HYDROCÈLE
sur son mode de développement.; la tumeur sera sonore si c'est une entérocèle, mollasse si c'est une épiplocèle; on verra manifestement que la tumeur se prolonge dans le canal inguinal par un pédicule, ce que ne fait pas l'hydrocèle. Souvent, elle sera facilement réductible.
Vhématocèle n'est difficile à reconnaître que si elle est récente; le défaut de transparence et l'ecchymose de l'hématocèle traumatique seront les seuls éléments de diagnostic. Ajoutons que l'hématocèle se développe plus rapidement que l'hydrocèle.
Le kyste du testicule pourrait être pris pour une petite hydrocèle. Il faut se rappeler que le kyste constitue une tumeur de forme irrégulière, et que le testicule est toujours placé au-dessous. Il arrive quelquefois, néanmoins, qu'une erreur de diagnostic soit commise, et que l'on ne s'en aperçoive que par la ponction. Cela n'a pas, d'ailleurs, une grande importance.
Vhydrocèle enkystée du cwdon sera décrite plus tard.
L* hydrocèle congénitale est réductible; on peut, par la pression, refouler le liquide dans le péritoine. On la distinguera de la hernie congénitale aux caractères suivants : la hernie est sonore à la percussion, elle rentre avec un bruit de gargouillement; si, la tumeur une fois réduite, on applique le doigt sur l'anneau et qu'on fasse tousser le malade, la hernie ne se reproduira pas; le li({uide de l'hydrocèle, au contraire, rentrera peu à peu dans la tuniciue vaginale.
Pronostic. Traitement. — La maladie n'est pas grave. Dans quelques cas, cependant , la peau de la verge est attirée en bas; cet organe disparait, pour ainsi dire; les fonctions sont gênées.
On a guéri un petit nombre d'hydrocèles sans opération , par les dérivatifs, des applications d'une solution de chlorhydrate d'ammoniaque^ des résicatoires, etc.
Certaines opérations ont été suivies de succès : Yincision avec suppu- ' ration ; Vexcision d'une portion de la tunique vaginale ; la cautérisation de la paroi de la tumeur; la canule à demeure; le séton; V électricité. Mais toutes ces opérations échouent le plus souvent, ou elles sont fort douloureuses.
Aujourd'hui , la ponction suivie d'injection iodée est devenue une opération vulgaire. On ne se borne plus à la ponction simple, qui est constamment sui\ie de récidive.
La ponction et l'injection iodée se font comme nous l'avons dit pour l'hydarthrose. (Voy. Hydarthrose.)
Il survient après l'injection une inflammation de la tunique vaginale, qui disparait au bout de quelques semaines, et la guérison est souvent définitive.
La récidive se montre dans quehjues cas. Alors on opère de nouveau.
L'inflammation consécutive est parfois très-intense; il peut se former un abcès dans les parois du scrotum ; dans ce cas, on donne issue au pus. Il peut arriver que la tuniqtie vaginale suppure; il sort du pus, sou-
Z-ti PATHOLOOtE GHtRVRGICALB.
vent mélangé de gaz, par l'ouverture; alors, il faut ouvrir la tunique vaginale qui suppure; la maladie guérit par des adhérences cicatricielles. On a observé la péritonite soit par propagation de l'inflammation à travers le cordon, soit par suite de la non -obi itération du canal vaginopéritonéal.
Des accidents peuvent résulter de l'opération : piqûre du testicule, blessure d'un vaisseau important du scrotum, blessure d'une veine du coi'don, injection du liquide dans les parois du scrotum.
La piqûre du testicule n'offre pas de riangers sérieux, et l'on peut faire l'injection iodée; cependant il vaut mieux s'abstenir. On évite cette piqûre en enfonçant le trocarl à la partie inférieure, antérieure et un peu externe de la tumeur (flg. 48). Du reste, il faut bien s'assurer de la position du testicule, par la pre.ssion et la transparence de la tumeur, cet organe pouvantoccuper un point insolite.
Un vaisseau blessé donnera , après l'opération, une hémal4)cèle pariétale ou de la tunique vaginale. Itlandin a vu un malade Fio. 48. — Point d'élection pour la pnociion succomber à la phlébite des veines dans l'hydrocèle. du cordon.
