‹ Pathologie et traitement des maladies de la peauChapitre 91 sur 214 · V. d. llaare b. d. Virchows, Arch., 1887, t. GIX, p · texte numérisé non relu

V. d. llaare b. d. Virchows, Arch., 1887, t. GIX, p

Nous n’avons pas adopté, pour ces cas, le nom de pseudopelade pro- ■ i posé par Brocq, parce que nous n’avons pas la certitude qu’ils soient * des fausses pelades, et aussi parce que ce mot, ayant déjà été employé par B.\zin pour désigner \& pelade à cheveux fragiles, prêtait à de nou- ; velles confusions; et d’autre part, parce qu’il n’est pas seulement appli- ■ cable à une affection définie, mais à tout un groupe d’alopécies qui. i étant peladiformes, mériteraient aussi d’être appelées pseudopelades.

2° Alopécies peladiformes pseudocicatricielles irritatives. Dans cette seconde forme, pas plus que dans la première, il n’y a de cicatrice vraie, mais une atrophie pseudocicatricielle . A elle se rattache la variété dont Qüinquaüd a présenté un exemple à la réunion des médecins de l’hôpital Saint-Louis, sous le nom de follliculite épilante, décalvante et qui ne difl'ére, en réalité, cliniquement de la précédente que par la plus grande intensité du processus folliculitique, lequel ne peut pas être mis au premier plan, puisque, même dans ces formes, l’alopécie peut se produire sur des points où on n’observe pas de folliculite.

Yoici ses caractères, d’après Quinquaud : « elle occupe ordinairement le cuir chevelu, plus rarement la barbe, le pubis et les régions axillaires. Les plaques d’alopécie qu’elle produit sont irrégulières, et non pas exactement circulaires, presque lisses, polies, ofiVant à leur péri- | phérie quehiues points granuleux; la peau à leur niveau est décolorée, i blanche, comme atrophiée, et présentant en quelques points une légère î rougeur ; les plaques sont disséminées, de la grandeur d’une pièce de : 1 franc, séparées par des îlots grisâtres de cuir chevelu sain avec des touffes de cheveux offrant une résistance normale à l’épilation; à l’œil nu et à la loupe, on distingue nettement une dépression du derme et une apparence pseudo-cicatricielle. A la périphérie des plaques, ou dansies îlots de peau saine, lésions folliculeuses d’aspect divers : le plus souvent ce sont des points purulents, des sortes d’abcès miliaires du volume d’une tête d’épingle ou même punctiformes, centrés par un cheveu ou un poil qui s’arrache facilement avec la pince et qui presque toujours tombe spontanément, reposant sur un fond rouge à peine suintant, ou encore de simples rougeurs punctih)rmes, isolées, avec ou sans desquamation secondaire ; ou encore une saillie folliculaire rouge.

DIAGNOSTIC DE LA PELADE

La chute d’une série de poils voisins produit les grandes plaques d’alo- I pécie pseudocicatricielle. On ne constate ni tubercule, ni godet favique,

I ni altérations séborrhéiques.

I Le premier phénomène observé est toujours une plaque d’alopécie ; puis, à un examen attentif, on constate les lésions folliculeuses, dans lesquelles les points purulents sont toujours relativement peu nombreux et toujours isolés les uns des autres, ne prenant jamais une apparence eczématoïde comme dans les folliculites ordinaires de la barbe ou d’autres régions. L’affection peut durer très longtemps ; elle présente d’abord des poussées très intenses, puis plus tard des poussées plus légères.

La lésion histologique consiste au début en une agglomération de jeunes cellules autour et au niveau des follicules pileux dans la partie dermique; les glandes sébacées sont le siège de lésions semblables mais très atténuées, le maximum de développement de ces jeunes cellules occupe l’enveloppe connective du follicule; le derme et la couche de Malpigbi qui avoisinent les follicules présentent les mêmes infiltraj lions. Lorsque le processus irritatif a cessé, on voit se produire l’atrophie, la disparition totale définitive du follicule pileux et des glandes i sébacées.

« A l’examen bactériologique, on trouve le streptococcus pyogènes d’Ogston et de Rosenbach; mais on rencontre un microcoque sous la j forme de monococcus, de diplococcus ou en séries de quatre, de 0jx,3 ; à Og.,4 existant dans le follicule pileux, dans le sang de la région ' enflammée, se développant très bien dans l’eau de levure de bière stérilisée, donnant un léger louche très net vers le quatrième jour, et qui, inoculé à des rats, à des souris, à des lapins, ne produit pas la mort; mais, si l’on fait des frictions avec le liquide de culture sur les ' régions velues du rat, du lapin et de l’homme, on détermine des lésions des follicules avec chute des poils, n

; Toutes réserves faites sur les questions histologiques microphytiques I qui réclament discussion, nous considérons cette affection comme une variété des alopécies atrophiques, accompagnées de folliculites, et suivies de destruction des follicules, alopécies irrémédiables. Nous n’acceptons pas la dénomination de folliculites, non seulement parce que celles-ci peuvent manquer, et ne sont qu'épisodiques, mais parce que cette dénomination doit être réservée aux cas où le follicule proprement dit est intéressé dans son entier, ou encore à ceux dans lesquels l’alopécie ' est un accident manifeste de la lésion dont elle est inséparable, comme ! dans Tacné pilaire typique — Voy. Appendice des traducteurs, T. I“,

I p. 778 et suiv.

! Mais si, laissant ces cas en réalité assez rares et exceptionnels, nous |i revenons à la pratique journalière, il est une difficulté maîtresse qui I met chaque jour en échec les plus expérimentés, et qui réclame un examen minutieux, une enquête complète, c’est celle qui fait voir la - pelade où elle n’est pas et qui la fait méconnaître où elle est, c’est l’extrême fréquence, sur le cuir chevelu, d’un nombre considérable de i sujets, de taches alopéciques d’espèces très diverses, pelades au début encore frustes, reliquat définitif de pelades anciennes et éteintes, innom-

NOTE DES TRADUCTEURS

brables cicatricules ou cicatrices ayant succédé à des traumatismes ou à t des états pathologiques antérieurs, trop souvent à un traitement médical déjà en cours d’exécution, ou ancien.

