I. Épithéliome perlé
Cette forme importante a été très suffisamment caractérisée, dans le texte courant, par son mode évolutif, sa ténacité, sa marche serpigineuse propre à certaines formes, sa cicatrisation au centre, ou au foyer — chose rare dans les « cancers ». Elle peut exister à l’état rudimentaire, isolé, solitaire : Un certain nombre de sujets, qui ont passé cinquante ans, portent sur un point de la lèvre supérieure, aux alentours des narines, sur le nez, sur la moitié interne de la paupière inférieure, etc., une ou plusieurs petites perles du type épithélial le plus pur, qui restent indéfiniment torpides et solitaires si elles ne sont pas irritées, ou si les soins de toilette réguliers sont pris. Même quand les perles se sont agglomérées en colonie, elles peuvent encore rester pendant de nombreuses années à l’état torpide.
Lorsque la colonie forme un agglomérat bien figuré, nettement arrondi, elle manifeste souvent une activité plus grande, une irritabilité plus prononcée, une excoriation plus facile ; l’ulcération épithéliomateuse se manifeste plus rapidement, et quelquefois activement, si l'on n’intervient pas — Ep. perlé figuré, excentrique, ulcérant, rongeant, rodent ulcer, etc., etc.
Dans les cas où l’épithéliome perlé évolue d’une manière un peu différente, en éventail par exemple, il s’agit plus ordinairement de variétés qui restent jo/anes pendant une durée indéfinie, et dessinent des arcs de cercle perlés, légèrement excoriés, autour d’un foyer initial, cicatrisé depuis un grand nombre d’années — Ep. perlé plan, plat, syphiloide, lupoide, etc., etc.
Il n'y a, jusqu’à nouvel ordre, aucune raison légitime de faire, de
CANCER ÉPITHÉLIAL.
naire; il n’a d’autre effet que la destruction de la peau et des cartilages sous-jacents, et la rétraction cicatricielle des parties atteintes.
Souvent, cependant, il se convertit dans sa marche ultérieure en épithéliome tubéreux ou profond; celui-ci est également souvent primitif. Il débute sous forme de nodosités très dures et un peu transparentes, dont la grosseur varie de celle d’un grain de plomb à celle d’un pois, serrées les unes contre les autres, disséminées dans toute l’épais-
quelques-unes de ces formes d’épithéliomatose superfic.ielle de la peau, des espèces véritables, des affections sui generis ; et n’y a pas, pour reprendre le même exemple que plus haut, plus de raison de disjoindre encore, dans la description des autres épithéliomes superficiels de la peau, le rodent idcer, qu'il n’y en aurait de continuer les anciens errements qui séparaient, dans les ouvrages classiques, le psoriasis de la « lèpre vulgaire ».
Assurément, les caractères du rodent ulcer sont très remarquables :
« The characteristic features of this disease are the extraordinary slowness ofits progress, the peculiar condition of the edges and surface of the ulcer, the comparatively inconsiderable suffering produced hy it, its incurable nature unless Iry extirpation, audits not contaminating the neighbouring lyniphatic « glands » — Ahth. Jacob, loc. siip.cit., p. 233.
Plusieurs auteurs anglais, des plus récents, insistent encore sur la localisation élective du rodent ulcer dans la partie supérieure de la face; la disproportion entre l’ulcération et l’épaisseur du néoplasme ; sa lenteur, son indolence, son peu d’action sur les ganglions; la disposition circulaire et la finesse du bord. Tous ces caractères qui, pour ces auteurs, forment les bases essentielles de la différenciation, caractérisent une forme ou une variété, mais ne spécifient pas une espèce : à une certaine période de l’évolution, à la période ulcéreuse, plusieurs variétés, prises dans toutes les espèces d’épithéliome superficiel de la peau, peuvent aboutir au type clinique du rodent ulcer. On peut s’en assurer en examinant, enlre autres, les reproductions suivantes acceptées par les auteurs anglais comme des types de « rodent ulcer » : le dessin donné par Arthur Jacob, loc. sup. cit.; la figure 16 de la planche XIV de ï Atlas de Rayer; la planche L, fig. 2, 3, 4, de VAtlas de Tilbury Fox, que chacun peut aisément consulter. D’ailleurs l’individualité et la nature (c non cancéreuse » du rodent ulcer, soutenues et propagées surtout par SiR James Paget et par Jonathan Hutchinson, trouvent, même en Angleterre, de nombreux contradicteurs ; Voy., entre autres, W. Tilbury Fox et T. CoLCOTT Fox — Rodent ulcer, The Transact. of the pathoL Soc. of London for 1879 — pour qui le rodent ulcer est seulement « a phase of epithelioma » avec des catactères particuliers de localisation anatomique : Cf. Dubreuilh — Congrès intern. de dermat. de Paris en 1889, p. 396 et L. Wickiiam, loc. inf. cit. ~~
La perle épithéliale, la papule perlée, qui fait la caractéristique essentielle de cette espèce ne lui est pas exclusive; on la retrouve, quand on la cherche attentivement, dans la plupart des autres formes, même les
QUARANTE-HUITIÈME LEÇON
seur de la peau, atteignant le tissu cellulaire sous-cutané, ou même partant de là, plates, ou un peu proéminentes. Au bout de quelques mois ou de plusieurs années, ces nodosités forment une tumeur dure, de la grosseur d’une noix ou même davantage, globuleuse ou étalée.
plus atypiques, soit comme premie)' élément, soit comme élément de propagation, à la périphérie.