I. — SCIPULALGIE
La scapulalgie est la tumeur blanche de l'articulation scapulo-humérale. Elle a été bien étudiée surtout par M. Péaii.
AoAiomie patholoiriqne. — On rencontre toutes les lésions que nous avons indiquées en parlant des tumeurs blanches en général, lésions de la synoviale et des extrémités osseuses se caractérisant par la production de fongosités (synovite, ostéite fongueuse). Lors(|ue du pus se forme dans Tarticulation, il commence par soulever et distendre les culs-de-sac que la synoviale envoie au-dessous des muscles voisins, et celui qui entoure le tendon du biceps; bientôt les abcès s'ouvrent à l'extérieur, et il reste des trajets fistuleux par lesquels un stylet peut facilement arriver au contact des os dénudés. L'humérus est généralement plus malade que la cavité glénoïde; celle-ci est quelquefois exempte de lésions.
»jmptàme; — L'épaule est le siège d'un gonflement qui, ordinairement, ne dépasse pas inférieurement le niveau de l'insertion du deltoïde. La pression sur la partie tuméfiée est très-douloureuse; il en est de même des mouvements^ spontanés ou provoqués. Instinctivement, les malades rapprochent le bras du tronc, et fléchissent l'avant-bras ; cette position se rencontre d'ailleurs dans la plupart des affections de l'épaule. II est très-rare d'observer dans la longueur du membre une différence réelle^ en plus ou en moins. A une époque plus avancée, l'épaule malade peut paraître moins volumineuse que celle du côté sain ; cet amaigrissement est dû à Vatrophie musculaire.
Les symptômes généraux sont ceux de toutes les tumeurs blanches en général.
Dia4(oo«iic. — Le diagnostic n*est pas toujours facile ; la nécrose de l'extrémité supérieure de l'humérus peut donner lieu à des symptômes assez analogues à ceux que nous venons de décrire, gonflement, douleur, fistules, etc. Dans ce cas, il faut explorer attentivement l'état de l'articulation, faire exécuter au membre divers mouvements, plus faciles et moins douloureux dans le cas de nécrose que dans celui de tumeur blanche; chercher si, pendant ces déplacements , il ne se produit pas de craquements, qui se rencontrent surtout dans la scapulalgie. C'est par le siège des orifices fistuleux, par la direction de leur trajet, par l'exploration attentive des surfaces osseuses au moyen du stylet, (jue l'on
reconnaîti'a si l'os au contact duquel on arrive est rhumérus ou Vomoplate.
Causes. — Cette tumeur blanche est assez rare ; elle peut succéder à une violence directe; mais elle se manifeste surtout sous l'influence de la diathèse scrofuleuse.
Pronostie. Traitement. — Le pronostic est grave , car on est souvent obligé de recourir à une opération. Lorsque la maladie guérit spontanément, ce qui n'est pas fréquent, elle peut se terminer par une ankvlose complète. Néanmoins , cette terminaison est encore assez favorable, en ce sens que l'ankylose scapulo-humérale permet des mouvement assez étendus de l'épaule; elle olfre beaucoup moins d'inconvénients que celle des autres articulations.
Le traitement, au début, est le même que celui des autres tumeurs blanches ; il faut , avant tout , immobiliser le membre. Lorsqu'il existe des trajets listuleux et que les lésions osseuses sont trop avancées pour qu'on puisse en espérer la guérison, on pratiquera la m^r/ ton scapulo-humérale. La désarticulation ne sera employée que dans les cas où il est urgent de débarrasser rapidement le malade , et de le soustraire aux accidents que peut entraîner une suppuration de longue durée.