Pour les cicatrices linéaires, ou pour celles dans lesquelles le tissu '

cicatriciel, saillant ou déprimé, éclate d’évidence, il n'y a pas de diffi- *

cultés, mais beaucoup de lésions dépilantes n’ont pas laissé de cicatrices 1

véritables, et l’embarras reste souvent d’autant plus vif que, sur ces (

cicatrices douteuses, végètent des poils athrepsiés bien peu distincts du poil peladique.

Certaines pelades torpides, à plaque unique, persistant en l’état 5

presque indéfiniment, sont absolument impossibles à diagnostiquer :

extemporanément d’alopécies consécutives à des lésions antérieures du . t

chorion, du périoste crânien, etc. Il fautajoLirnersonjugement, observer I

à plusieurs reprises, tenir compte de la forme de la plaque alopécique, faire des préparations histologiques du poil, recueillir les commémo- - i

ratifs, en un mot avoir recours à toutes les ressources que peut fournir i <

l’analyse clinique.

On a dit, et nous avons dit nous-mêmes, que la faible adhérence des > ■

poils autour d’une plaque alopécique, l’agrandissement de celle-ci, ' '

étaient d’excellents signes de probabilité de la nature peladique ; mais »

on ne peut s’y fier absolument.

D’autre part, des plaques alopéciques vagues, petites, depuis très longtemps stationnaires, existant souvent chez des sujets ayant eu la pelade un grand nombre d’années auparavant, mais aussi quelquefois représentant la première manifestation du mal, peuvent prendre subi- »

tement, après une longue période d’état, une marche peladique accen- j

tuée, et être le prélude de l’établissement de centres alopéciques mal- 4

tiples. I

YII. — Espèces, formes, variétés de la pelade vraie, pelades conta- ' gieuses ou non contagieuses, etc. — Nous ne compliquerons pas la question du diagnostic de la pelade en séparant, du type principal, des I variétés qui peuvent y être laissées au moins provisoirement; telles, par exemple, certaines formes dans lesquelles la disposition en aires fait place à une alopécie difi’use disposée en bandes allongées qui occu- ‘ peut symétriquement, ou non, surtout les bordures antérieures et latérales du cuir chevelu: tous les cheveux ne sont pas tombés, mais ils ’i sont clairsemés, en broussaille, la région ressemble à une vieille fourrure pelée. Quelquefois cette disposition existe seule; d'autres fois, en cherchant bien, on trouve dans le cuir chevelu des centres alopéciques petits, franchement peladiques, mais à marche torpide.

Ces alopécies devront être spécifiées plus tard, soit en raison de leur disposition régionale, do leurs particularités topographiques, du mode de lésion du poil, etc., mais le moment n’est pas encore venu de traiter ces divers points dans un ouvrage classique et élémentaire.

La monotonie clinique do la pelade, traversée seulement par des nuances que le i»raticien général ne peut vraiment posséder à fond, non moins que le caractère négatif de beaucoup de symptômes, ne per-

ALOPECIE EN AIRES. PELADE

Le pronostic est en géne'ral favorable, en ce sens que les poils repoussent ordinairement avec le temps et que le contraire est exceptionnel (I).

[ La cause de cette alopécie spéciale n’est pas encore déterminée, j Un état de faiblesse générale, l’anémie, des causes nocives locales et d’autres sèmblables me semblent être incriminés sans motif. La maladie apparaît brusquement chez des personnes jeunes comme I chez des hommes robustes, en pleine santé, et, dont la chevelure est

' mettent pas de remonter régulièrement, de la constatation des phéno- ; mènes objectifs seuls, à la notion de la cause, de la condition pathogénique; de l’agent provocateur direct, c’est-à-dire de la nature même de l’alopécie. C’est par centaines que pendant de très nombreuses années, nous avons étudié les peladiques, dans le but d’arriver à cette distinction, et que nous nous sommes entourés de tous ceux qui pouvaient ;! nous éclairer dans cette étude, et il nous est encore impossible, au vu ! d’une pelade qui commence, de dire si elle est ou non contagieuse, f trophonévrotique par raison locale ou générale, si elle sera légère ou ! intense, courte ou prolongée, si elle restera localisée au point de début,

I si elle se multipliera sur place, ou si elle s’étendra à tout le système I pileux.

Si l'expérience fournit quelques éléments de probabilités attachés aux différents cas, ils ne dérivent pas des constatations matérielles; ils résultent surtout de l’analyse générale de toutes les conditions propres au sujet et de l’étude des anamnestiques.

Voilà le lecteur averti; prévenu des difficultés qui peuvent se présenter, il saura s’entourer des garanties que fournit l’état actuel de nos connaissances; mais il saura aussi que son jugement devra souvent être réservé, et ses décisions motivées.

Ernest Besnier. — A. Doyon.

j (1) Si la pelade est chez certains sujets une maladie légère, sans I graves inconvénients immédiats ou éloignés, elle est, pour d’autres, longue, tenace, indéfinie ; à certaines périodes de la vie, dans ceri taines circonstances, l’alopécie peladique peut prendre une extrême gravité par les conséquences matérielles et morales qu'elle peut entraîner, Le médecin est toujours sûr de guérir un favique, s’il le traite ; convenablement; la trichophytie guérit spontanément dans un délai quelquefois long, mais guérit toujours ; la pelade défie toute prédiction de durée, et même de terminaison.

En fait, la proposition de fauteur est exacte parce que, aidée ou non I par le traitement, la pelade commune aboutit ordinairement à la restii tion ad integrum, complète ou à peu près.

[ Mais, toutes les fois où la lésion n’est pas très limitée, cette guérison I est lente à venir; c’est souvent par années qu’il faut compter avant de 1 fatteindre. Si l’alopécie s’étend au visage, ou env-ahit une grande j partie du cuir chevelu, elle acquiert, de ce fait, une gravité particulière, en apportant un trouble et un dommage souvent considérables au malade 1 pour des raisons matérielles et morales qu’il est aisé de deviner. Enfin,

' dans les formes décalvantes qui dénudent complètement l'individu, ces

TRE^"TE-SIXIÈME LEÇON

presque toujours luxuriante (1). L’usage interne de l’arsenic (Wyss) ne peut en être considéré comme la cause. Parmi les nombreux malades auxquels j’ai donné de l’arsenic, aucun n’a eu de l’alopécie en aires et aucun de ceux qui étaient atteints de cette affection n’avaient suivi un traitement arsenical.

