‹ Pathologie et clinique chirurgicales. v. 1Chapitre 113 sur 317 · IL — TUMEURS DE LA PROSTATE · texte numérisé non relu

IL — TUMEURS DE LA PROSTATE

a. Hypertrophie,

Btioloffie. — Les causes de l'hypertrophie de la prostate sont fort obscures. On ne connaît bien que l'influence de Tâge; c'est une affection propre à la vieillesse, et extrêmement rare dans l'âge adulte; on sait que, chez les enfants, la prostate existe à peine.

Anatomie patholonrique. — L'hypertrophie est générale ou partielle^ et, dans ce cas, elle intéresse soit le lobe droit, soit le lobe gauche de la glande. On a distingué une hypertrophie portant sur le tissu glandulaire^ une autre sur le tissu musculaire^ une troisième sur le tissu fibreux. Dans le premier cas, c'est tantôt sur les lobes latéraux, tantôt sur le lobe moyen que porte l'augmentation de volume. On sait que ce lobe moyen de la prostate est rudimentaire dans le jeune âge, et qu'il ne se développe que plus tard. Ces distinctions, d'ailleurs, n'offrent pas, en clinique, un grand intérêt.

La prostate hypertrophiée s'élève dans la cavité pelvienne, et se porte en avant, derrière la symphyse. La portion prostatique de l'urèthre s'allonge en même temps, et sa courbure augmente dans des proportions considérables; aussi le cathétérisme est-il souvent difficile dans ces circonstances, et ne peut- il se faire «ju'avec des sondes à grande courbure.

La portion prostatique de l'urèthre est plus ou moins déformée. Le lobe moyen forme une saillie connue sous le nom de luette vésicale^ et qui peut arrêter la sonde au moment d'entrer dans la vessie. L'embouchure des glandules prostatiques, généralement remplies de calculs dans cette maladie, est très-dilatée, le bord qui les limite prend la forme d'une valvule, qui peut aussi mettre obstacle au cathétérisme et qui a fait donner à ces orifices glandulaires le nom de valvules prostatiques.

Si l'hypertrophie porte sur un seul lobe, le canal est dévié en sens opposé; quelquefois les deux lobes se rejoignent sur la ligne médiane,

et divisent le canal en deux rigoles, Tune au-dessus, l'autre au-dessous du point d'union des deux lobes: d'autres fois enfin, l'urèthre prend une forme irrégulière, et il est alors impossible de formuler une règle précise pour diriger le cathéter isme. La sonde est toujours plus ou moins déviée, et pénètre dans la vessie plus ou moins difficilement.

Les vésicules séminales sont hypertrophiées ou atrophiées. Le rertuni est aplati, et les matières fécales sillonnées par une espèce de rigole.

Symptômes. — 11 y a dysurie, ténesme vésical ; le jet de l'urine est modifié, quelquefois brusquement interrompu. Les malades accusent des douleurs vagues; ils ont tantôt de l'incontinence d'urine, si le col vésical est maintenu béant, tantôt, et plus souvent, des rétentions plus ou moins prolongées. L'urine, à la suite de ces rétentions, se trouble, devient ammoniacale, d'autant plus que des lésions inflammatoires se développent bientôt au-dessus de la lésion primitive, ; la cystite, la néphrite chronique viennent ajouter leurs symptômes à ceux de l'hypertrophie ]>rostatique. Les malades âgés, fébricitants, épuisés par la suppuration de leur vessie, fatigués par le cathéttuisme. atteints de lésions rénales profondes, finissent par succomber.

I^es symptômes physi(]ues. qui permettent d'établir le diagnostic, sont fournis :

l» Par le cathéter isnie. — Quehiuefois l'hypertrophie de la prostate n'oppose pas à la sonde d'obstacle bien marqué. Mais le plus souvent la sonde est déviée, et. pour la faire pénétrer dans la vessie, il faut porter son extrémité soit en haut, soit en bas, soit latéralement, suivant la forme qu'a prise le canal. On reconnaît alors, d'une manière plus ou moins approximative, si l'hypertrophie est générale, si elle porte sur un seul lobe; on constate la présence de la luette vésicale en imprimant à la sonde, introduite dans la vessie, des mouvements de circumduction. Toujours, comme nous l'avons déjà dit , la courbure de l'urèthre est exagérée, et souvent on croit avoir pénétré dans la vessie, alors que le bec de la sonde n'a pas dépassé la portion prostatique de l'urèthre.

"i^ Par le toucher rectal. — Ce moyen ne doit jamais être négligé. Il permet de reconnaître la position élevée de la prostate, son augmentation de volume, et donne de précieux renseignements sur la forme et le siège de l'hypertrophie. On peut aussi combiner le toucher rectal avec le palper abdominal, et saisir entre les doigts, au-dessus du pubis, la prostate hypertro|)hiée et remontée, ce qui serait impossible à l'état normal.

Pour le diagnostic différentiel, voyez les autres tumeurs de la prostate.

Traiiemmi. — f^ traitement est purement palliatif : les moyens médicaux, tels que émissions sanguines, frictions sur le |>érinée. ne doivent être employés (fu'avec réserve; il faut combattre la constipation, les lésions inflammatoires consécutives, etc. L'indication principale est de prévenir les effets de la rétention d'urine. Dans ce but. on emploie :

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