‹ Pathologie et clinique chirurgicales. v. 1Chapitre 124 sur 317 · V.-- BLENNORRHAGIE · texte numérisé non relu

V.-- BLENNORRHAGIE

On désigne sous le nom de blennorrhagie, chande-pisse, d'uréthrite blennorrhagique^ un écoulement purulent et contagieux du canal de l'urèthre.

Causes. — La blennorrhagie est contagieuse , cela n'est pas douteux. Une femme atteinte de blennorrhagie la communique à l'homme, de même qu*elle peut la recevoir de celui-ci.

Si l'on veut étudier les causes en dehors de la contagion, on ne sait plus que penser.

D'après M. Gosselin, on ne peut prendre la chaude-pisse, quoi qu'on fasse, qu'avec une femme ayant la chaude-pisse.

Pour M. Cullerier, quatre-vingt-dix-neuf ibis sur cent, la blennorrhagie résulte d'un cdit impur.

M. Ricord affirme que fréquemment les femmes donnent la blennorrhagie sans ravoir.

Son élève, M. A. Fournier, est encore plus affirmatif. car il dit que c'est le cas le plus fréquent.

Cest également l'opinion de M. Langlebert, qui Ta formulée dans cet aphorisme humoristique :

c On répète souvent que la plus jolie fille du monde ne peut donner que ce qu'elle a. Ce proverbe est faux et cache un piège. Beaucoup d'hommes

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prennent la blennorrhagie auprès de femmes qui ne Vont point *. » Qui croire ? Quelle opinion peut-on se faire au milieu de ce chaos ? M. Fournier a confronté des malades pour élucider cette question. Que prouve cette confrontation? D'abord, comme le dit fort bien M. Gosselin^ il est fréquent de voir la blennorrhagie de la femme ne se traduire que par un suintement insignifiant et impossible à saisir, si l'on ne prend pas le soin de comprimer l'urètlire d'arrière en avant, lorsque la vessie n'a pas été vidée depuis six à huit heures. Du reste, il ne faut pas se le dissimuler, les femmes qui se soumettent à la confrontation sont à peu près certaines de n'être pas malades, et, d'un autre côté, l'homme affecté (le blennorrhagie a vu une autre femme, femme du monde quelquefois. (|ui lui a communiqué la blennorrhagie. mais à laquelle il ne voudrait pas faire l'injure d'un soupçon. D'après M. Fournier, la blennorrhagie se manifesterait, dans une foule de circonstances, en dehors de la contagion : excès vénériens, abus de certaines boissons (vins blancs, Champagne, bière), flux pathologi<|ues de la femme, écoulement menstruel, masturbation, érection prolongée, succio rirgœ^ injections de précaution à la suite d'un rapprochement suspect, bains chauds et prolongés après le coït. Enfin, convaincu de l'influence de ces causes isolées et surtout réunies. M. Fournier publie dans son article BlennorrfMgœ du Nouveau dictionnaire la plaisante recette de iM. Uiconl intitulée : Recette pour attraper la chaude-pisse.

En résumé, nous croyons que la blennorrhagie est le plus souvent, sinon toujours, le résultat delà contagion.

Hjiupidiiiefi et diairnosiie. — Après une incubation de (|uati*e à cin(( jours (Fournier), mais qui peut être de plusieurs semaines, la maladie s'annonce par de la cuisson au méat urinaire pendant la miction. L'écoulement est quelquefois le premier symptôme (|ui se manifeste.

La maladie se confirme et se présente de la manière suivante : une douleur vive existe le lo.ig <lu canal de l'urèthre, d'abord au méat urinaire, puis en renionta.it le long du canal juscjuau col vésical. Cette douleur, (|ue le passage de l'urine exaspère d'une manière variable , augmente aussi sons rinfluence des érections , qui sont assez fréquentes, et surtout del'éjaculation, (|ui fait percevoir au malade une sensation de déchirement.

Le méat est rouge, un peu douloureux au toucher. Il s'en écoule un liquide jaune-verdîUre qui tache le linge et qui, déposé sur le méat urinaire de la femme, lui communique une blennorrhagie. Placé par accident sur certains points, sur la conjonctive, par exemple, il détermine l'explosion d'une ophthalmie blennorrhagique. dont nous connaissons déjà la gravité.

Variéiéii. — Il n'y a pas deux blennorrhagies qui se ressemblent. Cliez les uns. la douleur est nulle: chez les autres. elle est tellement vive

1. AphorUmrt gnr les maladies rén/rieHHes, v* Sect^ Aphor. 2.

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