LÉSIONS TRAUMATIQUES DU SCROTUM
On peut observer, dans les enveloppes des testicules, des contmions et des plaies, avec ou sans hernie du testicule, et Yhématocèle, presque toujours traumatique.
HfillATOGËLE.
On donne ce nom à Tépanchement de sang ou à son infiltration dans les parois des bourses.
On distingue Yhématocèle pariétale (entre les tuniques du scrotum) et Yhématocéle de la tunique vaginale.
i^ Hématocèle pariétale.
Le sang peut se montrer dans les parois des bourses sous deux états différents : l^ à l'état d'infiltration; 2^ à Tétat d'épanchement,
a. Hématocèle pariétale par infiltration.
L'infiltration reconnaît pour cause un choc, une violente compression, une opération chirurgicale.
Ses caractères sont : un certain degré de tension de la peau par le sang infiltré, Taspect luisant du scrotum, et bientôt après, une coloration violacée , noirâtre même du s(!rotum, pouvant s'étendre au pénis, au périnée, et quel(|uefois aux cuisses et à l'abdomen.
Le traitement est simple. Un suspensoir, comprimant les bourses, pour aider à la résorption du sang, suffît le plus souvent Si la contusion est douloureuse, on peut avec avantage employer les résolutifs.
b. Hétnatocèle pariétale par éjmnchement.
Elle est produite par les mêmes causes. On l'observe assez communément chez les cavaliers qui se heurtent contre le pommeau de la selle.
HEMATOGELE.
II existe un épanchement entre les tuni([ues, probablement dans la <»uclie celluleuse qui réunit ledartos à la tunique musculaire. Cet ëpanchement, dont là quantité est variable, s'accompagne d'une infiltration périphérique considérable, comme dans le cas d'hématocèle par inliltration. Le sang de l'épancliement est tantôt liquide, tantôt coagulé.
On le reconnaît aux caractères suivants : il y a un point saillant au milieu de l'ecchymose; quelquefois ce point est douloureux. On peut isoler le testicule et le faire rouler sous le doigt.
La maladie se termine par résolution , et , dans certains cas, par suppuration ; il y a un abcès sanguin. Il reste parfois , après la résolution , une induration tenant à la coagulation du sang.
On ne la confondra pas avec une orchite, si l'on examine le malade avec soin. L'éliologie, le mode de début de la maladie, l'absence d'écoulement uréthral , l'ecchymose, mettront facilement sur la voie du diagnostic.
On traite cet épanchement par l'application des résolutifs. Cependant, si répanchement est considérable, et qu'on n'espère pas pouvoir obtenir la résolution, il est indiqué de faire une incision, d'enlever les caillots, et de laisser suppurer la paroi du foyer. Si l'abcès se forme, il faudra, à plus forte raison, donner issue à la matière purulente.
2<* Hématocéle de la tunique vaginale.
L'héroatocèle de la tunique vaginale peut se montrer spontanément ou à la suite du traumatisme.
a. Hématocéle spontanée de la tnniqiAe vaginale.
Causes. — On l'observe chez les adolescents et les adultes. On croyait autrefois à une simple exhalation sanguine. M. Gosselin, qui a étudié spécialement ce sujet, croit qu'il a existé préalablement une vaginalite, qu'il s'est formé une fausse membrane , et que le sang de Thématocèle spontanée prend sa source dans la rupture de quelques vaisseaux de cette fausse membrane. Telle est aujourd'hui, suivant la plupart des auteurs, l'origine de l'épanchement. Il se passe, dans l'hématocèle de la tunique vaginale , la même chose que dans l'hémorrhagie méningée, consécutive à la rupture des vaisseaux qui ont pris naissance dans les fausses membranes de la pachyméningite.
ïïééuîonu aDatomiques. — Nous avons à étudier le liquide, la paroi et l'état des organes voisins.
Le liquide subit des transformations. Il est rarement coagulé ; le plus souvent, il est visqueux, sirupeux ou fluide, tantôt de couleur rouge lie de vin, tantôt de couleur brune, comme du chocolat ou du café, tantôt de couleur citrine, comme le liquide de l'hydrocèle.
La paroi est formée par la tunique vaginale doublée d'une fausse
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HEMATOGÈLE. £27
les douleurs lancinantes , plus fréquentes dans le cancer; par la dilatation des veines du scrotum; par les bosselures de la tumeur cancéreuse. Dans quelques cas, ce diagnostic est très-difficile. La ponction exploratrice elle-même ne donne quelquefois que des résultats négatifs; car nous savons que Tépanchement est parfois très-épais et très-consistant; on conçoit que, dans ce cas, il ne s'écoule pas plus de liquide par la canule du trocart que s*il s'agissait réellement d'une tumeur solide.
rr«noBtic. — Grave, comme état local; le testicule ne remplit plus ses fonctions : il est comprimé, atrophié; la résolution est impossible, il faut faire l'ablation de la tumeur, qui gêne considérablement les malades.