On n’est pas arrivé jusqu’ici à découvrir les lésions anatomiques qui donnent naissance à l’alopécie en aires. La présence des champignons (Microsporon, Audouini-Gruby et autres auteurs) a été fréquemment admise, dernièrement encore par Eichhorst, Thin (Bacterium decalvans), Ravogli, Lassar et v. Sehlen, mais n’ajamaisété démontrée comme cause étiologique (5). Relativement aux résultats soi-disant positifs de V. Sehlen, ainsi que de ceux des auteurs cités plus haut, il faut se rappeler avec Michelson et Doutrelepont que, dans l’épiderme normal et dans les gaines de la racine des poils, on trouve de nombreuses variétés

conditions fâcheuses sont portées à l’extrême, et suffisent à briser une carrière, à rendre impossible le mariage, etc., etc.

Très fréquemment, la guérison reste incomplète; il faut toujours compter avec les rechutes et les récidives. Enfin, dans quelques cas exceptionnels, la guérison ne se produit jamais, et le patient, partiellement ou totalement, reste dépourvu de s^'stème pileux. Toutefois, même dans le cas où la calvitie peladique éburnée dure pendant des années entières, il n’est pas impossible que la guérison se produise encore, et nous ne saurions pas assigner une limite absolue à la durée de cette période pendant laquelle, malgré l’invraisemblance, tout espoir n’est i pa.« perdu.

Ernest Besnier. — A. Doyon.

(1) En dehors de la contagion, dont nous parlerons tout à l'heure — voy. p. 192, note 2, — il est vrai que 1’ « étiologie » des alopécies en aires, est très pauvre, et que l’on ne peut réunir, pour la constituer, que : l’énoncé de conditions prédisposantes ou occasionnelles, la débilité ner- < veuse, constitutionnelle ou acquise, les traumatismes locaux, etc.

Or, cette pauvreté étiologique, elle-même, que l’on retrouve dans <

toutes les afl'ections spécifiques, donne une grande vraisemblance à ;

l’hypothèse de l’existence d’un agent extrinsèque comme condition pathogénique proprement dite, dans la direction que nous indiquerons dans un instant. E. B. — A. D.

(2) Ici nul doute; le parasite de la pelade n’est pas du même ordre ' que ceux des autres teignes, et il demeure absolument inconnu.

Depuis plus de quinze ans, dans l’hupital Saint-Louis, on a surabondamment montré et démontré que tous les parasites, sans exception, ■<

successivement en France et à l’étranger considérés comme propres à la !

pelade, les parasites de M.vlysse/. et Gourrèges, de Tiiix, de Sehlen, de Robinson, etc., sont banals et non pathogènes.

Dans des publications en cours, Ni.mier — Gaz. hebd., 1890 (partie clinique) et Vaillard et Vincent, — .\nn. de l'Inst. Pasteur, même

ALOPÉCIE EA’ AIRES. PELADE

de micrococci qui ne sont pas de nature pathogène, et peuvent se 'multiplier, même en très grande abondance, dans des fragments de poils détache's et morts de l’alopécie en aires (1).

année (partie bactériologique), — ayant observé, dans un régiment, une épidémie de « pelade pseudo-tondaute » do Lailler, « pelade à cheveux fragiles « de E. Besnier, considèrent à la fois en raison des caractères cliniques — Nimier — et des caractères bactériologiques Vaillard et Vaillant — ces pelades comme parasitaires, elles rapportent à un agent microbien, cultivé pur eux, et qui serait identique au microbe de la « folliculite destructive des lésions velues » décrite par Qüinqüaud. Cette dernière circonstance, si elle se confirme, légitimement les réserves que nous avons posées — Voy. plus haut, Note des Traducteurs, p. 182, — à l’égard de la nature peladiqiie des affections dénommées récemment « follliculites épilantes, décalvantes, etc. »

En outre, depuis peu, on a émis l'idée que, tout vulgaires qu’ils étaient, ces divers microphytes pouvaient être des agents de transport de l’élément contagieux, ou bien devenir directement pathogènes par leur siège, leur abondance, leur localisation dans le follicule, ou vulgairement nocifs à la faveur de certaines conditions de moindre résistance de lieu, et de sujet; mais, est-il besoin de Je dire, tout cela ne repose sur aucune base ferme, et même ne saurait, être admis au point de vue de la micropbytie générale du système pilaire.

S’il n’est directement pilivore, alors même qu’il est extrêmement abondant et très riche botaniquement, le micropbyte n’altère en rien le poil qu’il entoure de toutes parts pendant un temps aussi long qu’on le voudra. Tels le parasite d’EiscuTEDi, micropbyte du pityriasis versicolore, le rnicrosporon minutissimwn de BuRKnART, parasite de l’érythrasma, et les parasites de la sueur rouge, etc. A peine — Balzer l’a montré dans notre laboratoire de clinique — le rnicrosporon minutlsslmum végète-t-il dans les fissures ou cassures du poil accidentelles, mais il ne détruit, ni ne dévore, ni même n’irrite en rien le poil, s’il n’envahit ses gaines, ou ne fait effraction de ses tuniques.

Si ces éléments figurés, ou d’autres inconnus, ou quelque substance nuisible au poil sécrétée par eux, peuvent être incriminés, ils ne île sauraient être à la manière dont les éléments des teignes véritables agissent sur le poil. Le poil peladique montre des troubles de nutrition pure, il est sidéré, cadavérlsé, atrophié, mais il ne présente, ni dans ses gaines ni dans ses tuniques, les traces de destruction directe que l’on observe dans la tricbophytie, où le parasite est réellement pilivore, ni les altérations complexes, à la fois irritatives et micropbytiques, qui appartiennent au poil favique. Ernest Besnier. — A. Doyon.

(1) Sur l’histoire de la mycropbytie peladique, Cf. :

Gruby. Redl, sur la nature, le siège et le développ. du Porrigo decalvans ou Phyto-alopéde. Comptes rendus de l'Académie des sciences, Paris, 1843, t. XVII, p. 301 .

Ch. Robi.n — Thèse de doctorat ès sciences. Des végétaux qui croissent sur l’homme et sur les animaux vivants, in-8“, Paris, 1847 ; 1853, Histoire naturelle

TRENTE-SIXIÈME LEÇON

Les poils et les cheveux qui tombent paraissent atrophiés dans leur partie radicale, et cassés au-dessus du bulbe. Rindfleisch seul a admis que le poil à ce niveau présente un boursoufflement en forme de nœud,

des végétaux parasites, etc., — reconnaissait avoir vérifié une partie des faits annoncés par Gruby. Sa négation du microsporon d'Audouin date de la onzième édition du dictionnaire de Nysten.

