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INFLAMMATIONS DK LA MAMELLE

Anatomie pathologiqm, — Le processus inflammatoire ne nous occupera pas, il est le même dans toutes les plilegmasies ; nous Tavons déjà étudié avec Tinflammation en général et avec le phlegmon. Nous examinerons ici principalement le siège des abcès.

D'après le siège, on peut les diviser en sus-niammaires et intra-mamtnaires.

10 Les abcès sus-mammaires. presque toujours à foyer unique , siègent dans le tissu cellulaire qui sépare la glande de la peau. Ils peuvent prendre naissance dans ce tissu, dans la peau ou dans les parties superticielles de la glande elle-même.

^ Les abcès sous-mammaires, souvent très-vastes, occupent le tissu cellulaire situé entre le grand pectoral et la mamelle. Ils sont le plus souvent uniques.

30 Les abcès intrormammaires ont pour point de départ le tissu celluloadipeux (|ui sépare les lobes de la mamelle. Ces abcès sont souvent multiples; ils forment parfois des tumeurs inflammatoires complètement isolées les unes des autres. Dans quelques cas, on voit un trajet purulent, plus ou moins étroit et sinueux, mettre en communication un abcès susmammaire avec un abcès profond. Cette disposition est ce que Velpeau a appelé abcès en bouton de chemise.

Le pus des abcès intra-mammaires se creuse des culs-de-sac entre les lobes; ceux-ci, de même que les canaux galactophores, se laissent quelquefois perforer, et le pus s'écoule en partie avec le lait par les orifices du mamelon.

Causes, — Les abcès du sein se montrent presque toujours chez les femmes récemment accouchées. Ils sont plus fréquents chez celles qui allaitent les enfants. Les femmes qui y sont le plus exposées sont celles qui. pour une cause quelconque^ cessent l'allaitement au bout de quelques jours ou de quelques semaines.

11 existe deux sortes de causes anatomiques des abcès du sein : langioleucite et Y engorgement laiteux,

|o L'angioleucite prend son point de départ dans une gerçure du mamelon, une simple excoriation ; elle amène consécutivement la formation d'un abcès. Cette cause est très- fréquente. On conçoit qu'une brûlure du mamelon et toute violence extérieure puissent amener le même résultat.

2« L'engorgement des canaux galactophores consiste dans l'accumulation du lait dans la mamelle. Celle-ci se tuméfie, devient douloureuse ; la peau est chaude, tendue. Le gonflement gagne quelquefois l'aisselle et gène les mouvements du bras. Le tissu cellulaire qui entoure les éléments de la glande, comprimé par la tension de cet engorgement laiteux. |ieut s'enflammer et suppurer.

Symptômes et diagnostic, •— Les inflammations de la mamelle déterminent des symptômes locaua- et des symptômes gén&afw.

Les symptômes /ocatu^ consistent en une douleur très- vive, accompagnée

VATHOUMO. OHiatmOIGAU.

de tuméfaction et de rougettr de la peau. Celle-ci i-^t tmdne et lutsmie au niveau ilu point malade. Au début, la partie euHammée est ettattiie; elle est le sti^ge d'une induration très-accentuée, comme tous les plilugœons. Plus tard, le point central rougit davantage, il devient mou et fimtutitit; l'abcès est formé.

Dans des cas rares, ou observe dans la mamelle un véritable phle^muu dilTus.

C'est par les sjmptâmes locaux qu'il faut chercher à distinguer lea diverses sortes d'abcès, dans les cas où cette distinction est possible.

1" Les d}eès xus-mammaires forment ordinairement un foyer uuicjue. égalant le volume d'un œuf, du poing même. Ils se développent trèssouvent à la partie inférieure et externe de la glande.

Ordinairement, ils s'ouvrent spontanément dans le courant de 1> deuxième semaine, Dann quelques cas, ils gagnent en profondeur et m comportent alors comme les abcès pmtbnds.

2» Les abcèa soas-mammaires se montrent primitivement dans le tissu cellulaire qui sépare la mamelle du grand pectoral, ou bien ils ao^onipagnent l'inilammation de la glande mammaire elle-même.

L'abcès peut occuper toute l'étendue de la couche celluleuso et coiitcnir une grande quantité de pus ; si l'on refoule la mamelle contre les parois thoraciques, on peut faire saillir le pus sur toute la circonférence de la glande. La mamelle est plus proéminente que celle du câté opposé i ta surface est exempte de rougeur et d'induration limitées, à moins qu'il n'existe en même temjis un abcès super^ciel et un abcès profond.

