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II. - HTDROGÊLE DU GORDON

On donne ce nom à l'infiltration ou à répanchement de sérosité entre les divers éléments qui constituent le cordon.

On en distingue deux variétés principales : ïhydrocèle infiltrée et Vhydrocèle enkystée.

Deux autres variétés ont été indiquées par les auteurs ; il suffit de dire leurs noms. L'une, hydrocéle du cordon communiquant avec le péritoine^ n'est autre chose qu'un épanchement séreux dans le canal vagino-péritonéal , oblitéré du côté de la tunique vaginale et resté perméable du côté du péritoine. La pression fait refluer le liquide dans la cavité pérltonéale. L'autre variété, hydrocéle du cordon communiquant avec la tunique vaginale^ est, au contraire, un épanchement dans le même canal vaginopéritonéal, mais en sens inverse ; c'est-à-dire que celui-ci est oblitéré du côté du péritoine, et non du côté de la tunique vaginale. Cette variété coïncide avec une hydrocéle ordinaire ; elle constitue quelquefois une véritable hydrocéle en bissac. Bref, ces deux hydrocèles tiennent à une oblitération incomplète du canal vagino-péritonéal du nouveau-né.

io Hydrocéle infiltrée.

Causes. — Cette infiltration, connue encore sous le nom d* hydrocéle diffuse^ se rencontre chez l'adulte , souvent sans cause connue. Dans quelques cas, elle coïncide avec une anasarque, une ascite, une tumeur abdominale, uxie hernie.

Anatomie paihoio|irn|tt«L^— L'infiltration siège dans les mailles du

tissu cellulaire du cordon, au-dessous du crëraaster, en avant des vaisseaux spermatiques et du canal déférent. La sérosité claire qui y est contenue peut, en écartant les cloisons du tissu cellulaire, former un véritable épanchement.

Symptdnies. — Il existe une tumeur diff'use, allongée dans le sens du cordon , renflée vers la partie inférieure , et remontant souvent jusqu'à l'anneau inguinal. La tumeur n'est pas douloureuse; elle est molle et pâteuse ; la pression peut changer sa forme et son aspect ; elle est quelquefois fluctuante en bas.

Elle est stationnaire ; mais, dans quelques cas, elle prend des proportions énormes.

Diauroostie. — Oa la distinguera de Tépiplocèle en ce que celle-ci se montre plus lentement et qu'elle occupe toujours le canal inguinal par un gros pédicule. Il est rare que l'intiltration du cordon se prolonge dans le canal inguinal sous forme de pédicule volumineux.

Traitement. — Si la tumeur ne disparait pas spontanément, on aime mieux faire une incision ({u'appliquer un séton, comme cela a été fait quelquefois.

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2o Hydrocèle enkystée.

Causes. — Elle reconnaît quatre origines : 1» le kyste se développe dans une portion non oblitérée du canal vagino-péritonéal ; 2» il est la transformation d'une hématoôèle du cordon ; 3® il est déterminé par une hydrocèle infiltrée qui a considérablement distendu les mailles du tissu cellulaire; 4o il se forme dans une bourse séreuse, produite, chez les hemieux, par le frottement du bandage herniaire.

ABatomie patholoKrique. — Le kyste est unique ou multiple ; il y a souvent trois ou quatre tumeurs échelonnées le long du cordon. Rarement il dépasse le volume d'un œuf. 11 peut occuper toute la longueur du cordon ; mais, chez les enfants, il avoisine Tanneau inguinal, et peut être contenu dans ce canal. La pai*oi est mince, quelquefois elle est épaisse et dure; n'est-il pas plus probable que, dans ces cas, le kyste est la transformation d'une hématocèle?

La cavité du kyste est unique ; mais il n'est pas rare d'y rencontrer des cloisons complètes ou incomplètes. Le liquide est séreux, transparent , quelquefois il est plus épais, de couleur lie de vin, chocolat, etc.

Symptômes. — Tumeur indolente^ à surface régulière^ allongée, fluctuante^ si elle n'est pas trop tendue par le liquide, auquel cas elle présente la résistance d'une tumeur solide. Elle est quelquefois, mais non toujours, transparente; l'opacité tient à l'épaississement de la paroi et à l'altération du liquide contenu. Si le kyste siège vers la partie inférieure, on voit, en examinant sa transparence, les éléments du cordon disséminés autour de la tumeur. Celle-ci est mobile; on la fait rentrer parfois dans le canal. Si elle occupe le canal, on peut souvent la refouler vers la cavité abdominale.

liiairn«sti«' — La fluctuation, la surface lisse et arrondie empêcheront de croire à un lipome. Il n'y a pas de pédicule herniaire, ni cette sensation d'empâtement, ni cet aspect piriforme que Ton constate dans une hernie épiplo'ique. Un troisifnne testicule est tellement rare, qu*il n'est pas bien prouvé qu'il puisse exister. Admettons le cas : la pression sur la tumeur développera la douleur caractéristique qui accompagne le froissement de cette glande. Les renseignements fournis par le malade feront distinguer l'hydropisie d'un ancien sac herniaire; mais ce diagnostic est difficile.