En 1858, pl. VII (A) de la seconde édition de son Atlas, IIebra admettait l’existence, dans l’alopécie en aires, du parasite de Audoüix, mais il le rejeta peu après, pour adopter la théorie de l'atrophie simple par action nerveuse. Bazin, tout en reconnaissant, 1862, que « la plus grande partie du mémoire de Groby n’était qu’un roman », avait gardé le microphyte d’.\.uDOuiN pour son usage personnel, et il en avait fait deux variétés, l’une propre à la teigne achromateuse, l'autre propre à la teigne décalvante, 1853-1858; en 1862, il réunisssait ces deux formes cliniques et microphytiques en une seule sousienom commun de pelade;et enfin en 1873, dans l’article Microsporon du Dict. enryclop., il les séparait de nouveau, limitant le microsporon à la pelade achromateuse, et créant, pour la pelade décalvante, le trichophylon decalvans.

Rolleï, Annuaire sypfi. et eut., 1859, p. 342, cit. Horand. — Gintrac, 1859, Cours de clin, et de pathol. inl., t. V. — Ri.ndkleisch, Area Celsi, Hist. slud., in Arch. f. Demi, und Syph., 4 Heft, 1869, p. 403 et pl. IV. — Purdon, Journ. of. eut. and v. dis., 1870. — Duhring, Amer. Journ. of med. sc., 1870. — Ber- GERON, Vidal, etc., Bidlet. et mém. de la Soc. mèd. des hôp., 1874, p. o4, 55, 56. — HoRAND, Considér. sur la nat. et le trait, de la pelade, in Ann. de Dermat. et de Syph., 1"'“ série, t. VI, 1874-75, p. 408, et t. VU, 1875-76, p. 3. — Malassez, Note sur le champignon de la pelade, in Arch. de Physiol. norm. etPalh., 1874, p. 203. — Courrèges, Étude de la pelade. Thèse de doctorat, Paris, 1874. — C. Bailler, Bec. clin, sur les teignes, 1878. — Leturc, Sur la nat. et le trait, de la pelade. Thèse de Paris, 1878. — Eichiiorst, Beob., U. Alop. ar., Wirchow’s Archiv., 1879, trad. franc, par Doyon, in Ann. de Dermat. et de Syph., 2« série, t. I, 1880. — Qcinquaud, Comptes rendus de la Soc. de Biol., 1879. — P. Merklen, De la Pelade, Ann. de Demi., etc., 1880, p. 260. — E. Vidal. Des pelades, in Gaz. des Hôp., 1879. — Fournier, ibidem. Leçons sur les alopécies, 1879. — Thin, On bacterium decalvans, an organism associated ivilh the destruction of the haïr in alopecia areata, Proced. ofthe Boy. Soc., 1881, et British med. Journ., 1882. — Majûcciii, Congrès de Modéne, 1882, cit. Feulard. — Celso Pellizari, 3 microfili delF epidermide normale in raporto coll area Celsi, in Bolletino délia Soc. ira i cuit, de Sc. med. in Siena, 1884. Anal, franc., par A. Sihedey, in .\nn. de Dermat. et de Syph., 2® série, t. V, 1884, p. 586. — Bizzozero, S. microf. d. épid. norm.. Gaz. diOsp., 1884. — Balzer et Dübreuilh, Übserv. et rech. sur l'érythrasma et sur les parasites de la peau à l’état normal, in Ann. de Dermat. et de Syph., 2® série, t. V, 1884, p. 597 et 661 . — V, Seiilen, zur Ætiol. der Alop. areata, WiRciiow’s .\rchiv. 1885 et Congrès méd. de Strasbourg, anal, franc., par Doyon, in .\nn. de Dermat. et de Syph., 2*^ série, 1886, t. VllL — Tiiln, .-Uop. areata und Bact. decalv. mit besonderer Berücks, d. Untersuch. von D'^ v. Seiilen, in Monat. f. prakt. Dermat., 1885. — IL Feulard, Teignes et Teigneux, Paris, 1886, p. 214. — .1. Sciiüïz, Beitr. z. .Eliol. und sympt. d. Alop. ar., Monatsh. f. prakt. Dermat., 1887, n“ 3. — E. Chamhard, article Pelade du Dict. encyclop., 1886. — A. -R. Robinson, Congrès de Washington. Pathol, und Tberap. der Alop. ar. Monatshef te fiir prakt. Dermat., 1888, n“* 9 et sq. — A. Pi.attner, Wesen und Ursuche der Alopecia areata. Inaugural-Dissertation. Cliur. 1890.

Ernest Besnter. — A. Doyon,

ALOPÉCIE EN AIRES. PELADE

auquel il attribue théoriquement la cassure qui se produit en ce point (1).

Aucune lésion visible n’existant dans les tissus, et comme nous ne connaissons absolument pas d’autre cause de la maladie, nous sommes forcés de supposer que l’alopécie en aires est le résultat d’un trouble trophique (tropho-névrose) (2), dont la cause éloignée est tout à fait obscure, puisque les personnes qui en sont atteintes ne souffrent d’aucun trouble nutritif ou fonctionnel d’un autre genre.

(1) Les lésions des poils peladiques sont, ou athrepsiques, ou nécrosiques, ainsique nousl’avons établi plushaut ; tous les caractères constatés,

I y compris le pointillé brun ou noir le long du canal médullaire, disparition de la moelle, infiltrations de bulles d’air, etc., etc., sont du même ordre, vitaux, nécrobiotiques, et sans aucun élément microphytique.

Dans les variétés à cheveux fragiles, où la nécrobiose a été subite, le I poil toujours fragmenté en courts tronçons est plutôt hyperpigmenté, et I semble plus volumineux; il n’y a ni bulles d’air, ni destruction de la [ moelle ; le poil n’a pas de renflements, et son extrémité de cassure n’est ; pas pénicillée. Il conserve toute sa consistance, et ne s’écrase ni entre les mors de la pince, ni sous la lamelle couvre-objet, caractères pratiques faciles à constater, et que nous avons montrés être suffisants pour distinguer aisément, avec sûreté, et immédiatement, le poil peladique pigmenté, du gros poil noir trichophytique infiltré de spores, avec lequel il a été très souvent confondu en raison de sa couleur, de son volume, et de sa brisure à peu de distance de la peau.