TraitemeDt. — Voy. plus bas.
b, Hématocèle traumatique de la tunique vaginale.
Cavses. — Un violent effort musculaire peut être cause d'hématocèle. La blessure d'un vaisseau du scrotum, du cordon ou du testicule, par une plaie ou une opération , peut la produire. Dans la majorité des cas, l'hématocèle est due à une forte contusion sur les bourses. L'existence d'une hydrocèle prédispose aux épanchements sanguins traumatiques ; car l'augmentation de volume du scrotum le rend plus accessible qu'à l'état normal aux violences extérieures.
l*ésl«Bs Miatomiques. — L'épanclienient sanguin de la tunique vaginale coïncide quelquefois avec une infiltration ou un épanchement des parois des bourses.
Dans quelques cas , la tuni(|ue vaginale et la tunique fibreuse sont déchirées.
Au début, on trouve du sang pur dans la tuni({ue vaginale ; il est plus ou moins fluide. Un peu plus tard, ce li(|uide subit des modifications. Il n'est pas rare de le trouver divisé en deux parties : un sérum plus ou moins coloré, et des masses fibrineuses concrètes, libres, adhérentes ou répandues sur les parois de la tunique vaginale, comme dans l'hématocèle spontanée. Dans certains cas où il existait une hydrocèle, l'épanchement sanguin se mêle au liquide de l'hydrocèle, et l'on a un épanchement séro-sanguinolent sans concrétions. Quelquefois, le sang ressemble à une matière épaisse, plus ou moins visqueuse, analogue à de la mélasse ou bien à du cho<!olat. Enfin, on a vu l'épanchement sanguin suppurer.
•jmptéiiieB. — Après une contusion ou une opération, si l'on voit une tumeur se former rapidement et devenir piriforme, comme l'hydrocèle, on peut soupçonner la présence d'une hématocèle.
Le volume de la tumeur peut dépasser celui d'une orange. La douleur est variable; tantôt elle est nulle, tantôt assez intense.
as PATHOLOGIE CHIRURGICALE.
La peau est colorée par une ecchymose^ souvent très-étendue, comme dans rhématocèle pariétale. Cette ecchymose se montre plus rapidement lorsque Thématocèle est déterminée par une contusion. On constate de la fluctuation, La tumeur n'est pas transparente.
Plus tard, la fluctuation est moins manifeste; il se l'orme des points moins souples, et la tumeur Unit par acquérir de la consistance sur tous ses points. Si la couche fibrineuse qiii double la tunique vaginale est devenue iibreuse, si, surtout, elle s'est incrustée de sels calcaires, la tumeur prend tous les caractères d'une tumeur solide.
Marche. Terminaitton. — L'ecchymose disparaît, la tumeur diminue en partie, puis elle suit la même marche que l'hématocèle spontanée.
Uiagruostic. — Au début, on peut la confondre avec une hématocèle pariétale par épanchement ; plus tard , comme l'hématocèle spontanée, avec l'hydrocèle, les kystes et le cancer.
V hématocèle pariétale forme une tumeur saillante en un point ; elle n'est pas piriforme. Dans cette variété, on peut trouver le testicule à sa place; on le fait rouler sous le doigt; il paraît placé sur la tumeur, et non mêlé à sa substance. Nous avons déjà dit comment on distingue l'hydrocèle, les kystes et le cancer.
PronoBtio. Traitemeut. — Le pronostic est le même que pour l'hématocèle spontanée.
Les résolutifs feront rarement disparaître une hématocèle de petite dimension. On emploie le repos et la position horizontale comme adjuvants du traitement. En même temps, on soulève le scrotum avec une sorte de suspensoir.
Dans la plupart des cas, il faut avoir recours à un traitement chirurgical.
La ponction n'est pas employée. Les injections iodées sont rarement applicables.
On peut guérir l'hématocèle par les méthodes de Vincision simple^ des ificisions multiples avec séton, de ïexcision, de la décortication et de la castration,
i^ Incision simple. — Elle consiste à inciser directement les tuniques du scrotum sur la partie antérieure, dans le sens vertical, à extraire le sang et à laisser suppurer. Elle ne réussit que dans l'hématocèle traumati([ue, lorsque la fibrine ne s'est pas encore condensée.
On ne l'emploie pas dans l'hématocèle spontanée, où elle a donné les plus mauvais résultats.
2o Incisions multiples, avec séton. — Cette méthode est de Yelpeau, qui incisait en avant, comme précédemment; puis il vidait la poche du sang qu'elle contenait. Ensuite, pour éviter le testicule, il cherchait avec l'index, à l'intérieur de la poche, le point le plus mince, et il faisait une seconde incision. Un séton était passé par ces deux ouvertures pour faire suppurer la poche ; on le retirait au bout d'une semaine. Cette méthode