Prenosde. Traitement. — La lésion n*est pas grave. On ne fait rien, si la tumeur est très-petite; si elle est volumineuse et qu'elle soit trop gênante, on peut faire la ponction, et mieux la ponction suivie d'injection iodée.

m. — VARIGOGÊLE.

On nomme ainsi les varices des veines du cordon spermatique. Causes. — Cette maladie se rencontre chez les adolescents. Elle siège presque uniquement du côté gauche. Elle peut être déterminée par tout

obstacle à là circulation des veines spermatiques : hernie épiploïque, bandage, tumeur comprimant ces veines.

On a indiqué des causes anatomiques pour explicfuer la fréquence du varicocèle à gauche : la longueur plus grande des veines spermatiques gauches ; la compression de ces veines par le côlon iliaiiue chargé de matières técales. La disposition analomiciue, qui favorise, sans contredit, le développement du varicocèle, est celle-ci : valvules rudinientaires ou absentes dans les veines spermatiques, ificidence à angle droit des veines * spermati(iues gauches dans la veine rénale, ce qui contrarie le cours régulier du sang, tandis que celles du côté droit se jettent dans la veine cave, en suivant, pour ainsi dire, la direction du courant sanguin de cette veine.

Le varicocèle est quehiuefois héréditaire. Cela se conçoit, puisqu'on hérite des dispositions organiques des parents.

Anatomie patholoij^iqae. — Les veines présentent les mêmes altérations que dans les varices ordinaires. Elles sont très-flexueuses ; leur paroi est épaissie, au point qu'elles restent béantes quand on les coupe. Elles semblent avoir augmenté de nombre, parce que les veinules prennent part à la dilatation. Tout le système veineux spermatique est dilaté, jusqu'à celui du testicule lui-même.

Symptômes. — Le début est très-lent. Lorsque les varices sont développées, on observe les symptômes suivants : le scrotum et le cordon sont plus volumineux que du côté opposé. On constate dans le cordon une tumeur diffuse^ molle et pâteuse, qui présente des bosselures, des circonvolutioîis flexibles, s'affaissant sous le doigt. L'œil se rend compte aussi de ces sinuosités; il semble qu'il existe un paquet de vers sous la peau, qui, du reste, parait normale. Le volume de la tumeur diminue par le repos horizontal , et si l'on soulève le testicule, elle disparait complètement. Si , après l'avoir fait disparaître , on met le doigt sur Tanneau inguinal, elle se montre de nouveau, par arrêt de la circulation veineuse.

Le varicocèle est quehiuefois douloureux. Chez certains malades, la douleur est atroce, avec exacerbations. Ces cas sont rares.

La douleur se calme lorsqu'on soutient le scrotum; elle n*esi pas en rapport avec le volume de la tumeur. De petits varicocèles font quelque* fois horriblement souffrir, tandis que des varicocèles énormes peuvent être indolores.

TermioaUoB. — Le varicocèle reste ordinairement stationnaire pendant un certain nombre d'années; puis il tend à disparaître spontanément, à mesure que le malade devient plus âgé.

uiairi>«*(ic. — Le varicocèle simple ne peut être confondu qu'avec une hernie épiploïque ou une hydrocèle infiltrée du cordon. La hernie épiploique ne se reproduit pas après qu'elle a été réduite, si Ton a soin de maintenir le doigt sur l'anneau inguinal. Uhydrocèle infiltrée ne présente pas de bosselures ; elle n'est réductible par aucun moyen.

VARIGOCÈLE. 241

ProBosiie. — Le pronostic n'est pas grave ; ratfection est en général plus gênante que douloureuse.

TrAliemeot. — Lorsque les douleurs ne sont pas trop vives, on peut se contenter d'un traitement palliatif, surtout si le sujet a déjà dépassé l'adolescence, attendu que le varicocèle tend à disparaître chez l'adulte.

Ce traitement consiste dans l'application d'un suspensoir, qui maintient les testicules et diminue les douleui's. Le procédé de M. Richaixl (du Cantal) est bien préférable. On fait remonter le testicule ^ers Taniieau, et Ton serre la peau, au-dessous, au moyen d'un rond de caoutchouc qui la maintient à la manière d'un rond de serviette.

La douleur force (fuelquefois d'avoir recours au traitement curatif. On peut guérir le varicocèle par la compression, la ligature des veines vari- «|ueuses, Yenroulement de ces vaisseaux, la cautérisation et les injections de perchlorure de fer,

La compression est due à Breschet, «fui serrait au moyen d'une pince les veines variqueuses et les téguments, jusqu'à ce qu'il se produisît un sphacèle complet des parties comprimées.