L'injection du liquide irritant dans le tissu cellulaire du tcrotum est suivie de phlegmon difl'us et de gangrène. Cet accident est grave. Il peut survenir, soit que le trocart ait piqué la paroi opposée, soit que le liquide reflue entre la canule et les bords de l'ouverture, ce qui indique un mauvais instrument, soit que l'extrémité de la canule soit plongée au milieu des tuni(|ues, et que le liquide y soit injecté directement.
Lorsqu'on soupçonne avoir fait une ponction de la paroi opposée, il faut vider la poche et attendre que l'hydrocèle se soit reproduite pour recommencer l'opération.
On évite le reflux du liquide en employant un bon instrument, qui ne p^odui?^e pas le décollement des tuniques lorsqu'on l'introduit dans la tumeur.
Enfin, pour empêcher ia canule de sortir de la cavité vaginale, il faut. après avoir extrait le poinçon, l'enfoncer un peu plus et se contenter de la diriger, sans prendre la peau avec elle et sans la fixer; car le créntaster, qui se contracte queliguefois, pourrait abandonner l'extrémité de la canule au milieu des tuniques, dans le dartos.
1» Tout liquide irritant peut remplacer la teinture d*iode : vin chaud, alcool, solution de nitrate d'argent, etc. M. Maisonneuve cautérise directement l'intérieur de la poche avec le
ËLéPHAMTIASIS DD SCnOTCV. 235
crayon de nitrate d'argent Hais on s'accorde à donner la préférence à la teinture d'iode.
2° Lorsqu'il existe une hydrocèle congénitale, le liquide pouvant refluer dans le péritoine, on s'abstient d'injection iodée. Cependant, quelques chirurgiens font l'opération, malgré les accidents qui ont été observés. Dans ce cas. ils exercent une compression, longtemps continuée, sur le canal inguinal, au moyen d'un bandage.
AR-nCLE TROISIÈME
LÉSIONS nt M-THmO\ DU SCROTC»
Des tumeurs de diverse nature, fibrettxes. graîxieuseï, ont été vues, par escpption. dans les tuniques du scrotum. On y constate souvent VéléfkoHtiaait,
ËUPHAHTUSIS du SCROTUM'.
Celte maladie, cette difformité, rare en France, fréquente dans les pays qui se rapprochent des Tropiques, est caractérisée par le développement considérable du scrotum, tenant à une bvfiertiénèse des éléments du derme.
la tumeur atteint frétiuemmenl le milieu de la cuisse, descend parfoiit jusqu'au genou et même plus bas.
V. Larrey rapporte Ibistoire d'un Quiade qui s'asseyait ^ur son scrotum c>jmme Mir un sîé^. lor^juil était bli^jé. La peau du ^rotum présente une éjiai^seur i-oa-idénUe: <a OHipe a l'aspect de celle do lard, du «-'^oirrhe. Oii tn^iuve siï3vent de petit* kya*s dans ce tioSQ. L'épiderme «e détache par petite^ pla'iaes. b-j re-te. la -urfar* de la peau e-t *aiiw. Onlinaîmoenl k-> ti^-^icul^ -^ml -^in^:
ÎU peafenl i^nr atr»pL!-'->. l>aii-« •|Qel>}ae- ça-, 1^ [-^ni- e<t r»leiMiit afle»^. Vif*: Ll<^pbati(ia-i«
La piaa du pénri e^ e.itraînée par la Inmeur : il ««mble qu il ■
plus de verge; Turine s'écoule par un canal que la peau, attirée en bas^ forme à l'extrémité de Torgane.
Il n'y a rien à faire contre une semblable infirmité, qui ne guérit pas spontanément. Quelquefois, on a tenté de faire une opération. Dans ce cas, il faut toujours, en extirpant la masse morbide, ménager une certaine (|uantité de peau au voisinage de son pédicule, afin de pouvoir recouvrir la verge et les testicules. La récidive n'est-elle pas. à craindre, lorsqu'on n'enlève pas tout le tissu morbide? Cette lésion n'est-elie pas comparable à une tumeur disséminée? C'est là l'opinion d'un certain nombre de chirurgiens.