VI. — LUXATIONS DE LA CLAVICULE
La clavicule peut se luxer par son extrémité interne, par son extrémité externe et par ses deux extrémités à la fois.
l'' L'extrémité interne ne peut pas se luxer en bas, puisqu'elle repose sur la première cote, mais bien en avant, en arrière et en haut : luxations pré-sternale, rétro-stcrnale, sus-stemale.
2'> L'extrémité externe se luxe en haut et en bas : luxations sus-acromiale. sons-acromiale. On la vue devenir sous-coracoidienne dans quelques cas.
3*» Pour que les deux extrémités se luxent en même temps, il faut une violence extérieure considérable. Ces cas sont exceptionnels.
io Luxations de Textrémité interne.
a. i^n^Kation en avant. — La luxation est complète ou incomplète.
Dans la luxation complète., la clavicule déchire la capsule et vient se placer, en descendant un peu, en avant de la partie supérieure du .sternum.
Cette luxation se produit lorsqu'on porte l'extrémité externe de l'os en arrière avec force, soit dans une chute sur la partie antérieure du moignon de l'épaule, soit avec les mains, etc. L'extrémité interne pivote sur l'articulation coslo-claviculaire. où elle est fixée par un foit ligament ; cette même extrémité se porte en avant, déchire la capsule, et la luxation se produit;
Dans cette luxation, on constate une /wmf>/r dure formée par la tête de l'os, en avant et à la partie supérieure du sternum: cette tumeur se porte
Wk PATHOLOGIE CHIRURGICALE.
en dehors lorsqu'on rejette l'épaule en arrière : en d'autres termes, elle suit les mouvements de la clavicule,
La tumeur se portant ainsi en dedans, Tëpaule du côté malade est plus rapprochée de la ligne médiane que celle du côté sain. La saillie de la clavicule augmente les creux sus-daviculaire et sous-claviculaire : le muscle sterno-mastoïdien est tendu.
— La luxation incomplète se reconnaît à la présence d'une petite tumeur qui augnuMite lors(|u*on repousse l'épaule en arrière.
On réduit cette luxation en portant l'épaule correspondante en arrière, et en poussant dircrtement en arrière l'extrémité osseuse luxée. Il est difficile de maintenir la réduction : on emploie, dans ce but, un bandage comprimant l'extrémité Inxée au moyen d'un tampon ou d'une pelote. Le déplacement se reproduit racileraent.
Diagnostic. — Il est impossible de confondre la luxation de la clavicule avec une fracture de la clavicule occupant l'extrémité interne de cet os. Dans la luxation, les mouvements imprimés à l'extrémité extenie de la clavicule se transmettent à son extrémité interne, qui est beaucoup plus saillante et portée plus en dedans qu'à l'état normal ; de plus, l'os luxé a la même longueur que celui du côté opposé.
b, l^unatioii en arrière. — Elle est beaucoup moins fréquente que la luxation en avant. Le mécanisme est l'inverse du précédent : l'épaule est portée en avant., l'extrémité interne de la clavicule se porte en arrière de la fourchette sternale. Rarement, elle peut être produite par une impulsion directe de l'extrémité interne de la clavicule en arrière.
Il y a une dépression au niveau de l'extrémité interne de la clavicule ; la partie articulaire du sternum est saillante; les creux sus-claviculaire et sous-claviculaire so:it ertarés: l'espace qui sépare le sternum de larromion est plus court.
Dans quelques cas. la riavicule luxée détermine des symptômes de dyspnée, de dysphagie ou des troubles circulatoires, par suite de la compression de la trachée, de r(i\sophage et des gros vaisseaux du cou.
On fait la réduction en procédant conmie dans la luxation en avant: mais il est plus difficile de maintenir la réduction.
r. i^nnaiion eu iiaui. — Elle est extrêmement rare. L'extrémité de la clavicule se place au-dessus de la fourchette du sternum, en tendant le sterno-cléido-mastoïdien. N'étant plus maintenue par ses téguments, elle se porte en dedans, comme dans les variétés précédentes; l'épaule se rapproche de la ligne médiane.
On maintient l'os après la réduction, comme dans la luxation eu avant. Il n'est pas difficile de remettre l'extrémité déplacée dans .sa situation normale, mais on a beaucoup de peine à l'y fixer. Indépendamment des moyens <|ui agissent sur la partie luxée, il faut, dans tous les déplacements de l'extrémité interne de laclavicule . immobiliser complètement l'épaule.
LUXATIONS DE LHUMKRL'S. 365
2o Luxations de rextrémité externe.
a, I^anatioo sna-acromiale. — Cette variété est fréquente. Les lif^ainents acromio-claviculaires sont plus ou moins complètement déchirés; la clavicule est portée au-dessus de l'acromion où elle forme une saillie. D'après M. Cruveilhier, lorsque les ligaments coraco-claviculaires sont conservés, il ne peut se produire qu'une luxation incomplète.
L'extrémité externe de la clavicule forme une saillie qui dépasse le niveau de l'acromion ; lorsque les ligaments sont déchirés largement et que la violence a été assez considérable, elle peut se porter en dehors, en chevauchant sur cette apophyse.
Le siège de la douleur, la saillie quon sent facilement sous la peau, la conservation de la longueur normale de l'os, empêcheront de confondre cette luxation avec une fracture soit de l'extrémité externe de la clavicule, soit de la partie supérieure de l'humérus.
Les moyens contentifs sont difficilement applicables ; on a employé avec succès, dans quelques cas, le tourniquet de J.-L. Petit.
0. L.ax.atioii «outi-acroiiiiale. — Cette variété est rare ; c'est le plus souvent une violence extérieure considérable, s'exerçant sur Textrémilé externe de la clavicule. i\m porte cette partie de l'os en bas et la fait passer au-dessous de l'acromion.
Oii a (lit (jue. pour que cette luxation fut possible, il était nécessaire qu'il y eut en même temps une fracture de l'apophyse coracoïde ; mais elle nous paraît possible sans fracture.
H y a une saillie formée par l'acromion, une dépression con^espondante ;i la clavicule, et un raccourcissement apparent de cet os produit par la projection de l'acromion en dedans. La réduction et la contention sont faciles.
c. L.uiiaiion «oiiti-coraeoîclieooe. — On comprend facilement le mécanisme et les symptômes de cette luxation, qui n'est que l'exagération de la luxation sous-acromiale. On n'en connaît que très-peu d'exemples.
La iiix^alioii dcti deu^K ex^trémités à la fois de la clavicule a été signalée par Richerand et Gerdysur un homme qui était tombé d'un troisième étage. Ce genre de déplacement n'a pas été observé depuis le cas (|ue nous citons.