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naire d’une division pour les maladies de la peau, à la tète de laquelle il restera jusqu’à la fin de sa vie, c’est-à-dire jusqu’en 1880, chef de ce même service, après avoir été successivement nommé professeur extraordinaire et professeur ordinaire. Est-ce à dire que, occupant ces fonctions pendant près de quarante ans, il ait tenu la carrière fermée et que personne n’ait pu, à côté de lui, cultiver, pratiquer, ni enseigner la pathologie et la clinique dermatologiques? Loin de là! N’est-ce pas à Vienne que se trouve cette pléiade de dermatologistes distingués, Auspitz, Neumann, etc., professeurs extraordinaires de dermatologie, qui tous font des cours cinq fois par semaine, sans compter ceux qui sont faits régulièrement par l’agrégé et l’assistant du service de Kaposi?
On comprend que, se consacrant dès le début de sa carrière à la dermatologie, tout médecin ayant un fonds solide d’études générales doive marquer son passage dans cette branche spéciale et, ce qui est plus important, la faire progresser. On comprend qüe les médecins étrangers se groupent autour d’un personnel dermatologique normal, éprouvé, organisé, tout entier à son œuvre et à sa tâche ; on comprend qu’ils affluent là où ils sont certains de trouver ce qu’ils savent ne pas rencontrer ailleurs.
Nous n’ignorons pas qu’on nous répondra que soit à Saint- Louis, soit à l’Antiquaille, les médecins et les chirurgiens de ces hôpitaux ont presque tous signalé leur séjour par des œuvres sur lesquelles l’oubli ne saurait se faire, et que les noms d’Alibert, de Biett, de Cazenave, de Devergie, de Bazin, de Hardy, etc., à Paris, de Baumès, de Diday, de Bodet et de Rollet, etc., à Lyon, sont inscrits dans le livre d’or de la dermatologie et de la syphiligraphie. Nous n’ignorons pas que c’est à eux et à leurs successeurs actuels que l’on doit une bonne part des progrès réalisés dans ces deux branches sœurs de la médecine.
Mais, ajouterons-nous, que n’auraient pas donné ces mêmes hommes, si au lieu de quelques années, ils avaient, comme Hebra, passé leur vie entière à la tête d’un grand service spécial?
Que n’auraient-ils pas fait pour l’enseignement et pour les progrès delà dermatologie, s’ils avaient été encouragés, soutenus, organisés, et pourvus de tout ce qui est nécessaire au savant, au professeur et aux élèves!
xxYiii INTRODUCTION DE LA PREMIÈRE ÉDITION.
Nous en avons dit assez pour éclairer complètement l’opinion sur une situation que l’avenir seul peut modifier d’une manière profonde. Nous avons montré, dans une de ses parties, le vice radical de l’org-anisation actuelle de l’enseignement de la médecine spéciale dans notre pays, en ce qui concerne la dermatologie. Le vice est le même dans toutes les autres branches de la médecine spéciale, le même dans la médecine générale dont l’enseignement pratique est fait, en réalité, non par FUniversité, mais par les médecins des services hospitaliers, à titre privé, libre, et sans aucune espèce d’organisation du personnel enseignant, ni de la matière de l’enseignement! Que de choses à dire sur tout cela! Et le moment n’est-il pas venu de faire la lumière sur toutes ces questions qui intéressent si gravement l’avenir de la médecine, l’honneur et l’intérêt du pays?
Puissions-nous être suivis dans lavoie que nous ouvrons ! Puisse une agitation salutaire ébranler notre vieille organisation médicale jusque dans ses fondements, et restituer de ce côté à notre pays la place et le rang qu’il n’a pas conservés !
Cette partie de notre tâche est terminée. Pour accomplir notre devoir jusqu’au bout, il nous suffira de dire en quelle manière et de quelle façon il serait possible, au moins à titre provisoire, de pallier, en ce qui concerne les étudiants français, les vices d’organisation les plus nuisibles de l’enseignement de la dermatologie.
Nous avons montré plus haut que le champ d’études était aussi large que possible et que la matière dermatologique était abondante jusqu’à l’excès.
Nous avons rappelé également que malgré l’absence de tout encouragement, malgré le défaut de toute organisation d’ensemble, riiôpital Saint-Louis possédait, en fait, un personnel enseignant plein de zèle et d’activité, ayant fait largement ses preuves, et toujours à la disposition du public médical et des élèves.
Les élèves! Mais voilà où la plus extraordinaire situation se présente !
