RÉTRÉGISSEUEXT DE LA TRACHÉE
souvent brisés et en partie résorbés, surtout dans les rétrécissements syphilitiques. Il n'est pas rare de trouver un point ulcéré au-dessus ou au-dessous. Fréquemment , la ttachée est dilatée dans ces deux points. On peut constater un rétrécissement de la totalité du conduit. Quant à la paroi même de la trachée, au niveau du rétrécissement, elle est tantôt amincie, tantôt hypertrophiée.
Les causes les plus fréquentes sont : en premier lieu, la syphilis, puis, beaucoup plus rarement, lé séjour d'un corps étranger dans la trachée, une trachéite, une tumeur développée sur les parois de la trachée. En général, ces causes déterminent Tulcération de la muqueuse; celle-ci se recou>Te d'un tissu cicatriciel qui se rétracte lentement, en rétrécissant le conduit.
Les symptâmes s'accusent de plus en plus, à mesure que la maladie fait des progrès. L'inspiration est difficile, et l'expiration facile. Au moment oii le malade i^it une inspiration , on entend un bruit particulier, analogue à celui qu'on désigne, chez les chevaux, sous le nom de carnage. Cette difficulté de l'inspiration tient probablement à la diminution de résistance des parois trachéales, qui tendent à se porter vers les cavités bronchiques, au moment oii l'inspiration produit le vide dans le poumon.
Par le palper, on peut quelquefois reconnaître le siège du rétrécissement Le laryngoscope permet souvent de l'apercevoir. Dans quelques cas, la compression que cette lésion exerce sur l'œsophage cause de la dysphagie.
Lorsque le rétrécissement est syphilitique, il peut arriver que d'autres lésions syphilitiques concomitantes mettent sur la voie du diagnostic.
Du reste, il est difficile de confondre le rétrécissement avec Yœdème de la glotte ou une laryngite chronique, II n'en est pas de même d'une tumeur comprimant la trachée dans le cou ou dans le thorax. Ce dernier cas est difficile ; il n'existe aucun élément très-certain de diagnostic.
Le pronostic est grave, cette affection amenant presque toujours la mort par asphyxie. Vers la fin de la maladie, le malade présente des accès de suffocation.
Le traitement est difficile. On conçoit qu'un traitement général , quel qu'il soit, n'aura aucune action sur un tissu cicatriciel.
La trachéotomie doit être faite, mais seulement comme traitement palliatif; on la pratique au-dessous du rétrécissement : c'est dire qu'elle sera rarement applicable, puisqu'elle ne pourra être utile que dans les cas où la portion supérieure de la trachée sera rétrécie, et nous savons qu'il est rare de voir la lésion siéger en ce point. M. Demarquay a fait construire une canule destinée à lutter contre les rétrécissements de la partie inférieure de la trachée.
ARTICLE CINQUIÈME
MALADIES DE L'CESOPHAGE
Nous étudierons les plaies, les corps étrangers et les rétrécissemenU de l'œsophage.
§ 1. — Plaies dé l'œsophage.
Les plaies de la portion thoracique sont rares. Celles de la portion cervicale sont longitudinales ou transversales. Les premières, moins fréquentes que les autres, doivent être réunies par une suture. On pourrait aussi , pour plus de précaution , alimenter le malade, pendant quelques jours , au moyen de la sonde œsophagienne.
Les plaies transversales, qui coïncident souvent avec celles de la trachée, intéressent une partie ou la totalité du conduit. On les reconnait Tacilement à Tissue, par la plaie, des boissons et des aliments.
a. Une plaie intéressant une portion de la circonférence de Tœsophage sera traitée par la position. Le malade sera alimenté au moyen de la sonde œsophagienne.
h. Une section complète est suivie d'un écartement considérable des deux bouts. On plonge la sonde œsophagienne dans le bout inférieur ; on la laisse à demeure pour nourrir le malade. On cherche plus tard à réunir les deux bouts ; mais il est fréquent d'observer des fistules,et même de voir le malade obligé de se servir de la sonde œsophagienne pendant toute son existence.