‹ Pathologie et traitement des maladies de la peauChapitre 195 sur 214 · LADRERIE HYPODERMIQUE ET SOUS-CUTANEE · texte numérisé non relu

LADRERIE HYPODERMIQUE ET SOUS-CUTANEE

les organes internes, cerveau, bulbe, etc. ; en pareil cas, des troubles fonctionnels graves accompagnent leur présence (1).

(1) L’histoire complète de la ladrerie chez l'homme appartient à la pathologie générale ; toutefois la présence des cysticerques dans l’étage inférieur de la peau — hypoderme — ou sous les aponévroses musculaires superficielles donne lieu à des tumeurs qui pourraient à la rigueur être confondues avec quelques dermatomes. Cela suffit pour qu’il y ait lieu d’ajouter un court appendice à ce que l’auteur vient d’exposer.

APPENDICE DES TRADUCTEURS

Aperçu sur la ladrerie hypodermique et sous-cutanée

1. — Le cyslicerque du tissu conjonctif — Cyst. rellulosæ, Rudolphi, 1809 — cyslicerque ladrique, que l’on peut rencontrer dans le cerveau, l’œil, la langue, les viscères thoraciques et abdominaux, se développe avec une fréquence et un nombre prédominants dans Yhypoderme, étage inférieur de la peau, et dans les muscles superficiels, pectoraux, fessiers, etc., où il occupe surtout les espaces conjonctifs interfasciculaires ou intermusculaires. Dans le premier cas, il constitue des tumeurs de la peau — Ladrerie hypodermique ; dans le second, ce sont des productions sous-aponévrotiques, sous-cutanées — Ladrerie souscutanée.

La ladrerie de l’homme n’a encore été étudiée dans des travaux généraux que rarement en dehors des dissertations inaugurales de J. Boyron, Étude sur la Ladrerie chez l’homme, comparée à cette affection chez le porc — Thèse de Paris, 1870, et de J. Pellot, De la ladrerie chez l’homme — Thèse de Paris, 1880. Mais on trouve dans la littérature de ces dernières années un grand nombre d’observations particulières, importantes ou intéressantes.

Lewin, U. cyst. cell. u. s. Vorkommen iu d. Haut d. Menschen, — Charüé Annalen, U, 1877; Gutmann, — Berlin. Klin. Woch., 1877; Ed. Schiff, Eiii Fall. V. cyst. cell. eut. beob. an der Wiener Allgem. Poliklinik, Viertelj. f. Dermat. u. Syph., 1879, p. 37b; Féréol, Ladrerie généralisée chez un homme ayant rendu un tamia, etc. — Bulletins et Mém. de la Soc. méd. des hôp., 2® série, t. XVI, 1879, p. loi ; Rathery, Obs. de ladi'. chez l’homme, — eod. loc., 1880, p. 62 ; Dügüet, ibidem, p. 68; Troisier, un cas de ladrerie chez l’homme, coïncidence du tænia solium et de cysticerques — ibidem, 1882, p. 206 ; Guer.monprez, La ladrerie chez l’homme — Journal de médecine de Paris, 1883, p. 749; Tojdiaso deAmigis, Tre nuovi casi di Cyst. cell. n. cute umana diagnost. s. vivante — Giorn. ital.d. Sc. med., 1885, n® 2; Troisier, Contrib. à l’hist. de la ladrerie chez l'homme, présentation de deux malades — Bull, et Mém. de la Soc. méd. des Hôp., 3® série, t. II, 188b, p. 120; et présentation de pièces anatomiques relatives à l’un des malades — p. 341 ; Du Castel — ib. ibicL, p. 342; Millard, Note sur un cas de ladrerie chez l’homme — ibid., 1888, p. 261 ; Laxcereaux, Cysticerque ladrique du tissu cellul. sous-cut. et de l’en-

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céphale chez l’homme, — Union méd., 1889, et Leçon de clin, méd., 3' série, 1886, 1890, p. 220. Cf. Leloir et Vidal — Traité descript. des mal. de la peau, 1890, art. Gysticerque, p. 142.

II. — Sémiologie. — Les tumeurs ladriques, en soulevant la peau ou le derme, forment à la surface du tégument des saillies, des tumeurs — grêles ou grêlons, — que l’on peut rencontrer sur toute

l’étendue du corps, mais surtout dans la portion sous-diaphragmalique.

Ces tumeurs sont généralement arrondies, ovoïdes, quelquefois oblongues, du volume d’un petit noyau de cerise à celui d’une olive, exceptionnellement solitaires, ordinairement multiples, — vingt, quarante, cent, — mais pouvant être de plusieurs centaines et sans limitation de nombre ; communément isolées les unes des autres, disposées sans sginétrie, elles sont quelquefois alignées, adhérentes, associées, ou même groupées.

La saillie qu’elles forment à la surface de la peau est plus ou moins accentuée; on les voit aisément, mais non toutes; il en est toujours que l’on perçoit ?,eu\&men\, par la palpation, et en allant à la recherche. A leur niveau, la coloration de la peau est normale; le derme intact, et non adhérent, peut glisser à leur surface. Elles sont mobiles à la manière des ganglions superficiels hypertrophiés; ou au contraire plus ou moins fixes, si elles sont sous-aponévrotiques et intra-musculaires. Mais, qu’elles soient hypodermiques ou musculaires, elles sont toujours pins, qiro fondement situées qu’elles ne le semblent; aussi, le médecin qui cherche à les ponctionner, ou à les extirper, ne doit pas oublier qu’il faut, pour arriver à elles, traverser toujours au moins le derme entier, souvent une couche adipeuse, et inciser l’aponévro se musculaire. Par la ponction, on donne issue au liquide hydaticque commun, aqueux, clair, transparent, incoagulable par l’acide nitrique ou parla chaleur.

La consistance des tumeurs ladriques, sauf pour celles qui dépassent le volume moyen, est élastique, ferme, dure, chondroïde, analogue à celle des ganglions sclérosés. En général, nulle douleur spontanée, et peu de douleur provoquée par la pression ni par les mouvements, phénomènes qui correspondent à l’absence remarquable de tout procès d’irritation phlegmasique autour des kystes ; leur début ne s’annonce par aucune douleur, aucune sensation spéciale, et le malade ne reconnaît la plupart des tumeurs qu’au toucher; il en ignore toujours un certain nombre qui ne sont trouvées que par l’exploration. Exceptionnellement, quelques-unes sont irritables, douloureuses spontanément, dans la pression ou dans les mouvements, ou encore donnent lieu, par compression nerveuse, à des irradiations névralgiques.

Arrivées à la période d’état, les tumeurs ladriques peuvent persister un temps plus ou moins long dans la peau et dans les muscles, mais non indéfiniment.

Elles présentent, dans leur cours, des variations de volume et de consistance survenues sans cause appréciée, quelquefois en rapport, ainsi que cela a lieu pour toutes les affections parasitaires non microbiennes, avec l'état général de l’individu. L’observation de du Castel sur ce der-

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