I. — Caractères macroscopiques du favus typique
1° Sur le cuir chevelu, le meilleur procédé à employer pour suivre l’évolution du godet consiste, après avoir fait épiler avec soin la tête entière d’un sujet atteint de favus, à la faire soigneusement raser, et à observer ensuite.
Dès la fin de la première semaine ou de la seconde, les premiers godets apparaissent à la place de la tache érythémateuse péripillaire sous la forme d’une petite masse jaunâtre, punctiforme, sous-épidermique, et centrée par un poil.
En examinant à la loupe, on voit se produire d’abord une petite tache blanc jaunâtre à la base d’un poil, tout à fait semblable aux petit lacs purulents épidermiques qui suivent les épilations, par exemple. Ces points, piqués avec une aiguille, laissent échapper, en plus ou moins grande quantité, une matière puriforme qui a rendu longtemps bien plausible l’opinion qui plaçait le favus dans l’orrfredes pustules.
Les pièces 548 (la table du catalogue indique par erreur 545) et 584 du Musée de Saint-Louis, moulées sur nature par Baretta, ont été déposées par nous, dans le but de fixer, pour l’étude, cette évolution dont on peut suivre à la loupe les moindres détails.
Pièce 548, année 1878. — Godets faviques [favi] se reproduisant sur le cuir chevelu après une première épilation, et laissés à leur évolution spontanée.
On remarquera :
a.) Les taches opaques, premier stade de la germination favique dans
La prolifération parasitaire peut s’étendre vers la profondeur, dans la direction des cellules du réseau muqueux, molles, facilement compressibles, et c’est ainsi que le corps favique prend la forme hémisphérique.
Finfundibulum, pilaire, au-dessous du toit corné; — b.) les godets de toute dimension a^ ant fait éclater le surtout corné. Tous les godets sont centrés par un poil, plus ou moins lin s’il s’agit d’un cheveu qui a échappé à l’épilation, court et plus gros (point noir central), s'il s’agit de poils déjà altérés, et ayant cassé sous la pince de l’épileur. L’épilation datait de douze jours quand le moulage a été exécuté; on voit avec quelle rapidité se fait la prolifération favique et la constitution du godet.
Pièce 584, année 1878. — Le faviis peut être suivi à toutes les phases de son évolution, depuis les plus éloignées jusqu’à la plus immédiate. Pour la possibilité du moulage, les cheveux sains ont été rasés; les cheveux altérés, ôtés à la pince.
On remarquera :
a.) Les inégalités de niveau du cuir chevelu; les sommets sont occupés parle derme sain recouvert de cheveux sains, ils forment les grandes zones piquetées de noir (cheveux rasés); — b.) immédiatement en dedans, une zone blanche correspondant aux cercles d’épilation fait par la pince pour isoler les parties altérées; — c.) en dedans de cette seconde zone, une zone rouge et squamulaire ; c’est la région où la germination du favus est en pleine activité; les cheveux ont été épilés à la pince, et en assez grand nornbre se sont cassés, ce qui n’est pas arrivé dans la partie saine; — d.) au centre, une aire blanche lisse, éburnée, très déprimée au-dessous du niveau des parties voisines.
2° Sur les parties glabres, le godet peut se développer assez rapidement pour qu’on voie difficilement la tache miliaire érythémateuse préalable, et il faut chercher à la loupe pour voir, à leur première éclosion, de tout petits anneaux microscopiques.
On peut suivre ces détails sur les pièces 914, 915 que nous avons déposées en 1883, dans le Musée de Saint-Louis.
1® Pièce 914 — Cuisse et portion de la jambe :
a.) A la loupe, fines ponctuations jaunâtres, première manifestation de la germination favique sus-épidermique ; il n’y a, à cette période, aucune irritation périphérique et pas de zone érythémateuse circonférentielle ; — b.) à l’œil nu, anneaux jaune d’or solitaires, seulement sur quelques points isolés (godets simples) ; — c.) en haut et en dedans de la pièce, favus sousépidermique n’ayant pas encore rompu la cuticule ; — d.) disques polycycliques, festonnés, formés par la coalescence d’anneaux faviques dont les bords se sont détruits par contact ; leur centre est occupé par le favus désagrégé plâtreux, d’autant plus abondant que les godets sont de date plus ancienne.
2° Pièce 915 — Région dorsale; on remarquera :
a). Les petits godets microscopiques, naissant de la peau saine et n’ayant aucune collerette érythémateuse ; on n’en retrouve guère non plus autour des disques plus considérables ; — b.) au centre de la plupart des godets, point noir correspondant à la coupe du poil qui sert de centre à la germi-
CINQUANTE ET UNIÈME LEÇON
Ainsi enchâssés entre les couches épidermiques, les godets faviques restent parfois longtemps sans être enlevés par le grattage, le peigne, etc.
nation favique ; c). grandes plaques formées de la confluence des godets; centre plâtreux ; vestiges des godets à la bordure des disques.
Mais quand le favus végète depuis plus ou moins longtemps, la région devient érythémateuse, et ce sont, alors, des nappes d’érythème diffus, rose ou livide, sur lesquelles sont disséminés des godets isolés ou confluents à tous les stades ; la planche LIV de l’Atlas de Tilbury en donne une représentation absolument parfaite, qui surpasse les meilleures descriptions.