ET DE LA FORMATION DU GODET
Dans les jours qui précèdent l’apparition du godet, l’examen microscopique démontre autour du poil des amas de spores, qui, peu à peu, s’accumulent dans la gaine. Déjà les cellules de cette dernière sont visiblement irritées, et si l’on arrache le poil, on voit le follicule gondé, ayant un aspect transparent et comme œdémateux (gonflement des cellules du corps muqueux de la gaine).
Quand le scutulum est déjà formé et visible, et souvent même pendant sa formation, cette irritation peut atteindre un degré plus intense, et s’accompagner de l’apparition d’un plus ou moins grand nombre de leucocytes dans la gaine du poil. Ces leucocytes sont parfois assez abondants pour constituer une véritable petite pustule, qui entoure le poil malade et qui est tantôt ramassée et saillante, tantôt étalée et aplatie, souvent sans qu’on aperçoive aucune trace de godet. Le microscope démontre la présence de leucocytes, et, de plus, des spores et des tubes désagrégés, ou amassés autour du poil.
Lorsque le godet favique est développé, cette inflammation et cette suppuration se continuent à sa périphérie; tantôt il n’y a pas de signes extérieurs d’irritation, et cependant si, après avoir extrait le godet, on gratte légèrement sa surface profonde, on voit que le produit du grattage renferme toujours des leucocytes; tantôt il y a une aréole inflammatoire rouge autour du godet, et celui-ci est fréquemment séparé de la cavité qui le contient par un cercle de suppuration plus ou moins large.
Le plus ordinairement conique, lenticulaire, le godet se trouve logé dans une cavité qui est moulée sur lui, et qui conserve sa forme quelque temps après son ablation; cette cavité est lisse, rouge, et elle se remplit assez rapidement d’un liquide chargé de globules blancs; après l’arrachement du godet, elle paraît parfaitement détergée et nette; le plus souvent cependant, en la grattant avec une curette, on trouve encore des spores restées adhérentes à sa surface.
A son début, le scutulum favique est placé entre la couche cornée de
FAVUS.
Plusieurs scutules voisins peuvent, par leur croissance progressive, se rapprocher sans perdre encore leur type spécial. Au bout d’un certain temps, les enveloppes épidermiques sont brisées par places, soit
Fig. 6t.
Favus.
a, bulbe pileux et cheveu. — b, gaines de la racine du cheveu traversées dans toute leur étendue par du mycélium et des gonidies.
par suite de la croissance des masses faviques, soit spontanément; elles peuvent encore être détachées, et dans ce cas les masses de favus sont mises à nu, se dessèchent, perdent leur coloration primitive, jaune soufre, et se présentent alors comme des amas inégaux, ayant parfois
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un centimètre d’épaisseur, blanc jaunâtre, ou semblables à du mortier, assez durs et secs, — favus suherinus, turriformis.
Outre l’aspect caractéristique des masses faviques qui se trouvent dans les godets, ou mises à découvert, il faut encore noter, comme sj^mptôines particuliers, que, dans la région atteinte, les cheveux paraissent ternes, comme poudreux, et qu’ils sont faciles à arracher (1). Le foyer favique prend une odeur de moisissure (2).
Suite et fin de la note de la page 760.
l’épiderme et le corps muqueux, contenu dans l’infundibulum pilaire, et limité, àtsa partie supérieure, par la couche cornée adhérente au poil. Il s’accroît circulairement, et en hauteur, dilate en le pénétrant plus profondément l’infundibulum pilaire auquel il donne la forme conique, et se déprime au centre quand il a pris un certain développement. Le professeur Kaposi attribue cette dépression ombilicale à ce que l’épiderme, adhérant au poil au centre du godet, ne se laisse pas aussi facilement soulever qu’à la périphérie. On peut ajouter encore que le scutulum, en se développant, tend k perdre sa forme conique pour prendre celle d’un disque d’égale d’épaisseur à la périphérie et au centre. Ce dernier paraît alors un peu déprimé, mais cela tient autant à la forme de l’infundibulum pilaire qu’à l’adhérence delà couche cornée de l’épiderme (Balzer). Ernest Besnier. — A. Doyon.
(I) (2) L’état macroscopique des cheveux est très important k constater pour le diagnostic extemporané des cas dans lesquels les godets ne sont pas manifestes, et où la peau est simplement eczémateuse, impétigineuse, ou squameuse. Les 'cheveux ont perdu leur brillant, ils sont ternes, gris de souris, ou rougeâtre fauve; leur adhérence est toujours diminuée, et il est facile, aussi longtemps qu’ils ont conservé quelque solidité, de les arracher à la main par touffes entraînant leurs gaines vitreuses. Plus tard, ils deviennent le siège d’autres dégradations, sont tout à fait cadavérisés, atrophiés, déviés, etc., et parfois tellement fragiles, que nos épüeurs, malgré leur habileté, en cassent un grand nombre, — circonstance fâcheuse, dont nous montrerons plus loin l’importance au point de vue du traitement.
Hebra, et après lui Kaposi, voulant réagir contre l’abus (qu’ils avaient sans doute rencontré dans le rayon de leur observation) des signes diagnostiques osmiques, n’accordent pas, lorsque le cas échoit, leur valeur réelle à ces signes, dont l’utilité, relative si l’on veut, n’est pas toujours à dédaigner. En ce qui concerne l’odeur du favus en masse, elle est franchement comparable à l’odeur de souris (que tout le monde connaît), et qu’un peu d’habitude fait facilement distinguer de l’odeur fade et fétide de pus et des croûtes altérés à la surface du cuir chevelu, et même discerner encore quand cette dernière existe simultanément. L’odeur de souris est donc un caractère qu’il n’y a pas à négliger dans le diagnostic sommaire du favus, ni dans le diagnostic différentiel des affections du cuir chevelu.
Cette odeur, très accentuée quand le favus est abondant sur l’homme
FAVUS.
Ultérieurement, il se produit des altérations consécutives qui proviennent de ce que les éléments parasitaires du favus, partant du foyer folliculaire que j’ai décrit, prolifèrent entre les cellules de la gaine de la racine du poil jusqu’à la base du follicule; ils pénètrent de là dans le bulbe pileux et plus ou moins haut dans le poil lui-même, ils arrivent aussi latéralement par les gaines de la racine dans le poil (fig. 61). Les champignons qui prolifèrent ici occasionnent au début le relâchement, plus tard la chute des cheveux et enfin l’atrophie des papilles pilifères, qui entraîne l’atrophie des papilles et par suite une calvitie définitive (1).
ou sur l’animal, est à ce point spécifique — favique — quelle se retrouve dans les cultures pures de favus, tandis quelle n existe pas dans celles du tricophyton. Voici comment le phénomène est décrit par Dm. Verujski — Rech. s. la morph. et la biol. du trichophyton tonsurans et de l’achorion Schœnleinii, Ann. de l’ Inst. Pasteur, 1887, p. 369.
« Quant à l’odeur, elle se retrouve dans tous les milieux où on a cultivé Vachorion, et sur le champignon lui-même. Elle est très nette surtout quand on filtre le liquide de culture, ou quand on commence à dessécher le champignon pour le peser à l’état sec. Cette odeur rappelle moins l’odeur de souris que celle des matières animales en décomposition, non putride, et est due sans doute à ce que cette mucédinée consomme exclusivement de la matière albuminoïde. » Le trichophyton, qui vit surtout de substances hydrocarbonées, n’a pas d’odeur pareille, il sent faiblement comme les champignons de bois ordinaires.
En fait, le favus et le trichophyton ont dans le laboratoire une odeur, et une odeur qui n’est pas la même pour les deux microphytes. En clinique, on n’a pas reconnu d’odeur spéciale au trichophyton, mais on a constaté, dans le favus, une odeur extrêmement nette que tout le monde connaît sous le nom d'odeur de souris, importante non seulement pour les cas ambigus d’affection parasitaire, mais encore très nettement distincte des odeurs déterminées par les affections à staphylocoques.
Ernest Besnier. — A. Doyon.
(1) Ce n’est pas chose simple, ni aisée, que de décrire la marche du favus dans l'appareil pilaire, son mode d'attaque, ses points de pénétration, son cheminement, ses extensions périphériques ; il est nécessaire cependant de chercher à s’en rendre compte. La question est un peu délicate, mais onne pourrait la sous-entendre sans tronquer l’histoire de la maladie.
Lebert, Wedl, Ch. Robin, Gudden, etc., ayant vainement cherché le parasite dans le bulbe, étaient disposés à considérer les amas faviques comme la condition essentielle des altérations du poil. Cependant Bazin avait reconnu l’existence des spores faviques dans les cheveux très altérés, principalement sur les bords, ce qui, disait-il, donnait à ces cheveux l’apparence de poils trichophytiques; de même, Lailler enseigna que le développement du favus se fait, primitivement, et surtout, aux dépens des follicules pileux et des poils. Mieux qu’aucun autre, le professeur Kaposi
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Suite de la note des Traducteurs.
a bien établi la pénétration du favus dans le poil, et le rôle du parasite dans l’atrophie des follicules, ainsi que dans les diverses altérations pilaires. Dans l’épiderme corné qui recouvre le favus, et même dans celui des régions voisines, il est facile de voir les tubes du mycélium se propager entre les plans des cellules, s’enrouler autour d’elles en s’insinuant dans les fentes intercellulaires ; mais on ne les voit pas s’étendre, comme l’a vu l’auteur jusque dans le réseau.
