‹ Pathologie et traitement des maladies de la peauChapitre 51 sur 214 · I. — Érythrodermies exfoliantes, aiguës et subaiguës · texte numérisé non relu

I. — Érythrodermies exfoliantes, aiguës et subaiguës

I Ce groupe comprend :

j a) Les érythrodermies initiales, sous la forme desquelles se larvent quelquefois, paratypiquement, à leur début, quelques affections classées — eczéma, psoriasis, pemphigus, lichen, etc.

APPENDICE DES TRADUCTEURS

b) Les érythèmes desquamatifs scarlatiniformes et les dermatites exfoliantes aiynës ou subaiguës de Wilson, Vidal, Brocq, dermites aiguës graves de Quinquaud. — Voy., p. la bibliogr. et l’étude complète, Brocq, loc. sup. cit. Du fait seul de leur mode de début et de leur généralisation rapide, aucune confusion n’est possible entre la première période de ces érythrodermies et le pityriasis ruhra, affection insidieuse, à début apyrétique obscur et à étapes prolongées.

Comme les érythèmes scarlatiniformes, les dermites ou dermatites exfoliantes aiguës ou subaiguës, dans les degrés rapides et légers, se distinguent immédiatement des formes typiques du pityriasis rubra grave; mais, entre les formes prolongées des érythèmes desquamatifs, les formes lentes des dermatites exfoliatrices et les formes bénignes <iu pityriasis rubra, la distinction pourrait être beaucoup plus litigieuse et réclame la connaissance précise des caractères propres de chacune de ces affections. Pour les érythèmes scarlatiniformes, le lecteur a déjà trouvé plus haut les développements nécessaires; mais, pour la dermatite exfoliante, le texte courant n’en contenant pas la description, voici, d’après l’auteur qui les a le mieux étudiées, Brocq, un résumé descriptif succinct, tel qu’il l’a présenté au Congrès international de dermatologie de 1889 :

« C’est une maladie cutanée générale, qui ne semble pas être contagieuse, et qui a une évolution cyclique (périodes d’augment, d’état, de déclin).

Elle est fébrile dans ses deux premières périodes, avec maximum vespéral.

Le début est parfois soudain, rapide, plus souvent insidieux; on voit apparaître une ou plusieurs taches rouges, prurigineuses, qui s’étendent et se généralisent atout le corps en deux ou dix jours.

A la période d’état, les téguments, dans leur totalité, sont envahis par une rougeur intense; ils sont un peu épaissis, quelquefois même lardacés, et comme tendus. Quelques jours après l’apparition de la rougeur, l'épiderme s’exfolie, et, dès lors, commence une abondante desquamation de fines lamelles nacrées, sèches, de dimensions très variables, mais qui ont, en moyenne, sur le tronc et les membres, de deux à trois centimètres de long sur un centimètre à un centimètre et demi de large ; elles se recouvrent parfois comme des tuiles de toit.

Les poils tombent presque toujours, en totalité ou en partie ; il en est souvent de même des ongles, qui sont tout au moins altérés et présentent de profonds sillons transversaux.

A certaines périodes de la maladie, et en certains points du corps, surtout vers les plis articulaires, il peut se produire un suintement plus ou moins abondant et fétide, et dès lors l’éruption ressemble à l’eczéma. On voit parfois survenir des bulles pemphigoïdes, des pustules, des furoncles, etc.

Les démangeaisons sont presque constantes ; il en résulte des excoriations et du suintement. Les malades éprouvent aussi, assez souvent, une sensation pénible dé cuisson ou de chaleur ; ils ont froid dès qu’on les découvre.

Les muqueuses peuvent être prises ; les ganglions sont souvent tuméfiés.

Comme complications notées, nous signalerons les anthrax, les abcès lubériformes ou profonds, les eschares, la surdité, l’iritis, les paralysies partielles, les paraplégies, l'obnubilation intellectuelle.

Quand elle est bénigne, la maladie évolue en trois ou quatre mois ;

DIFFÉRENCIATION CUNIQUE DU PITYRIASIS RUBRA. G21

I quand elle est intense, en cinq ou six mois. Quand elle est prolongée par des complications graves ou des pousses successives, elle met six à dix mois, et même une année pour arriver à la guérison complète. Elle peut se terminer par la mort vers le troisième ou le quatrième mois, avec diarrhée,

I épuisement graduel ou complication grave, surtout du côté des poumons.

Les rechutes et les récidives sont possibles. »

^ II. — Érythrodermies exfoliantes lentes ou chroniques,

idiopathiques, primitives.