La ligature compte un grand nombre de procédés. Nous signalerons celui de M. Ricord. qui consiste à passer autour des vaisseaux deux tils, dont les anses en opèrent la constriction. {Voy, la figure , au chapitre de médecine opératoire. Ligatures.)

L'enroulemetit , procédé de Vidal (de Cassis), s'opère en passant en avant et en arrière des vaisseaux variqueux deux fils d'argent, dont les extrémités droites et gauches sont réunies et tordues, jusqu'à oblitération complète des veines par suite du mouvement de rotation qui leur est imprimé.

La cautérisation se fait au moyen d'une pince porte-causti(iue entre les mors de laquelle on comprend la peau et les veines, après avoir eu soin d'isoler le canal déférent.

Les injections de perchlorure de fer ont donné plusieurs succès à M. Maisonneuve. On les prati(iue ici comme dans toutes les veines variqueuses, en général.

Dans toutes ces méthodes, on se propose d'oblitérer les vaisseaux; il n'en est pas une qui soit exempte de récidive, de sorte (juil faut engager les malades à se contenter, s'il est possible, du traitement palliatif.

Diagnostic des tumeurs de la région des bourses en général.

Nous avons vu, en parlant des tumeurs du testicule, du scrotum et du cordon spermaticiue, à quels signes on pouvait reconnaître ces tumeurs et les distinguer entre elles. Nous ne reviendrons pas sur ces caractères. Nous voulons seulement résumer ici en quelques lignes la manière dont on doit se comporter en face d'un malade ((ui présente une tumeur de la région des bourses, pour ai'river à déterminer exactement si cette tumeur Fort. ^ Patbl et Clin. ohib. ^ t. u. 16

appartient à la glande séminale elle-même, à son pédicule, à ses enveloppes, ou si elle a pris naissance dans un point plus ou moins éloigné.

La simple inspection de la région malade pourra fournir quehjues données importantes. En effet, l'état du scrotum peut quelquefois révéler, à lui seul, le siège de la maladie. Règle générale, si les enveloppes du testicule sont également tuméfiées des deux côtés, également volumineuses et tendues , on n*a presque jamais affaire à une tumeur dli testicule ou du cordon. Le plus souvent, cette tuméfaction uniforme des bourses s'accompagne de rougeur et de chaleur des téguments, de douleur à la pression; en un mot, il s'agit presque toujours d'une affection inflammatoire du scrotum ; l'orchite double ne débute jamais simultanément des deux côtés. Si ces caractères font défaut, il peut s'agir d'un œdème, d'une infiltration urineuse ou sanguine au début, etc.

Admettons maintenant que la tumeur siège d'un seul côté, qu'elle ait débuté lentement, qu'elle se soit accrue peu à peu, etc. Aux dépens de quels éléments s'est-elle développée ? La première chose à faire, c'est de chercher si cette tumeur est réductible. On sait, en effet, que le voisinage du canal inguinal et de l'anneau expose la région du scrotum à la formation de tumeurs qui ne lui appartiennent pas en propre. Or, si la tumeur est réductible, on se trouve en présence : d'une hernie, accidentelle ou congénitale, d'une hydrocèle congénitale, plus rarement d'un abcès par congestion, dont le pus a suivi le trajet du cordon spermatique. Nous savons comment on différencie ces diverses affections.

Lorsque la tumeur est irréductible, c'est qu'elle appartient au testicule, à ses enveloppes, ou au cordon. (Nous ne parlons pas de la hernie étranglée, qui ne saurait être confondue avec une tumeur du testicule.) Il faut, dans ce cas, chercher à s'assurer de la position de la glande. Toutes les fois qu'elle est facilement accessible, qu'elle a conservé sa forme et son volume normal, et surtout que la tumeur siège au-dessus, il s'agit d'une affection du cordon (hydrocèle enkystée, varicocèle, etc.). Si l'on ne peut isoler le testicule, il faut procéder à l'examen de la tumeur par tous les moyens que nous avons déjà indicfués; chercher sa transparence : si elle existe, c'est une hydrocèle, ou, plus rarement, un kyste volumineux du testicule; si elle fait défaut, une tumeur cancéreuse de cet organe, ou une héniatocèle de la tunique vaginale.

Enfin, il peut se faire que le testicule soit facilement isolable du cordon et de ses enveloppes, que celles-ci, sans changement dans leur aspect, glissent facilement sur lui comme à l'état normal, mais ((ue la glande soit augmentée de volume, bosselée, irrégulière. Dans ces cas, il s'agit toujours d'une tumeur appartenant au testicule lui-même, soit d'une tumeur maligne ou de tubercules, à leur première période, soit de petits kystes, soit d'une affection syphiliti(iue.

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