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VU. - LUXATIONS DE L'HUMÉRUS

KiLamen du malade. — Par le rt'ffard. on compuixîm les deux ('•pailles, atni «le constater la déformatioD. On se rendra compte de la difJicHlté ou de Vimpomhilifé des utflurrmenti spontanés ou eommuniquc^s de l'épaule. Puis on mesurera la longueur du membre, rallongement réel indiquant toujours une luxation. On explorera ensuite la région de l'épaule par l'œil et le toucher ; on examinera bien si les saillies osseuses occup«.»nt leur po«^ition normale (acromiou, tôtc de l'humérus, apophyse coracoïde]', et s'il

csi&tc des dêyreÉtumt anorntalet ou un cfïaccnivnt dt: coller qui existent uormalfmcQt (creui soDa-acromial , troux uoua-clttviculaire, truux axillaire).

Selon les rapports iiouveau\ que contracte la tête de l'humérus, on distingue quatre variétés de luxations de l'iiuinérus : trois se t'ont en avant de la cavité gléiiotde de l'omoplate, lu-rationg antéro-internes ; la ijuatrième en arrière, luaation post&o-erlerne {It},'. 77 et 78),

KiG. 77. — Lniation sous-coracoïdiemic incomplète.

Dans les luxations antéro- in ternes, ta léle de Ihumérus peut se placer au-dessous de l'apophyse coracoïde : luxation soiis-coracoïdienne (lig. 77), complète ou incomplète, selon que la tête a ou non conservé encore quelque rapport avec le bord de la cavité glénoïde: la lùLe de l'humérus peut devenir plus inlenie. se placer en dedans de l'apophyse coracoïde : luxation intra-eoracotdienne i lig. 78) ; elle peut, eniin , glisser audessous de la (cavité glénoïde : liualion sous^léiioidietiiie (lig. 79).

Dans la ]ii\ulU>n posléro-exlerne. la tête de l'humérus se place audessous de l'épine; elle con.strvc presi|ue loujoui-s un point de contact avec les bordsde la cavité j^KntMa.siiiis-rpiiieuxc iucompUte{tig. 80). Dans les i^as uit lu lète aliaiuliitine coniplétement la cavibj glénoïde, o:i observe la luxation sous-èiiineuse complète iltg. 81 1.

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Nous avons donc à étutiier les luxations sous-coracoïdienne, intracoracoïdienne, sous-glénoïdicnne et sous-épineuse.

Aii^twiiilc p*ihol«sl<|ae. — Toutes ces lus^atioiis, excepté la souscoracoïrlienne incomplète, s'accompagnent de la rupture de la capsule fibreuse. Le tôle de l'humérus contracte les rapports suivants :

1° Dans la sous-coracoïdienne incomplète, la tête est en avant du bourrelet glénoïdîen avec leiiuel elle est en contact.

"i" Dans la sous-coracoîdicnne complète, la tête de l'humérus est devenue plus interne; elle est placée entre la face antérieure du col de l'onioplate et le tendon du sous-scapulaire qui se trouve porté en avant.

> Dans l'inlra-coracoïdienne, la tète humérale est encore plus interne ; elle est logée dans la l'osse sous-scapulaire, entre l'os et le muscle sousscapulaire qu'elle soulève.

t" Dans la sous-glénoïdieniie, la tète de l'humérus s'appuie sur le côté de l'omoplate, au-dessous de la cavité glénoïde, entre la longue portion du triceps et le muscle sous-scapulaire.

■ Luiatiou Eiou.s-<ipiQi;uMiC( plotc (variété mrc;.

■> Dans la sous-épineuse incomplète, qui est l'opposée de la souscoi-acoïdienne incomplète, la tète de l'humérus est en contact avec la partie postéiieure du bourrelet glénoïdien ; elle est située au-dessous de l'épine de l'omoplate, entre le muscle sous-épineux et l'os.

Quelle (jue soit la position occupée par la tète de l'humérus, on comprend que son déplacement puisse s'accompagner de désordres plus ou moins étendus du côté delà capsule et des parties ((ui environnent l'articuialJon. En ell'el. le ligament rai>sulaire peut être largement déchiré, comme nous l'avons déjà dit, les vais.seaux et les nerfs comprimés, Ihaillé.'i ou rompus, les muscles distendus au point qu'on voit quel<|uel'ois l(w tendons qui s'insèrent à la tète humérale arracher le fragment osseux sur lequel ils s'implantent. La luxation [>eut aussi se compli(|uer de fractui-e de l'extrémité supérieure de l'humérus.

Dans les luxations anciennes, il se produit un travail pathologique

368 PATHOLOGIE CIIIRURGICALE.

analogue à celui dont nous avons parié en traitant de ces lésions en général. Une cavité nouvelle se creuse dans le point qui est contigu à la tête, celle-ci se déforme, et, dans les luxations incomplètes, présente une rainure qui reçoit le bord de la cavité glénoïde. Cette dernière se comble peu à peu.

