II. - LUXATIONS DE L'ASTRAGALE
On désigne encore ces luxations sous le nom de luxations du pied. On en distingue six espèces : en dedans , en dehors, en arrière, en avant, en haut et par rotation.
Causes ei méeanisnie. — Elles sont produites par une violence extérieure qui agit sur la partie inférieure de la jambe, ou par une chute sur les pieds.
Le déplacement en dedans et en dehors se produit par le mécanisme que nous avons indiqué pour les fractures du péroné; on comprend, par conséquent, qu'il s'accompagne quelquefois de fracture de la malléole externe.
La luxation en arrière est souvent occasionnée par un saut, une chute, le pied portant à plat sur un plan incliné. Au moment de la chute, le tibia peut glisser en avant sur la poulie astragalienne. C'est un mécanisme inverse pour la luxation en avant, la chute ayant lieu pendant la flexion du pied.
Dans la luxation en haut, l'astragale passe entre le tibia et le péroné , qui se sont séparés.
1^ luxation par rotation est lexagération du mouvement qui produit la fracture par divulsion ; la pointe du pied est retenue par son coté interne, la tète de l'astragale regarde en dehors, tandis que son extrémité postérieure regarde en dedans.
Anatamie paiholo^riqne. — Les ligaments sont rompus du côté où se fait le déplacement, et si celui-ci est considérable, la rupture se montre sur tout lappareil ligamenteux de Tarticulation. Dans les luxalions en dedans et en dehors, la face supérieure de l'astragale abandonne le tibia et regarde en dedans ou en dehors ; dans les luxations en avant et en arrière, la poulie astragalienne se porte en avant ou en arrière du tibia.
mymptàmeu. — i^ Luxation en dedans. Le bord interne du pied regarde en bas: la malléole interne forme une saillie considérable; elle ^mble plus élevée qu'à l'état normal : au-dessous d'elle, le bord interne (le la poulie astragalienne forme une saillie moins proéminente. Il y a de la mobilité anormale et S4)uvent de la crépitation, produite par la fracture de l'une des malléoles.
p\rHi'ifjV,iK r.mtzwaKMZ.
On riftnne I« nom di: pied-bot à toute attitude vîcieose do pis di'>tinf(UM'ons le pi^d-bot conyailat et le pifd-bol aeqmût.
; 1. — Pied-bot congénital.
Ladft^'ialiori existe au moment de la naissance: elle peut affecte le* iXMitions. mais on eM convenu tien former quatre type^.
I" l^irsi|ue I» pieil repose sur le talon, la pointe élanl relev nllitudn ronstiliie In pied-bol lahix: i" si l'iorerse existe et qui
rf'|K)!io sur la parlio aiiti'rieiire. c'est te pied-bot èquin: 3" dans h ravHf. Ip pied est n>nvorsi-. la face plantaire regarde en deda malade marclic sur le bord e\leri]p[ variété pluf rr<^]uente>: fc^eii |p pied-bol ralgm . on constate l'attitude imersc: le pitid TenttSÊ iMird iulcrnt'. Os di\crses variâtes {leuvent se compliquer enD Ici est. par exemple, lo pied équin-tarux. qui s'obseire assez ann
piEi)-m)T. 461
Anaiomie paihoi«irique. — Quelle que soit la variété de pied-bot.
es altérations anatomiques ont entre elles la plus grande analogie. La
leau s'épaissit au niveau du point sur lequel repose le pied du malade ;
I se développe une bourse séreuse sous-cutanée sur la partie qui reçoit *» plus forte pression. Les os et les cartilages s altèrent. Ils se luxent les
ins sur les autres; ils s'usent du côté où ils sont le plus comprimés; ils lemblent quelquefois s'hypertrophier du côté opposé. Ces luxations lentes s'observent plus fréquemment et plus vite dans les articulations lâches ; c'est pour cela que l'articulation tarso-tarsienne est si souvent déformée dans le pied-bot varus, même au début. Les muscles sont racurcis d'uji côté, allongés du côté opposé. Il est fréquent de les voir subir la transformation graisseuse.
Causes. — Il est difficile de préciser les causes du pied-bot. Dans beaucoup de cas, il est incontestable qu'il y a là un arrêt de développement. 11 est certain que, dans quelques circonstances, on ne peut mettre en doute les affections des centres nerveux chez le fœtus, affections provoquant des rétractions musculaires.
Traitement. -> On remédie à ces vices de conformation par la ténotomie combiné avec l'emploi d'appareils orthopédiques.
§ 2. — Pied-bot acquis.
Le pied-bot acquis ou pied-bot accidentel pourrait encore être désigné sous le nom de contracture des muscles peroniers latéraux. C'est M. Duchenne (de Boulogne) qui Ta décrit le premier.
Le malade se plaint de fatigue; il ne peut plus rester longtemps debout: une douleur aiguë siège à la plante du pied et souvent au côté externe de la jambe. Au début, ces symptômes sont intermittents, puis ils deviennent permanents, et voici ce que l'on constate:
Les tendons des peroniers forment une corde saillante, tendue en arrière de la malléole externe; elle est due à la contracture des peroniers (]ui. raccourcis, agissent trop énergiquement sur les points d'insertion inférieure. Le premier métatarsien est attiré en bas, ce qui détermine l'abaissement du bord interne du pied, l'élévation du bord externe, l'augmentation de la voûte plantaire, et conséquemment la formation, à la plante du pied, de plis dirigés de dedans en dehors et d'arrière en avant. Si Ton veut refouler avec le doigt l'extrémité antérieure du premier métacarpien et la porter en haut, on éprouve une résistance plus grande (|ue du côté opposé.
Tous ces symptômes sont {leu marqués, mais on peut les constater en comparant les deux membr&s. Lorsque le malade est couché, ils peuvent disparaître, pour se montrer plus tard; c'est pourquoi il est bon de le faire marcher avant de faire l'exploration.
46i PATHOLOGIE CHIRURGICALE.
M. Kichet fait la ténotomie des tendons des péroniers, puis il immo* bilise le membre dans un appareil plâtié.
M. Gosselin considère la contracture des péroniers comme symptonifr tique d'une lésion du tarse, à laquelle il donne le nom de tanalgie.