‹ Pathologie et clinique chirurgicales. v. 1Chapitre 35 sur 317 · PLAIES DU THORAX · texte numérisé non relu

PLAIES DU THORAX

ration se tait avec une compresse dont on coiffe le doigt, et qu'on introduit dans la plaie ; on bourre ensuite de charpie le cul-de-sac formé par la compresse, afin d'exercer une compression sur les orifices du vaisseau divisé. On peut aussi introduire un petit sac de baudruche dans la plaie et le dilater par l'insufflation qui en applitjue les parois sur les surfaces saignantes.

c. S'il n'y a pas de corps étranger ni de blessure d'une artère superficielle, ou, en cas contraire, lorsque le corps étranger a été extrait et l'artère liée, il faut, dans toute espèce de plaie pénétrante de poitrine, faire l'occlusion. Pour cela, on applique un morceau de diachylon sur la plaie, ou mieux, un morceau de baudruche gommée qu'on recouvre d'une couche de collodion.

2» Traitement consécutif.

La plaie étant fermée, il faut s'occuper de ses suites. Pour prévenir les diverses complications qui peuvent se montrer : hémorrhagie interne, emphysème, rupture d'adhérences commençant à se former, déplacement d'un caillot qui obture une plaie, etc., il faut condamner le malade an repos le plus absolu, lui interdire tout mouvement, surtout Y empêcher de parler et de .se livrer au moindre effort.

Il faudra se comporter ainsi dans tous les cas de plaies du tliorax . même dans les cas de plaies non pénétrantes, parce qu'on n'est jamais certain qu'une plaie ne pénètre pas, et qu'il est. du reste, imprudent de s'en assurer par une exploration directe..

Deux fois par jour, on aura soin d'explorer les environs de la plaie et de s'assurer, en prenant tous les ménagements possibles, par la ])ercussion, l'auscultation et l'examen de l'état général, s'il ne se produit point d'épanchement dans la plèvre, le péricarde, le médiastin.

Il est de règle de pratiquer une saignée de 300 ou 400 grammes, au moment où le malade est placé sur son lit, après le pansement immédiat. Si le sujet est fortement constitué, on pourra, sans inconvénient, renouveler cette saignée au bout de vingt-quatre heures.

Plus tard, on traitera les complications par les moyens appropriés. <>n combattra l'emphysème, la pleurésie, la pneumonie, la péricardtte, etc.

3" Traitement des cas particuliers.

' Ce qui précède s'applique aux cas de plaies pénétrantes considérées d'une manière générale. C'est ainsi qu'on doit se comporter au moment de l'accident, alors qu'on n'a à sa disposition aucun indice certain de la blessure de tel ou tel organe. Examinons ce qu'il convient de faire lorsqu'on est certain du siège de la blessure profonde.

A. trfi plèwre e«i oawexie. — U faut faire l'occlusion au plus vite. pour éviter la formation de lemphysème et empêcher, s'il en est encore FoBT. — Path. et Clin. chir. — t. ii. :>

t>6 PATHOLOGIE CHIRURGICALE.

temps, raffaissement du poumon, et, par conséquent, Taccès de l'air qui peut déterminer l'inflammation de la plèvre.

B. Il y a hernie du ponnien. — Le chirurgien doit réduire cette hernie, non pas au moyen du taxis , mais en débridant la plaie, ou en écartant avec un levier quelconque les côtes qui forment les deux lèvres de la blessure.

Si la portion herniée est complètement gangrenée, il faut retrancher la partie mortifiée et appliquer le cautère actuel sur la surface saignante qui reste. On se contente ensuite de pansements simples et on laisse à la nature le soin d'éliminer Teschare et d'amener la cicatrisation.

Il ne faut pas se laisser tromper par la couleur noire des poumons : une forte congestion peut faire croire à la gangrène; mais celle-ci s'accompagne toujours du refroidissement de la portion herniée et de sa déchirure au moindre contact; elle exhale une odeur infecte.

C E.e poumon est blessé. — Le repos, Timmobilité et une saignée

préventive sont ici formellement indiqués. Si la plaie extérieure est large, et que Tair sorte librement par cette ouverture, il ne faut plus faire l'occlusion de la plaie, car on favoriserait ainsi le développement de l'emphysème. Si la plaie est étroite, on peut tenter la réunion et immobiliser les côtes au moyen d'un bandage de corps, si le malade peut le supporter.

D. Ijo eœar est blessé. — II faut favoriser la formation d'un caillot dans la plaie du cœur; pour cela, le chirurgien fera Tocclusion immédiate de la plaie extérieure, et appliquera des réfrigérants sur la région précordiale. Ce dernier moyen est recommandé, mais on peut se demander quel est son degré d'efficacité et s'il n'est pas plutôt nuisible.

Ensuite, on est dans l'habitude de saigner copieusement le malade et (le lui atlministrer des préparations de digitale, afin de diminuer l'impulsion du cœur qui pouiTait entraîner le caillot obturateur.

On mettra le malade dans l'immobilité absolue, on rempéchera de parler, on lui épargnera toutes sortes d'émotions, en un mot, on fera tout ce c|ui sera possible pour éviter d'augmenter la force de Timpulsion cardiaque.

E. E.es ffros waisseanx. sont blessés. — Nous avonS déjà dit comment on fait la compression, dans le cas de blessure de l'artère intercostale et de l'artère mammaire interne.

Si un gros vaisseau, aorte ou artère pulmonaire, est blessé, on se comporte comme dans le cas de blessure du cœur. Si le sang s'est infiltré dans le médiastin, il n'y a rien à faire. Mais, dans le cas où le sang est épanché dans la plèvre, on se comportera difléremment, selon les cas. Si ce liquide est à l'abri du contact de l'air dans cette cavité close, le sang se coagule; il faut tout attendre de la nature. Lorsque l'air et le sang se trouvent ensemble dans la plèvre, en un mot, lorsqu'il y a hémo-pneumothorax, le sang s'altère et se putréfie; dans ce cas, il faut l'extraire par deR

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