TRAITEMENT DE LA TRICHOPHYTIE DU CUIR CHEVELU
sur le fond blanc de la bande toute trace de chrysarobine apparaîtrait immédiatement. La moitié iiiféiàeure de la bande et toute la région des yeux ne présentent jamais la coloration accentuée de la cluysarobine . Si une souillure plus marquée de la bande dénotait la négligence d’un infirmier, il suffirait d'essuyer la place contaminée, de la lecouvrir d’une nouvelle couche de colle pour éviter tout accident.
Avec ce pansement on peut laisser les enfants sans inconvénient jouei-, dormir et aller à l’école. Ils ne peuvent ni contagionner, ni être dangereux pour eux-mémes ou pour les autres.
Le quatrième jour, on enlève le bonnet, on essuie la chrysarobine et on la remplace par une pommade d’ichthyol à o p. 100 qui a pour but, dans les trois autres jours de la première semaine, de provoquer rapidement et sans irritation la chute de la couche cornée qui a subi l’action de la chrysarobine et de rendre à la peau sous-jacente sa coloration naturelle. On peut, au lieu de la pommade d’ichthyol, appliquer des compresses imbibées d’une solution aqueuse dTchthyol à o p. 100 ou encore une pommade sulfureuse à la même dose, mais cette dernière préparation est moins efficace. On renouvelle ces onctions chaque jour une fois pendant les trois jours.
Ce n’est qu’à la fin de la première semaine qu’on peut sans danger laver (sans toucher à la face) les bandes de colle de zinc et nettoyer à fond toute la tête avec de l’huile et du savon. Les parties malades de la tête se détacheni alors nettement par leur coloration blanche des parties saines environnantes comme dans d’autres dermatoses (eczéma séborrhéique, psoriasis) et frappent souvent par leur nombre inattendu. Sur toutes ces places on épile — comme avant de commencer le traitement — quelques tronçons de cheveux, en tout une vingtaine, pour les examiner au point de vue parasitaire.
Puis on commence le deuxième cycle qui dure de nouveau une semaine et en suivant le même mode que la première fois. Nouvel examen des tronçons de cheveu pour constater les progrès obtenus.
Un troisième et un quatrième cycle achèvent d’ordinaire le traitement, .lusqu’à présent, l’auteur n’a pas trouvé qu'il fiU nécessaire d’avoir recours à un cinquième cycle. La durée totale du traitement préconisé par Unna est donc de quatre semaines. Peut-être que des cas très anciens et graves, comme on en observe dans les cliniques de Londres, exigeraient une cinquième ou au plus sixième semaine de traitement. Mais ce résultat serait encore très éloigné de ceux des meilleurs dermatologistes de Londres, qui ont l’habitude d’estimer toujours à plusieurs mois le traitement des cas de gravité moyenne et qui parlent de traitements ayant duré des années.
Mais si Unna se hasarde à affirmer qu’il est possible de guéiâr ainsi rapidement et sûrement la trichophytie, cela tient aux résultats des cultures de champignons continuées pendant toute la durée du traitement.
11 en coûte peu d’arracher, avant et après le traitement et à la fin de chacun des cycles, quelques cheveux suspects et de les porter dans des tubes de gélatine agar. Avant la fin de la semaine suivante et au début d’un nouveau cycle de chrysarobine, on est en mesure, d’après le résultat de la germination, de déterminer exactement si un progrès, dans le sens d’une amélioration, s’est produit. On constate, en effet, si l’on emploie la méthode ci-dessus, un progrès de semaine en semaine, jusqu’à complète stérilité des cheveux lors du quatrième ensemencement.
Ce procédé de vérification du résultat du traitement par la culture de quelques tronçons de cheveux est si simple et si probant qu’on doit le conseiller à tous les dermatologistes pour leur propre tranquillité.
L’auteur n’a pas observé de récidives après le traitement à la chrysarobine.
On sait que certains sujets ont une peau très sensible à l’action de la chry-
APPENDICE DES TRADUCTEURS
sarobine, qu'une seule application provoque une vive rougeur et (lel’œdème. Or le cuir chevelu ne réagit en général que très lentement sous l’action de ce rnédicameid, mais il peut se produire exceptionnellement, même sur le cuir chevelu, après deux cà quatre onctions, un œdème avec vésicules superficielles. On laisse alors la peau desquamer en faisant usage d'une solution aqueuse d’ichthyol à 5 p. 100, et la fois suivante on emploie une pommade, nolahlement plus faible (1 p. 100), ou encore une pommade de cliiysarobine préparée avec de Touguent de zinc. Les résultats sont également satisfaisants ; mais si l’on surveille attentivement l’action irritante de la chrysarohine, ces cas guérissent, d’après ce qu'il semble à l’auteur, plus rapidement encore que les autres.
Cf. V. Sehlen, Ergeb. d. bakteriol. Untersuch. b. d. Chrysarobinbehandluug d. Tricbopb (Herpes tonsurans) — Monatshefte f. prakl. Dermat., 1889, tome IX, p. Ü47.
11 n’aura pas échappé au lecteur, que tous ces traitements réclament, de la part de ceux qui les appli<[uent, une compétence spéciale, et une assiduité qui exige la présence permanente dans riiûpital, la policlinique, ou au moins la venue quotidienne.
En fait^ à égalité de procédé, le plus rapide est celui qui est le plus directement et le mieux appliqué. Avec une discipline sévère, une antisepsie fervente, à l’aide d’infirmiers bien dressés et surveillés sans relâche, on peut aujourd’hui, à l’exemple de Quinquaud, réduire considérablement la durée du traitement, mais — on ne doit pas l’oublier — la même médication, mise en œuvre par des personnes inexpérimentées, ou dépourvues d’une surveillance sans relâche, ne mènerait pas aux mêmes résultats.
D’autre part, tous les parents ne consentent pas à hospitaliser leurs enfants, et ne peuvent les amener chaque jour aux policliniques ; quelques malades n’ont, sur le cuir chevelu, qu’une tricliophytie trop limitée pour légitimer systématiquement le traitement étendu à tout le cuir chevelu. Enfin, les enfants peuvent être éloignés d’un centre qui leur permclte de venir se faire soigner quotidiennement.
C’est pour parer à (pielques-uns de ces inconvénients, ou de ces desiderala, (jue nous avons institué la médication suivante qui ne soustrait pas — cela est impossible — le malade à l’action du médecin, mais dans lequel l’action de l’inlirmier spécial peut être intermittente, et remplacée, dans quelques cas, par l'assistance des parents.
Médication de E. Bksnier : I. — Les cheveux doivent être coupés ras, aux ciseaux, non à la tondeuse, ni rasés, pour éviter les autoinoculations faites par le rasoir et les transmissions secondaires au patient, ou aux sujets sains par la tondeuse qui est un des agents de propagation les plus actifs de la trichophylic et de la pelade, etc. rendant toute la durée du traitement, et pendant \o. période d’ observation (|ui doit suivre la guérison, les cheveux seront coupés ras, et maintenus ras sui’ toute la tête.
II. — On sci)arera, sur toute; la tête, les parties saines des suid'aces malades par une zone d’épilation, zone de protection et de surveillance, qui (bnl être entretenue jusqu’à guérison entière du centre malade.