FRACTURES DE L'EXTRÉMITÉ INFÉRIEURE DU RADIUS
désignée par Velpeau sous le nom de dos de fourchette (iig. 9i). i^ En une abduction de la main , déformation qu'on a voulu comparer à un Z (iig. 95). L'abduction est déterminée par la pénétration des deux fragments, et, par conséquent, par le raccourcissement du radius, qui entraine avec lui le ligament externe de l'articulation radio-carpienne, attirant lui-même en haut le côté correspondant de la main. Comme conséquence de cette abduction, on observe des plis sur le côté externe de la fracture et une saillie plus considérable de l'extrémité inférieure du cubitus. On remarque en outre que les deux apophyses du radius et du cubitus sont situées sur un même plan; que la première, même lorsque la pénétration est très-forte, peut être plus élevée que la seconde, ce qui est le contraire de l'état normal. Ce caractère, dans le cas douteux, est trèsimportant à constater. 3^ En la présence de deux cordons tendus comme des cordes de violon, descendant de l'extrémité inférieure du radius sur les deuxième et troisième métacarpiens, et formés par les deux radiaux externes.
Marche et terminaison. — La fracture de l'extrémité inférieure du radius est celle qui se consolide le plus facilement: vingt jours peuvent suffire. La consolidation est constamment osseuse.
Uîtkgnoutîe. Pronostic. — Il est commun de méconnaître cette fracture. Quoiqu'elle soit d'une fréquence extrême, elle n'est guère connue que depuis le commencement de ce siècle; autrefois les chirurgiens la confondaient ordinairement avec une luxation du carpe. Nous verrons, à propos de cette luxation, quels sont ses caractères distinctifs.
Traitement. — Beaucoup de chirurgiens considèrent la réduction comme une opération inutile. Cependant, on s'expose, en ne la pratiquant pas, à laisser une difformité permanente. Il faut donc, avant d'appliquer J'appareil, exercer une forte traction sur la main, en même temps que l'avant-bras est tiré en sens contraire. Appuyant alors son pouce sur le fragment inférieur, le chirurgien le repousse en avant. Pour empêcher le déplacement de se reproduire, on appli(|ue Tappareil suivant : un petit coussin est placé sur le fragment supérieur, du côté de la face dorsale de l'avant-bras: la face antérieure du membre re{K>se sur un autre coussin
Fio. or». — Appareil pour la fracture de lextrémité inférieure du radius.
i. AttelU êaHMenn. — 9. Attelle poetérienre. » 3. CooMio antériew. — 4. Sa pirtie r«rpliëe. — 5. Petit eooitin repomMOt le CrafOMnt inliériear «i avant. — 6, A, 6. Baodeli ttes de diachylon.
qui répond à toute sa longueur, sauf au fragment inférieur, au niveau duquel il est replié, de manière à former un bourrelet sur lequel le membre porte à faux. Une attelle antérieure et une postérieure, fixées par une bande, ou mieux par trois bandelettes de diaehylon, complètent l'appareil (fig. 96). Il faut maintenir la main dans la flexion : cette position favorise la réduction, et permet aux fragments de se consolider dans leurs rapports normaux.
Lorsque la main est portée fortement en dehors, vers le bord radial de lavant-bras, il faut la diriger en dedans, soit avec l'attelle de Dupuytren. soit par tout autre moyen.
Certains chirurgiens ne se servent pas d'appai*eil; ils se contentent de ])l:icer la main sur un coussin pendant toute la durée du traitement (18 à 20 jours). Robert, à THôtel-Dieu, plaçait l'avant-bras sur un coussin élevé ; la main, débordant le coussin, était destinée à agir sur le fragment inférieur par les tendons des muscles radiaux tendus par la seule flexion de la main.
Les fraetures de l'extrémité inférieure du cubitus sont rares: elles n'offrent aucun phénomène qui mérite d'être signalé.