CHAIR, CHÈRE
Son évidence — si toutefois on nous permet d'user de ce mot — était offusquée d'une part par la nature de l'évolution phonétique en cause (er >> ar, ar > er), d'autre part par la nature du parler où les faits se sont produits, par la nature de la langue littéraire qui a été soumise à une fluctuation d'influences notamment littéraires ou populaires. C'est l'élément littéraire, en dehors de sa collaboration phonétique, qui y est, en particulier responsable de la survie dont témoignent viande et chère dans leur valeur de « nourriture » et de « visage ».
L'évidence eût été sans doute moins offusquée, s'il s'était agi d'un développement historique qui se serait effectué en dehors de la langue littéraire, dans une région patoise d'une certaine étendue et offrant par Là des données de géographie linguistique aptes à nous servir de fil conducteur.
Ceci nous amène tout naturellement à parler des matériaux que nous fournit l'Atlas sur notre sujet, de signaler avant tout la pénurie de ses matériaux qui ne nous a pas permis dès l'abord de le mettre en œuvre, comme c'est notre coutume.
Dieu donne viande à toute chair (Calvin).
On a défendu de manger chair, comme si c'eust été une viande polluée (Calvin).
Ne m'achète point de chair, Car tant soit elle friande L'esté je hay la viande (Ronsard).
Chez le roi, la viande est servie, se disait les jours maigres comme les jours gras (Maintenon).
Le saumon n'est pas une viande de malade.
Chère de commissaire « un repas où l'on sert viande et poisson, locution qui vient du temps où il y avait des chambres mi-parties de catholiques et de protestants, les commissaires faisant les uns maigre, les autres gras ».
Ni chair ni poisson.
Chair et viande d'après l'Atlas.
Il est très pauvre de renseignements.
Il est muet sur l'histoire de « chair » en dehors de sa concomitance avec « viande » .
Il ne nous fournit sur « chère » que ce que les cartes