CINQUIÈME CLASSE
HÉMORRHAGIES CUTANÉES
AFFECTIONS DE LA l’EAU OCCASIONNÉES l’AR DES IlÉiMORRUAGIES
TRENTIÈME LEÇON (U
Sigüification et couditious anatomiques. Formes cliniques des liémorrhagies cutanées. leur mode d’évolution, formes idiopathiques et symptomatiques. Contusions, blessures. Purpura sénile. P. variolique, rliumatisiual, simple, hémorrhagique. Scorbut. Hémophilie. Hématidrose.
Je VOUS ai parlé, à plusieurs reprises, clans le cours de ces leçons, des hémorrhagies cutanées, à propos de la variole, du zona, de l’érythème noueux. Dans ces affections, ainsi que dans certains autres
(1) Malgré le très grand intérêt dermatologique de la question des hématodermies, nous n’avons ajouté aucune note ni aucun commentaire à l’exposé très lucide et très succinct du professeur Kaposi; c’est surtout à la pathologie générale et à la physiologie, voire même à la chimie médicale, et à l'anatomie pathologique générale, que reviennent les importantes et difficiles discussions que réclament presque tous les points du sujet.
Nous ajouterons que les auteurs français ont certainement apporté dans la matière une contribution considérable; chacun pourra aisément voir les progrès réalisés en prenant connaissance du très remarquable article Purpura du Dictionnaire encyclopédiijue des sciences médicales récemment publié, et dans lequel l’auteur, Albert Matuieu,
KAPOSI, 2° ÉD. — n. 1
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processus, les épanchements sanguins dans la peau représentent des complications plus ou moins importantes; dans d’autres, elles forment ! u< le phénomène morbide le plus essentiel ou le seul qui existe. . \ÿ
Comme le nom l’indique, il s'agit dans riiémorrhagie cutanée de l’issue libre du sang par les capillaires et les vaisseaux les plus ténus de la peau. Souvent on peut admettre ou constater une déchirure (rhexis) de la paroi vasculaire, qui ouvre la voie à l’écoulement san- i i
guin (extravasation ). Dans d'autres cas cependant, le passage des corpuscules rouges paraît avoir lieu j)ar la paroi intacte des vaiss(>aiix, i. dont Stricker a démontré, il y a(|uelques années, la perméabilité pour j des corpuscules isolés et, dans ces derniers teni]>s, {)our des amas | entiers de cellules (diapédèse). Ou bien c’est seulement du sérum co- i,loré comme du sang qui peut se répandre dans le tissu, ce qui sup- (;
a fait preuve d’une connaissance approfondie, et dès longtemps mûrie, ' ' de tous les éléments de la question : nous y renvoyons le lecteur qui voudra prendre une connaissance [)récise du sujet dans son entier.
Voici, en outre, quelques indications des travaux français à consulter :
t8o8. F. IIl'riau et M. Legra-M), De lu péliose rliumalismale ou érylhèine noueux rhumatismal. — 1875. E. Laget, Etude sur le P. simplex à l'ornie exanthématique. Thèse de P<(ris. — 187G. IIayem, Ohs. d'un cas do P. liéni.,
Soc. de Biologie. — 1877. .‘t. Fournier, Du P. iodique (iodisme péléchial , | c Revue mens, de méd. et de chir. — Sept. 1882. Barthélémy, note p. serv. à l'hist. des purpuras, Arch. gén. de méd.. Déc.; L. Faisans, Des hémonti. eut. liées à des afTeclious du sysl. nerv. et eu particulier du luu'iuira myélopathique. Thèse de Paris; Du Castel, Des diverses espèces de purpura. Thèse d’ agrégation. — 1883. Albert .Mathieu, Puiquiras hémorrhagiques. Essai de nosographie générale. Thèse de Paris, et P. cachecticiiie, Arch. gèn. de méd., T. II, p. 273. E. Gomot, Du P. idiop. aigu ou lyjihus angéïo-hémaliqur. Thèse de Paris. — 1884. Henri Leloir, Contrihiitioii à réludo des puriuiras. Ann. de Derinat. et de Sgph., 2<= série, T. V, p. 1 ; .V. .Morel-Lavallée, Piupura chloroformique, eod. loc., p. 78. Paul Berne, Élude sur quelques cas i!'> purpura d'origine liaumalique, Thèse de doctorat. II. Hartmann, Sypli.li- l’I purpura, France médicale, ji. tllUI ; H. Barth, un cas de myélopalhie aigni' à marche ascend., etc., avec poussées répétées de purpura sur les memhres.aii débul, cod. loc., ]>. 5GI. — 188G. H. Hartmann et .t. Pignot, llémorrliaL'io et Syphilis, Ann. de Dermat. et tle Syph., 2' série. T. VH, p. 1. — IHf'T.
