‹ Pathologie et clinique chirurgicales. v. 1Chapitre 169 sur 317 · II. — PHLEGMONS ET ABGËS DE L'AISSELLE · texte numérisé non relu

II. — PHLEGMONS ET ABGËS DE L'AISSELLE

iiLnatomie pathologique. — On observe dans l'aisselle trois \'ariétés principales d'abcès, qui . au point de vue anatomique, diffèrent par leur siège.

1» Les abcès tubériformes sont très-superiiciels et très-limités. Ce sont de véritables furoncles de l'aisselle; ils peuvent être consécutifs à l'inflammation des glandes sudoripares.

2o Les abcès phlegmoneur superficiels se développent dans l'épaisseur de la couche sous-cutanée: n'étant pas bornés, comme les précédents . aux aréoles de la face profonde du derme ou à des glandes , ils envahis- .sent une étendue plus ou moins considérable de la région axillaire <|u'ils peuvent même déborder du côté de la partie antérieure du thorax, au niveau du grand pectoral.

î^ Les abcès profonds prennent tantôt naissance dans le tissu celluloadipeux sous-aponévroti(jue du creux axillaire. tantôt dans les nombreux ganglions qui y sont contenus. Dans certains cas, il y a une adénite suppurée ; le plus souvent, c'est la péri-adénite. accx)mpagnant l'inflammation du parenchyme ganglionnaire, qui détermine par voisinage le phlegmon profond de laisselie. Dans celte variété, le pus peut fuser du côté du cou. entre les muscles pectoraux . ou. en arrière, entre les muscles trapèze, grand dorsal , grand dentelé et la paroi costale. La possibilité d'une ouverture spontanée de ces abcès dans la cavité pleurale n'est rien moins (|ue démontrée.

PHLEGMONS ET ABCÈS DE l/ AISSELLE. 377

Symptdmes. — Les symptômes de la première variété sont ceux du furoncle; nous ne nous y arrêterons pas. Petite tumeur acuniinée, rouge, douloureuse , gênant les mouvements du bras; suppuration et ouverture spontanée. Leur marche est en général assez lente.

Les abcès phlegmoneux sous-cutanés sont cai'actérisés au début par les symptômes du phlegmon circonscrit : rougeur des téguments , douleur lancinante, exagérée par la pression et par les mouvements. Lorsque le pus se forme, on peut sentir facilement la fluctuation, car le foyer n'est recouvert que par les téguments, distendus et amincis. On peut observer dans ces abcès des symptômes généraux : lièvre, élévation de la température, troubles digestifs , etc.

Les abcès profonds sont beaucoup plus graves que les précédents; les symptômes généraux sont plus accusés, et nous savons déjà qu^ils sont sujets à de sérieuses complications , telles que les fusées purulentes.

Le creux axillaire est effacé; il existe à ce niveau une tuméfaction, avec rougeur et chaleur de la peau qui est tendue et luisante. Le bras ne peut être rapproché complètement du tronc, ni porté tout à fait en haut; il occupe une position intermédiaire entre l'abduction et l'adduction. On peut ordinairement percevoir la fluctuation; cependant, lorsque le foyer purulent est très-profond, ce signe peut faire défaut: dans ce cas, les téguments conservent quelquefois leur aspect normal.

Causes. — Les abcès profonds succèdent ordinairement à l'in/Iammaf ton des ganglions, à la suite d'excoriations, de piqûres anatomiques, etc. , et d'une angioleucite consécutive. Quant aux autres abcès, leurs causes n'ont rien de spécial.

Traitement. — On peut attendre l'ouverture spontanée des abcès tubériformes. Mais il faut se hûter , dans les autres cas, de donner issue au pus , si l'on veut prévenir des décollements quelquefois très-étendus et des fusées purulentes. En agissant ainsi, de bonne heure, surtout dans les abcès profonds, on facilitera la cicatrisation du foyer purulent. On sait que, dans l'aisselle, cette cicatrisation se fait souvent attendre trèslongtemps , à cause de la disposition même des parois de cette cavité , qui ne peuvent se rapprocher, et des mouvements incessants du bras. Il reste des orifices iistuleux par le même mécanisme que nous avons exposé en parlant des fistules à l'anus.

Il n'est pas besoin de recommander la plus grande précaution , afin d'éviter la blessure des organes importants, vasculaires et nerveux , qui traversent la région axillaire.

On observe (juelquefois des abcès froids dans l'aisselle. Ils s'y présentent avec les mêmes caractères que partout ailleurs , et réclament le même traitement. Leur origine est variable; ils sont dus soit à une lésion (les os, vertèbres, côtes, humérus, omoplate, soit à l'inflampiation chronique des ganglions axillaires. Dans quehjues cas, on a vu des cavernes pulmonaires communiquer avec Taisselle. par suite de la perforation de la plèvre et de la paroi intercostale.

378 PATHOLOGIE GHIBURGIGALE.

§ 3. — Lésions de nutrition.

On rencontre dans Tépaule diverses tumeurs osseuses qui peuvent affecter le périoste ou Fos , des tumeurs cartilagineuses , enchondronies ; elles présentent tous les caractères que nous avons assignés à ces tumeurs^ considérées d'une manière générale. D'autres tumeurs, prenant leur point de départ dans le tissu conjonctif , peuvent s'y rencontrer également, lipomes, etc.

Les anévrysmes de l'artère axillaire sont rares.

ARTICLE DEUXIÈME

Page 1