‹ Pathologie et traitement de la luxation congénitale de la hancheChapitre 10 sur 64 · Alberts. — Inaug. Disser., Berlin · texte numérisé non relu

Alberts. — Inaug. Disser., Berlin

2. Von Ammon. — La chir. des affections congénitales de l’homme, avec ligures et texte explicatif. Berlin, 1842.

IG

avec une disposition analogue. Le col était non seulement raccourci, mais encore inséré sur la face antérieure du fémur. Cette direction antérieure du col a pour effet de reculer la diaphyse fémorale.

D’ailleurs, ces faits étaient connus depuis longtemps, avant l’ère des interventions sanglantes. E. H. Benett 1 décrit une luxation bilatérale chez une petite fdle de six ans et dit : « No tumour was found beneath the glut, maxim, by the head of the fémur, because the latter was directed forwards2, etc. ». Et ailleurs : « The axes of the necks and heads of the femora were directed forwards as if rotaded trough a füll quarter of a circle beyond the normal bearing, hence the fact, that the limbs were not inverted and that no tumours projected in the glutal régions behind the trochanter 3 ».

D’abord von Schede, puis Hoffa et ensuite moi-mème, nous avons parlé de cette disposition, à l’occasion de réductions sanglantes, et nous avons traité la question au point de vue opératoire.

L’antéversion pathologique du col a pu , dans plusieurs cas, en tant que malformation primitive, être la cause de la luxation. Il est assez vraisemblable que cette déviation a pu aussi être produite par la compression anormale que subit la tête luxée, dans les rapports nouveaux qu’elle contracte. La pression, qui explique l’aplatissement postérieur de la tête fémorale, peut aussi déterminer son antéversion h une époque où l’os est encore malléable.

Pour apprécier exactement le degré d’antéversion, il faut se rappeler qu’à l’état normal le col est dirigé un peu en avant. Le col a une direction normale quand la pointe du pied est tournée en avant ou même un peu en dedans, la tête fémorale étant dans le cotyle. Il y a déjà antéversion pathologique,

1. E. H. Benett. — On congen. Dis/oc. of the hip. Brit. med. Journ., 1885, I, 233.

2. On ne trouvait aucune tuméfaction au niveau de la fesse et, à plus forte raison, au niveau de la tète fémorale, puisque celle-ci était dirigée en avant.

3. Les axes des cols et des tètes des deux fémurs étaient dirigés en avant, comme s’ils avaient subi une rotation en avant d’un quart de cercle. C’est pourquoi les membres inférieurs n’étaient pas en rotation externe et il n’y avait pas de tuméfaction, dans la région fessière, derrière le grand trochanter.

quand la pointe du pied doit être un peu plus tournée en dedans, pour permettre au col fémoral de se placer dans le plan frontal. L’antéversion atteint le plus haut degré, quand l’axe du col et de la tête fémorale est parallèle à l’axe antéropostérieur du pied et que l’orientation du col dans le plan frontal nécessite pour le pied une rotation en dedans de 90°.

On peut cependant être induit en erreur dans l’appréciation

Fig. 5. Fig. 6.

d’une antéversion pathologique. Comme on l’a vu plus haut, en effet, un fort aplatissement postérieur de la tête a pour effet de modifier sa forme. On est alors tenté d’exagérer le degré de l’antéversion.

Au cours de mes opérations, j’ai souvent pensé qu’on prenait pour de l’antéversion le simple aplatissement postérieur de la tête fémorale.

Aussi bien les difficultés opératoires sont les mêmes, que l’antéversion soit réelle ou apparente, et ces difficultés sont de la plus haute importance pour poser les indica-

Lorenz. Luxation,

tions de l’intervention , surtout s’il s’agit d’une luxation bilatérale.

Les figures, contenues dans le traité de HofFa sur la chirurgie orthopédique, montrent clairement les changements que subit avec les années l’extrémité supérieure du fémur. L’abaissement du col notamment est bien mis en évidence sur les pièces

reproduites. Les fig. 5, 6, 7, 8 montrent des pièces provenant de malades, âgés de 1 an 1/2, 11, 14 et 18 ans.

Le ligament rond. — Le ligament rond, primitivement normal, subit une série de changements pendant l’évolution de la luxation. Il partage ainsi le sort commun à tous les éléments de l’articulation.

L’absence congénitale de ligament rond a été souvent constatée (Genga, Portal, Paletta, Caldani, Nicolai, Alberti, etc.), mais en dehors de la luxation congénitale de la hanche, dans des cas où l’articulation était normale à tous autres points de vue.

Et même, à ma connaissance, il n’y a pas jusqu’ici de cas signalés d’absence primitive du ligament rond dans la luxation congénitale. Bien plus, Cruveilhier a constaté l’existence du ligament rond dans des cas où la tête fémorale faisait primitivement défaut.

Cependant, on a observé le déplacement congénital des points d’insertion de ce ligament. Paletta l’a vu aller de la

Hg. 8.

branche horizontale du pubis au col fémoral : « a parte ima deficiebat acetabulum , atque lugatum naturalem implebat stratum osseum informe ; hinc ligamentum interius, non ab sinu acetabuli, qui nullus erat, sed a foveola in transverso pubis ramo exculpta procedebat, ut in cervicem femoris sub capitis margine insereretur » . Paletta pensait : « vitia memorata jam a vitæ primordiis existere 1 »,

Le ligament rond finit par disparaître avec les progrès de. la luxation, et il n’est alors plus représenté que par quelques

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