La pénétration du favus dans le poil ne saurait plus être aujourd’hui mise en doute ; l’absence d’art technique suffisant en a seul, jusqu’ici, retardé la démonstration courante. Voici l’exposé des procédé employés par Balzer dans le laboratoire de l’un de nous à l’hôpital Saint-Louis, et un sommaire du résultat de ses observations :
Les cheveux, d'abord dégraissés dans l’éther, doivent séjourner un certain temps dans une solution à 40 p. 100 de soude ou de potasse caustique ; ils sont ensuite traités par l’ammoniaque, et examinés dans la glycérine. Il est alors aisé de distinguer admirablement les tubes dans le poil ; on les voit former, dans l’épaisseur de sa racine, entre les cellules pigmentées, des réseaux se continuant dans toute la longueur du poil sous forme de traînées brillantes dans lesquelles on reconnaît facilement les sporules. Celles-ci sont plus abondantes dans les couches externes du poil qu'à son centre, où on les retrouve cependant d’une façon à peu près constante quand la préparation a été bien faite. L’action de la solution caustique doit être surveillée de près; il faut qu’elle ne s’exerce que sur la matière colorante du cheveu, et qu’elle n'amène pas la désagrégation complète de celui-ci. Il est difficile de dire d’une façon précise combien de temps le cheveu doit séjourner dans la solution; cela dépend de sa coloration, de son épaisseur, de la concentration du liquide, etc.; à chaud, l’action est plus rapide, mais aussi plus irrégulière.
Le champignon est plus constant et plus abondant dans la l’acine du poil que dans sa portion libre; les auteurs allemands, Hoffmann en particulier, ont pensé qu’il provenait toujours de la partie profonde, et qu’il ne traversait pas la cuticule entière du poil pour pénétrer dans son épaisseur. On voit facilement sur les préparations les réseaux tubulaires profonds en continuité avec les tubes qui dissocient les lamelles superficielles du cheveu. Il est difficile de juger si cette dissociation s’est produite de dehors en dedans ou de dedans en dehors; ce que nous connaissons de l’évolution du favus doit nous faire adopter cette dernière opinion.
Après macération dans la solution caustique, le cheveu devient parfois tellement transparent, qu’on pourrait objecter, à la vue de certaines préparations, que les tubes n’existent pas en réalité dans son épaisseur, mais seulement à sa périphérie, et qu’on les aperçoit par transparence. Mais nous avons pu constater la présence du parasite végétal au centre de poils non traités par la soude; nous l’avons vu dans les cheveux ternes, lanugineux et principalement dans les points où le poil avait été écrasé en partie ou dilacéré par la pince à épiler. On voyait en ces points les spores pénétrer dans le poil absolument comme dans la teigne tondante ; le même aspect s’observait à l’extrémité libre. Nous avons observé ainsi le parasite dans toute l’étendue des cheveux que nous avons étudiés ; quelques-uns d'entre eux présentaient cependant une longueur de plus de 4 centimètres. Enfin sur des poils dégraissés et simplement colorés par l’éosine, nous avons
FA vus.
Suite de la note des Traducteurs.
constaté que les contours des cellules épidermiques de revêtement du poil passaient manifestement au-dessus des traînées de spores les plus superficielles.
En résumé, les éléments du favus pénètrent dans le cheveu; ils peuvent même proliférer jusqu’à une hauteur de plusieurs centimètres. Aucun doute à cet égard, puisque sur de fines coupes de cheveux réunies en faisceaux, nous avons pu constater la présence des spores, tantôt immédiatement au-dessous de la gaine épidermique, tantôt en différents points de la surface de section.
Suivant ünxa, Mikologische Beitràge — Vierteljahresschrift für Dcrmat. und Sijph., n°® 2 et 3, 1880, — dans les poils faviques, le bulbe pileux est toujours indemme de parasite. Il en est de même habituellement pour une partie un peu plus élevée de la substance compacte de l’écorce, à peu près au point à partir duquel la gaine interne de la racine est kératinisée dans toutes ses couches, par conséquent là où existent les deux gaines de Henle et de Huxley, et où, en même temps, le cheveu proprement dit (moelle, écorce et cuticule) acquiert son calibre définitif. Là, au fond du follicule pileux, à la limite inférieure du troisième quart, le dépôt parasilaii'e cesse d’ordinaire assez rapidement, et, qu’on observe à un grossissement plus ou moins fort, le point d’arrêt est également net.
Mais dans beaucoup de cheveux, cette limite se trouve déjà plus haut, jusque dans la dépression infundibuliforme du follicule pileux. Si, même à un faible grossissement, on voit si nettement la limite entre la portion saine et la portion malade du cheveu, cela tient aux modifications que la prolifération du champignon détermine dans la substance cornée. Les chaînes de gonidies enchevêtrent dans tous les sens les cellules cornées ; il en résulte que non seulement le contour extérieur et lisse du cheveu disparaît, mais encore que, dans toute son épaisseur, il apparaît désagrégé et dissocié. La gaine interne de la racine présente le même aspect dans la partie kératinisée, et on rencontre rarement cet état jusqu’à la limite de la kératinisation. En général, la tige de cheveu, avec sa cuticule, ainsi que la gaine interne et sa cuticule, sont modifiés à la même profondeur dans la follicule pileux; aussi est-il impossible de savoir si le champignon a pénétré séparément dans les deux, ou si la gaine de la racine a infecté le cheveu, ou bien si c’est le contraire qui a eu lieu. Certaines préparations prouvent que ces trois cas peuvent se rencontrer. On trouve, par exemple, le tiers supérieur du cheveu malade, une zone plus profonde tout à fait indemne et plus profondément encore une prolifération de champignons dans le cheveu, tandis que la gaine interne est malade dans toute son étendue; dans ce cas, la source la plus prochaine de l’invasion du champignon se trouve dans la gaine de la racine. Par contre, on voit d’autres cheveux dont la tige est atteinte d’une manière interrompue, et la gaine interne seulement par places; ces faits n’admettent que l’explication inverse. Mais, un fait certain, c’est que le champignon peut proliférer dans les deux gaines d’une manière indépendante, puisque l’altération pénètre toujours plus profondément dans l’une des deux. D'autre part, on ne rencontre jamais de cheveux dans lesquels les foyers parasitaires sont isolés les uns des autres, soit dans le cheveu, soit dans la gaine; aussi ünna n’admet-il pas que des champignons puissent se frayer insensiblement une voie dans la profondeur, sans altérer les cellules cornées. Par conséquent, conti-airement à l’opinion de Hoffman, avec Kaposi, il reconnaît que la cuticule oppose, en général, une résistance un peu plus grande à la pénétration du champignon que les cellules
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Suite de la note des Traducteurs.
cornées de la gaine interne de la racine et de l’écorce du cheveu. Toutefois, on voit fréquemment la cuticule déchirée dans la profondeur du follicule pileux, toujours au niveau de la dépression infundibuliforme, où la migration du champignon se fait dans le cheveu, à travers la cuticule, en partant de la couche cornée environnante.
Mais sur un point essentiel, Uuna est en opposition complète avec Kaposi, à propos de l’assertion suivante : 11 est probable que dans la majeure partie des cas, la prolifération, partant du bulbe du cheveu où les cellules sont succulentes et relâchées, pénètre dans sa substance, après avoir .suivi jusqu'alors une marche descendante dans les cellules des gaines de la racine (Hebra et Kaposi, T. Il, p. 805, trad. D., fig. 12). Déjà Gudden et "Wedl avaient émis une opinion opposée et prétendaient n’avoir jamais trouvé de champignon dans le bulbe du cheveu.
Sur cent cinquante cheveux contigus pris sur un morceau de peau atteint de favus, Unna en a trouvé cent remplis de filaments parasitaires, aussi bien dans la tige que dans la gaine interne de la racine, tandis qu’il n’a jamais rencontré un seul filament dans le bulbe pileux de ces mêmes cheveux.
Le cheveu dont le dessin est reproduit par Kaposi est le siège d’une invasion extrêmement développée de favus, et ce cas, comme tous les cas extrêmes, est insuffisant pour appuyer l’opinion de Kaposi. Mais Unna ajoute en outre que cette théorie du détour (c’est-à-dire cette marche qui part d’en bas à travers les gaines de la racine pour arriver dans la tige du cheveu) est encore sur un second point en contradiction avec toutes ses préparations microscopiques. lia trouvé, en effet, outre le bulbe du cheveu, la gaine externe de la racine tout entière complètement indemne de champignons (il en est de même pour l'épiderme de toute la couche dentelée).
On n’est d’ailleurs jamais assez heureux pour extraire ensemble la gaine externe et la gaine interne. Le dessin de Kaposi ne représente que la gaine interne tuméfiée. S’appuyant sur ses préparations, Unna rejette donc la théorie du détour.
Quant à l’immunité (dont il vient d'être question) de la gaine externe, il n’a pas trouvé de véritables exceptions, mais seulement de temps à autre des exceptions apparentes. Il s’agissait, dans ces cas, d’épaississements circonscrits de la gaine interne de la racine, qui était tuméfiée par le champignon; aussi la gaine externe paraissait-elle resserrée et déviée en quelques points. Mais à un plus fort grossissement, on voyait que la gaiue externe de la racine était intacte et seulement comprimée par la présence d’un corps étranger dans la gaine interne.