Ces deux espèces de lésions du cheveu ne sont ni différentes par la nature, ni successives dans le cycle; ce sont simplement des variétés d’un même processus nécrosique et athrepsique ; elles coexistent souvent sur une même plaque, ou coïncident sur un même sujet.

Dans toutes les pelades, le poil subit une altération de nutrition, ï laquelle ne peut dériver que d’une altération matérielle ou fonction-

! nelle de la papille. Un poil, une fois produit, peut être altéré par

un trichophyte, comme dans la teigne tondante, mais il ne peut pas être atrophié ; l’atrophie est une action vitale qui ne peut pas provenir d’une action directe sur le poil proprement dit. '

Ce n’est donc pas dans le poil que réside, pour nous, le parasite, l’agent nocif quelconque, la lésion essentielle, ni le trouble de fonction — les altérations du poil sont indirectes, terminales, ultimes — mais dans l’appareil folliculaire, — éléments cellulaires piligènes, vaisseaux sanguins, espaces lymphatiques, nerfs épidermiques — Dans cette direction, on peut àoïmQV partiellement raison à Robinson — Congrès de Washington,

\ 1887 — en ce sens qu’il a éliminé le poil de la recherche directe des

altérations primitives, et porté son attention sur les lésions du chorion.

Ernest Besnier. — A. Doyon.

(2) Le terme de « trophonévrose » n’est pas tout à fait applicable ici : nous nous bornerons à dire dystrophie pilaire; la théorie de la névrose ou delà névrite périphérique n’est pas ici en situation. Dans un cas de

! pelade, on trouve tantôt ces nerfs altérés, tantôt intacts — voy. Leloir,

j Bullet. de l'Acad. de méd., 1888, p. 490. E. B. — A. D.

Neumann a fait remarquer, avec raison, qu’outre la chute des cheveux, on a observé parfois aussi, dans l'alopécie en aires, un autre trouble de nutrition de cette partie de la peau, c’est-à-dire de l’achromotose. Ceci se voit tout particulièrement sur les aires qui se trouvent dans la barbe, car la peau environnante a ici, habituellement, une coloration normale plus foncée. L’afî'ection se montre en égale proportion chez des sujets jeunes ou adultes (1) de l’un et de l’autre sexe; rien ne permet de la regarder comme étant contagieuse (2).

(1) La pelade est plus commune chez les jeunes sujets des deux sexes que chez les adultes; elle est plus répandue chez ceux qui fréquentent les asiles et les écoles. — A notre observation, elle est plus fréquente chez l’homme adulte que chez la femme ; elle devient rare, dans la vieillesse, comme elle l’est dans la première enfance. E. B. — A. D.

(2) La négation systématique de la contagiosité des alopécies en aires, de la pelade, ne saurait prévaloir contre la réalité des faits, et quand cette négation s aggrave de suppositions semblables à celle d’Ed. Les- SER — Lehrb. d. Haut- and Geschlechlxkrankheiten, première part. Hautkrankh., 4“ édit. p. 177, 178 — qui écrit ; « la pelade n’est pas contagieuse — « nicht ansteckend » et les conclusions contraires s’expliquent le plus souvent par tles confusions avec l’herpès tensurant », — nous n’avons plus qu’à en appeler à tous les dermatologistes, et à protester au nom de la science.

Les auteurs qui formulent ces négations n’ont pas pris la peine de lire les relations françaises des épidémies de pelade dans les écoles, les collèges, les régiments, ni la relation des faits que le professeur Hardy, et nous-inémes, avons portés à plusieurs reprises, à la tribune de l’Académie de médecine. — IJidlet. de F Acad, de Méd., 1887.

Nous ne supposons pas que, quand nous parlons de pelade, quelqu’un mette en doute notre diagnostic. — ür nous affirmons, et nous avons souvent établi publiquement que la pelade se transmet du serviteur au maître et réciproquement, de la maîtresse à l’amant ou delà femme au mari, du coiffeur au client et réciproquement, des parents aux enfants et réciproquement, de l’enfant à sa classe ou de la classe à l’enfant, du régiment au soldat, du malade au médecin, et aux élèves, en particulier à ceux de l’hôpital Saint-Louis qui en conservent, sans lacune, la regrettable tradition, etc., etc.

Tous les médecins qui enseignent aujourd’hui à l’hupilal Saint-Louis, aussi bien que ceux qui y ayant vieilli en sont sortis après un long séjour, à l’exception d’OLuviER (lui n’y a séjourné que peu d’années, tous considèrent, du fait de l’observation clinique, que la pelade ordinaire, commune,’ vulgaire, celle (pLon rencontre partout dans les centres d’agglomérations, écoles primaires, asiles, ouvroirs, ateliers, couvents, pensions, collèges — Cf. P. L. To.m.rasoli, s. nat. d. Alop. ar., Bollel. d. Soc. t. i. cuit, di Sc. ined., Anno IV, n“ 10, — écoles supérieures, casernements, etc., peut se transmettre de l'individu malade à l’individu sain, c’est-à-dire être contagieuse.

Indépendamment des faits directs, n’avons-nous pas établi juscpi’àla

ALOPÉCIE EN AIRES. PELADE

Dans un beau travail expe'riinental, Max. Joseph a récemment décrit i une calvitie en forme de disques caractérisée par la chute des poils sur

dernière évidence — voy. E. Besnier, JJullet. de F Acad, de méd., 1887

— sur des faits multipliés, que la pelade, se trouve, par la plupart de 1 ses caractères, dans les conditions générales des teignes — fréquence

— variations selon les temps et les lieux — foyers — facilité avec

: laquelle on supprime ces foyers en employant les mesures de prophy-

laxie commune à toutes les teignes — inégalité de sa répartition géographique, régionale, urbaine, etc., etc.

I A qui est-il nécessaire de démontrer que tout cela est inconcilicible ! avec la théorie trophonévrotique pure, laquelle, comme toutes les tro- I phonévroses non spécifiques, devrait être ubiquitaire, et aussi commune ! à Vienne, à Berlin, à Hambourg, à New-York, à Copenhague, etc., etc.

qu’à Paris; en France aussi commune dans toutes les localités au proi rata du taux de leur population, et, dans une même ville, ou une même j armée, être égale dans tous les établissements, les quartiers, les régi- ■ ments, etc.^ etc.