Dans ce groupe, aussi artificiel que les précédents, nous rangeons :

a) Des dermatites chroniques à début variable, larvé, et qui, après une [ durée plus ou moins longue, aboutissent à un état en apparence sem- I blable à celui du pityriasis rubra ou de la dermatite exloliatrice. —

b) Une série variée, encore à l’étude, de dermatites à évolution tente, du type lymphoïde simple, ou associées à la leucémie, à la lymphadénie, au mycosis fongoïde, lesquels ne se confondent pas avec les altérations

i eczématiques ou autres qui précèdent pendant de longues années I diverses formes non encore décrites de dermatoses. — c) Des derma- ! tites généralisées rouges, plutôt entrevues que connues, qui procèdent d'infections chroniques souvent latentes, suppurations profondes ou lésions organiques de la vessie, du rein, du système utérin, etc. — d) Le pityriasis rubra folliculaire arrivé à son développement complet ou, au contraire, à certaines périodes intermédiaires, c’est-à-dire présentant de petites ou de grandes nappes rouges squameuses selon le type pityriasique, lesquelles l’ont fait souvent confondre avec le pityriasis rubra vrai.

a) Erythrodermies à début variable, évoluant secondairement à la manière du pityriasis rubra ou des dermatites exfoliatrices. — C4e groupe de dermatites, tout à fait obscur, pour lequel il faudrait faire presque autant de cases nosographiques que de cas particuliers, est caractérisé par l’extrême variété des altérations cutanées qui marquent le début et l’extrême inégalité des premières étapes au point de vue de la durée.

On pourrait croire, cela étant, qu’il s’agit simplement, ici, des érythrodermies secondaires à une dermatose préexistante, sur lesquelles nous nous sommes expliqués plus haut; mais il n’en est rien; les diverses lésions cutanées initiales qui leur appartiennent n’ont rien de fixe ; elles ne peuvent être comparées aux éruptions typiques longtemps continuées qui préludent aux érythrodermies ultimes, cachectiques ; leur durée est prodromale, et elles disparaissent plus ou moins tôt dans le cours ultérieur quand la maladie est démasquée, a cessé d’être larvée. Tantôt, après une première phase ambiguë, insidieuse, qui consiste souvent en phénomènes de prurit, surviennent des lésions qui semblent résulter du grattage et affecter le type banal de l’eczéma, de l’eczéma acnéique ou séborrhéique ; d’autres fois, ce sont de simples taches érythémateuses, des élevures ou des nodosités vagues, une dermite, d’abord localisée autour d’une solution de continuité récente ou ancienne, etc., etc. Puis, après une durée extrêmement variable de

APPENDICE DES TRADUCTEURS

quelques semaines à quelques mois, et plus, l’affection se caractérise plus ou moins exactement, soit dans le type des dermatües exfoliantes, soit dans le type des périodes avancées du pityriasis rubra, selon que les phénomènes de dermatite ont plus ou moins d’acuité, et que la desquamation affecte le mode à larges ou à petits lambeaux.

Si l’on compare de tels cas, quels qu’ils soient, au type entier du pityriasis rubra de Hebra- Kaposi, on peut assurément faire une différenciation théorique si l’on ne dénomme pityriasis rubra que les cas dont les premières étapes sont très lentes et très prolongées, qui n’ont, à aucune période, d’autres altérations que la rougeur, la desquamation, sans infiltration considérable et avec exfoliation furfuracée, l’atrophie et la rétraction cutanées, en même temps que surviennent des phénomènes de malignité, des troubles viscéraux et des altérations organiques profondes.

Quelques cas, malgré leur durée qui peut être longue, se distinguent assez nettement à la période d’état par l’allure plus inflammatoire de la dermatite, les périodes phlegmoneuses ou eczématiques, la conservation relative de la santé, l’absence de rétraction de la peau le développement accentué des altérations des phanères et la forme de la desquamation, qui, au lieu d’étre pityriasique, est lamelleuse, plus ou moins exactement dans certains points, selon le type delà dermatite de Wilson-Brocq ; et ils constitueraient la dermatite exfoliatrice généralisée chronique de Brocq.

11 en est d’autres enfin qui, tout en ayant eu les premières phases larvées, distinctes du type du pityriasis rubra, prennent à la période d’état une allure moins irritative, desquament à petits lambeaux, s’accompagnent d’un état général grave et ne peuvent véritablement pas, dans l’état actuel de la dermatologie, être distingués sûrement. Toutes ces questions sont à reprendre par la base, ainsi que Brocq l’a très justement dit, loc. eit. — à l’aide d’observations nouvelles cliniques et histologiques faites par des médecins suffisamment prévenus des difficultés du sujet, et pourvus de la compétence nécessaire.

b) Dermatites lymphoïdes . — Dans toutes ces affections arrivées à la période d'état^ la peau est infiltrée, épaissie, trop grande pour les parties qu’elle recouvre; le prurit considérable et constant détermine des altérations eczématiformes, et quand il a de la desquamation, elle est relativement faible, accessoire, et ne prend jamais les proportions de la mue épithéliale profuse qui caractérise les dermatites exfoliantes. Mais il subsiste une très grande ambiguïté à l'égard de certaines formes érythrodermiques mal connues, lesquelles font partie de ce que nous avons appelé les éruptions multiformes pré- mycosiques, et peuvent durer à l’état torpide et larvé pendant un grand nombre d’années. — Voy., plus loin, les notes du mycosis fongoïde.

c) Dermatites liées aux suppurations profondes. — Ce sont des érythrodermies du type eczématiforme, très prurigineuses, avec épaississement dermique décidé, œdème profond, très peu squameuses; il est plus facile de les confondre avec l’eczéma rouge généralisé qu’avec une érythrodermie exfoliante.

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