11 en est ainsi, comme on le sait, pour l’épiderme. Le champignon prolifère, entre la couche cornée superficielle et la couche cornée inférieure, dans les couches moyennes relâchées. La dépression dans laquelle se trouve le godet favique est lisse, brillante, formée par Tépiderme déjà kératinisé. Les coupes faites par Unna montrent aussi les effets de la compression sur le tissu épidermique : d’un côté, il y a un aplatissement général, précoce, de toutes les cellules dentelées ; de l’autre, un faible développement, on pourrait même dire une absence de la couche granuleuse, tandis que la couche cornée inférieure, contenant des noyaux, est épaissie. Il a ramené à deux facteurs les modifications caractéristiques des couches de transition : augmentation de l’afflux de la lymphe du tissu et pression venue de l'extérieur. Partout le champignon évite les cellules relâchées, succulentes, et préfère les cellules kératinisées de la racine ; de celle-ci à la cuticule, puis à la tige ; dans tout ce parcours, il ne rencontre aucun obs-
FA vu s.
Il arrive en outre que les godets faviques déposés entre les couches épidermiques exercent pendant des mois et des années une pression sur les papilles situées au-dessous et provoquent leur disparition. C’est ainsi que la peau prend un aspect chauve, atrophique, cicatriciel, brillant, n’ayant plus ni follicules, ni cheveux; dans ce cas, il reste tout au plus quelques follicules et quelques cheveux qui n’ont pas été atteints directement par la maladie. Quelques auteurs prétendent même que des os du
Suite de la noie des Traducteurs.
tacle entre les cellules cornées, quelle que soit leur origine, et s’ari’ête, au contraire, devant la couche épineuse de l’épiderme et devant la gaine externe de la racine et le bulbe du poil, comme devant un mur. Unna a constaté ces résultats des centaines de fois, quoique sur un nombre très limité de cas ; il croit qu’on peut appliquer ces conclusions à la pathologie du favus en général, mais il est beaucoup plus réservé en ce qui concerne les altérations de la peau proprement dite.
Cependant F. Balzer — Rech. hislol. s. le Favus et le Tricophyton, Arch. gén. de méd., oct. 1881, p. 385 — croit que les conclusions de Unna, dont il reconnaît, d’ailleurs, la rigueur scientifique, sont trop absolues; il admet bien qu’il est facile de voir, sur les préparations des cheveux faviques, les réseaux tubulaires profonds en continuilé avec les tubes qui dissocient les lamelles superficielles du cheveu, et qui sont, eux-mêmes, reliés à ceux du godet; il admet en outre le mode de pénétration directe qui lui semblait d’abord douteux, mais il ne se croit pas obligé pour cela de rejeter la théorie du détour, et il croit que les deux modes de pénétration, directe ou indirecte, s’observent dans le favus, sans pouvoir dire lequel des deux a le plus d’importance. En résumé, selon Balzer, le favus parcourt dans son évolution complète trois phases bien distinctes.
« i° Végétation intra-épidermique de l’achorion; formation du godet dans l’infundibulum pilaire; envahissement du poil. Pendant cette phase, souvent très prolongée, le champignon n’attaque pas le bulbe pileux, ni les couches profondes du corps muqueux. — 2° Végétation intradermique : le parasite franchit la gaine interne et la gaine externe du cheveu, il pénètre dans le derme. C’est la phase d’ulcération et de destruction, les papilles des poils sont détruites, les poils tombent. — 3“ Phase de cicatrisation : il n’y a plus de papilles, plus de poils, plus de parasites ; c’est l’alopécie cicatricielle, définitive. »
Ce dernier énoncé, simple et clair, représente en peu de mots faciles à retenir, et débarrassés des détails trop techniques, le dépôt du parasite dans l’infundibulum, l’envahissement du poil, la rupture
des gaines, l’altération ultime du derme, et l’extinction du parasite.
Quand nous aurons ajouté que le poil n’est pas indispensable à la constitution du godet, nous aurons terminé cette exposition, déjà trop longue.
Ernest Besnier. — A. Doyon.
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crâne ont été résorbés jusqu’à disparition par suite de la pression des masses faviques (I).
Il n’existe pas d’ulcères faviques proprement dits, mais il peut survenir, comme dans l’eczéma du cuir chevelu, des complications inflammatoires, eczéma, engorgements ganglionnaires, végétations.
On trouve aussi le favus sur le cuir chevelu sous forme de foyers distincts plus ou moins étendus {favus discret), dans quelques cas répandus presque sur toute la tête [favus confluent), mais il n’est qu’exceptionnellement réparti d’une manière uniforme (2).
(1) Cela ne s’observe pas chez l'homme; et on ne le constate pas
davantage chez les animaux domestiques; c’est seulement sur les petits animaux, la souris, que de semblables altérations ont pu être relevées. Chez l’homme, si l’on a observé, à la suite du favus, des lésions aussi profondes, ce ne pouvait être que sous l’action d’un processus accessoire dont la nature a été méconnue. E. B. — A. D.
(2) Sur le cuir chevelu comme sur les autres points du tégument, le favus peut revêtir deux formes principales; 1<> favus typique, complet, en godets-, favus atypique, favus sans favi. Chaque forme comprend plusieurs variétés ;
I. — Favus typique, complet, en godets : a.) favus urcéolaire, tinea lupinosa : Les godets sont bien conformés, individualisés, centrés par un poil; on en distingue deux variétés : le favus urcéolaire disséminé, le favus urcéolaire cohérent ou confluent, selon que les godets restent épars, (ju qu’ils sont réunis en groupes plus ou moins pressés, mais dans lesquels ils sont toujours nettement distincts.
II. — Favus en disques, nummulaire, enécu, scutulé, scutiforme, teigne annulaire, t. aux petits écus, etc., annulaire, festonnée, etc.
Les disques se constituent par la coalescence rapide des godets qui se confondent par leur bord externe, lequel constitue, à la périphérie, un ourlet simple ou multiple plus ou moins festonné, mais continu.
On en peut voir un exemple remarquable dans la pièce 442 du Musée de Saint-Louis que nous avons fait mouler en 1877 sur la tête d’un enfant de six mois.
Deux grands disques juxtaposés, occupent la région pariétale ; on remarquera la bordure festonée, cà zones concentriques du vaste godet composite; c’est la ligne de germination excentrique et aiguë du favus évoluant sur une région couverte de cheveux encore follets. L’aire centrale plâti’euse représente la désagrégation moléculaire du centre des favi et des boi’ds détruits par contact.
Tantôt, les godets favûques, plus rapidement déformés, représentent une masse compacte blanc jaunâtre, friable, à travers laquelle les cheveux semblent sortir irrégulièrement, mais dans laquelle un examen attentif permet encore de reconnaître les godets.
FA vu s.
Suile de la note des Traducteurs.
c.) Favus irrégulier; F. sguarreux. — Que celte variété soit primitive, ou qu’elle résulte de la déformation des précédentes, l’évolution favique y est irrégulière, les surfaces envahies ne sont plus arrondies; elles sont « allongées, inégales » — Bazin.
On peut voir un exemple typique de celle disposition sur la pièce 799 que nous avons déposée, en 1882, dans le Musée de Saint-Louis.
Sur ce moulage que nous avons fait exécuter à titre de pièce d’étude, on remarquera : a) la disposition linéaire, gyroide, du favus, tout à fait imprévue, et si nettement caractérisée dans les canaux cicatriciels linéaires de la partie antérieure; b) la bordure érythémateuse qui limite les cicatrices de favus ancien, et qui correspond aux surfaces où 1e favus est encore en activité germinatrice ; c) la dépression, au-dessous du niveau, de la peau avoisinante, tout à fait caractéristique, des cicatrices faviques, dont l’achromie contraste avec la coloration de la périphérie. Sur ce sujet, le favus datait de cinq à six ans, et il n'avait jamais été traité régulièrement. Nulle part de godets caractéristiques; mais le caractère des cicatrices, et l’examen des poils émergeant des surfaces érythématosquameuses de leur périphérie, faisaient aisément constater la réalité du favus, histologiquement et cliniquement.
Mais ce n’est pas seulement dans la disposition que le favus squarreux constitue une forme proprement dite, c’est encore dans le mode germinatif et dans l’aspect clinique.
« La matière favique, dit Bazin — Affect, parasit., p. 115 — semble se développer plus particulièrement sur la tige des poils, auxquels elle forme, dans une certaine étendue, des gaines qui se réunissent, et adhèrent assez fortement les unes aux autres. De là ces saillies anfractueuses, et quelquefois considérables, qui hérissent le cuir chevelu, sortes de monticules que j’ai depuis longtemps comparés aux cartes de géographie en relief représentant le sol de l’Ardèche. La membrane épidermique du poil ne reste pas en place, comme dans les variétés précédentes; mais, détachée par la pression du parasite, elle glisse sur la racine, et, plus tard, sur la tige, formant ainsi à cette dernière, avec la tunique interne de la capsule, une véritable gaine dans une étendue de un à plusieurs centimètres; le cryptogame est dans ce cas en rapport direct avec le poil. »
III. — Favus atypique ; favus sans favi. — Dans cette forme, dont les variétés sont illimitées en nombre et en caractères, le godet proprement dit peut n’avoir existé à aucune période, ou avoir disparu, ou bien être' absolument fruste et rudimentaire; retrouvé en formes douteuses à l’extrême limite des lésions, ou à la base de quelques poils. L’envahissement s’est fait d’emblée d’une manière diffuse, ou les points de rencontre des surfaces malades se sont effacés, et la totalité du cuir chevelu peut être uniformément occupée par les lésions. Celles-ci peuvent être très variées, représenter \mQ séborrhée pityriasique, sèche ou grasse, un eczéma séborrhéique vulgaire, un eczéma sordide et suintant tel qu’on l’observe dans la pédiculose; un impétigo melliforme ou granulé; quelquefois même ces affections ambiguës auxquelles on donne le nom de
KAPOSI, 2o ÉD. — il. 49
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La marche chronique du favus est en général très lente; son évolution peut se prolonger pendant vingt et même trente ans (1).