H. Martin de Gimard, Observ. s. deux cas de P. hém. suivis tle gaugrèii'’, France méd., p. 1382 et suiv.; L. Schwartz, ConIrib. à l'élude des dermo)'. bleunorrh., obs. de P. blciin., Alger médical; Hi mrert .Mollièrk, Étude clin, s. le purjuira, ,1/m. de Dermat. et de Syph., 2' série, T. VIH, p. 232. —
F. -B. Durlaix, Étude sur le Purpura, Gazette des hôpitana-, p. 1302; H. IIvrt- MANN, De Fintl. d. variations de la pression à laq. sont soumis les vaisseaux s. la jiroilucl. du P.; Immobilisation des membres et Purpura, Ann. de Dermat. et de Syph., 2® série, T. IX, ji. 702; .Vlu. Mathieu, Purpura, üid. cncyclop. îles Sc. mcd., p. 8G0.
lÙiiNKST Rks.xieb. — A. Doyox.
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jose une décomposition chimique de ce liquide à l’intérieur des vais- - seaux, la séparation de rhémoglobine des corpuscules rouges du >ang.
! Cette lésion peut être la conséquence d'une action mécanique exté- ’ieure (coup, contusion, piqûre), ou bien tenir à ce que la paroi vas- ■ulaire n’offre pas une résistance suffisante à la pression interne du pang. 11 n’en est pas ainsi quand la pression du sang s’élève d’une I jbianière générale, comme dans la chaleur fébrile et dans certaines 1 lésions organiques du cœur, mais lorsque dans des régions limitées . pe la peau la pression sur les parois vasculaires augmente par suite 1 p’un obstacle au retour du sang, par exemple dans de violents accès de toux, dans la zone des capillaires du cuir chevelu, pendant la crise d’épilepsie, aux membres inférieurs dans les cas où il existe des varices. La même cause existe dans l’élévation relative de la pression du pang par diminution de la force de résistance des parois capillaires.
' d’est ce qui se produit, par exemple, quand la paroi des vaisseaux des papilles perd son support épithélial comme dans la formation des bulles; ou lorsque la paroi vasculaire a souffert dans sa nutrition, comme çela a lieu localement dans les foyers inllarnmatoires ou par dépression nutritive générale. Il faut encore ranger dans cette catégorie les hémorrhagies par suite de la diminution de la pression atmosphérique dans les ascensions sur les hautes montagnes, hémorrhagies qui sont encore favorisées par la pression élevée du sang, sous l’influence de l’augmentation de l’action du cœur (hémorrhagie par la muqueuse nasale, les poumons, les conjonctives, les extrémités des doigts) ; et les hémorrhagies dans les ascensions en ballon dans des [•égions où l’air est raréfié; celles qui se produisent jiar diminution de la pression locale à l’aide des ventouses, etc.
L’'hémorrhagie se produit soit entre les couches de l'épiderme, soit dans les mailles du tissu conjonctif des papilles et du derme, phis rarement dans les cavités glandulaires et dans le tissu conjonctif souscutané. Dans ces cas, les éléments de tissu sont ou seulement éloignés les uns des autres, ou, si l’extravasation est abondante, en partie dediirés. Le plus souvent, les hémorrhagies cutanées se montrent sous 'orme de taches et de traînées d’étendue et de dispositions différentes, solées et assez nettement limitées.
1. Les pétéchies, taches dentelées, punctiformes, atteignant parfois la dimension de l’ongle, dont la coloration varie du rouge vif jusqu'au rouge livide, ne dépassant pas le niveau de la peau, ou peu saillantes, et ne disparaissant pas à la pression.