Retouche de V extrémité supérieure du fémur
Heureusement ce temps opératoire n’existe qu’exceptionnellement. Si je fais abstraction de quelques retouches tout à fait insignifiantes et peut-être superflues, je n’ai dû que trois fois sur cent cas modifier notablement la tête fémorale pour pouvoir la réduire.
Ce sont les déformations pathologiques de la tête et du col du fémur qui présentent, dans l’opération, les difficultés les plus graves, parfois même insurmontables.
Il est loin d’être indifférent que la tête pèche par excès ou par défaut : dans ce dernier cas, en effet, on ne peut rien y ajouter, tandis que, dans le premier cas, il sera le plus souvent possible d’améliorer l’extrémité osseuse par des résections partielles.
Quoi qu’il en soit, si l’on juge qu’il est nécessaire de retoucher l’extrémité supérieure du fémur, on place le malade sur le bord de la table d’opération et on fait sortir de la plaie la tête fémorale par un mouvement approprié de la cuisse. Au besoin, on agrandit l’incision des parties molles pour se donner du jour.
Ordinairement, dans les cas de malformation de l’extrémité supérieure du fémur, on trouve le col réduit à une simple gouttière séparant la tête du grand trochanter; quelquefois même
il fait complètement défaut et la capsule s’insère au bord du cartilage articulaire de la tête. Dans ces conditions, on se contente de libérer la tête fémorale en désinsérant la capsule sur le col.
On rompra les adhérences qui peuvent exister entre la tête et la capsule.
Si la tête présente un développement exagéré suivant un de ses diamètres, on réséquera avec un bistouri boutonné la portion proéminente. Au moins chez l’enfant, cette résection est possible sans mettre à nu le tissu spongieux de l’os.
Mais si l’on se trouve en présence de cette déformation que nous avons décrite sous le nom de cc tête en tampon de wagon », il est plus difficile de la ramener à un type à peu près normal. Cependant on parvient par des résections partielles à supprimer les parties débordantes de cette tête aplatie et à en faire une sorte de petit cube dont on peut arrondir les angles. Les figures 43 et 44, empruntées à l’observation XX, font comprendre ces malformations et la possibilité de les corriger.
On se heurte à des difficultés plus considérables encore, quand la tête fémorale est conformée de telle sorte qu’elle se trouve au-dessous du bord supérieur du grand trochanter, le col se dirigeant en bas au lieu de se diriger en haut. Il faudrait, dans ce cas, réséquer la partie supérieure du grand
Fig. 43.
Fig. 44.
trochanter, cle façon h la ramener à son niveau normal. En réséquant une partie du segment inférieur de la tête, on pourra, le cas échéant, rendre plus marqué l’angle que fait le col avec la diaphyse, de manière à dégager la tête fémorale.
Fig. 46.
Une seule fois, dans le cas de l’observation XXI, j’employai ce procédé, dont les schémas 45 et 46 donnent une bonne idée.
On est parfois obligé de créer un col artificiel. C’est l’éventualité qui se présente, quand l’extrémité supérieure du fémur affecte la forme d’une massue, portant à sa partie supérointerne une petite éminence hémisphérique, qui n’est autre que la tête. On doit alors véritablement sculpter dans cette
TRAITEMENT DE LA LUXATION CONGÉNITALE DE LA HANCHE 191 massue osseuse une tête et un col du fémur. Les figures 47 et 48 montrent les résultats qu’on peut obtenir.
En un mot, les indications, particulières à chaque cas, dicteront le meilleur procédé à employer.
Quant à moi, je n’ai jamais observé d’autres malformations que celles que j’ai décrites et, chose remarquable, elles se sont toujours trouvées chez de très jeunes enfants.
Il est évident que l’antéversion réelle ou apparente de la tête fémorale est au-dessus de nos moyens chirurgicaux. Il en est de même pour la conformation de la tête fémorale dite en « tête d’humérus ». Tout au plus, pourrait-on remédier à ces malformations, en façonnant d’une façon spéciale la cavité cotyloïde.
Heureusement, comme je l’ai dit au début de ce paragraphe, on n’a que très rarement l’occasion de modifier la tête et le col du fémur, et,, en règle générale, le temps opératoire qui succède à l’incision de la capsule est le creusement de la cavité cotyloïde, dont nous allons maintenant nous occuper.