Le favus du cuir chevelu peut aussi guérir spontanément en amenant eo ipso, sur les parties atteintes, la formation de cicatrices par atrophie des follicules, le parasite ne subsistant que dans le foyer folliculaire (2).
« psoriasis capiiis », sans en pouvoir faire la preuve par la coïncidence de lésions psoriasiques manifestes sur le reste du corps — Favus ambigu, Favus multiforme. La connaissance de ces formes et de ces variétés est de première importance au point de vue du diagnostic, ainsi que nous le verrons plus loin. Ernest Besnier. — A, Doyon.
(1) Le favus peut être observé dans la première enfance et se prolonger dans l’âge le plus avancé; nous avons rapporté, dans la note précédente, l’observation d’un cas de favus occupant de grands espaces du cuir chevelu sur la tête d’un enfant de six mois. En 1879, nous avons eu dans notre service de l’hôpital Saint-Louis une vieille femme de quatrevingts ans, atteinte d’un favus du cuir chevelu, dont l’origine ni le début ne pouvaient être fixés par elle; il n’y avait plus sur la surface entière qu’un duvet extrêmement grêle et de maigres godets disséminés.
La durée du favus, abandonné à lui-même, est, pour ainsi dire, indéfinie, tant est lente, chez quelques sujets, l’auto-inoculation. Souvent on trouve, absolument isolés, au centre d’une grande masse de favus, un îlot ou de longues crêtes de cheveux sains, qui, bien que couverts pendant de longues années de poussière parasitaire, n’ont jamais servi de réceptacle au parasite. Les cheveux de la bordure, de la lisière, présentent, à ce sujet, une disposition réfractaire très remarquable; il est tout à fait exceptionnel que, même sur les têtes faviques les plus complètement dépilées, on ne trouve pas une mince zone de cheveux intacts sur toute la périphérie; cette barrière n’existe ni pour la pelade, ni pour la trichophytie.
Ernest Besnier. — A. Doyon.
(2) Le favus (comme le trichophylon, quoique bien plus rarement) peut occuper les surfaces pourvues de poils, en dehors du cuir chevelu : la barbe en est le siège le moins rare, soit sur les parties latérales, soit dans la région sous-maxillaire, soit même à la lèvre supérieure. Si la nature de la lésion est méconnue, il se produit des périadénites pilaires isolées (sycosis luberculeu.x), ou groupées (sycosis en plaques) qui ont pu en imposer pour des affections tout à fait différentes, voire même pour des épithéliomes ou des syphilomes. Parfois, le diagnostic en est d’une extrême facilité à la vue des godets caractéristiques, lesquels, restent, toutefois, plus isolés et plus petits que sur le cuir chevelu ; la distinction est plus difficile quand les lésions (comme cela est ordinaire) ont déjà été aggravées et dénaturées au moment où le médecin compétent les examine. Mais, dans ces dernières circonstances, l’examen microscopique, soit immédiat, soit pratiqué quand les surfaces malades ont été
Sur les re'gions du corps qui sont dépourvues de poils, au tronc, aux membres et à la face, on rencontre plus rarement le favus; parfois on l’y observe à l’état aigu. J’ai vu sur un homme se développer de cette façon, dans l’espace de quelques semaines, une éruption favique généralisée qui avait commencé par de petits points de la grosseur d’une tête d’épingle. Chez ce malade, on observa plus lard une dermatite intense sur différentes régions de la peau et l’exfoliation du favus en ces points. En même temps, il y avait des vomissements et une diarrhée incoercible, de manière à me faire supposer que du favus existait aussi dans l’intestin, ce qu’on n’avait jamais observé jusque-là. Après la mort, survenue par épuisement, le professeur Kundrat trouva en effet à l’autopsie des foyers faviques sur la muqueuse de l’œsophage et de l’estomac, et, sur celle de l’intestin, de nombreux ulcères folliculaires ainsi que des cicatrices dont la forme ne permettait de les rapporter à aucune des causes connues et qui provenaient par conséquent probablement aussi du favus. Sur les parties du corps dépourvues de poils, le favus forme habituellement de beaux godets discrets sur des amas jaune soufre considérables, disposés en groupes ou en cercles. Mais, dans ces conditions, il guérit habituellement d’une manière spontanée, au bout de quelques semaines ou de quelques mois, par la chute des godets, car les follicules des poils follets sont très superficiels, et par conséquent les éléments parasitaires ne se trouvent pas à une grande profondeur. Exceptionnellement, le favus du tronc et des membres aurait persisté pendant plus de vingt ans (Michel) ; dans ces cas, il laisse fréquemment des dépressions atrophiques (1).
pendant une ou deux semaines abandonnées à leur évolution naturelle, tranche aisément la difficulté.
Il est donc essentiel de retenir que le sycosis favique existe à la face, et que sa possibilité doit entrer dans les prévisions du diagnostic des lésions sycosiques ou sycosiformes de la barbe. La fréquence plus grande du favus dans notre région explique comment nous avons pu faire aisément une constatation, qui a pu échapper dans les pays moins riches en achorion. Ernest Besnier. — A. Doyon.
(1) Sur les parties glabres, comme sur le cuir chevelu, et avec plus de netteté, on peut constater les formes favique, érythémateuse, érythématosquameuse.
a.) Forme favique. — Le Musée de l’hôpital Saint-Louis en contient un grand nombre de magnifiques exemples, reproductions, par Baretta, du favus généralisé n°“ 21, 428, S67, 608, 609, 646, 661, 665, 914, 915, 1050, 1232, 1299.
Sur la pièce 646, déposée par nous en 1880, on peut suivre tous les degrés de révolution du favus sur la peau glabre, depuis le point initial jaune sans tache érythémateuse, jusqu’au godet atteignant les dimensions d’une pièce
CINQUANTE ET UNIÈME LEÇON
Localisé au cuir chevelu ainsi que sur le tronc et les membres, le favus se combine parfois avec des cercles rouges, squameux, sembla-
de 20 centimes en argent; on pourra suivre, à la loupe, le mode évolutif excentrique de l’anneau favique, depuis la ponctuation initiale à laquelle succède l’anneau à simple contour, jusqu’au godet à double et à triple contour. A partir du quatrième anneau, la masse se déforme, la bordure craque .et se rompt en même temps que Fécu favique se désagrège, et se détruit par le centre.
Lorsque les godets, ou les plaques, sont avulsés mécaniquement, ou accidentellement, ils laissent une surface irrégulièrement érythémateuse, marbrée, sur laquelle on voit bientôt repulluler une nouvelle génération de favi.
b.) Favus érythémateux et éo'ylhémato-squameux. — Le favus ne détermine pas sur la peau des éruptions érythémateuses aussi irritatives que celles qui reconnaissent comme cause le trichophyton ; toutefois il peut les simuler quand les godets ne sont pas encore visibles, ou quand ils ont été avulsés. Dans Férythème pré-favique, les taches sont petites, quelquefois en anneaux imparfaits et de petites dimensions; quand il y a de grandes nappes irrégulières, c’est que le favus a déjà germé depuis assez longtemps et il est bien rare qu’on ne retrouve pas sur un point de leur surface un godet ou de très petits godets microscopiques qui sont de seconde germination, ou des dépressions laissées par les godets tombés ou avulsés.
Ces variétés évolutives ont été considérées par quelques auteurs comme des form.es spéciales de favus — favus herpétique — en rapport avec un état morphologique spécial — Quincke, Doppelinfektion mit Favus vulgaris und Favus herpeticus, Monatshefte f. prakt. Dermat., 1889, T. VIII, n° 2, p. 49. Cet auteur distingué avait déjà publié en 1887, Arch.für experhnenl. Pathol. und Pharmak.,T .WW, p. 62 — un mémoire sur trois champignons différents, qu’il avait trouvés dans les godets du favus. 11 les désignait par a, p, 7. Des recherches ultérieures lui ont permis de reconnaître que p et y ne sont que des variétés d’un même champignon ; aussi actuellement n’en admet-il que deux, a et |3 ou 7, deux formes cliniques du favus leur correspondant : le favus vulgaire occasionné par le champignon y, localisé au cuir chevelu ; le favus herpétique, déterminé parle champignon a, a le plus souvent son siège sur les régions non velues. Il donne à l’appui de cette opinion l’observation suivante :
Il s’agit d’une femme de vingt-sept ans qui fut admise à la clinique médicale de Kiel avec ses deux enfants, un garçon âgé de six ans et une fille de cinq a'ns.
I. La mère est atteinte de favus depuis son enfance ; actuellement, godets faviques sur le cuir chevelu; le corps est indemne.
IL Le petit garçon, outre le favus de la tète, présente sur la face, le dos, les bras et les jambes des taches arrondies, rouges, recouvertes de squames blanchâtres; quelques jours auparavant, il existait encore quelques petits godets jaunes. Sur les parties non pourvues de poils, la guérison fut rapide ; sur le cuir chevelu, beaucoup plus lente.
III. Chez la petite tille, à l'occiput, godets faviques; sur le dos, les jambes.
FAVUS.
blés à riierpès tonsurant, de telle sorte que des godets sont compris dans la limite des cercles d’herpès, ou bien placés à leur centre, ou enfin confondus avec eux. Ces cas survenant à la suite d’une contagion accidentelle, ou après l’application sur la peau de compresses humides et chaudes (Hebra, Kaposi), ou encore à la suite d’une inoculation artificielle (Kübner, Pick, Peyritsch), ont conduit Hebra à penser que le favus et l’herpès tonsurant sont essentiellement identiques entre eux,
les bras et la joue droite, nombreux points de la peau ayant l’aspect de l’berpès tonsurant squameux ; sur l’épaule gauche, un godet commençant.