La négation de la contagion de la pelade est une phase par laquelle I passent la plupart des observateurs qui abordent l'étude de cette ma- I ladie, sans tenir compte de l’expérience de leurs devanciers, ou qui i; basent leur jugement clinique sur des théories expérimentales et sur ! l’absence de parasite preuve et témoins.

La contagion de la pelade n’est pas une contagion voyante; elle n'est pas plus que celle d’aucune autre maladie, ni nécessaire, ni constante ; elle ne se fait pas également à toutes ses périodes, et tous les sujets ne sont pas aptes au même degré à la culture de son élément producteur s’ils l’ont reçu. Et comme les faits dans lesquels on voit la contagion s’effectuer sont les moins nombreux, quand on n’a pas étudié la maladie sur une assez grande échelle, et qu’on n’a pas su remonter à la source, i ou qu’on n’a pas pu (ce qui est très fréquent), on se cantonne dans la I contemplation des faits négatifs, et l’on arrive à nier, j Mais ces faits négatifs appartiennent à toutes' les maladies transmissibles. Sait-on toujours où l’on prend la gale, la phthisie, la coqueluche, ou la rougeole, et toutes ces maladies cessent-elles pour cela d’étre con tagieuses ? Les faits négatifs n’ont que deux modes de valeur ; l’un [ absolu, quand ils sont constants ; l’autre relatif, quand ils sont partiels ; or, dans la pelade, ils sont partiels et, à moins de renverser toutes les lois de la philosophie et de la raison, ils ne peuvent démontrer sa noncontagiosité. Ils veulent dire seulement que la contagiosité de celte maladie n’est pas fatale, quelle est obscure dans sa source; mais cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas, et ne saurait prévaloir contre les faits positifs qui sont produits.

Dans les consultations hospitalières, surtout pour une ville immense comme Paris, la recherche de la paternité de la pelade est extrêmement laborieuse, et c’est là où l’on peut le plus aisément faire collection de ces faits négatifs.

I En réalité, la transmission de la pelade est infiniment inégale et irré- I gulière, parfois, elle s’exerce avec une extrême facilité, tandis que, dans

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des parties symétriques des oreilles, après une section du deuxième nerf cervical au niveau de la portion périphérique du ganglion intervertébral

d’autres circonstances, elle rencontre la plus extrême difficulté : Yoici deux enfants atteints de pelade dans une institution des environs de Paris, renvoyés tous les deux dans leur famille respective. L’un d’eux contagionne immédiatement son frère. Mais l’autre enfant? 11 a été également restitué à la famille, aucune précaution spéciale, sauf le traitement, n’a été prise, et bien qu’il ait des frères et des sœurs, personne n'a été contaminé dans la maison. Voilà le paradoxe de contagiosité! Mais affirmerez-vous pour cela que ce second cas est vraiment resté stérile? Non, car si le perruquier chez lequel on a mené l’enfant se faire tondre se sert pour le public des objets qu’il vient d’employer pour le peladique, et particulièrement de la tondeuse moderne, et de la brosse banale avec laquelle nos coiffeurs frictionnent si rudement le cuir chevelu de leurs clients, i\ pour?'a infecter un plus ou moins grandnombre de personnes cjui n'auront eu aucun rapport direct avec le sujet peladique, et qui igno7'eront forcément la source où ils 07it pu contracter leur maladie. Interrogez les individus qui ont exclusivement la p'elade delà barbe, et si vous en trouvez qui ne soient pas rasés habituellement parle barbier, ou qui ne l’aient pas été peu avant le développement de la maladie, cherchez avec ténacité dans la famille ou dans les relations, même les plus dissimulées du patient, et vous n’aurez pas toujours cherché en vain.

Quelquefois directe, la contagion de la pelade semble le plus souvent être indirecte; les objets de toilette, les ustensiles du coiffeur, les coiffures échangées, les oreillers, traversins, dossiers de meubles, appuis de tête dans les voitures publiques, chez le barbier ou chez le dentiste, etc., voilà les agents de transport du contage peladique les plus habituels.

C’est par le perruquier commun, opérant sans entr’actes sur des séries de sujets, que se transmet le plus souvent la pelade, partout, mais surtout au collège ou au régiment, et cela peut prendre de grandes proportions sous l’action de la coupe mécanique moderne faite à main accélérée, à l’aide de la tondeuse.

Ce fait a été mis en pleine lumière, avec preuve à l’appui, dans l’excellent mémoire de Coustan, médecin-major au 122® d’infanterie : Épidémie de pelade achromateuse observée en 1886 à Montpellier, dont un résumé a été publié dans le numéro du 20 juillet 1887 de la lievue d' Hygiène et de Police sanitaire, p. 534. Après avoir exposé, avec les détails nécessaires, le mode d’action de la tondeuse comme agent de transmission contagieuse, Coustan ajoute que tous les .<î02«-o//?ciers, et presque tous les soldats-ordonnances (au nombre de près de cent), qui se font couper les cheveux, en ville, aux ciseaux, n’ont pas eu la pelade.

Dans l'état actuel de nos connaissances, la vérité sur la contagiosité de la pelade peut être ainsi formulée :

Parmi les alopécies en aires, lesquelles comportent plusieurs espèces il en est une, celle qui est la plus commune, que l’on observe plus fré-

ALOPÉCIE EN AIRES. PELADE

,iÿl rimental qu’une simple analogie avec l’alopécie en aires; il mérite, iî toutefois, d’être pris en considération (1).

chez des chats et des lapins. Il faut, il est vrai, ne voir dans ce fait expé-

quemment en certains pays qu’en d’autres, et à Paris avec une fréquence extrême, la pelade ou alopécie en aires commune, est transmissible par contact, ou par voie médiate.

Cette contagion ne s’opère pas dans tous les cas où ont lieu ces contacts médiats ou directs, et dans un grand nombre de cas où ils ont existé, il est impossible d’en trouver la trace, et d’en faire la preuve. Ernest Besnier. — A. Doyon.

