’il a été « attaqué » si vigoureusement par une espèce de bronchite aiguë, qu'il est resté dix jours sans pouvoir ni écrire, ni sortir. Il ajoute : « J'ai été bien malade, avant la bronchite; mais, au moment où je t’écris, il y a un tel mieux dans le cœur et dans le poumon, qu'il faut croire que ces deux maladies successives ont été des crises heureuses pour la grande affection chronique que traite le docteur. Maintenant, il n’y a plus que les mouvements de haut en bas et les mouve-

ments des bras qui déterminent des étouffements ».…..

Comment interpréter ces maux de tête dont se plaignait Balzac depuis plusieurs années et auxquels s'ajoutent maintenant des complications cardiaques, pulmonaires et hépatiques ?

A notre avis, le surmenage intellectuel et l’abus du café ne fournissent pas une explication suffisante. D’après les symptômes recueillis à travers sa correspondance, il nous paraît évident que Balzac souffrait d’une hypertension qui entraînait une insuffisance cardiaque, certains signes d’angor pectoris et des accidents d’œdème pulmonaire.

Le 3 mars 1849, il donne ces précisions à sa sœur Laure : «… L'hiver ne nous a pas épargnés ici : nous avons eu les froids de 1812, et j'ai été pris à Kiev d’un

quatrième rhume qui m'a fait longuement et cruelle-

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