Si l'abcès sous-mammaire occupe un point de la couche celluleuse rapproclié de la circonférence de la glande, celle-ci est soulevée par an de ses côtés. Du reste, on observe tous les autres symptômes des abc^.

Les abcès sou-s-mammaires ont une marche rapide ; ils suppurent souvent au bout de trois ou quatre jours.

3" Les fflArèï intra-mammaires sont presque toujours précélés par l'engorgement laiteux. Au début, on constate la présence de foyers phl^fmasiques isolés, quelquefois très-nombreux; plus tard, l'iullammation peut s'étendre au tissu cellulaire sous-cntaiié. ou à celui qui se trouve en ai'rière de la glande, lis ont une marche moins rapide et suppurent rarement avant le dixième ou le douzième jour. Ces abcès se montrent sur* tout au voisinage de l'aréole; leur tluctuation est obscure. Dans quelques cas, on voit manifestement du pus sortir par le mamelon.

Les tymptômes généraux varient d'intensité suivant le siège de la phlegaiasie. Dans les variétés sus-mammaires et intra-mammiures, ils soiià ordinairement peu marqués ; mais, dans les abcès qui siègent au-dessous de la glande, on constate ordinairement une lièvre très-vive, quelquefoî» même de l'insomnie et du délire.

Pr*naB<lc. — Les abcès du sein ne sont pas d'une grande gravité ; il eHl rare qu'ils déterminent la mort. Cependant, ils peuvent devenir le point de dépari d'un érysipèle, d'un phle^on diffus. Ils laissent quel-

'quefois des cicatrices difformes. Pour toutes ces raisons, il faut insister sur le traitement préventif.

Traitement. — Le traitement préventif consiste à surveiller Tétat du sein chez les nouvelles accouchées , à traiter les gerçures du mamelon, dès qu'elles se montrent, et à lutter contre Tengorgement laiteux , qu'il faut faire disparaître en enlevant le lait par des moyens artificiels , en faisant prendre à la malade un purgatif salin , et en diminuant son ali~ mentation. Nous ne sommes partisan ni des saignées, dont Tefficacité est douteuse et qui affaiblissent les malades, ni des sangsues, qui marquent les seins de cicatrices indélébiles.

Traitement enratif. — Lorsque Tinflammation est manifeste, on cherche à obtenir la résolution. Il est rare qu'on y parvienne soit par les émissions sanguines, soit par des onctions avec Tonguent napolitain, soit par la compression. Des cataplasmes chauds de farine de graine de lin , arrosés de quelques gouttes de laudanum, calment la douleur.

Dès que la présence du pus n'est pas douteuse, il faut ouvrir l'abcès.

On opère de bonne heure les abcès sus-mammaires et les abcès sousmammaires par une incision de deux à trois centimètres. Ces derniers sont incisés à la partie déclive du foyer. Quelquefois, une contre-ouverture est nécessaire ; on peut alors faire passer par les deux orifices un tube à drainage. Les abcès intrormammaires ne doivent pas être ouverts avant le moment où ils présentent une fluctuation manifeste, et on les ouvre par ponction ; t)n fait autant d'ouvertures qu'il y a de foyers purulents. Les incisions, dans ces abcès, donnent quelquefois lieu à des fistules interminables.

Quant à la question de Vallaitement^ voici l'avis de la plupart des chirurgiens : les abcès sus-mammaires et sous-mammaires n'empêchent pas l'allaitement. Quanta l'abcès intra-mammaire, il n'est pas bien certain que le pus mélangé au lait ait une influence fâcheuse sur la santé de Yen- Ëint. Cependant, on peut considérer cette influence comme probable, et, dans le doute, il faut s'abstenir de donner à l'enfant le sein malade.

Si la suppuration affaiblit les malades , on fera le traitement qu'on applique, en général , aux sujets débilités par une longue suppuration.

m. — FISTULES DU SEIN.

On observe quelquefois sur le sein des orifices anormaux, qui laissent écouler du lait, de la sérosité ou du pus : d'où leur division en fistules laiieuses^ fistules siro-muqueuses et fistules purulentes.

Les premières sont le résultat soit d'un abcès du sein , suite d'un engorgement laiteux, qui s'est ouvert à l'extérieur, après avoir ulcéré la paroi d'un conduit galactophore, soit de l'ouverture d'un de ces conduits par le bistouri.

Les fistules séro-muqueuses sont produites par de petits kystes formés par la dilatation d'un conduit galactophore. Ce kyste s'ouvre à l'extë-

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rieur et reste listuleux. On peut observer ces fistules chez les femmes «|ui ii*ont jamais eu d'enfants.

Les fistules purulentes succèdent à des abcès ouverts spontanément ou par le bistouri.

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