(1) Il est excellent de rendre justice aux très belles expériences de Max. Joseph — Beitr. z. Lehre v. d. trophischen Nerven, Virchow’s Arch. Bd. 107, S. 130, et für Aetiologie der Alop. ar., Centralbl. f. d. med. Wissenschaften, 1886^ n“ 2; de V. Mibelli, Ricerche sperim. s. étiol. d. Alop. ar., Comm. prevent., Bollet. d. Soc. t. i. cuit. d. Sc. med. di Siena, 1887, n° 2; et S. Pathogenesi d. Alop. ar., Stud. crit. sperim., Mem. pr. a. R. Acad, d. Fisiocrit. di Siena, Giorn. ital. d. Mal. ven. e. d. Pelle, Fas. IV, Die. 1888 — et à la très belle observation clinique (quoique très discutable) de E. Pontoppidan — Ein Fall. V. Alop. ar. nach Operation am Halse, Monatsh. f. prakt. Dermat., 1889, t. 'VIII, n“ 2 — dans laquelle on voit une alopécie selon le type de Max. Joseph, survenir à la suite d’un traumatisme chirurgical des nerfs cervicaux supérieurs.

On ne saurait méconnaître, non plus, tout l'intérêt que présentent les observations cliniques dans lesquelles on voit se produire des alopécies en même temps que d’autres dystrophies cutanées : Cf. Senator, Combination von Alop. ar. und Vitiligo, Charité Annalen, 1889, t. XIV, p. 341 et suiv. ; Rossntral, Ueber einen Fall von partiellen Sklerod. mit Uebergang in balbseitige Gesischsatrophie comb. m. Alop. ar., Berliner klin. Wochensch. 1889, n“ 34; Schütz, Sex Falle von Alop. neur.

I Münchener. mediz. Wochenschr., n“ 19.

I Mais toutes ces expériences, et toutes ces observations, restent particularisées, et en fait, n’éclairent pas plus directement le mécanisme I intime ni la condition pathogénique vraie de la pelade commune, que la I découverte de la glycosurie expérimentale par piqûre du quatrième ventricule, etc., n’a éclairé l’histoire clinique et thérapeutique du diabète sucré.

[ Il y a des alopécies, expérimentales, chirurgicales, traumatiques; mais I celles-là ne sont pas la pelade, V alopécie en aires commune, qui pullule dans nos écoles, et accidentellement dans nos régiments, celle qu’il j s’agit précisément d’élucider.

! Il faut, sur ce point, une explication entière; la pelade commune I comporte une atrophie, ou une sidération du poil, qui impliquent ipso j facto l’action nerveuse dans le mode instrumental de l’alopécie, mais j cela ne rend en aucune , manière forcé le fait d’une lésion centrale,

1 ni d’un traumatisme préalable.

A la manière de toutes les dystrophies, les lésions atrophiques et alhrepsiques qui rendent le poil caduc peuvent avoir une pathogénie

KAPOSI, 2® ÉD. — II. 13

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La thérapeutique manque, à l’égard de cette maladie, de toute base positive et, en tant que empirique, de toute certitude; elle ne peut ni en

essentiellement complexe: leur origine peut être dans les centres, sur les troncs, ou à la périphérie; et, dans chacune de ces localisations, la source peut être matérielle, ou la nature fonctionnelle, la cause directe ou indirecte, immédiate, voisine, ou éloignée, transmise de points très divers et quelquefois très distants, réflexe, ou réfléchie.

Une commotion morale, un choc physique, une lésion traumatique ou pathologique; une altération générale de la nutrition comme dans toutes les maladies graves; divers états pathologiques du système nerveux, tabes, où nous l’avons vue coïncider avec des lésions unguéales — Cf. Arnozan, Chute spontanée des ongles aux mains et aux pieds; Pelade de la barbe et des phalangines, Soc. de méd. et de chir. de Bordeaux, 1888, Journal de médecine de Bordeaux, oOl ; 22 juillet 1888,' p. 508, De la maladie de Basedow, etc., — diverses diathèses comme la syphilis; des lésions dystrophiques pures comme celles de la morphée; peut-être enfin des irritations directes ou réflexes de la papille pilaire par des parasites inconnus, comme dans la pelade, ou par des parasites connus comme dans certaines teignes parasitaires ; tout cela, par des voies et des moyens extrêmement variés, peut réaliser un même phénomène, à savoir, la sidération de la papille nerveuse, l’altération, la suspension ou la destruction de sa fonction.

C’est toujours là où il faut en venir, et, loin de contester la nature nerveuse, ou névrotrophique, de ces alopécies, nous proclamons au contraire qu’il serait absolument impossible de les comprendre sans l’intervention du système nerveux. Dans chacune d’elles, en effet, et dans la pelade en particulier, il n’y a pas d’autres lésions que des lésions trophopathiques (pour employer le terme créé par Aubert). ^

Cela dit, et étant admis que la nervosité du sujet peut être une condition prédisposante au développement de la pelade, c'est sortir de l’observation scientifique que de conclure toujours du fait d’une émotion morale préexistante, ou d’un traumatisme, à la certitude que l’alopécie en résulte directement. L’observation, facile à multiplier, montre au contraire que, dans la pelade vulgaire, la plus commune, cette condition nerveuse propre au sujet, ou accidentelle, n’est ni nécessaire, ni constante, comme elle le devrait être si elle était univoque. L’enquête attentive que nous poursuivons publiquement depuis un grand nombre d’années sur toutes les catégories de pelades, établit que, dansla grande majorité des cas, la nervosité du sujet mise à part, aucun choc physi(|ue ou moral de valeur réelle n’est observé, et que la même étiologie banale pourrait être recueillie pour toutes les teignes.

Si l’on considère, enfin, que les affections douloureuses ou névrosiques si variées (même les plus intenses) qui frappent les parties pilaires de la tète ; que les maladies mentales et nerveuses, qui envahissent aujourd’hui la pathologie par tous les côtés à la fois, existent dans l’immense majorité des cas sans léser le système pilotrophique ; que la pelade n’est, en fait, qu’une très rare exception au milieu des traumatismes sans nombre qui attaquent le cuir chevelu, on comprendra com-

ALOPÉCIE EN AIRES. PELADE

abréger la durée, ni empêcher qu’elle éclate sur un nouveau point (1).

11 faut prescrire des applications de liquides irritants, alcooliques ou éthérés, mélangés à de petites quantités d’acide phénique, de teinture d’aconit, de cantharides, de piment, de vératrine, d’huile de

jbien il est peu absolu de conclure, ipso fado, de la préexistence ou de la coexistence de lésions physiques ou de commotions morales, à la production de toutes pièces des affections peladiques communes que l’on rencontre à chaque pas.

