‹ Pathologie et traitement des maladies de la peauChapitre 181 sur 214 · TRAITEMENT DE LA TRICUOPUYTIE DU CUIR CHEVELU · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DE LA TRICUOPUYTIE DU CUIR CHEVELU

I. — S’ilfallait, unefois de plus, établir cette vérité, toujours oubliée, que l’on ne peut assimiler les phénomènes observés dans le tube à expériences, ou même sur les animaux, à ceux qui sont propres à l’homme, l’étude thérapeutique de la trichophytie humaine y suffirait amplement.

S’agit-il de détruire dans un malras de culture la germination et la vie du trichopliyton? Rien de plus aisé : Térujski — loc. sup. cit., p. 390 — introduit dans le matras de culture une éponge imprégnée de Tune des substances suivantes : essence de térébenthme, chloroforme, acide acétique, ammoniaque, teinture d'iode, essence de Wintergreen, et la tient à distance de la surface du liquide; voilà qui suffit pour empêcher le développement du microphyte, ou pour l’arrêter s’il est commencé.

Mais si vous prenez les mêmes substances en nature, à dose massive, et si vous en saturez sur l'homme, comme vous le pouvez faire avec la teinture d’iode, la plaque de trichophytie pilaire, vous n’obtiendrez plus rien, à moins que les applications ne déterminent une vive phlegmasie, et une expulsion mécanique d’une partie plus ou moins grande du trichophyton.

Si vous ajoutez dans le matras au liquide de culture un cinq-millième de sublimé, un deux-millième d’acide phénique de nitrate d’argent, de sulfate de cuivre, un quatre-millicme de borate de soude, voilà encore la germination du trichophyton enrayée dans le matras.

Appliquez toutes ces substances à ces doses, et à toutes doses non

destructives des tissus vivants sur le cuir chevelu de l'homme, et vous n’obtiendrez rien. |

Cependant les expérimentateurs ne sont pas découragés par ces résistances spéciales, qu’ils connaissent, et voici comment Vérujski s’exprime à cet égard — loc. sup. cit., p, 391.

« La sensibilité du trichophyton et de l’achorion vis-à-vis de ces diverses influences témoigne que si la teigne et le l'avus sont si rebelles, ce n’est pas que le champignon soit si difficile à tuer, c’est qu'il est difficile à atteindre dans la gaine du poil dont l’orifice est bouché par les filaments (?) ou les produits de desquamation, et dont l’intérieur est protégé par les phénomènes de capillarité qui empêchent la pénétration des liquides. »

Cet argument n’a pas la valeur qu’il semble avoir; le trichophyton du poil humain n’est pas dans un état morphologique, ni dans un état d’alimentation, semblables à ceux du trichophyton contenu dans le matras. Cf. H. Leslie Roberts, Observ. on the artif. cultiv. of the Ringworm fungus — The bril. med. Journ. of Dermat., 1889, p. 3o9. ||

De plus, si l’on prend une des substances, mercurielles ou autres que l’auteur indique, et qu’on les fasse pénétrer par friction, à doses massives, dans la peau, on pourra s’assurer que le mercure arrive bien réellement, comme l’iode, etc., dans la profondeur des tissus sans ’ y détruire le trichophyton. Faites, si vous voulez, des frictions mercurielles sur le cuir chevelu entier jusqu’à salivation, ce qui montrera bien que le mercure a traversé le tégument, et cependant la teigne ne sera pas guérie.

Pratiquez l’épilation de tous les poils non encore fragilisés; ruginez la surface des plaques trichophytiques à fond comme l’a pratiqué OuiNQUAUD, opération qui laisse largement béants, débarrassés de leur cuticule, tous \es,inf undibula pilaires. Appliquez sur ces surfaces ouvertes, béantes, les antiseptiques les plus puissants du laboratoire, aux doses les plus élevées que peuvent supporter, sans se détruire, la cellule vivanle i

et le follicule; renouvelez incessamment ces ruginations et ces applications « parasiticides », couvrez en permanence celte' surface d’une ,

couche d’onguent hydrargyrique, et il faudra encore plusieurs mois avant d’avoir « arrêté le développement » de ce même parasite que sidère l’addition, au liquide du matras, d’un cinq-millième de sublimé.

« Mais — dit Vérujski — il y aurait intérêt à essayer l’action des vapeurs, qui, par diffusion, pénètrenL partout, et surtout celles des vapeurs acides, tels que celles de l’acide acétique, auxquelles les deu.v champignons (favus et trichophyton) sont particulièrement sensibles. Des essais dans ce sens ont été faits par M. bailler à l’hôpital Saint-Louis, à la demande de M. Duclaux. j

Nous ne savons pas ce qu’ils ont donné ; mais c’est un sujet à reprendre. »

Les essais n’ont rien donné, et on n’a pas jugé qu’il y avait lieu de les |

reprendre. j

Cette question avait déjà été traitée ex professa par P. Aubert — •

Des conditions que doit remplir un parasiticide pour le traitement i

des teignes — Lijon médical, 1880, T. XXXV, p. 171. •

« Aux pommades et solutions, dit Aubert, on doit préférer les prépara-

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