o à 1 gr
dant lequel le malade se friclionne tout le corps, surtout aux lieux d’élection, afin d’ouvrir les sillons. Second temps, vingt A trente minutes: Friction de sulfure de chaux — chaux vive, 1 kiiog.; soufre sublimé, 2 kil. 500; eau, 10 kilog. — à l'aide d’une brosse « de crin animal assez souple ». Cette friction doit être suffisante, mais non excessive, sous peine de trop irriter la peau. Pendant cette opération, le malade est exposé à l’action d’un feu assez vif pour que la dessiccation du liquide de friction se fasse rapidement, et qu'ainsi le sulfure reste incrusté dans chacun des sillons et dans chacune des vésicules psoriques. » Troisième temps : Bain tiède, émollient ou faiblement alcalinisé, « dans le but de calmer l’irritation produite à la peau, et de débarrasser celle-ci de l’excès de soufre... Si l’état de la peau le permet, dans les cas de récidive notamment, il vaut mieux ne faire prendre le bain que le lendemain. » Après le bain, poudrer à l’amidon.
II. — Cure lente ou mitigée. — Cette cure est indiquée quand le galeux est atteint d’une lésion ou d’une maladie qui contre-indique l’emploi du bain et l’exposition du corps — voy. plus haut, p. 901 — où quand la peau est irritée ou irritable; s’il s’agit d’enfants très jeunes, etc. Dans ces cas divers, la médication consiste à employer des applications graduées en énergie suivant l’état de la peau ou l’âge du sujet; les bains sont remplacés par de simples lavages à l’eau chaude et au savon, réglés avec les précautions convenables à chaque cas particulier. On pratique, tous les soirs, une friction générale, à la main ou à la brosse, avec l’une des préparations suivantes :
Pommade de Bourguignon, modifiée comme nous l’avons indiqué; ou pommade au naphtol et au savon noir, formule de Kaposi — Voy. le texte courant, p. 897 — ou pommade au naphtol sans savon et menthée, selon notre formule habituelle :
[3 Naphtol O h Ib grammes.
Ether suif s. q. pour dissoudre.
.Menthol 0,25 à 1 gramme.
Vaseline 100 grammes.
Ün peut encore utiliser la formule, très active et bien supportée, de Weinberg — Voy. plus haut le texte courant, p. 897.
Si la peau est très irritable, ou chez les très jeunes sujets, on peut utiliser les propriétés acaricides du baume styrax associé à la vaseline ou à l’huile dans les proportions de 5 à 25 p. 100 d’huile mentholée, de 0,25 à 1 p. 100.
On peut enfin, entre autres innombrables moyens proposés, faire simplement pendant huit à dix jours, chaque soir, une onction légère avec une petite quantité d’huile douce sur la totalité du corps, après quoi toute sa surface est poudrée avec du soufre précipité : Voy. Sam. SiiERWELL, A simple method sf treating scabies — New-York, Med. yoio'/i., 1889. — Nous avons plusieurs fois vérifié la possibilité de la gué-
TRAITEMENT DE LA GALE
rison de la gale par ce procédé; nous nous sommes servis pour les onctions d’huile camphrée à 1 p. 100.
III. — Accidents consécutifs aux divers traitements de la gale. — Soins consécutifs.
Que la cure ait été rapide ou lente, énergique ou atténuée, elle est toujours plus ou moins cuisante et irritante pour la peau, et le médecin ne doit pas négliger d’en avertir les patients ; il ne doit non plus pas manquer de les informer qu’il peut y avoir des accidents à ta suite, et il ne doit accepter la responsabilité de la cure entière, que s’il la dirige ou la surveille dans son exécution, et dans la période consécutive.
Parmi ces accidents, quelques-uns s’observent sur les viscères, d’autres sur la peau elle-même ; les premiers ont certainement contribué au développement des théories anciennes sur les mélastases psoriques.
a) Accidents viscéraux. — Chez un sujet atteint d’une lésion viscérale quelconque, le prurit acarien, l’insomnie, l’excitation nerveuse produite par ces causes diverses, les refroidissements éprouvés pendant les nuits prurigineuses, sont de nature à exaspérer ou à provoquer les manifestations paroxystiques de ces diverses lésions, qui éclatent après les excitations de la cure. D’où la règle de ne soumettre aux cures rapides, balnéaires, à celles qui exposent le corps nu à des impressions de froid inévitables que les sujets qui ne présentent aucune des conditions susindiquées.
