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Corps étrangers de l'œsophage

Lésions anatoiniques. — Les corps étrangers de Tœsophage peuvent venir de l'intérieur : vers, os, rendus par l'estomac dans un eftbrt de vomissement. Ils viennent le plus souvent du dehors : arêtes, croûte de pain, gros morceaux de viande incomplètement mâchés, épingles, pièces de monnaie, os. On a vu des fourchettes, des cuillers avalées pendant des jeux grossiers ; on a même observé une sangsue . avalée avec l'eau d'un fossé, s'attacher aux parois de l'œsophage.

I^es corps étrangers se tixent sur trois points principaux : !« à Torifice supérieur du conduit; 2<> au |)oint le plus étroit de l'œsophage, correspondant à la troisième vertèbre dorsale ; 3» au niveau du diaphragme.

L'œsophage présente des lésions. Dès le début, le corps étranger peut, par ses aspérités, déchirer plus ou moins profondément l'œsophage, le perforer même, et causer des hémoiThagies. Lors(|U*ll séjoume un certain temps, il ulcère les parois du conduit, il l'enflamme, et il peut provo(|uer

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le développement d'abcès périphériques, et même la rupture du conduit oesophagien et la perforation d'organes voisins, comme la trachée et les gros vaisseaux.

S.vmptdiiieB. — Ces symptômes varient selon le volume du corps étranger et le degré d'irritabilité des individus affectés.

Dans certains cas, le seul symptôme qu'on observe est la dysphagie.

Le plus souvent, le corps étranger dilate l'œsophage et comprime les organes voisins. Il y a de la douleur au niveau du point où il s'est arrêté; la déglutition est impossible ; la trachée peut être comprimée ; d'où, gêne de la respiration et toux. La présence du corps étranger détermine des phénomènes réflexes : le malade fait des efforts de vomissement , et rend parfois du sang.

Terminaison. — Il arrive quelquefois que le corps étranger est rendu dans un efibrt de vomissement ou qu'il pénètre dans l'estomac. S'il est volumineux et plus ou moins arrondi, le malade mourra d'inanition. Dans quelques cas, un corps mince, comme une pièce de monnaie, permet aux aliments d'arriver à l'estomac. Lorsque l'ulcération de l'œsophage et la suppuration se montrent, le malade maigrit, vomit fréquemment du pus et du sang, et finit par mourir d'épuisement, d'hémorrhagie, etc.

DiAirnoBtic. — On constate la présence d'un corps étranger, par le doigt, s'il est à la partie supérieure ; par le palper, s'il siège dans la région cenicale ; enfin, en se servant de la sonde œsophagienne.

PronoBiic. — Il est grave, en général, surtout si l'on ne réussit pas à extraire le corps étranger rapidement.

Traitement. — H ne faut user du vomitif qu'avec une grande circonspection, la rupture de l'œsophage pouvant en être la conséquence.

Le vrai traitement consiste à extraire le corps étranger, à le repousser dans l'estomac, ou à diviser tœsopliage,

i® Extraction. — On se sert de longues pinces courbées, si le corps étranger est situé à l'orifice supérieur de l'œsophage. S'il est plus profond, on a recours au panier de Graëfe. ou à tout autre instrument du même genre.

2o Propulsion. — Ce mode de traitement consiste à entraîner le corps étranger, en faisant avaler au malade des aliments épais : soupe, l>ain, etc. On le pousse encore avec une éponge fixée au bout d'un fil de fer ou d'une baleine. On doit procéder avec lenteur.

3<> Œsophagotomie. — Cette opération consiste à diviser longitudinalement le côté gauche de l'œsophage, à la partie inférieure de la région cenicale, afin d'extraire le corps étranger.

Pour le choix de la méthode de traitement, on se guide sur la forme, le siège et la durée du séjour du corps étranger. S'il s'agit d'une pièce de jiionnaie ou de tout autre corps permettant le passage d'un instrument, et surtout s'il siège à la partie supérieure de l'œsophage, on Songera à

Textraction. La propulsion s'adressera surtout aux cas dans lesquels le corps étranger siégera à la partie inférieure, à condition qu'il ne puisse nuire par sa présence dans l'estomac. Dès que ces moyens ont échoué, et (fu'on ne conserve plus l'espoir de réussir, on procède à l'opération, dont les résultats sont moins graves qu'on ne se l'imagine communément. Nous avons entendu , cette année même, M. Yerneuil insister dans son cours sur le peu de gravité de cette opération, qui a réussi dans presque tous les cas ; elle a été pratiquée quatorze fois jusqu'en 1869.

§ 3. — Rétrécissements de l'œsophage.

L'œsophage peut être rétréci de quatre manières différentes : 1® par inflammation de la muqueuse, rétrécissement inflammatoire; i^ par contraction convulsive des fibres muscxxldLires ^ rétrécissement spasmodique . fréquent chez les hystériques (œsophagisme) ; 3» par des tumeurs voisines qui aplatissent le conduit, rétrécissement par compression; 4<> par altération organique de ses parois , rétrécissements organiques. Nous ne nous occuperons que de ces derniers, qu'on pourrait appeler rétrécissements permanents^ les autres n'étant que temporaires.