€'i»uiie«. — Un choc direct portant sur la tête de Ihumérus peut repousser celle-ci eu avant, en arrière ou en bas. Lors(|ue le coude est appuyé et écarté du tronc, on comprend qu'un choc imprimé à la partie supérieure de l'os peut luxer celui-ci.

Le plus souvent, les causes des luxations de l'humérus sont indirectes; ce sont des chutes sur le coude ou ta main, le membre étant écarte' du tronc. Dans tous ces cas, au moment de la chute, le mouvement d'abduction du bras est exagéré; la partie externe de la tête humérale. s*appuyant contre le bord externe de l'acromion, tend et déchire la partie inférieure de la capsule pour sortir de la cavité. Si le bras était dirigé en dehors et un peu en arrière, ce sont les variétés antérieures (|ui se produisent, et le degré dépend de la violence du choc; si le bras était dirigé en avant, c'est la luxation sous-épineuse tju'on observe.

Symptômes.

11 y a des symptômes communs à toutes les luxations de l'épaule, et des symptômes particuliers à chacune d'elles.

i« »ymptàmen commuus. — Douleur^ abolition de certains maurements; saillie de l'acromionei dépression sous-acromiale. Ce dernier symptôme est pathognomonique ; on sait qu'à Télat normal on trouve au-dessous de Tacromion la tête de l'humérus, saillie facile à sentir à travers l'épaisseur du deltoïde. Lors<{u'une luxation existe, il y a un creux à la place de la saillie de la tète humérale.

n ne faut jamais négliger de comparer les deux épaules. Par cette comparaison, il est souvent facile d'observer deux symptômes qui sont d'un grand secours:

i^ La tète de l'humérus étant déplacée et plus interne, et le coude étant le plus souvent plus ou moins écarté, il existe, du côté de la luxation, un angle, une encoche, une sorte de coup de hache, au point d'insertion du deltoïde, ce {\\x\ ne se montre pas du côté op|>osé.

ïio Si l'on prolonge par la pensée l'axe de l'humérus de bas en haut, on voit (jue cet axe passerait soit en avant , soit en arrière , soit au-dessous de la cavité gléno'ide.

3^ La mensuration comparée du côté sain et du côté malade peut encore donner de bons résultats. On mesure la distance qui sépare l'acromion de lépicondyle; en général, on observe un allongement plus ou moins considérable suivant la variété en présence de laquelle on se trouve; quelquefois il peut faire complètement défaut, et même, dans

LVUTIONS DE L HUUERUS. 369

certains cas, le bras parait raccourci. Il est bon de se rappeler qu'oQ trouvera toujours une difTérence de longueur entre deux mensurations, suivant que le bras sera rapproché ou écarté du tronc. En effet, la tête se porte non-seulement en bas, mais encore en dedans. Or, lorsque le bras sera dirigé en haut et en dehors, la distance entre l'acromton et l'épicondyle paraîtra plus petite que lorsqu'il sera placé dans une position verticale.

Flo. 62. — Luxation Boua-coracoïdicnne.

9' Sj'Diptdaiea p«r(lealler* à chaque ii»etété de laxfttioit, —

a. Luxationsoas-coracdidienne. — Creux Sùus-ûcromial prononcé surtout ro dehors et en arriére; creux ^ous-claviculaire moins profond que du côlé sain; soulèvement dit bord spinal de f omoplate; saillie osseuse, sensible au toucher sur la paroi antérieure de l'aisselle, au-dessous de l'apophyse coracoïde, et quelquefois à la partie .supérieure et antérieure du creux axillaire. Allongement, et parfois raccourcissumciit du membre; coude un jieu écarte' du trozic; mouvetnents volontaires impossibles; mouvements communiqués douloureux; quelquefois ci'Opitation , comme dans les fracturer. Dans la pratique, il est très-d illicite de distinguer la luxation complète de la luxation incomplète.

b. Luxation ittlra-coraedidienne. — La tèle de Ihumérus a subi un déplacement considérable; elle est séparée de la cavité glénoïde par un intervalle de plusieurs renliuiètres. Le creux sous-acromial se voit également en arrière et en dehors; la partie postérieure et externe de l'acromion fait une saillie; soulèvement fréquent de l'angle inférieur de l'omoplate; saillie osseuse (tète de l'humérus) sensible au toucher, otidessoas de la clavicule, en dedans de l'apophyse coracoïde ; la tète est difficile à atteindre dans le creux de l'aisselle. Haecourcissement du memire; \ecoude est porté en arrière; les mouvements sont impouibles;

FOBT, — PâTR. et CLIM. cuis. — T. II. S4

le coude ne peut être écarté du tronc, même lorsque le chirurgien veut imprimer lui-même ce mouvement; rarement, ou peut sentir de la crépitation.

On voit que ces sjmptôines sont l'exagération de ceux de ta luxation sous-coracoïdienne.

FiG. H4. — LuxatioD Bous-glëDoïdiemie.

c. Ui-Talion sous-glèndidieiine. — Nous avons vu que la têle de l'humérus est passée au-dessous de la cavité glénoïde. entre la lon^e portion du triceps et le sous-scapulaire. Ici, les symptômes sont très^ccentàés :

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