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INFLAMMATION DE LA PROSTATE. :Î4S

Lorsque la suppuration arrive, elle est annoncëe par des douleurs plus vives, du ténesme, des frissons parfois assez violents. La fièvre peut se prolonger indéfiniment, revêtir le type d'accès intermittents, en même temps que la prostate se gangrène, et que des désordres irréparables surviennent du côté du périnée; la maladie peut ainsi se terminer par la mort. Mais la terminaison est le plus souvent heureuse^ et le pus se fait jour dans diverses directions : I" par l'urèthre le plus souvent : c'est l'issue la plus favorable; elle est déterminée souvent par la pression du bec de la sonde; 1^ par le rectum : cette terminaison est plus heureuse (|ue la suivante; 3<> dans le tissu cellulaire du bassin; il en résulte alors un abcê^ urineux, qui s'ouvre du côté de la peau, etpeut rester fistuleux. et, dans des cas heureusement plus rares, une infiltration d'urine avec toutes ses conséquences; 4** enfin parla vessie; mais cette issue est trés-rarementobservée.

l/abcès peut s'ouvrir aussi dans deux cavités à la fois, par exemple dans l'uréthre et dans le rectum. C'est dans ces cas que l'urine pénètre dans le trajet purulent, et détermine la formation d'une fistule urinaire plus ou moins rebelle.

Dlairoosiic. — Les divers modes d'exploration que nous avons indiqués empêchent de confondre la prostatite avec une cystite du col, <|ui ne donne lieu à aucune augmentation de volume de la prostate: avec une hypertrophie de la prostate, maladie essentiellement chronique, non douloureuse, et dans laquelle l'obstacle prostati(|ue et la déformation du canal de Furèthre sont généralement faciles à distinguer. Le cathétérism'e permettra de reconnaître aussi la présence d'un calcul, auquel la douleur prostatique et la dysurie pourraient être attribuées. 11 faut tenir compte aussi des commémoratifs, l'existence d'une blennorrhagie, par exemple. Nous avons insisté sur les signes locaux et généraux qui annoncent la formation du |)us dans le cours d'une prostatite aiguë.

Pronostic. —Ce que nous avons dit des terminaisons prouve que le pronostic est grave, à moins (ju'il ne s'agisse d'une prostatite très-légère qui n'arrive pas à suppuration.

Traltcmeiit. — Au début, sangsues au périnée (8 à ii): cataplasmes ; frictions avec l'onguent napolitain belladone: bains de siège, bains généraux.

lA)rsque le pus est formé, il faut ouvrir l'abcès. Pour cela, on enfonce une sonde dans l'urèthre, et l'on cherche par des mouvements doux à diriger le bec vers la prostate, afin de percer l'abcès. 11 vaut mieux introduire le doigt dans le rectum et donner issue au pus en com|)rimant la prostate entre la sonde et le doigt explorateur. Si l'abcès tend à se porter vers le périnée, c'est dans cette région (ju'il faudra l'ouvrir. Dans quelques cas, il proémine fortement vers le rectum, et l'on introduit un bistouri par cette voie. l^ors(|ue l'abcès est ouvert dans les voies urinaires il faut empêcher l'urine de séjourner dans le foyer, et. dans ce but, sonder le malade toutes les fois (|u'il a besoin d'uriner.

2o Prostatite chroniqae.

La prostatite chronique peut être consécutive à une prostatite aiguë. Le plus souvent, elle est le résultat d'une blennorrhagie , comme la prostatite aiguë elle-même, surtout chez les sujets lymphatiques ou affaiblis, et lorsque la chaude-pisse est mal soignée ou entretenue par des excès.

Les principaux symptômes sont : la miction un peu plus fréquente, un peu de pesanteur et quelques élancements au périnée, et surtout un écoulement uréthral transparent et visqueux, d'autres fois opalin ou verdâtre. Cet écoulement, plus ou moins abondant, a reçu le nom de prostatorrhée, M. Robin a fait remarquer qu'un bon nombre d'écoulements chroniques de cette nature, attribués à la prostate, sont indépendants de cette glande, et viennent en réalité des glandes bulbo-urétiiralcs et des glandes de Littre. Quelquefois, un léger suintement uréthral de cette nature est pris par les malades, et même par quelques médecins, pour du sperme ; mais le microscope n*y révèle aucune trace de spermatozoïdes.

La prostatite chronique reste ordinairement stationnaire. Mais, sous l'influence du régime, des exacerbations momentanées peuvent survenir; une prostatite aiguë peut même se développer dans ces circonstances et suivre toutes ses périodes.

La prostatite chronique ne doit pas être confondue avec la spermatorrhée. La tuméfaction de la prostate , qu'on peut quelquefois constater par le toucher rectal, ne doit pas laisser croire à la présence d'un calcul.

Celte affection n'est pas sans gravité, car souvent elle persiste indéfiniment, malgré les précautions les plus minutieuses et le régime le plus sévère.

On prescrira quelquefois les antiphlogistiques, les vésicatoires et les frictions résolutives sur le périnée; Tiodure de potassium à l'intérieur ; et surtout un régime approprié; le malade devra s'abstenir de tout excès.

Les flstuies et les cavernes de la prostate succèdent assez souvent aux abcès de cet organe, quelquefois aussi à la fonte de masses tuberculeuses. Leur mode de formation à la suite des abcès est facile à comprendre. Lors(|ue le pus se fait jour dans Turèthre, et surtout lorsqu'une notable portion du tissu prostati(|ue est éliminée par la gangrène, les parois du foyer ne revenant pas sur elles-mêmes à cause de la résistance des tissus fibreux ({ui environnent la prostate, l'urine pénètre dans le foyer, y séjourne, et empêche toute cicatrisation. Il en résulte une sorte de poche située au-dessous de la vessie, et dans laquelle l'urine accumulée s'altère. Lorsciu'il y a double communication entre cette poche et les voies uriiiaires d'une part, le rectum et le périnée d'autre part, il se produit

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