Bympiômeu et diairnoBtic. — Lorsqu'un malade présente une dysphagie qui augmente graduellement, qu'il éprouve une douleur au cou ou dans le thorax à chaque déglutition, on peut soupçonner un réti*écissement œsophagien. Ce soupçon se transforme en probabilité , si le malade, ne pouvant plus avaler des aliments ^lidcs, ne se nourrit plus que de liquides. A cette époque, l'œsophage dilaté au-dessus de l'obstacle forme quelquefois une tumeur appréciable à la région cervicale ; il y a une expuition fréquente de liquide filant, parfois de sang, mêlé aux aliments qui sont vomis à une époque variable après leur préhension. On ne sera certain de l'existence de la maladie qu'après avoir fait l'exploration au moyen d'une sonde spéciale formée d'une tige de baleine terminée par une boule d'ivoire. La boule est arrêtée par le rétrécissement.

On méconnaît fréquemment un rétrécissement dans les premiers temps de son existence ; mais un chirurgien instruit ne le confond pas avec une autre maladie.

Anatoinie pathologique. — Le rétrécissement organique peut être dû à des cicatrices, à l'hypertrophie des parois de l'œsophage, ou à la production d'une tumeur cancéreuse dans ses parois : d'oii la division du rétrécissement en cicatriciel^ par hypertrophie et cancéreux.

Le rétrécissement est unique ou multiple; il a une étendue variable. Le -degré de coarctation varie également.

Le calibre de Tœsophage diminue au-dessous du rétrécissement; il se dilate considérablement au-dessus, à tel point que les aliments peuvent séjourner dans cette dilatation , qui représente un véritable estomac. Il n'est pas rare de trouver la muqueuse ramollie, ulcérée en ce point. Des abcès peuvent se montrer dans les environs.

RÉTRÉCISSEMENTS DE L*0ESOPHAGE. 49

1® Rétrécissement cicatricieL — Il est déterminé par la rétraction du tissu inodulaire, qui succède à une ulcération de l'œsophage, celle-ci étant produite par la syphilis, par l'ingestion de liquides caustiques : acides azotique, sulfurique, etc., ou par le séjour d'un corps étranger.

2» Rétrécissement par hypertrophie. — L'hypertrophie porte sur la muqueuse ou sur les fibres musculaires.

Si elle est due à un épaississement de la muqueuse, celle-ci présente une induration sous-muqueuse, en forme d'anneau , qui se rétracte sans cesse. Il est probable qu'il s'agit d'un licjuide plastique infiltré dans les mailles du tissu cellulaire sous-muqueux. La surface de la muqueuse est injectée.

Lorsque l'hypertrophie est de nature musculaire, les couches internes de la tunique musculaire sont affectées; elles sont épaissies, indurées, et peuvent subir les transformations fibreuse et cartilagineuse. Elles peuvent même s'infiltrer de sels calcaires.

3» Rétrécissement cancéreux. — Le tissu morbide s'infiltre primitivement dans les parois du conduit, surtout dans le tissu cellulaire sousmuqueux, ou bien c'est une tumeur du voisinage qui envahit les parois de l'œsophage. H s'ulcère au bout d'un temps variable.

Marche. Terminaison. Pronostic. — Les rétrécissements de l'œsophage ont une durée longue. Les symptômes du début font des progrès. et il s'en ajoute de nouveaux. C'est ainsi que le rétrécissement cancéreux s'accompagne d'hématémèse, due à l'ulcération du produit morbide. Les aliments s'accumulent au-dessus du rétrécissement, et y produisent une dilatation, d'où ils peuvent revenir sous forme de régurgitation ou de vomissement œsophagien. J. Franck a signalé la présence d'un gonflement qui monte le long de la trachée, au moment de la déglutition.

Lorsqu'on abandonne le rétrécissement à lui-même, il amène la mort par inanition, hémorrhagie, rupture de l'œsophage, abcès du médiastin, etc.

Traitement. — Le traitement pa/Zia/t/' consiste à dilater le rétrécissement. La dilatation se fait au moven de boules d'ivoire montées sur une lige de baleine, que l'on fait passer dans le rétrécissement. On augmente graduellement le volume de la boule. Trousseau se servait dune éponge. Ce mode de traitement ne diffère pas de la dilatation à laquelle on a recours pour les rétrécissements de l'urèthre.

Comme traitement curatif, on a employé la cautérisation du rétrécissement combinée à la dilatation. On emploie les caustiques solides, qu'on porte sur le point malade au moyen d'instruments spéciaux.

Le vrai moyen curatif est Yœsophagotomie. On doit la pratiquer lorsque le rétrécissement siège assez haut , et (]u'on n'a aucun espoir de le voir guérir, ce qui est le cas le plus fréquent. Il est préféral)le de la faire aude<;sous du rétrécissement, si c'est possible. On laisse ensuite une sonde dans la plaie pour alimenter le malade.

FoBT. — Path. et Clin. chib. — t. ii. 4

5(1 l».\TH(»UNilK CHIRl!RGIC.\LK.

Lors<|ueIle est pi'ati(|iiée au-dessus, elle facilite l'emploi des instruments dilatateurs.

L'œsophagotomie, nous le répétons, n'est pas une opération grave.

fcorsque le malade est voué à une mort certaine, on peut pratiquer la gaslrotomie. Dans cette opération, on ouvre Testomac du malade, pour y introduire directement les aliments.

Pourquoi ne tente-t-on pas remploi de l'iodure de potassium, dans le cas de rétrécissement dont la cause est inconnue ? Il est probable que. dans certains cas, on guérirait les malades.

ARTICLE SIXIÈME

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