Des cultures avec les godets des cas II et III donnèrent le champignon y. Les cultures provenant du cas III des parties malades de la peau non velues, échouèrent; par contre, ou obtint de très belles cultures pures des squames du dos et des sourcils provenant du cas II, lesquelles avaient tous les caractères du champignon favique a, à en juger par leur mode de croissance sur la gélatine et les pommes de terre, même à une basse température, leur aspect microscopique et la formation de gonidies microscopiques et macroscopiques.
Chez le même malade, le petit garçon, on trouva donc, comme cause du favus vulgaire sur le cuir chevelu, le champignon y, et du favus herpétique sur le corps, le champignon a.
D’après les dires delà mère, il faut admettre que pendant plusieurs années le petit garçon n’a eu que du favus vulgaire, la petite fille du favus herpétique et que ce n’est que plus tard — peut-être quelques mois avant leur entrée à l’hôpilal — que, par une contagion réciproque, il s’est produit chez les deux enfants une double infection.
Chez la mère atteinte de favus ancien de la tête, le favus herpétique n’est apparu que dans le cours de l’observation.
Le père a eu vraisemblablement du favus herpétique; les renseignements exacts manquent.
L’auteur fait remarquer en terminant que chez les enfants la maladie de la peau occasionnée par le champignon a a évolué principalement sous l’aspect de l’herpès tonsurant squameux, et ce n’est qu'accidentellement et ultérieurement qu’il est survenu un godet caractéristique.
Les recherches de Quincke n’ont pas en général été confirmées. Avec tous les cliniciens, J. Pick, Société des médecins allemands à Prague, séance du 25 février 1887 — Prager med. Wochenschr., 1887, p. 70 — n’admet pas que trois mycodermes différents produisent une seule et même maladie. D’autre part, A. Elsenberg — Ueber den Favuspilz, Archiv f. Dermat. u. Syph., 1889, p. 179 — dans les nombreux cas de favus qu’il a observés dans l’hôpital Israélite de Varsovie, et à l’occasion desquels il a pu faire un très grand nombre de recherches bactériologiques, a trouvé dans les godets qu’il a recueillis sur le cuir chevelu ainsi que sur les régions de la peau deux espèces de mycodermes, et toujours simultanément; ce sont vraisemblablement ces variétés que Quincke a désignées par j3 et y, bien quelles ne correspondent pas tout à fait à la description de cet auteur; il n’a jamais observé le champignon a.
Ces deux formes du champignon du favus sont tout à fait identiques comme structure microscopique ; la différence qui existe entre elles
CINQUANTE ET UNIÈME LEÇON
et que tous les deux proviennent de champignons de moisissures (1), tandis que Kôbner a désigné ces cercles comme la période herpétique prodromique {herpetisches Vorstadium) du favus. On trouve également des champignons dans les squames épidermiques de ces cercles.
Le favus des ongles — onychomychose favique — se montre dans la substance unguéale sous l’aspect de dépôts circonscrits, jaune soufre ou blanc jaunâtre, d’autrefois comme un épaississement uniforme, dégénérescence caséeuse et perte de l’adhérence de l’ongle. L’affection atteint un ou plusieurs ongles des doigts, sa durée dépasse souvent celle du favus du cuir chevelu; mais d’une manière générale, le favus des ongles est rare (2).
repose sur certaines particularités de culture si caractéristiques qu’il est impossible de ne pas en distinguer deux variétés ; on n’en peut, d’ailleurs, constater les différences que sur deux terrains de culture, la pomme de terre et l’agar ou la glycérine agar.
Cf. : Désir de Fortune!, Parasites des éruptions circinées — Lyonméd., 1889, p. 253; D. de F. et Courmont, Etude expériment. sur un champignon trouvé, chez l’homme, dans une lésion circinée de la peau, qu’il faut considérer comme une lésion favique — Ann. de Dermat. etde Syph., 3® Série, T. I, 1890, p. 239. Ernest Besnier. — A. Doyon.
(1) Le favus et le tricophyton ne proviennent jamais « des moisissures », mais toujours du favus et du trichophyton — Voy. plus haut la note 1, p. 732, et plus bas la note 2, p. 780. E. B. — A. D.
(2) La connaissance, importante en pratique , de V onychomycose favique a besoin d’être assurée par quelques détails complémentaires.
Un premier fait à ne pas omettre, bien indiqué par l’auteur, consiste dans la survivance du favus des ongles au favus du cuir chevelu, sa jjersistance durant de longues années après que la maladie du cuir chevelu est éteinte et oubliée. Henri Fournier, Etude sur la trichopliytie des ongles — Journ. des maladies eut. et syph., 1''“ série, 1889, p. 3, note 1, — a observé une famille de la banlieue parisienne « dont les enfants, au nombre de cinq, âgés de huit à seize ans, étaient tous atteints d’onychomycose favique démontrée par le microscope, le favus ayant, depuis longtemps, complètement disparu du cuir chevelu par un traitement approprié. J. Fabry, Ueber Onychomycosis favosa — Arch. f. Dermat. u. Syph. 1890, p. 21 — rapporte l’observation d’un homme de quarante et un ans guéri depuis l’enfance d’un favus du cuir chevelu, et qui était atteint d’onychomycose favique ayant débuté pendant les années d’école.
Tantôt un ongle seul est atteint, d’autres fois deux ou plusieurs, à une main ou aux deux, sans symétrie; les ongles des pieds peuvent être aussi attaqués.
L’onychomycose favique peut être partielle, sous forme de taches jaune-maïs, fîssuraires ou érodées ; ou généralisée, occupant l’ongle entier qui devient épais, strié longitudinalement, en moelle de jonc, carac-
FAVUS.
Suite de la note des Traducteurs.
tères plus ou moins analogues aux onychoses dues à d'autres causes div'erses. La partie inférieure, libre, s’écaille, s’exfolie, et avec le temps, la totalité des lames cornées superficielles s’effrite, bien que l’ongle reste solidement attaché à son insertion ; tout cela avec des déformations très variées dans le détail. Cf. Dubreuilh, deux cas d’onychomycose favique — Journ. de méd. de Bordeaux, 1890, p. 322.
Aux mains et aux pieds, l’onychomycose favique présente des caractères en rapport avec la condition anatomotopographique propre des ongles aux extrémités supérieures et aux inférieures. Leur comparaison chez un sujet qui présente les deux localisations en même temps, ainsi que dans le cas de Fabry — loc. sup. cit. — n’est pas inutile à présenter.
a) Extrémités supérieures. — « Les seuls ongles atteints sont celui du pouce de la main gauche et celui de l’index de la main droite ; l’altération la plus manifeste se trouve sur le premier. Le plateau de l’ongle est séparé du lit par un amas épais de masses friables; le plateau lui-même a une coloration verdâtre, il est le siège d’une opacité diffuse, il est rugueux; à sa partie supérieure, il est uni et lisse. La décoloration de l’ongle présente une disposition spéciale : dans les parties du plateau voisines de la matrice, on observe un triangle dont le tissu est sain. La base de ce triangle représente à peü près la lunule. 11 n’y a de réaction inflammatoire de la peau ni au-dessous de l’ongle, ni dans son voisinage, aussi la pression sur le plateau de l’ongle ou sur un point quelconque de la phalange unguéale ne déterminet-elle aucune douleur. L’ongle du doigt indicateur de l’autre main présente presque les mêmes lésions, toutefois la forme du plateau, vu d’en haut, est restée normale, convexe, tandis que sur le pouce elle est concave, en forme de pelle.
b) Extrémités inférieures. — Parmi les ongles des orteils, au pied gauche, c’est celui du médius; au pied droit, ceux du médius, du quatrième et du petit orteil qui sont envahis. La maladie offre ici un aspect absolument différent de celui des doigts : opacités circonscrites dans l’ongle, de coloration jaunâtre évidente, productions qui rappellent surtout les godets, elles sont au nombre d’environ trois à quatre et même plus sur un seul ongle. Les plateaux unguéaux sont un peu plus écartés du lit de l’ongle, la forme n’est pas modifiée d’une manière aussi frappante ; nulle part il n’existe de trace d’inflammation sur le cuir chevelu : aspect bien connu du favus après terminaison de son évolution spontanée, autour du vertex une grande plaque chauve recouverte de rares cheveux noirs. La peau est le siège de cicatrices atrophiques, pas de scutules. Pas d’achorion dans les cheveux. Sur le reste du corps, rien d’anormal.
L’étude histologique et phylologique de l’ongle favique a été faite par de nombreux observateurs; elle est cependant peu connue. Le lecteur lira avec fruit la description suivante, faite d’après le même malade par Fabry.
« On observait chez ce malade les deux formes décrites par Kaposi : la forme circonscrite caractérisée par de petites opacités limitées du tissu unguéal, déterminées par l’accumulation de l’acborion, rappelant les scutules faviques, et la forme diffuse, dans laquelle l’opacité plus généralisée enva-
CINQUANTE ET UNIEME LEÇON
Suite de la note des Traducteurs.
hit tout l’ongle, les champignons étant répartis dans toute l’étendue de la substance unguéale. La forme circonscrite avait son siège aux orteils et la forme diffuse aux doigts.
La présence du champignon ici n’était pas douteuse, mais il était cependant intéressant de constater la disposition de l’achorion dans les deux variétés ci-dessus.
