FRACTURES DE L*AVANT-BRAS
On donne ce nom aux fractures qui siègent sur les deux os en même temps; lorsqu'un seul des os est fracturé, on dit qu'il y a fracture du radius ou du cubitus.
Causes. — Cette fracture est presque toujours produite par une cause directe : choc, roue de voiture ; très-rarement, c'est une chute sur la paume de la main, et bien plus rarement encore, la contraction musculaire.
Variétés. — Ces fractures peuvent être simples ou compliquées, uniques ou multiples. La fracture peut siéger au même niveau sur les deux os, ou à des niveaux différents.
Déplacement. — Le déplacement des fragments peut varier à rinfini. Si la fracture siège à la partie moyenne des deux os, les muscles pronateurs portent les fragments vers l'espace interosseux ; il faut dire cependant que le fragment supérieur du cubitus reste immobile à cause de la solidité de son articulation avec l'humérus. On comprend que les déplacements ne seront plus les mêmes si la fracture siège à des niveaux différents sur les deuxjos. Il existe une variété de déplacement qui consiste uniquement dans la courbure des os dC'Tavant-bras; cette (.'ourbure, dans laquelle les deux os décrivent une sorte d'arc de cercle, constitue une fracture incomplète, et se remarque surtout chez les enfants.
Sj'mptdmes. — Les symptômes communs à toutes les fractures sout faciles à observer : douleur, mobilité anormale, crépitation, impuissance du membre, souvent tuméfaction. On constate aussi de la déformation, consistant, dans la majorité des cas, en une augmentation du diamètre antéro-postérieur de Tavant-bras et une diminution du diamètre trans-
FRACTURES DE l' AVANT-BRAS. 389
versai. On comprend que cette déformation fesse défaut dans tous les cas de fractures incomplètes.
Marche cl terminaison. — La consolidation est presque toujours osseuse; mais il est très-difficile d'obtenir un cal régulier, vu la mobilité des fragments dans cette fracture. Trente à quarante jours sont nécessaires à c^tte consolidation.
Diagnostic. Pronostic. — Il faut ne pas porter la moindre attention à l'examen du malade pour méconnaître une fracture de l'avant-bras. Le pronostic dépend des complications, lorsqu'elles existent. Cependant, il faut dire que, dans les fractures simples, le pronostic est assez sérieux : l*' parce *qu'il est très-difficile d'observer la guérisoii sans déformation, et que le malade est gêné dans ses mouvements ; i"* parce que des accidents graves peuvent sun'enir après l'application de l'appareil, si Ton ne surveille très-attentivement le malade.
Traitement.— On doit d'abord réduire. Pour appliquer l'appareil, dans cette fracture, il faut avoir soin de placer le membre en supination : car, s'il était dans la pronation, le radius croiserait le cubitus, et les fragments se consolideraient vicieusement.
Le chirurgien, dans la pose de l'appareil, doit faire ses efforts pour empêcher le déplacement des fragments, c'est-à-dire pour les tenir écartés de l'espace interosseux. Pour cela, quelques-uns placent des compresses graduées, dans le sens de leur longueur, sur la face antérieure et sur la face postérieure de l'avant-bras; d'autres, à l'exemple de M. >îélaton, placent un long bouchon sur les deux faces de l'avant-bras, de manière à refouler les muscles vers l'espace interosseux et à écarter les fragments. Par-dessus les compresses graduées ou les bouchons, on place une atlelle sur la partie postérieure et sur la partie antérieure, et l'on entoure le membre d'une bande roulée.
Quel ({ue soit l'appareil qu'on applique, il faut avoir soin de ne pas exercer une trop forte compression : on courrait le risque de voir se produire une gangrène plus ou moins étendue du côté de l'extrémité libre du membre.
Les fractures du corps du radius et du cubitus présentent les phénomènes ordinaires de toutes les fractures; il est inutile de les décrire.
ARTICLE CINQUIÈME