I. - FRACTURES DE L'EXTRÉMITÉ INFÉRIEURE DE L'HUMÉRUS
Causes. — Cette fracture peut succéder à un choc direct ou à une chute sur le coude.
Variétés. — On peut observer la fracture isolée de l'épicondyle et de répitrochlée. L'extrémité inférieure peut être complètement séparée du corps de l'os , et lorsque cette fracture siège à une hauteur qui dépasse deux centimètres, on a une fracture du corps de l'humérus. On voit quelquefois le fragment inférieur divisé en deux ou plusieurs fragments, et la fracture communiquer avec l'articulation du coude.
H^mptdineff. — On rencontre ici les symptômes communs à toutes les fractures : douleur locale, impuissance du membre, mobilité anormale, crépitation. La déformation varie selon le point fracturé; si la fracture
FHACTCHES DE L'iiXTKlbllTÉ INFÉRIEURE t>E l'HUUIÊRUS. 381
siège au-dessus de la surface articulaire . le fragment inférieui- est porté en haut et en arrière par le triceps, qui agit sur le cubitus, auquel le fragment inférieur est uni par les ligaments du coude. On constate alors une dépression en arrière du coude, au-dessus de l'olécrane; en avant du coude et dans le point correspondant . on trouve ta saillie de l'humelus. S'il y a division du fragment inférieur communiquant avec l'articu-
FiG. 88. — Fracture de rextrtmité inlérieure de l'huraéruf. I , Triupi. — S. fngatnl dipérinir. — 3. PnpiHiiI iiiKnenr. ~ 4. Ttaàoa du bica|».
latioii, on peut constater un écartement entre l'épicondyle et l'épitrochlée. Si ces apophyses sont seules fracturées, elles sont le plus souvent déviées de leur position normale, et l'on peut percevoir la crépitation. Lorsqu'on cherche ù constater la fracture de l'épicondyle et de l'épitrochlée. il ne faut pas oublier qu'à l'état normal et dans l'extension du foude, les trois saillies , épitrochlée, olécrane, épicondyle, sont sur la même ligne transversale.
Marche. Trrinin*i«*ii. — I^s fractures de l'extrémité inférieure de l'humérus guérissent rarement sans déformation, à cause de la difficulté où l'on est d'appliquer un bon bandage. Si la fracture comnmiiique avec l'ai-ticuiation , il peut surveiur un épanchement sanguin . une arthrite et une ankylose consécutive. Si l'épicondyle et l'épitrochlée sont seules fracturées, la consolidation se fait presque toujours sans accident
DlMffBMile. — Ces fractures sont faciles à rero:inaiti-e. Un ne peut éprouver de difficulté que dans les cas oii il existe une complication du côté de l'articulation : alors . la fracture peut être méconnue. On pourrait aussi , dans quelques cas , les confondre avec une lujration du coude en arriére. Voici à quels caractères on distinguera ces deux lésions : dans la luxation, l'olécrane a perdu ses rapports normaux avec répitruchlée et l'épicondyle; la mensuration . de l'une de ces deux tubérosités aux apophyses styloi'des du radius et du cubitus, montif que l'avanl-bras est raccourci ; la saillie qui occupe le pli du coude off're toute la larf^eur
38i PATHOLOGIE CHIRURGICALE.
de rextréinité inférieure de Thumérus; elle est lisse, arrondie. Dans la fracture, les rapports normaux des surfaces articulaires et des apophyses voisines sont conservés; l'avant-bras, mesuré comme nous Favons dit, n'a pas diminué de longueur; la saillie du fragment supérieur est étroite, irrégulière , tranchante. Enfin dans la luxation , la réduction est difiScile , mais se maintient aisément; c'est le contraire dans la fracture.
Pronostie. — Ces fractures présentent la gravité de toutes les fractures situées au voisinage d'une articulation; les fragments sont maintenus difficilement en contact , et l'on constate souvent une ankylose consécutive.
Traitement. — Après avoir réduit la fracture . il faut, avant de procéder à la pose de l'appareil, placer le membre dans la demi-flexion , position qui serait la moins embarrassante, si une ankylose venait à se pro(luire. Lorsque l'extrémité inférieure de l'os est divisée en plusieurs fragments, ou bien s'il existe quelque complication, il faut différer l'application de l'appareil. Si, au contraire, la fracture paraît simple , on applique un bandage ainsi composé : deux lames de carton mouillé sont placées, l'une du côté de la concavité du membre demi-fléchi, l'autre du côté de la convexité; autour de ces deux lames on applique une bande roulée, en ayant soin de garnir préalablement de ouate ou de charpie les points de l'appareil en contact avec les saillies osseuses du coude. S'il y a peu de déplacement et ((uela fracture soit simple, ou peut appli<iuer un bandage inamovible.