Sur les ongles des orteils, l’examen microscopique montrait des godets dissociés, des amas plus ou moins considérables de spores entourés de nombreux mycéliums ramifiés. Dans les squames épidermiques détachées de dessous les ongles des doigts, les champignons n’étaient pas aussi nombreux; on ne remarquait que quelques filaments isolés, qui enlaçaient les cellules cornées. L’auteur ne croit pas se tromper en admettant que la première forme représente la période avancée de la maladie des ongles, et que, dans ce cas, de grandes parties du plateau unguéal sont séparées des couches épidermiques profondes, riches en sucs, et du chorion, et par suite se momifient.
En second lieu, les recherches de l’auteur ont porté sur le plateau de l’ongle, et pour mieux appliquer les remèdes on enleva avec des ciseaux et des pinces l’ongle du pouce sur toute l’étendue de la partie, qui, macroscopiquement, offrait une coloration verdâtre; il se produisit une hémorrhagie des papilles du chorion, preuve que l’on avait atteint des parties de l’ongle qui, à l’examen microscopique, permettaient de se rendre compte si le champignon avait pénétré dans le chorion, comme Campana — Tageblatt der Kôlner Naturforscher Versammlung, 1888, p. 260 — l’a décrit récemment pour le Irichophyton tonsurant et comme Balzer — Arch. génér. de Médecine, octobre 1881 — l'admet pour le favus et l’herpès tonsurant, et Pellizari — Recherches sur le trichophyton tons., 1888 — pour l’herpès tonsurant de l’ongle.
A un faible grossissement, les filaments du champignon se reconnaissent facilement et forment des réseaux compacts entre les papilles du chorion. Les ramifications des filaments se prolongent dans la couche de Malpighi.
L’examen fait avec un plus fort grossissement confirme absolument les rapports ci-dessus : avant tout, un réseau filamenteux compact dans la région des prolongements épithéliaux qui se continuent entre les papilles du chorion. Il ne pénètre ni dans les papilles ni dans le derme, les papilles sont partout entourées d’une couche épaisse de filaments. Il y a des ramifications tout aussi épaisses de filaments dans les parties supérieures des cellules de la couche de Malpighi. Dans les lamelles cornées de l’ongle, il n’y a pas de filaments. Ce qui frappe surtout c’est que les filaments sont réunis en forme de réseau, contrairement à ce qu’on observe par e.xemple dans les godets; le tissu de l’ongle oppose une trop grande résistance, pour que la ramification soit uniforme dans toutes les directions, aussi ne peut-on les suivre jusque dans la couche cornée. Nulle part d’amas de spores. Mais par contre il n'y a pas, dans les ramifications filamenteuses, de signes de métamorphose régressive, elles portent souvent à leurs extrémités des épaississements en massue, qui détachent cà et là des spores, par conséquent sont en voie de germination.
L’achorion est-il simplement transporté d’une manière mécanique par le processus de kératinisation des couches plus centrales vers celles de la périphérie, ou bien traverse-t-il spontanément le tissu unguéal par suite de la germination des filaments? Les données microscopiques viennent à l’appui de la dernière hypothèse.
FAVUS.
Suite de la note des Traducteurs.
En résumé :
1° Le terrain dans lequel se déroulent les processus occasionnés par le champignon du favus est le même sur l’ongle que sur la peau, c’est-àdire dans les deux cas la couche épithéliale; même si le favus persiste longtemps, comme dans le cas ci-dessus, le champignon ne pénètre pas dans le derme.
2* La pénétration et l’expansion des champignons entre les couches épidermiques sont très actives, ils ne sont pas portés mécaniquement sur d’autres points par la prolifération et la transformation progressives des couches muqueuses en couches cornées.
3® Les foyers principaux d’éclosion de l’achorion sont le tissu unguéal entre les papilles du chorion et les prolongements épithéliaux ; de là le champignon pénètre dans les couches supérieures de l'épiderme non kératinisé. Dans les couches cornées de l’ongle, il n’y a pas de terrain qui lui convienne.
4° Les points indiqués dans le paragraphe ci-dessus expliquent parfaitement la momification de l’ongle, attendu que ces masses parasitaires, situées entre les papilles du chorion et les prolongements épithéliaux du réseau de Malpighi, séparent les couches épithéliales des vaisseaux qui nourrissent les papilles du derme.
Comme traitement, on détacha avec des ciseaux les parties malades de l’ongle et on enleva ainsi mécaniquement les masses parasitaires sous-jacentes, puis oiii détruisit les parties restantes par l’application de désinfectants (sublimé, acide salicylique et acide phénique). La guérison fut complète.
Le plus ordinairement, l’onychomycose favique est aphlegmasique, sans action marquée autre que la production de diverses déformations, et d’une atrophie unguéale proportionnelle à l’étendue de la destruction du lit de l’ongle, dans les cas où elle est réalisée. 11 est tout exceptionnel de voir des proprement dites des extrémités unguéales
procéder du favus des ongles. C’est à titre d’exception, et sous bénéfice d’inventaire, que l’on peut enregistrer le fait suivant de P. -J. Eichhoff, Zur Aetiologie der Sklerodermie — Arch. f. Dermat. u. Syph., 1890, n® 6, p. 857.
Chez un soldat, tambour, à la suite de lésions unguéales primitives, il survint des altérations progressives de sclérodermie asphyxique, algide, et mutilante qui évoluèrent pendant dix ans, le favus unguéal étant toujours méconnu, jusqu’à ce que, l’auteur ayant examiné le sujet et constaté histologiquement l’onychomycose favique, institua le traitement anti-parasitaire .
On enleva toute la partie malade des ongles, puis on pansa la première phalange trois fois par jour avec la pommade à l’acide pyrogallique à 10 p. 100, en faisant précéder chaque fois ce pansement d’un lavage avec un savon de potasse et d’acide salicylique à 5 p. 100, lavage continué aussi longtemps que le malade pouvait le tolérer, environ pendant dix jours. Puis applications de pommade à l’acide borique et reprise du traitementaprès guérison des ulcérations et élimination des escharres pyrogalliques. On continua ce même traitement du 14 mai au 6 juillet, et ensuite le malade quitta l’hôpital et vint à la consultation gratuite.
Les ulcérations sont cicatrisées, les ongles ont repris leur aspect normal, les douleurs n’ont pas reparu depuis plus de six mois, plus de parasites.
CINQUANTE ET UNIÈME LEÇON
L’examen microscopique du godet favique montre, comme dans la coupe d’après Bennett (1), que le godet est limité à la partie supérieure par une couche de cellules épidermiques cornées. Au-dessous d’elle, on trouve une zone mince d’une masse visqueuse, finement granulée, formée probablement du détritus épidermique, qui pénètre entre les filaments de mycélium jusqu’au corps favique. Les filaments de mycélium sont disposés d’une manière concentrique et paralèle vers le centre du corps favique, dans le voisinage duquel ils segmentent les gonidies, de telle sorte que le centre du favus ne consiste qu’en gonidies et en granulations.
On peut étudier au microscope les éléments du corps favique sans préparation spéciale, en plaçant sur le porte-objet une parcelle de favus mélangée avec une goutte d’eau (fig. 62). Ces éléments se distinguent par une grande diversité, ce qui permet d’admettre leur végétation luxuriante (2).
Suite de la note des Traducteurs.
même la sclérodermie est en voie de régression, la mobilité des doigts augmente, la sensation de froid disparaît, les plis de la peau reviennent ainsi que la coloration et la température. Le malade peut dans la journée se livrer à de nombreux travaux. Comme traitement consécutif : pansement avec la pommade salicylée à b p. 100, et à l’intérieur, pilules de salicylate de soude.
Gelso Pellizari — Ricerche s. Trichophyton tonsurans, Milano, 1888, p. 11 — rapporte le cas d’une femme de quarante-quatre ans, Albina P..., atteinte de trichophytie unguéale datant de Tenfance, et qui était, en même temps, atteinte de sclérodermie ; mais il ne précise pas si il s’agissait de sclérodactylie, et il ne fait aucun rapprochement entre les deux altérations. La seule conclusion que nous voulions tirer de ces faits, c’est que, d’une manière générale, la recherche de la nature parasitaire des onychomycoses s’impose dans un grand nombre de cas où on n’a pas coutume de la pratiquer.
Ernest Besnier. — A. Doyon.
(1) Voyez Ch. Robin, Des végétaux qui croissent sur l'homme, etc.
Paris, 1847, planche 111. E. B. — A. D.
(2) L’emploi des matières colorantes, associé au mode de préparation que nous avons indiqué plus haut, — voy. note des traducteurs, page 764 — permet de se rendre un compte beaucoup plus exact des détails essentiels qui, sans cela, échapperaient à l'examen. Tous les colorants connus en histologie ont été mis à l’essai dans notre laboratoire par Balzer, Juhel-Rénoy, Jacquet, etc. Ceux que Balzer a trouvés donnant les résultats à la fois les plus constants et les plus durables sont l’éosine et le violet de mélhylaniline. La teinture d’iôde donne des préparations fort belles, mais peu persistantes. L’éosine réussit mieux quand on veut étu-
FAVUS.
On voit des filaments de mj^célium excessivement ténus, simples, grossiers, noueux, plusieurs fois cloisonnés, ou bien articulés et ramifiés, avec des noyaux adhérents aux parois et alternant, et des gonidies de grosseur et de forme différentes, rondes, anguleuses, ovales, allongées, en forme de biscuit, cloisonnées, avec ou sans noyaux. Tous ces éléments appartiennent au champignon découvert en 1839 par Schonlein et désigné par Remak sous le nom d’achorion de Schônlein, tandis qu’on a reconnu qu’une puccinia, trouvée plus tard par Ardsten, n’était qu’un élément qui s’y était mêlé accidentellement.
Ces éléments, mais surtout le mycélium, se trouvent entre les cellules épidermiques des gaines de la racine du poil, des bulbes pileux et de la
Fig. 62.
