MAL VERTÉBRAL DE POTT
Physiologie patiioloffiqae. ^ Les lésions précédentes amènent la déformation du rachis et le développement des abcès par congestion.
10 Déformation. — Elle varie selon la forme de la lésion osseuse.
a. Dans la forme enkystée , occupant rarement plus de deux vertèbres, les corps vertébraux, réduits à une coque osseuse mince, ne peuvent plus supporter le poids de la partie supérieure du tronc , qui, sous Tinfluence d'un effort plus ou moins brusque, détermine Técrasement de la colonne vertébrale au point malade. La vertèbre qui surmonte le foyer purulent se rapproche de celle qui est au-dessous, et, en même temps , elle écrase ce foyer qui fait hernie de chaque côté de la colonne vertébrale. Le ligament vertébral commun antérieur, qui s'interpose entre les deux vertèbres, empêche l'issue de cette matière vers la face antérieure de la colonne. Il résulte de cette incurvation anguleuse une saillie dorsale . formée par Tapophyse épineuse de la vertèbre située au-dessus du kyste purulent.
b. Dans la forme infiltrée, les disques ramollis s'affaissent insensiblement et se détruisent; les vertèbres s'appliquent les unes contre les autres, s'usent et s'affaissent peu à peu. De plus, des fragments osseux de diverses dimensions se détachent sous forme de séquestres. Cette compression des corps vertébraux exprime le pus de la carie, et celui-ci suinte plus facilement sur les côtés des corps vertébraux. Dans ces cas , la déformation de la colonne se fait insensiblement, et, comme elle est due à l'aplatissement, à l'usure des corps vertébraux affoctés en certain nombre, elle est régulièrement arrondie, et rarement anguleuse.
11 se produit des courbures de compensation dans les régions cervicale et lombaire. I^ thorax se déforme consécutivement, et la respiration peut être gênée par suite de l'élévation du sternum et de l'extrémité antérieure des côtes.
2o Abcès par congestion. — Nous avons déjà vu (Maladies du tissu osseux) quelesabcèsparcongestion sont descollections purulentes néesd'unelésion osseu>e et se montrant à une certaine distance du point malade. Dans le mal de Pott, ces abcès se présentent sous la forme enkystée et sous la forme infiltrée.
a. Lorsque l'écrasement du kyste purulent se produit à la suite d'un affaissement brusque, la matière caséeuse exprimée par les vertèbres descend sur les côtés de la colonne osseuse, sous forme de petites masses comparables à des fioles ou à des sangsues gorgées de sang. Le tissu cellulaire irrité suppure, et le pus se comporte ensuite comme nous le verrons bientôt.
b. Dans Yinfiltration purulente des corps vertébraux, le pus suinte par plusieurs orifices de la surface des corps verU^braux , et, de même que dans le cas précédent, le tissu cellulaire du voisinage suppure.
La lésion osseuse affecte rarement la partie postérieure des vertèbres; mais, quand cela a lieu, l'abcès se montre ordinairement en arrière de la colonne vertébrale.
PATHOUKIE CHIBtIHGICALË.
Ixirsque l'altération siège sur les apophyses transverses, le pus, suivant la direction des vaisseaux et nerfs intercostaux, glisse le long de l'espace intercostal, pour former un abcès des parois thoraciques.
Nous avons vu que, dans les cas les plus fréquents, le pus prend naissance sur le corps des vertèbres, et l'abcès se comporte différemment, selon qu'il provient des vertèbres cervicales, dorsales ou lombaires.
Venu des vertèbres cervicales, le pus fuse entre les muscles prévertébraux ; mais il est arrêté un certain temps par l'aponévrose prévertébrale ; il repousse la paroi postérieure du pharynx {abcès rétro-pharyngien), et souvent il vient faire saillie sur les cdtés du cou, en arrière du muscle sterno-cMido-mastoïdien .
Lorsque les vertèbres dorsales fournissent le pus, celui-ci peut glisser le long de l'aorte, passer à travers l'ouverture aortique du diaphragme, et arriver ainsi dans le petit bassin, d'oh il peut sortir par la grande écliancrure sacro-sciatique. Le liquide purulent peut aussi se porter audevant de la tête de la douzième ct^te, passer sous l'arcade xlu psoas, et s'insinuer dans la gatne fil^reuse de ce muscle, pour se comporter ensuite comme les abcès dont nous allons parler.
Si les vertèbres lombaires sont altérées, le pus peut glisser en avant de la colonne vertébrale et former des collections purulentes diverses : dans le tissu cellulaire sous-péritonéal de la fosse iliaque ; dans le petit bassin, oii il peut perforer l'un des viscères qui y sont contenus, ou former un abcès de la marge de l'anus; dans la région fessiers, où il arrive par la grande échancrure sciatique, et d'où il peut fuser jusqu'au creuxpoplité, en suivant je grand nerf sciatique (tig. i). Le plus souvent, la suppuration, plus abondante sur les parties latérales des corps vertébraux , s'intîltre dans l'épaisseur du psoas, qui s'insère à ce niveau; il chemine dans la gaine de ce muscle, dont il dissocie les libres en détruisant le tissu cellulaire qui les réunit. Suivant les trall'iu. V. nées celluleuses et obéissant à la
i.ii'w.'ïtiwi' *■ ' '"*""" ''**^' ■* "■ '""^ ^' pesanteur, le pus va former un abcès viiliiinintiux , Mié|{eant au pli de l'aine, limité par la gaine fibreuse du pHoUM, denfAudant jm«|u'au petit trochanter, et en rapport, comme le iniiw'Itt lui•mt^^le, en avant, avec le ligament de Fallope, l'aponévroKe l'éniinalfl «1 la peau ; en arrière, avec l'articulation coxo-fémorale, qu'il \mil ttiiIlBininer; en dedans, avec les vaisseaux fémoraux. lUhN cnrUinH cas, le pus, situé en dehors de la gaine du psoas, peut