LUPUS. CAUTÉRISATION IGNÉE; ÉLECTROLYSE
Quant à \&. muqueuse buccale^ rétrolabiale, gingivale, palatine, et pharyngée, sans contestation possible, la cautérisation galvanique s’applique à toutes les localisations lupiques qu’elles peuvent présenter. L’innocuité de ces applications est bien connue.
Les malades qui viennent, de temps à autre, faire cautériser les interminables érosions qui se produisent dans les cicatrices lupiques de la commissure ou de la cavité de la bouche, ne font grâce à l’opérateur d’aucune d’elles, et lui indiquent du doigt toutes celles qu’il peut avoir oubliées ; pour temporaire qu’il est, le bénéfice n’en est pas moins réel, et apprécié.
B. ÉLECTROLYSE. — En principe, l’application de l’électrolyse au traitement du lupus est très séduisante, et les travaux publiés en Allemagne et en Amérique — Gartner, Lustgarten, HardaAvay, etc., — sont pleins de promesses et très encourageants. Le document le plus récent sur la matière est dû à G. -T. Jackson (de New- York) — Electrolysis in the treatm. of Lupus vulgaris, dermat. Assoc., Fourteenth
'Ann. meeting h. at. Richfield Springs, September 1890. — L’auteur y déclare que, dans le traitement du lupus vulgaire, l’électrolyse donne des résultats aussi bons, sinon meilleurs que ceux que l’on obtient avec les méthodes employées jusqu’à présent; les applications sont assez peu douloureuses pour qu’on n’ait pas besoin d’avoir recours à l’anesthésie; il n’y a pas d’écoulement de sang; les suites immédiates sont assez légères pour que le patient n’ait pas à interrompre ses occupations habituelles; il est plus facile, en produisant moins de lésion de voisinage, d’atteindre les tubercules dans la profondeur du derme; enfin, les cicatrices sont lisses et unies. C’est donc une méthode à mettre, ou à remettre, pai'mi nous à l’étude, afin de déterminer si elle est vraiment préférable aux cautérisations ignées interstitielles, telles que nous les avons instituées, et, surtout, si le procédé d’application en peut être assez simplifié pour en faire une méthode pratique, devant être vulgarisée.
En terminant, nous répétons, comme au commencement de notre appendice, que, malgré les grands progrès accomplis, le traitement du lupus reste très imparfait dans beaucoup de cas. Même dans notre hôpital Saint-Louis, chacun peut voir encore des infirmiers et des employés des deux sexes, sur le visage desquels végètent des lupus inextinguibles, et dans les salles, ou aux policliniques, rencontrer des malades qui vont, de service en service, témoigner qu’aucune méthode, qu’aucun procédé, qu’aucune médication, ne sont sans défaillances, ni sans revers.
Enfin, conseil dernier : Le médecin qui veut vraiment apprendre à traiter le lupus, doit visiter assidûment tous les services d’hôpital où on le traite, non pas comme cela se fait trop souvent en passant, ou en venant voir seulement opérer, mais en interrogeant les malades, en recueillant leurs impressions et leurs souvenirs, et en ne jugeant jamais exclusivement par la parole du maître, ni par la phrase du livre.
Ernest Besnier. — A. Doyon.
[Fin de l appendice des traducteurs sur le diagnostic, le pronostic et le traitement de la tuberculose lupique.
QUARANTE-QUATRIÈME LEÇON