Éléments parasitaires provenant de la partie inférieure d'un goJet favique. Filaments et gonidies de grosseur et de forme très différentes. A droite, amas de cellules épidermiques.
substance corticale (fig. 62). Cependant dans ce cas (dans le favus) ils ne paraissent pas arriver très haut.
Depuis la première description très exacte de l’achorion par Gruby (1841), beaucoup d’auteurs ont cherché à éclairer l’histoire naturelle
dier les spores contenues dans l’épaisseur des cheveux ; pour les éléments du godet, le violet a paru préférable; il met bien en relief les contours des tubes, leurs cloisons et leurs articulations ; il teint fortement le noyau des gonidies et respecte leur enveloppe, qui reste incolore et brillante. Il est alors facile d’apprécier l’extrême diversité de formes des gonidies, de suivre leur segmentation et leur développement. On voit ainsi que le contenu des tubes se compose de gonidies nucléées parfaitement développées, de noyaux sans gaine, enfin de granulations plus ou moins fines qui retiennent fortement la couleur bleue. La plupart des tubes qui paraissent vides dans les préparations non colorées con-
CINQUANTE ET UNIÈME LEÇON
de ce parasite, mais comme je vous l’ai déjà dit, on n’a pas réussi jusqu’à présent par voie directe, c’est-à-dire par la culture du champignon du favus (1).
La voie indirecte — pour chercher à obtenir la production du favus (Pick, Zürn, chez des lapins) par semence sur la peau des champignons de moisissure — n’a pas non plus conduit à des résultats décisifs. Mais la démonstration directe de la transmissibilité du champignon favique, et du même coup de la teigne faveuse, a été faite à plusieurs reprises, depuis la première expérience que Remak a décrite sur ce sujet (1842), par Bennett, Bazin, Gudden, Hebra, Kobner, Pick, Peyritsch, Grawitz, etc., et cela par des inoculations de l’homme à l’homme, de celui-ci aux animaux et réciproquement, ainsi que dans ces derniers temps par ensemencement de cultures pures de favus, P. Grawitz (2).
tiennent ces granulations répandues comme une fine poussière dans leur cavité (Balzer).
Nous avons en vain cherché, et incité nos collaborateurs à chercher, un colorant électif qui puisse être utilisé en pratique pour spécifier chaque espèce de parasite; l’insuccès de nos recherches ne nous a pas fait abandonner l’idée que nous considérons comme utile à poursuivre. A.Neisser — Ueber Lichen ruber acuminatus. Pityriasis rubra (Hebra), Favus, Mycosis fungoïdes; nach einem in der Medicinischen Section der Schles. Gesellschaft für Vatcrl. Cultur gchallenen Vortrage, 1890
— indique un procédé fort simple qui permet de distinguer aussi de tout petits foyers faviques isolés ou des foyers analogues qui, situés sous des croûtes d’eczéma, sont très difficiles à reconnaître. En humectant avec de l’alcool, il se produit une coloration jaune foncé si intense que toujours on peut distinguer les masses de favus de dépôts croûteux, desséchés, ayant la même coloration, Ernest Besnier. — A. Doyon.
(1) On peut les rencontrer à 3 ou 4 centimètres au-dessus du point
d’implantation du cheveu. E. B. — A. D.
(2) Les premières cultures pures — c’est-à-dire probantes — de l’achorion ont été faites par E. Duclaux, Sur le trichophyton tonsurant
— Comptes rendus hebdom. et Méni. de la Soc. de Biol., 1886, p. 14; Cf, : P’eülard, Teignes et Teigneux — Thèse de Paris, 1886, p. 96.
Antérieurement, P. Gravitz — Beitràge zur systemat. Botanik der pflanzlichen Parasiten mit experiment. Untersuch. ü. d. durch sie bedingten Krankheiten. Arch. f. pathol. Anat. und Physiol. und f. klin. Medicin. 1877, T. LXX, p. 346; Ueber Schimmelvegetationen im Ihierischen Organismus, Archio. f. pathol. Anat. u. Pkgsiol. u. f.klm. Med., 1880, T. LXXXl, p. 333; Die Anpassungstheorie d. Schimrnelpilze u. d, Kritik d. Kaiserl. Gesundheitsamtes, 1881, T. XVlll, pp. 657, 677; et Semaine médicale, 13 janv. 1886 — avait, dans toutes ses cultures, fait des confusions qu’il a reconnues lui-même. Mais, dans le travail de 1886, tout en déclarant que l’achorion et le trychophyton étaient bien
FAVUS.
Par conséquent, il est certain que la cause du favus se trouve clans le champignon, les autres conditions jouant seulement un rôle accessoire.
La jeunesse paraît surtout pre'disposée au favus, on l’observe en général depuis l’enfance jusqu’à l’âge de vingt à trente ans (1).
En Autriche, cette maladie est assez rare, elle est fréquente en Pologne et en PYance (2) ; on dit que, dans le département de l’Hérault, en 1864, le favus était encore répandu au point qu’on trouvait vingt faviques sur mille individus, tandis que chez nous on en comptait à peine deux sur mille personnes atteintes de maladies de la peau (3).
C’est surtout par contagion directe que le favus se développe d’un
des parasites distincts, cet auteur distingué croyait encore trouver des ressemblances assez étroites, soit dans les caractères macroscopiques des cultures, soit dans leurs caractères microscopiques, pour que leur distinction, à l’œil nu et au microscope, ne fût pas toujours « facile ».
Enfin, dans un travail qui clôt le débat — ïtech. s. la morphologie et la biologie du tricbophyton tonsurant et de l’achorion Schœnleinii, Annales de l'Institut Pasteur, août 1887, n“ 8, p. 369 — Dm. Verujski, faisant ses recherches dans le laboratoire de Duclaux, explique les conclusions de Gravitz « par ce qu’aucun des champignons cultivés par lui ne l’avait été dans son milieu le plus favorable, et que c’est sous leurs formes de souffrance qu’ils se ressemblaient entre eux ».
En résumé, les cultures, régulièrement faites, établissent nettement que, dans le laboratoire aussi bien qu’au lit du malade, le favus et le tricbophyton peuvent être parfaitement différenciés; enfin,elles permettent encore de faire la distinction dans quelques cas cliniquement douteux chez l’homme, et où l'examen microscopique des cheveux, des scquames, etc., reste ambigu.
Ernest Besnier. — A. Doyon.
(1) Vo3^ plus haut, note 1, page 770 et, plus bas, note I, page 782.
(2) Nous aurions été heureux de trouver dans le texte courant quelques
renseignements sur l’état actuel du favus en « Pologne » ; mais nous pouvons affirmer qu’en France, le mouvement de décroissance, déjà commencé depuis longtemps, s’accentue de plus en plus, et que la diminution peut être évaluée à une moitié, si l’on remonte à vingt-cinq années en arrière. Gf. : E.-J. Bergeron — Etude sur la géographie et la prophglax’ie des teignes, Paris, 1865; Chervin — Ann. de Démographie internationale, 1880, p. 727; H. Feülard, Teignes et teigneux — Thèse de Paris, 1886, p. 189 et suiv. E. B. — A. D.
(3) Ce n’est pas vingt faviques, mais vingt « teigneux » de tout ordre dont il s’agit; et ce n’est pas 20 teigneux par 1000 habitants, mais 20 conscrits exemptés sur 1000, pour toutes causes d’alopécie réunies. Dans le département le plus chargé, après l’Hérault, pour cette période, la proportion s’abaisse à 8 p. 1000.
CINQUANTE ET UNIEME LEÇON
individu à un autre. 11 est dans ce cas ne'cessaire, comme nous l’ont appris les expérimentations, que le champignon arrive sur une couche macérée de l’épiderme, ou peut-être même dans un follicule pileux.
La contagion peut aussi avoir lieu des animaux à l’homme, car on a observé le favus sur la souris, le lapin, le chien, les poules et le chat, et on a démontré, en partie expérimentalement, la contagion de ces animaux à l’homme, et réciproquement (1).
On ne sait jusqu’à présent comment expliquer l'origine du favus, qui se développe sous l'influence des fomentations ou en dehors de cette cause, pour ainsi dire spontanément (2).
11 est digne de remarque que le favus n’est pas en général très contagieux, bien que les éléments parasitaires se trouvent en quantité considérable à l’état libre chez les malades. C’est ainsi seulement qu’il est
De ISoO à 1869, dans la période à laquelle l’auteur fait allusion, les proportions exactes de réforme, toujours non pas seulement pour le favus, mais pour toutes les alopécies réunies, ont été les suivantes :
Ces documents sont spéciaux à une catégorie de sujets examinés à un âge déterminé ; ils ne peuvent être comparés à des documents recueillis dans une statistique nosocomiale ; ils n’ont qu’une valeur brute, s’appliquant aux « teignes» en masse, et non au favus inclusivement.
(1) Le favus se transmet des animaux à l’homme — Voy. J/ém. et Comptes rend, de la Soc. des Sc. méd. de Lyon, 1872, pp. 124, 126, 136, 161, 162 — de l’homme aux animaux, et de l’homme à l’homme.
Des animaux à l’homme, la source la plus habituelle est, primitivement, le rat ou la souris et, plus immédiatement, le chat, le chien ratier, plus rarement le lapin ou les oiseaux de la basse-cour. Sur l’ensemble de la question, voyez L.-G. Neumann — Traité des maladies parasitaires non microbiennes des animaux domestiques, Paris, 1888.
