‹ Pathologie et clinique chirurgicales. v. 1Chapitre 194 sur 317 · IL - RÉTRACTION DE L APONÉVROSE PALMAIRE · texte numérisé non relu

IL - RÉTRACTION DE L APONÉVROSE PALMAIRE

(liiez les personnes <pii se sont livrées à <les travaux manuels pénibles. qui ont subi des frottements répétés de la paume de la main, ccmime les <*a\aliers. chez les«piels la bride (»\erce sans resse une action irritante dans cette région, et même en dehor> de ces conditions. on voit .survenir. ordinairement cin*/. l'adulte, une rétra<-tion spéciale de la paume de la maiii. présentant les caractères suivants :

Otte rétraction marche lentement: elle commence pres<iue toujours vis-à-vis de l'annulaire et île l'auriculaire. La peau se plisse en travers: elle devient adhérente aux parties sous-jacentcs. Kn même temps, elle nc raccourcit et entraine dans une flexion permanente l'auriculaire et Taimulaire. La lésion peut remonter jusqu'à la dernière phalange.

Dupnytren attribuait cet état à rintlainmatio.! de l'aponévrose palmaire. Comment expliqiierait-on. d'api es cette manière de voir, la

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rétraction des dernières phalan^çes, qui a été certainement observée, les prolongements de l'aponévrose palmaire ne dépassant pas la première phalange ? N existerait-il pas plutôt une inflammation spéciale du tissu du derme, les éléments élastiques de cette membrane se rétractant insensiblement, sous l'influence de l'irritation?

Le traitement, au début, consiste à maintenir les doigts dans l'extension, ei à leur faire exécuter des mouvements fréquents, afin de conserver leur direction normale et leur liberté d'action. Mais, si ce moyen échoue, il faut avoir recours à l'instrument tranchant.

L'opération se fait par section des brides sous-cutanées, à ciel ouvert, par incision sous-cutanée^ ou par excision. Aucun de ces procédés n'enipéche la récidive. Il faut se rappeler aussi qu'ils exposent au phlegmon profond de la main.

Panaris,

On appelle panaris l'inflammation des parties molles des doigts.

Division. — Selon les parties aff'ectées, on divise le panaris en plusieurs espèces : le panaris superficiel, le panaris sous-cutané et le panaris profond.

1° Panaris superfleiel. — Désigné encore SOUS le nom de tourniole ou de panaris sous-épidermique^ le panaris superficiel consiste en une inflammation de la surface du derme, avec production de pus. Le liquide purulent soulève l'épidémie, quelquefois dans une étendue considérable, et tend à faire le tour du doigt. Il envahit parfois la matrice de l'ongle et détermine la chute de celui-ci, s'il séjourne en ce point pendant un certain temps. Lorsque l'épiderme est déchiré pour laisser écouler le pus, on constate souvent la présence d'une plaie bourgeonnante. Cette forme de panaris est de courte durée, et ne présente aucune gravité:

90 Panaris sous-cntané. — Le panaris anthracoïde est une variété du panaris sous-cutané. Il siège sur la face dorsale et, de préférence, au niveau de la première phalange : c'est un véritable furoncle.

Le vrai panaris sous-cutané siège à la face palmaire du doigt, dans le tissu cellulaire sous-cutané.

Les causes sont des contusions, des écorchures, des piqûres; il succède 4|uelquefois au panaris superficiel.

Les symptômes sont les suivants : douleurs très-vives, lancinantes, d'autant plus intenses que l'inflammation est plus profonde et plus étendue: gonflement inflammatoire du doigt: rougeur et chaleur des téguments; parfois symptômes généraux fébriles.

La terminaison, si l'on n'intervient pas activement, est la suppuration. Le pus se porte dans le tissu cellulaire sous-cutané . perfore la peau c^t soulève l'épiderme, pour être versé ensuite à l'extérieur.

Fort, — Pattî. kt Clîk. chib. — t. iî. ?7

Les complications sont graves. Le plus ordinairement, s'il s*agit de la troisième phalange, Tinflammalion gagne le périoste et Fos; il en résulte une nécrose de la phalangette, (jui entretient une suppuration interminable jusqu'à ce que Tos soit éliminé. A la suite de cette élimination, le doigt est plus court.

Si le panaris siège à la première ou à la deuxième phalange, l'inflammation se propage à la gaine tendineuse et aux articulations > il peut eu résulter une roideur articulaire, un phlegmon diffus, par propagation de l'inflammation le long de la gaîne du muscle, et consécutivement, si le malade guérit, une rétraction permanente des doigts. Le tendon peut s'exfolier : le doigt sera alors en extension permanente; il deviendra très-gênant, et souvent on sera forcé de recourir à l'amputation.

Une complication redoutable consiste dans la gangrène. Celle-ci se montre dès le début; il se forme de larges eschares, et les gaines tendineuses mises à nu subissent des altérations consécutives graves.

Le traitement du début réclame l'emploi de moyens qui tendent à la résolution. Le plus souvent, ils échouent; il faut le plus tôt possible inciser le point enflammé. On doit diviser profondément, en ayant soin toutefois de ne pas ouvrir les gaines tendineuses. Si la phalangette est déjà nécrosée lorsqu'on voit le malade, il faut l'extraire au plus vite par l'ouverture iistuleuse, si elle est mobile. Lorsqu'elle est encore adhérente, il faut attendre quelque temps. Quelquefois, en effet, lextrémité seule de la phalangette se nécrose et est éliminée.

s» PanarU profond. — Il siège dans les gaines tendineuses des doigts; il succède au panaris sous-cutané, ou bien il se développe primitivement en ce point. Un conçoit qu'une piqûre, une plaie, une brûlure, puissent atteindre les gaines tendineuses.

I^s phénomènes qui se produisent varient selon le doigt malade. Si l'indicateur Je médius et l'annulaire sont affectés, l'inflammation éprouve un temps d'arrêt au niveau de la racine des doigts, et la maladie peut se borner là; il arrive que l'inflammation se propage au tissu cellulaire de la main, pour former un phlegmon. Lorsque le pouce ou l'auriculaire se trouve aflecté, rinflammation se propage rapidement au tissu cellulaire de l'éniinence thénar ou hypothénar, le phlegmon se développe, en sorte qu'on peut dire que le panaris du petit doigt et du pouce est plus grave ((ue celui des autres doigts. Cette difl'érence est due à la disposition des gaines tendineuses. On sait, en effet, que les gaines des tendons du pouce et du petit doigt se prolongent vers les éminences thénar et hypothénar, tandis ({ue celles des autres doigts ne dépassent pas la première phalange.

Du reste, les suites sont les mêmes que celles du panaris sous-cutaoé compliqué d'inflammation des gaines. Dans presque tous Iqs cas, le doigt reste difforme.

Le traitement est le même que celui du i^naris sous-cutané. Lorsque

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