‹ Pathologie et clinique chirurgicales. v. 1Chapitre 7 sur 317 · L — MAL VERTÉBRAL DE POTT · texte numérisé non relu

L — MAL VERTÉBRAL DE POTT

Examen du malade. — Constater par le regard, sur le trajet de la coluiine vertébrale, une gihiHtsité qui occupe le plus souvent la fin de la région dorsale ou le commencement de la région lombaire. Par Ia pression ^ réveiller la douleur en ce point, soit en appliquant directement le doigt sur la partie saillante, soit en appuyant de haut en bas sur les deux épaules. Explorer avec soin les parties latérales du rachis, au-dessous de la lésion, ainsi que la fosse iliaque et la région inguinale, pour s'assuixir s'il existe ou non des fusées purulentes (abcès par congestion). Rechercher l'état de la sensibilité et du moHtement dans les membres inférieurs. S'informer du début et de la marche de la maladie. Tenir compte de la constitution et des antécédents du malade.

Oéaniiion. ~ Le mal de Pott est une maladie de la colonne vertébrale, caractérisée anatomiquement par des altérations diverses des vertèbres et des liens fibreux qui les unissent, et symptoiuatiquement par l'incurvation consécutive de la colonne vertébrale et la formation d'abcès par congestion.

iVatnre. — Les diverses dénominations qui ont été appliquées à cette maladie démontrent que tous les auteurs ne l'ont pas considérée comme étant de même nature. Depuis M. Nélaton. on a cru généralement qu'il s'agissait d'une affection tuberculeuse des vertèbres: or. l'anatomie patliologique démontre que les tubercules osseux sont rares, (jne le vrai tubercule se montre seulement à Tétat de granulation grise (roy. Tubercules des os), et que si le mal de Pott est, dans certains cas, une lésion tuberculeuse, il consiste presque toujours en une ostéite chronique, une véritable carie vertébrale , avec tumeurs blanches des articulations des vertèbres.

Anatomie paihologrlqu®* — Les altérations siègent sur les vertèbres, les disques inter>'ertébraux, la moelle et ses enveloppes.

1. Synonymes : carie teriéhrale^ arthrite vertébrale, affection tuberculeuse des vertèhreê^ ostéite vertébrale, phthieie vertébrale*

1® Vertèbres. — Toutes les vertèbres peuvent être affectées; mais la lésion siège plus fréquemment sur les dernières dorsales et les premières lombaires. Les corps vertébraux sont plus souvent atteints que les autres parties, et l'altération se montre sous deux aspects.

a. Tantôt une ou plusieurs vertèbres se creusent d'une cavité qui peut être si vaste que ses parois sont formées par la lame compacte recouvrant le corps vertébral.

Le contenu est une matière d'un blanc jaunâtre, immédiatement en contact avec la substance osseuse. Cette matière est un véritable pus concret, caséeux, comparable aux masses caséeuses des poumons des phthisiques. Ce sont ces masses purulentes qui ont été décrites sous le nom de tubercules enkystés des vertèbres, tandis que ce sont des abcès intra-osseux.

b. Dans d'autres circonstances, un grand nombre de vertèbres sont altérées par la carie; on voit à leur surface des taches jaunes qui indiquent des points en suppuration ; les corps vertébraux ramollis se laissent facilement diviser. Leur section montre une grande vascularité et une infiltration purulente, comme dans la carie : c'est là ce que quelques auteurs ont appelé infiltration tuberculeuse des vertèbres.

Autour du point malade , on observe fréquemment des jetées osseuses étendues de la partie supérieure à la partie inférieure de la lésion, véritables stalactites protectrices qui tendent à ankyloser la partie affectée dé la colonne, et qui sont formées par une périostite de voisinage.

2» Disques intervertébraux. — Lorsque les masses purulentes sont enkystées dans les corps vertébraux, il y a mortification de la partie correspondante des tissus fibreux, qui ne reçoivent plus leurs aliments des vaisseaux de l'os, puisque ceux-ci sont détruits avec la substance osseuse. Si le disque est en contact , par une seule face , avec une de ces masses caséeuses, cette face seule est altérée; setrouve-t-il,au contraire, compris entre deux vertèbres ainsi lésées, la mortification se faisant sur ses deux faces, il se perfore.

Dans l'infiltration puriforme, lorsque les vertèbres sont cariées, la lésion siège sur un plus grand nombre de disques; ceux-ci se ramollissent, s'infiltrent, se mortifient partiellement et lentement, et ac<iuièrent l'odeur fétide des pièces anatomiifues en macération.

3<> Moelle. — Malgré l'incurvation, le canal rachidien peut conserver ses dimensions normales, et même paraître plus grand, ce qu'explique la physiologie pathologique. Au niveau du point malade, on constate fréquemment l'induration (sclérose), le ramollissement et quelquefois la destruction complète delà moelle; les méninges sont également altérées par rinfiammation. M. Michaud (thèse inaugurale, 1871) a insisté sur les lésions de la dure-mère, (jui est souvent épaissie, recouverte d'une couche de pus concret (pachyméningite externe), et (lui peut ainsi, en se rétrécissant, déterminer la compression de la moelle.

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