Le plus souvent le favus se communique d’un jeune sujet à un autre; dans toute la série animale, le jeune âge est une condition presque essentielle. Les exceptions ne s’observent que dans des conditions particulières, accidentelles, tenant à des circonstances spéciales de contact ou d’état individuel. E. B. — A. D.
(2) 11 est superflu de dire qu’il n’y a pas de favus « spontané » ; quant
aux « fomentations » qui ont causé le favus, c'est que les compresses avec lesquelles elles étaient faites en avaient reçu, et recélaient du favus. E. B. — A. D.
24 départements ont donné de 1 à 3 p. 1000.
Ernest Besnier. — A. Doyon.
possible de comprendre que l’afTection puisse, pendant des anne'es, rester circonscrite, chez un sujet, sur un point très limité, ou qu’un individu atteint de favus puisse vivre pendant plusieurs années dans une famille, un soldat avec ses camarades à la caserne, sans transmettre sa maladie, tandis que l’on sait avec quelle rapidité se communique une autre dermatomycose, l’herpès tonsurant. Cela tient sans doute aux conditions particulières de végétation du champignon du favus. Dans notre cas de favus généralisé cité plus haut, on pouvait aussi sur les points de la peau, indemnes de godets, recueillir des éléments parasitaires sur la surface épidermique (1).
Le diagnostic de cette affection est facile, dès qu’apparaissent les godets caractéristiques ou les masses jaune soufre ; en même temps, l’aspect terne des cheveux, les cicatrices étendues et les plaques dépilées complètent le tableau morbide.
Le diagnostic est au contraire difficile, si, comme dans un favus ancien, les masses faviques sont composées de matières semblables à du mortier ou à de la craie et sont mélangées à des squames et à des croûtes melliformes. Il y a lieu dans ce cas de faire le diagnostic différentiel d'avec l’eczéma, la séborrhée, le psoriasis et le lupus érythémateux. 11 faut examiner avec soin les phénomènes propres aux processus que je viens d’énumérer, ainsi que l’état des autres régions du corps, comparativement à ceux du favus. Mais il n’est possible d’arriver à un diagnostic positif dans les cas douteux que par l’examen microscopique, par la constatation du parasite dans les amas déposés sur la peau;
(1) Les paradoxes de contagiosité sont moins communs dans le favus que dans la pelade, mais ils sont beaucoup plus fréquents dans le favus que dans la trichophytie. L’auteur a raison de faire remarquer que certains sujets sont réfractaires à la contagion favique. Nous ne comptons plus aujourd’hui, tant nous les avons relevés de fois, les cas dans lesquels un sujet sain a partagé la vie de tous les jours, et fait lit commun, dans les conditions de promiscuité la plus misérable, avec un sujet atteint de favus, sans devenir lui-même favique. Un auteur, d’esprit paradoxal, qui voudrait soutenir que le favus n’est pas contagieux, pourrait réunir, pour sa thèse, une belle collection de faits négatifs.
Nous manquons rarement, dans nos cliniques, l’occasion de faire remarquer l’étonnante intégrité d’ilots de cuir chevelu, cernés de toutes parts par le favus voisin, en permanence couverts de poussière favique, non moins que la rareté de l’onychomycose favique, bien que l’on puisse faire, en permanence, une grosse récolte de favus dans la crasse qui remplit le sillon unguéopulpaire chez la majorité des sujets atteints de favus. Il n’y a, en toutes ces choses, rien d’extraordinaire pour ceux qui ont étudié d’une manière suffisante la série complète des maladies parasitaires. Ernest Besnier. — A. Doyon.
CINQUANTE ET UNIÈME LEÇON
alors seulement on est certain que l’affection est constituée par un favus, mais si on les trouve seulement dans les cheveux (1) et les gaines de la racine, cela pourrait être aussi un herpès fonsurant. Mais une telle erreur n’aurait pratiquement aucune importance (2).
(1) (2) Avant d’ajouter les détails complémentaires indispensables sur le diagnostic différentiel du favus, nous nous inscrivons contre cette proposition de l’auteur que la confusion d’un favus avec un « herpès tonsurant » n’aurait aucune importance pratique. Non seulement le traitement n’est pas le même dans les deux cas, mais le pronostic de durée et de contagiosité diffère essentiellement.
I. — Favus du cuir chevelu. Dans ses formes et dans ses variétés typiques, quand le godet, même déformé, est présent, le diagnostic extemporané du favus ne présente aucune difficulté, mais il en offre, au contraire, de très grandes dans les cas où il est atypique, sans godet, et où il revêt Xaspect d’une série d’autres affections.
Dans la plupart des cas, il est vrai, l’odeur spéciale, les cheveux lanugineux, venant par pinceaux à la moindre traction avec leurs gaines infiltrées et vitreuses, l’ancienneté de la maladie, etc., suffiront au moins à mettre sur la voie; mais il est toujours prudent de faire le contrôle histologique, et il sera quelquefois nécessaire de recourir aux cultures.
Les diverses affections avec lesquelles le favus, selon ses formes et ses périodes, peut le plus souvent être confondu sont : la pelade, le lupus érythémateux, les alopécies cicatricielles, Vatrichie congénitale et les alopécies trichomaniaques, la séborrhée pitgriasiforme, ou psoriasi forme, le psoriasis, Veczéma, Vimpétigo, etc., etc.
a. ) La Pelade. Voy. T. Il, p. 178.
b. ) Le Lupus érythématheux. Voj\ T. 11, p. 277; et nos pièces du Musée de Saint-Louis, n°* 615, 745, 995, 584, 799.
c. ) Les Alopécies cicatricielles, acnés pilaires cicatricielles dépilantes. Voy. T. 1, p.'778 et suiv., alopécies pseudo-cicatricielles , atrophiques , irritatives ; alopécies cicatricielles. T. 11, p. 480 et suiv.
d. ) Vatrichie congénitale et les alopécies trichomaniaques. Voy. T. Il, p. 170, 171, note 1.
e. ) Les trichorrexies, trichoclasies, trichomrjcoses, etc. Voy. T. Il, p. 225, 227 et suiv., note 1.
f. ) Eczéma', impétigo ; phthiriase. ; séborrhée ; psoriasis, etc.
Veczéma avec ses bords plus ou moins bien figurés, ses croûtes à odeur non favique, ses lésions périauriculaires; Vimpétigo avec ses concrétions melliformes; la phthiriase avec ses lésions polymorphes, et ses lentes attachées aux cheveux, à défaut des poux vivants; les séborrhées pityriasiformes, et même le psoriasis, peuvent le plus habituellement être reconnus à leurs caractères propres. Toutefois, comme toutes ces lésions peuvent coexister avec le favus, ou être simulées par celles qu’il
FAVÜS.
Le pronostic du favus est favorable, puisque, dans sa marche re'gulière, il n’amène tout au plus avec lui que des modifications locales de tissu et qu’il n’occasionne aucun trouble ultérieur de l’organisme et disparaît même spontanément à un âge plus avancé (1).
détermine lui-même, il est de règle, dans tous les cas d’affection du cuir chevelu déjà anciens, existant cliez des jeunes sujets, surtout s’ils viennent de la campagne — favus, teigne nivale — de réserver son jugement. 11 faut se rendre compte de l’odeur; chercher les godets à la base des poils et à la circonférence des placards; avoir recours au procédé de Neisser — note 1, p. 778; faire couper les cheveux, nettoyer à fond la tête; constater le degré d’adhérence des poils, en faire l’examen histologique, et si on ne le peut, surveiller attentivement ce qui se produit sur le cuir chevelu dans les semaines qui suivent le nettoyage complet de la tête par les moyens appropriés — Voy. note 1, page 787.
Ces propositions s’appliquent non pas seulement aux quelques affections que nous venons d’indiquer, mais encore à la totalité des affections quelconques que l’on peut rencontrer sur le cuir chevelu. Dans toutes celtes qui sont rebelles, qui existent depuis longtemps, et chez tous les enfants, comme règle sans exception, l’examen histologique du cheveu, des squames, doit être de rigueur.
II. — Favus des régions 'pilaires autres que le cuir chevelu. Le favus des régions pilaires autres que le cuir chevelu est rare; nous l’avons cependant observé dans la barbe chez l’homme, isolément, sans coexistence de favus dans le cuir chevelu, sous ses trois formes; érythémateuse circinée, pityriasique , et avec favi; il y a lieu de l’évoquer, et de le rechercher dans toutes les affections ambiguës — fréquentes — que l’on peut rencontrer en ces régions.
III. — Sur les régions glabres, le favus peut également exister sous ses diverses formes: godets typiques, érythème simple ou squamulaire, du type de l’érythème trichophytique ; mais il est très rare que l’on ne trouve pas, sur quelque point de la plaque, un godet microscopique miliaire; l’examen doit être fait à la loupe.
IV. — Favus des ongles. Le favus des ongles, — Voy. note 2, p. 774 et suiv. — ‘ partiel sous forme de taches de maïs, ou total — onychomycose favique complète — peut être aisément deviné quand le sujet présente en même temps du favus du cuir chevelu; mais si le favus de la tête est guéri ou s’il n’existe pas, il n’y a pas d’autre moyen de faire la preuve diagnostique que l’examen histologique.
Ernest Besnier. — A. Doyon.
(1) Ce jugement favorable s’applique, bien entendu, au favus considéré comme maladie pouvant nuire à V organisme ; il ne doit pas être pris à la lettre au point de vue des altérations locales. Si le favus est traité rapidement d’une manière judicieuse, assurément l’affection n’est pas importante; mais s’il dure déjà depuis plusieurs années, s’il a eu une marche rapide, ainsi que l’on observe souvent chez les jeunes sujets, il a pu produire une alopécie cicatricielle (par conséquent définitive)