CONCLUSION
Guidé par une méthode qui révèle de jour en jour davantage sa fécondité, malgré les erreurs auxquelles son application peut avoir donné lieu, nous avons voulu dans cet article grouper quelques faits en connexité géographique. Nous y avons été amené par l'obligation où nous nous sommes trouvé d'expliquer la présence du mot char en pleine aire de la conservation du c latin devant a.
Nous n'avons cité que quelques exemples des troubles lexicaux provoqués par la collision de la avec le, sans entamer réellement le sujet, nous avons indiqué quelles sont, à première vue, les modifications d'ordre morphologique et syntaxique que cette collision a entraînées, sans même tenter d'en épuiser le nombre.
A première vue, les phénomènes étudiés pouvaient être considérés comme indépendants les uns des autres et, sans les indications que fournit la géographie linguistique, provoquer des explications particulières à chacun, aussi nombreuses que les faits eux-mêmes le sont. Leur assise géographique nous en a trahi l'origine commune, nous a permis de les coordonner, de les grouper en un organisme.
Bien que nous n'ayons qu'ébauché le sujet, nous avons le sentiment que nous avons réuni en un faisceau un nombre suffisant de probabilités pour atteindre à un degré non éloigné de la certitude. Est-ce à dire que nous pensions avoir persuadé la majorité de nos lecteurs ? Pas le moins du monde. Il semblerait parfois que certains romanistes aient pris pour tâche de démontrer que les mathématiques reposent sur des lois erronées et veuillent justifier la suspicion dans laquelle est tenue la linguistique chez les représentants des sciences exactes.
A une démonstration du genre de celle qui est faite dans cet article et où il nous paraissait inutile d'insister sur sa valeur mathématique, l'un de ces romanistes, sans considérerl'assise géographique commune à plusieurs faits étayant notre démonstration, chercha à chacun d'eux une solution indépendante. Il en résulta que certain article de chaussure, une conception onomatopéique du fléau et une influence du mot clarté sur celui de flamme se trouvaient, de ce chef, être, par hasard, subordonnés... au mouillement de l'I dans les groupes cl, fl!
Nous en appelons à « jenen philosophischen Geist, welcher eine Wissenschaft nicht nur mit den anderen in lebendige Fùhlung bringt, sondern sie auch in sich einigt und vor Zerbrôckelung bewahrt » (Schuchardt).
A PROPOS DE CLAVELLUS
M. Meyer-Lùbke, dans h Deutsche Literaturçeitung ', a fait un court compte rendu de mon étude sur clavellus \ J'ai la plus grande admiration pour son immense érudition qui l'a mis à la tête des lexicographes romans. C'est à ce titre que son opinion m'importe et que je dois répliquer à ses critiques.
Je m'y sens d'autant plus autorisé que nous sommes liés d'amitié et que mon travail est loin de mériter l'appréciation louangeuse qu'il en a faite (Durchgefùhrt mit bewunderungswùrdiger Folgerichtigkeit . Bedeutsam auch nach der methodoîogischen Seite), si ses critiques sont justifiées.
Je les examine toutes — elles ne sont d'ailleurs pas nombreuses, quoique graves à mes yeux — , et je donne en italiques la teneur entière du texte.
Dans mon étude sur clavellus j'ai dit que, dans l'aire où... ellum aboutit à et, ..ellum s'est rencontré avec ..ittum >> et, que, de ce chef, des mots en ..ellum, considérés comme des diminutifs, pouvaient se dédiminutiviser dans des conditions qui dépendent de leur sémantique et d'après des modèles existant, généralement français, qu'ainsi klawet (== petit clou) devenait klaw d'après le modèle CLOU.
Auch was liber das Gaskognische gesagt ist, kann mit einer Einschrànkung angenommen werden. Ein vôlliger Zusammenfall von -ellu und -ittu hat nirgends stattgefunden.
La coïncidence a lieu partout : ..ellum devient et ou et, .. ittum devient et ou et. Il suffit de comparer la carte
i. 1914, no 44/45.