TRAITEMENT DE LA TRIGHOPHYTIE DU CUIR CHEVELU
Quand cette mesure a été exécutée correctement^ il est tout à fait exceptionnel que lesplaques malades s' agrandissent , et même qu'il s’en produise de nouvelles. Le médecin a, en outre, sous sa vue, la plaque malade dans toute son étendue; et il peut lui appliquer, avec sûreté, et avec méthode, la médication, quelle qu’elle soit, qu'il a adoptée.
III. — Gela fait, le moment est venu d’éliminer, à l’aide de la curette, d’une raclette, d’une lame désarticulée de ciseau de trousse ordinaire, etc., tous les cheveux trichophytiques du centre de la plaque, et tous les détritus de toute sorte qui peuvent y être accumulés, après avoir fait, sur la plaque, une onction de vaseline qui facilitera beaucoup la rugination, empêchera les produits du grattage de se répandre sur les parties saines.
Le premier temps de cette opération doit être fait sans effusion sanguine, c’est-à-dire assez doucement. Dans un second temps, après avoir lavé la plaque à l’aide d’une boulette de coton stérilisé, imprégnée du liquide suivant :
Alcool à 90“ 100 grammes.
Acide borique 1 —
Chloroforme 5
on procède à une seconde rugination qui doit la déblayer complètement. Cette rugination est un peu sanglante, un peu douloureuse, mais si elle est bien exécutée, son action est décisive ; en l’appliquant, Qcinquaud a rendu un service réel au traitement de la trichophylie du cuir chevelu. La rugination complète terminée, si l’on examine à la loupe la surface ruginée — après avoir par quelques instants de compression faite avec du coton stérilisé, arrêté l’écoulement de sang — on voit tous les infundibula, qui étaient tout à l’heure bourrés de triclîophyton pilaire, devenus libres, ouverts, béants, et tout à fait aptes à recevoir l’application du médicament topique quelconque que l’on croit devoir adopter.
Mais si l’on veut faire tout le nécessaire, il faut, en outre, avulser, avec une curette ou une raclette à lupus, ou avec le sommet du ciseau de trousse, tous les poils trichophytiques satellites que l’examen à la loupe permet de reconnaître dans la zone de surveillance de la plaque, c’est-à-dire dans la zone d’épilation qui a été faite autour de la plaque trichophytique.
IV. — Cette élimination aussi complète que possible du trichophyton abordable étant terminée, la plaque entière et sa zone de surveillance sont, une seconde fois, lavées à l’alcool borique chloroformé, lotionnées avec une boulette de coton stérilisé imprégnée de liqueur de Van Swieten acidifiée selon la formule suivante :
Liqueur de Van Swieten 100 grammes.
Acide acétique cristallisant 1 —
et enfin, elle est, en entier, exactement recouverte par une rondelle de taffetas de Vigo acétique.
KAPOSI, 2® ÉDIT. — II.
APPENDICE DES TRADUCTEURS
Onguent de Vigo ............ 100 grammes.
Acide acétique 1 —
Ces emplâtres doivent être faits fins, légers; il est temps que la pharmacie abandonne les emplâtres de Vigo, mal faits et cassants, qu’elle livre encore aujourd’hui.
Y. — Si le lecteur a bien voulu suivre notre exposition, il a vu que la plaque trichophjdique, convenablement isolée des parties saines par la zone d’épilation, avait été nettoyée antiseptiquement, débarrassée mécaniquement de tout le microphyte abordable ; qu’elle avait été, ensuite, une deuxième fois, nettoyée antiseptiquement, imprégnée d’une solution mercurielle acétique au millième, et enfin pansée avec un emplâtre, à la fois occlusif et acéto-mercuriel.
Dans ce temps de la méthode, il y a une partie, l’épilation et la rugination, qui ne peuvent être faits que par le médecin, ou par l'infirmier épileur, mais le lavage antiseptique, la lotion mercurielle, et le pansement occlusif, peuvent être faits par les parents de l’enfant. Si ces derniers exécutent soigneusement, pendant les jours qui suivent, la prescription qui consiste à ôter chaque jour l’emplâtre, à nettoyer la surface avec l’alcool boriqué chloroformé, à faire une lotion avec la liqueur de Van Swieten acétique, et à remettre une plaquette d’emplâtre neuve, la visite du médecin à l’enfant, ou sa venue à la policlinique peuvent n’être qu’hebdomadaires.
L’enfant ayant la tête absolument nette, et les surfaces malades étant recouvertes d’un emplâtre occlusif absolu, devient aussi peu dangereux que possible pour les autres enfants.
La propreté de la tête est entretenue fort aisément, si les cheveux sont maintenus ras sur toute sa surface, par un lavage quotidien avec un lavage à l’eau chaude et un savon médicamenteux, boriqué, soufré, au goudron, etc.
A l’encontre de ce que l’on pourrait supposer en jugeant avec les idées d’autrefois, malgré le caractère en apparence irritant de ces pratiques diverses, les accidents de dermite, de pustulation, sont plus rares que par les procédés de douceur, à la condition que la propreté aseptique existe sur les mains du panseur, dans les objets de pansement, et sur la tête du patient.
YI. — La répétition de la rugination et des épilations est indiquée par la reproduction des poils trichophytiques à la' surface de la plaque malade ; elle sera d'autant moins fréquente que les premières opérations auront été faites avec plus de soin; on arrive rapidement au point où elles n’ont plus qu’â être faites partiellement et, quand la zone de surveillance n’a plus de trichophyton, on se borne à l’épilation immédiate de la bordure.
Le progrès décisif est indiqué par la repousse des cheveux non infiltrés, contenant encore quelquefois du trichophyton, ce dont l’examen microscopique, ou la culture, rendent aisément compte. Ces cheveux de repousse doivent être épilés jusqu’à ce qu’ils aient repris le caractère du cheveu sain, et jusqu’à ce qu’ils ne contiennent plus de trichophyton.