Aucun élève de la Faculté de Paris n’est obligé de faire acte de présence, même un jour, à l’hôpital Saint-Louis, unique établis-
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sement où il puisse apprendre la dermatologie ; seuls, quelques élèves des hôpitaux (externes, internes) indispensables pour les nécessités matérielles et administratives du service nosocomial, sont désignés chaque année, non pas d’après leurs aptitudes ou après des études spéciales, ni pour une destination particulière, mais à leur choix dans les règles ordinaires du rang ou de l’ancienneté, Chaque service reçoit un interne et quatre élèves externes, soit en tout pour les six cents malades de l’hôpital, six internes et vingt-quatre externes ! Voilà tout! De temps à autre quelque élève stagiaire se fait inscrire dans l'un des services ; mais, trop souvent, son but principal est d’obtenir un certificat attestant qu’il passé quelques mois à l’hôpital Saint-Louis ; si le chef de service exige de tous les stagiaires la présence réelle et le rôle effectif, il peut être assuré de voir ceux-ci disparaître rapidement de sa division. Telle est la règle ; rares sont les exceptions.
Quels sont donc les assistants, relativement nombreux (on peut compter une moyenne quotidienne de cent à deux cents) qui se partagent entre les diverses cliniques officielles ou libres de l’hôpital? Ce ne peuvent être les internes des hôpitaux (l’élite de notre corporation dans sa fleur) ; tous, à l’heure où se font nos leçons, sont retenus par les exigences des divers services auxquels ils sont attachés dans les hôpitaux disséminés intra et extra muros ; il en est de même pour les externes des hôpitaux, ou encore pour le groupe moins régulier des stagiaires de la Faculté.
Et il en sera ainsi chaque année (que l’on veuille bien le remarquer), pendant toute la scolarité, de sorte que si l’étudiant, arrivé à la fin de ses années d’externat ou d’internat, n’est pas assez riche de temps ou d’argent pour prolonger la durée de son séjour à Paris, il ira exercer la médecine pratique sans avoir jamais appris la dermatologie! Ce cas est malheureusement celui de la grande majorité^des médecins formés par l’organisation actuelle.
Ceux qui assistent à nos cours sont d’ordre très varié; on y compte à la fois des étudiants amateurs que l’objectivité et le pittoresque de nos études attirent et distraient, des pharmaciens médecins qui viennent prendre une teinture de pratique dermatothérapique, et qui recueillent religieusement nos moindres formules ; des élèves en médecine en rupture momentané d’externat ou de stage (mais au moins pour un motif louable) ; enfin des
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élèves en médecine dont la scolarité est terminée, ou qui sont libérés des exigences réglementaires, et qui viennent, tout spontanément, avant de quitter Paris, s’instruire en dermatologie. Joignez à cela un certain nombre de jeunes médecins d’avenir fixés dans la capitale, qui viennent, après la lettre, faire leur éducation dermatologique ; puis quelques-uns do nos savants confrères des stations minérales, ou des stations d’biver, voire même de l’élranger, qui nous font l’bonneur de venir utiliser quelques heures de leur loisir, auprès de nous, durant leur séjour à Paris.
Bien difficile, on le voit, est, dans ces conditions singulières, la mission du professeur, obligé de parler à la fois à un public dont son expérience lui fait deviner la composition si étrangement variée, mais qu’il ne connaît en réalité pas, et dont les besoins sont essentiellement différents ! Parmi ses auditeurs, les uns ignorent jusqu’aux premiers éléments de l’bistologie normale ou pathologique, et n’ont aucune notion, même élémentaire, des choses de la dermatologie. Les autres viennent simplement pour apprendre pratiquement l’art de traiter quelques dermatoses; les autres enfin, versés à la fois dans la médecine générale et dans la médecine spéciale, espèrent trouver dans la parole du maître l’exposé des plus récents progrès, la discussion des méthodes thérapeutiques générales ou locales, ou des notions élevées sur la question, toujours magnifique même en ses obscurités, des doctrines médicales et des maladies constitutionnelles!
Assurément, rien de plus étrange ne peut être rêvé, rien de plus contraire aux progrès réels de l’enseignement dermatologique! C’est l’incohérence et le désordre portés à l’extrême!
Voyez, au contraire, si, comme cela devrait être, tout étudiant en médecine était tenu de faire un stage à l’hôpital Saint-Louis, après avoir satisfait aux exigences de l’éducation médicale générale, quel auditoire d’élite pour le professeur! quelle régularité et quel ordre il serait aisé d’introduire dans le plan, la nature, le degré des leçons qui seraient faites ! Quelle émulation pour les professeurs! quel progrès pour la pratique de la médecine! quel bienfait pour la population ! On ne verrait plus alors les médecins les plus savants ignorer l’art de reconnaître et de traiter la gale, le favus, la teigne tondante, la pelade, et vingt autres affections
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