‹ Pathologie et clinique chirurgicales. v. 1Chapitre 12 sur 317 · DÉFORMATIONS DU RACHIS · texte numérisé non relu

DÉFORMATIONS DU RACHIS

I.es déviations du rachis sont de simples incurvations anormales de la colonne vertébrale , qui ne résultent ni d'une maladie des vertèbres . ni d'une maladie de leurs moyens d'union.

On en distingue trois espèces : la déviation postérieure, cyphose ;\sl déviation antérieure, lordose; la déviation latérale, scoliose. Elles se montrent principalement chez les jeunes sujets.

lo Déviation postérieure , cyphose ou excurvalion.

On l'observe surtout à la région dorsale; la colonne décrit une courbe à concavité antérieure.

Anaiomie paiholo^ique. — La partie antérieure des vertèbres s'aplatit, de même que la partie correspondante des disifues intervertébraux ; les ligaments postérieurs de la colonne s'allongent, et les apophyses épineuses s'écartent.

•ymptéines. — Il existe une gibbosité; le cou parait raccourci, la tête enfoncée entre les épaules; le diamètre antéro-postérieur delà poitrine est augmenté. ^

On ne trouve dans cette déformation aucun autre symptôme qui puisse faire prendre cette déviation pour un mal de Pott ou pour un rachitisme.

FoBT. — Path. et Clin. chib. — t. ii. 2

t. ^ On l'observe cLez les jeunes sujets atteints de faiblesse congénitale ou acquise des muscles postérieurs du tronc ; quelquefois, à la suite d'une croissance trop rapide ou d'une attitude vicieuse. Elle peut être déterminée par une profession qui exige la flexion permanente du tronc.

2o Déviation antérieure, lordose ou incurvation.

Cette déviation est très-rare, et s'observe le plus souvent à la région lombaire.

Les muscles postérieurs du tronc se raccourcissent, le bassin se renverse, et sa face antérieure regarde en bas. Si la déviation siège au niveau du thorax,, les organes thoraciques peuvent être gênés dans leurs fonctions et comprimés entre la colonne vertébrale et le sternum.

Il suffit d'indiquer ce qu'est la déviation pour faire comprendre les symptômes; on l'observe comme courbure de compensation dans la cyphose siégeant à la région dorsale.

30 Déviation latérale ou scoliose.

Cette déviation est plus fréquente que les précédentes.

Anatomie pathologique. — Du côté de la concavité de cette courbure, le corps de la vertèbre s'amincit et s'use ; les apophyses transverses et articulaires du même côté présentent la même altération. En même temps, les corps vertébraux exécutent un mouvement de demi-rotation, en vertu du(|uel leur face antérieure se porte du côté de la convexité ; les pédicules des vertèbres sont le siège de ce mouvement de torsion. Les ligaments sont rétractés du côté de la concavité et distendus au point opposé. Le thorax forme une saillie du côté de la convexité vertébrale.

ilymptdiiies. — L'épaule est plus élevée du côté de la convexité de la courbure latérale, tandis que la hanche du même côté est abaissée. On observe la saillie du thorax déjà indiquée.

La déviation latérale étant surtout dorsale, on l'appelle courbure princijmlc , par rapport à d'autres courbures d'équilibre ou de compensation, ((ui se produisent toujours. Si la convexité dorsale est droite, il y a une convexité gauche dans les régions cervicale et lombaire; lorsque la courbure principale siège à la région lombaire, on a remarqué que la convexité est dirigée le plus souvent du côté gauche, et que la hanche droite est plus saillante.

Les muscles des gouttières vertébrales sont tendus comme des cordes du côté de la concavité ; on observe des rides antéro-postérieures au niveau du^lanc du côté concave, et la hanche du même côté est plus élevée, tandis (jne le membre inférieur correspondant présente un raccourcissement apparent.

i-mumeu. — Les causes que nous avons indiquées pour la déviation

postérieure déterminent aussi les déviations latérales : ce sont les attitudes vicieuses du tronc qui paraissent jouer ici le plus grand rôle. M. Guérin attribue la plupart des déviations de la colonne à la rétraction musculaire.

On traite toutes ces déviations par la gymnastique, de manière à fortifier les muscles affaiblis et à imprimer au tronc des mouvements principaux en sens inverse de la déviation. L'hydrothérapie et les bains de mer sont aussi recommandés. Lorsque la déviation est très-prononcée, on peut se servir avec avantage de corsets à extension et à compression, mais en sur\'eillant très-attentivement les jeunes malades. Quant aux sections sous-cutanées des muscles, que M. Guérin a tant vantées, elles ne sont pas employées aujourd'hui.

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