L’attention doit, en particulier, se porter du côté de la fonction rénale, car on sait depuis longtemps, que V irritation cutanée acarienne, les frictions balsamiques sur la peau excoriée peuvent produire la néphrite albumineuse, V albuminurrhée, V anasarque : Voy. sur cette question G. Thibierge, Des relations des dermatoses avec les affections des reins et l’albuminurie — Aiin. de Dermat. et de Syph., 2® série, T. VI, 1885, p. 424. — Il se passe peu d’années sans que nous ayons dans nos salles, à l’hôpital Saint-Louis, un ou plusieurs cas de cet ordre : albuminurie avec anasarque, le plus souvent constatée après la cure, mais aussi quelquefois avant. L’albuminurie acarienne ne saurait faire doute; elle existe, mais le plus habituellement légère, bénigne, latente, exceptionnellement intense, avec le cortège habituel des néphrites albumineuses.
Son histoire n’est qu’ébauchée, et est à reprendre avec des observations mieux suivies dans la séquelle ; la théorie nerveuse de sa production, la théorie infectieuse, et les autres sont très intéressantes à discuter; mais quand on a observé plusieurs malades de cet ordre, il est aisé de voir que l’interprétation en est très complexe ; que les facteurs de l’irritation rénale varient selon les cas, selon l’état antérieur des sujets, la saison, etc., et que, dans tous les cas, le froid intervient comme agent provocateur, suivi d’effet en raison de quelque condition idiosyncrasique, laquelle peut être extrêmement variable et prise dans la série innombrable des conditions pathogéniques de l’irritation rénale.
L’existence de la néphrite albumineuse, de l’anasarque, ne contreindique pas la cure de la gale, mais seulement l’emploi des méthodes
APPENDICE DES TRADUCTEURS
rapides et des agents capables d’irriter le rein comme les balsamiques ; nous l’avons exécutée sans autre difficullé qu’un peu de lenteur avec les frictions de pommade au naphtol, suivies de l’enveloppement ouaté simple, ou soufré, chez les malades atteints d’albuminurie avec anasarque.
b) Accidents cutanés. — Beaucoup de sujets supportent, sans effraction cutanée, les cures rapides les plus rudes; la très grande majorité des galeux de Paris ou de Bruxelles sont traités, sans accident consécutif, par les méthodes expéditives. Mais il en est d’autres que les procédés les plus doux irritent vivement, et chez qui, à la suite de la cure, on voit se produire des irritations cutanées parmi lesquelles l’eczéma superficiel en nappe sur les membres est le plus ordinaire; les idradénites, les furoncles sont plus rares. Plus ordinaire est la continuation d’un certain degré de prurit lequel, chez quelques malades est le point de départ d’une véritable nosomanie, qui les entraîne à renouveler les applications acaricides, lesquelles finissent par provoquer les poussées eczémateuses, etc. 11 est toujours prudent de prévenir les malades que la cure ne peut pas supprimer instantanément les lésions cutanées réalisées, et les irritations des nerfs épidermiques. Dans le trciitement de ces complications, les indications à remplir varient selon les différents cas et les sujets, et toute méthode systématique est à rejeter. Les bains, utiles chez quelques malades et dans les saisons chaudes, deviennent nuisibles chez quelques autres, et pendant l’hiver. — Voici un malade très soigneux, qui pendant deux semaines après la cure, prend chaque jour un bain tiède de son ou d’amidon, et chaque jour sa peau s’irrite davantage; il suffit de suspendre ces bains pour voir tout rentrer dans le calme; et en voilà un autre que quelques bains vont soulager sans: délai.
Toute l’attention du médecin dans les accidents consécutifs doit s’attacher à déterminer, dans les doléances des malades, ce qui est réel de ce qui est imaginaire. L’assurance donnée avec fermeté que la gale est vraiment guérie suffit souvent; s’il y a des lésions réelles, des adénites, furoncles, acné irritable, eczéma, etc., le traitement n’est autre que celui qui appartient à toutes ces lésions diverses, sans en excepter les conditions diététiques et le régime qui conviennent à de tels malades, et à ces complications.
Dans les semaines qui suivent, chez les malades qui voient le prurit se prolonger, ou reparaître après un délai de dix à vingt jours, il faut un examen attentif pour savoir si il s’agit réellement d’une rechute, c’est-à-dire d’une nouvelle génération d’acares ou d’œufs non complètement détruits, laquelle, seule, justifieraitune curenouvelle ; ou si, ce qui est le plus ordinaire, il n’y a que des lésions prurigineuses prolongées.
IV. Désinfection des objets a usage ayant sekvi aux galeux. — Statistique DU TRAITEMENT DE LA GALE A l’uOIUTAL SaINT-LoUIS, DE 1881 A 1890. — Les vêtements ou objets à usage des galeux ne contiennent pas d’acares, et sont en réalité peu dangereux. Cependant ces vêtements ou ces objets qui ont été en contact avec les excoriations de grattage,