TUMEURS DU TESTICULE
Diagnostic des tumeurs du testicule.
Nous dirons plus tard comment on distingue les tumeurs des enveloppes de celles du testicule. Nous supposons ce point connu , et nous établirons le diagnostic différentiel entre toutes les tumeurs de la glande elle-même. Ce diagnostic, il faut le reconnaître, est hérissé , dafis la plupart des cas, des plus grandes difficultés.
Le plus fréquemment, dans les hôpitaux et dans la pratique, on a affaire à un testicule syphilitique^ cancéreux ou tuberculeux^ rarement à des kystes ou à un fongus , exceptionnellement à une tumeur fibreuse^ calcaire^ cartilagineuse^ ou à un kyste fœtal. On arrive au diagnostic de ces tumeurs exceptionnelles par une grande habitude, ou après une étude approfondie du malade, qu'il faut examiner à plusieurs reprises. Parlons des cas ordinaires.
La plupart de ces tumeurs présentent des caractères à peu près semblables. Elles sont plus ou moins dures, peu ou point douloureuses; souvent leur surface est irrégulière, et l'on hésite à se prononcer.
C*est par Texamen minutieux de chaque symptôme local, des symptômes généraux et des antécédents, qu'on se fera une opinion un peu solide.
Le siège de la tumeur est important à connaître. Les deux testicules sont affectés ordinairement dans le testicule syphilitique, quelquefois dans le tuberculeux. Mais le cancer, le fongus, les kystes, n'affectent qu'une seule glande.
Au début, si la tumeur siège à la tête de Tépididyme d'un seul côté, on pourra songer au tubercule , et il faudra éviter de prendre pour tel une induration de Tépididyme résultant d'une orchite.
Si la tumeur débute au centre de la glande, ce peut être un cancer.
Si elle lui est exactement superposée, c'est souvent un kyste.
La douleur est nulle, ou à peu près, dans le testicule syphilitique, même à la pression; elle peut être lancinante dans le testicule cancéreux; elle est modérée dans le fongus, dans le testicule tuberculeux et dans les kystes. Le fongus est très-scnsible à la pression.
Les fonctions génitales ne peuvent mettre sur la voie du diagnostic. Elles sont tantôt conservées, tantôt affaiblies, tantôt éteintes.
Le volume de la tumeur devient plus considérable dans le cancer un peu ancien; les kystes sont les tumeurs les plus petites.
Quelques auteurs ont voulu se servir, comme moyen de diagnostic, du poids de la tumeur. Mais on ne peut obtenir ainsi que des appréciations très-inexactes, car, pour arriver à un résultat de quelque valeur, il faudrait avoir toujours sous la main , (|uand on examine une tumeur du testicule, une autre tumeur qui servit de terme de comparaison.
La surface de la tumeur est régulière, uniforme, lisse, dans les kystes, à moins qu'ils ne soient multiloculaires et bosselés, ce qui est rare; elle
2ii PATHOLOGIE ghiruhgicale.
est iH^ioelée dans le foiigus. dans le testicule syphilitique^ dans le testicule tuberculeux et cancéi-eux. Au début, ces bosselures sont difficiles à distinguer : mais, si la tumeur date d'un certain temps, on constatera la dureté des bosselures du testicule syphiliti(|ue , sa surface chagrinée, mamelonnée. IhydrocMe souvent considérable qui existe. On reconnaîtra les grosses saillies du tungus, très-irrégulières. survenues presque toujours à la suite dune lésion inflammatoire très- évidente. On verra i|.ie. dans le testicule tuberculeux, la partie la plus volumineuse de la tumeur correspond souvent à la tête de l'épididyme. que des symptômes inflammatoires existent autour (\e> masses tuberculeuses, que la peau e>t suivent adhérente en un point, rouge et chaude. On constatera enlin les inégalités des bosselures du cancer, les unes étant molles, les autres duivs. la dilatation des veines sous- cutanées . symptômes se montrant rart»mont dans d'autres tumeurs.
l'ne «/c'iTHfiow ne survieiit que dans le longus, le tubercule et le cancer. L* ulcère du t'oiigus est bourgeonnant; il ne saigne pas facilement. LuUvre tubennileu\ est une listule suppurante, souvent très-profonde; il uy a pas dexuWrance de la masse morbide; au contraire, la peau |K\rait rétractée et déprimée |>ar le tissu cicatriciel. L'ulcère cancéreux saigne facilement : il nest pas exubérant comme celui du fongus.
LVjifiiiK'M du cordon donne des renseignements importants. Il est dur, quelquefois rempli de nodosités, enflammé, dans le tubercule. Il peut être volumineux dans le cancer.
I.a tramparcnce de la tumeur existe dans les kystes; on peut, par la transparence, constater l'hydrocèle qui accompagne le testicule syphiliti(|ue.
Le toucher rectal pexxl compléter le diagnostic du testicule tuberculeux, en décelant des indurations, douloureuses ou non, dans les vésicules séminales et dans la prostate.
Le palper abdominal . dans les régions ilia<|ue et lombaire, permet de reconnaître les ganglions affectés dans le testicule cancéreux.
Les symptômes yénerauj- ne doivent pas être négligés. Ils ne donnent aucun renseignement dans les kystes, le fongus; mais ils sont d'un puissant secours : 1» dans le testicule syphi]iti(|ue, oii Ton peut reconnaître la trace du chancre, lexistence de plaques muqueuses dans la gorge, autour de l'anus, ou de syphilides sur la peau ; enfin des productions osseuses ou périostitiues amenées par la syphilis; i"^ dans le testicule tuberculeux : en effet, le malade présente souvent des tubercules pulmonaires (il ne faut jamais négliger rauscultation), quelque tumeur blanche, une lésion osseuse, etc., indi(iuant que le malade est sous le coup de la constitution scrofuleuse; 3« dans le testicule cancéreux, qui détermine, outre l'envahissement des ganglions, les symptômes de la cachexie.
Les antécédents doivent être consultés. Dans le fongus , on reconnaît souvent une cause traumatique : violente contusion, plaie, ou une in-