Pour les alopécies que l’on déclare être nerveuses pures, par cela seulement qu’elles ont été constatées immédiatement après un choc nerveux, on a oublié de remarquer que, si le poil avait été réellement séparé subitement de la papille, il serait comme un poil arraché, et ne devrait pas présenter les lésions athrepsiques que nous avons décrites, lesquelles, bien qu’à marche aiguë, ne peuvent cependant pas être instantanées. Nous récusons d’avance toute observation de pelade nerveuse instantanée, ou très rapide, dans laquelle on n’aura pas déterminé l’état histologique du poil, et établi correctement la réalité des choses.

En fait, la contradiction, au premier abord si flagrante, qui existe entre ceux qui ne voient dans la pelade que la cause nerveuse et ceux qui y joignent la condition d’un agent extrinsèque de contagion, est plus apparente que réelle, et la croyance à un certain rôle du système nerveux n’exclut pas plus l’action d’un agent transmissible qu’elle ne le fait dans la rage, par exemple, où la nervosité accidentelle, ou habituelle, du sujet a une importance égale, sinon supérieure.

Ramenée à ces proportions, l’action du système nerveux dans les alopécies en aires apparaît à sa place réelle. Tantôt, expérimentalement ou accidentellement, les lésions des centres, des ganglions, du chorion et peut-être de la papille, déterminent des alopécies figurées ou non; ■mais ces altérations ne sont pas nécessaires à la production de la forme typique de la pelade, qui peut se produire sans elles.

La cause réelle, l’agent provocateur, et son lieu d’application dans la pelade commune sont entièrement inconnus.

Mais la certitude de la contagiosité de la maladie implique l'existence d’un agent spécifique que l’on doit rechercher non dans le poil Ini dans l’épiderme ou le derme vagues, mais dans l’appareil vasculaire 1 ou nerveux de la papille pilaire.

(1) Ce jugement sommaire, cette exécution, s’appliquent seulement ,aux cas rebelles — lesquels existent dans la pelade comme dans la plus vulgaire des maladies, le psoriasis, par exemple — et non à l’ensemble ides faits. Il est possible que ces faits malheureux prédominent aux iyeux des observateurs qui ne sont pas en face de grands foyers de la maladie, mais nous pouvons affirmer que nulle part ils ne sont la majorité. Dans un grand nombre de cas, la maladie est certainement aidée dans sa marche vers la guérison par un traitement méthodique.

Enfin il y a une prophylaxie publique et privée, que nous allons I exposer à la fin de la note suivante.

TRENTE-SIXIÈME LEÇON

macis, de sublimé, de pilocarpine, de vésicatoires (Vidal), de sel de cuisine (Michelson), des injections sous-culanées de muriate de pilocarpine 0,2 sur 20, avec un régime général fortifiant et une médication tonique; on peut avoir également recours à l’électricité. Les antimycosiques: phénol, sublimé, agissent ici de la même manière que les irritants.

Il est bon d’arracher les cheveux qui ont perdu leur adhérence. Le temps du reste agit évidemment plus et mieux que tout ce que l’on peut faire (i).

(1) Nous nous inscrivons contre cette proposition. Si le temps est un grand maître dans le traitement de la pelade comme dans bon l nombre d’autres maladies, il n’en est aucune dans laquelle le temps i ne puisse être aidé par un médecin attentif et judicieux ; et il appartient « à ceux à qui les circonstances ont permis d’observer la maladie long- | temps, et sur une grande échelle, de faire part à leurs confrères du \ résultat de leur expérience.

La pelade a une médication générale, un traitement local et une pro- u phylaxie : nous allons les indiquer le plus brièvement possible.

I. Médication générale. — Quelle qu’ait été la cause, et quelle que ] soit la raison de l’état pathologique de la papille pilaire qui ait amené et qui maintienne l’athrepsie, l’atrophie, la nécrose pilaires, ces lésions, | une fois produites, peuvent être aggravées, prolongées par des condi- i! lions générales propres à l’individu malade ou, au contraire, atténuées, \ et préparées à la réparation, par les conditions personnelles du sujet \ atteint, c’est-à-dire que, bien qu’il n’y ait ni médication ni médicament t spécifiques de la pelade, il y a, dans toutes les espèces d’alopécie en I aire, des ^naïades à traiter conformément aux règles générales de la | thérapeutique rationnelle.

Sur ce point, on ne saurait trop louer Duncan Bulkley — /I clin, sludg on alop. ar. and its treafinent, The med. Record, 1889 — d’avoir traité celte question en véritable médecin, en recommandant de diriger, avec le plus grand soin, l’alimentation et la médication des peladiques, dans le but de leur fournir des matériaux réparateurs, et en les mettant dans les meilleures conditions hygiéniques — aération, séjour au bord de la mer, etc. ; aliments phosphatés et phosphorés; huile de morue, i strychnine, etc.

Ce que nous recommandons avant tout, c’est de n’avoir pas de sys- i lème ; d’examiner avec l’attenlion suffisante chaque malade en parti- i culier, et de régler son hygiène, son alimentation, et sa médication selon son âge, sa situation, ses besoins matériels, et les indications tirées de l’état de ses organes et de ses fonctions.

— Améliorer et rectifier les conditions de son hygiène générale — exercice, aération, travail — favoriser la circulation périphérique par la gymnasticpie, le massage, les frictions quotidiennes, les bains toni- <

ques, sulfureux, l’hydrothérapie, thermale, atbermale selon les cas. '

A litre général, nous n’avons que bien rarement vu les pcladicjues bénéficier de riiydrolhérapie hypothcrmale, localisée ou à distance.

Les douches sulfureuses chaudes, les eaux minérales sulfureuses, toni-

TRAITEMENT DE LA PELADE

Suite de la note des Traducteurs.

|ues, de Liichon, Cauterets, Uriage, arsenicales (la Bourboule), etc., en France, et les eaux analogues de tous les pays, les eaux salines, ferrugipeuses, les cures d’air, la suroxigénation, agissent toujours favorablenent.

Régler son alimentation et sa médication sur l’état de son type personnel, en tenant compte de la composition de ses éliminations rénales, le sa situation d’anémie, de nervosité, etc.

Employer, selon ses conditions particulières, les agents de la médilation tonique, analeptique, excitante, ou calmante — huile de morue, er, quinquina, arsenic, phosphore, strychnine, soufre, etc. Tout cela, 'églé dans les conditions d’une médication qui doit se prolonger durant îes mois, et quelquefois pendant des années.

II. Traitement local. — Le lecteur, qui sait les divergences extrêmes qui léparent les auteurs au sujet de la nature de la pelade, pourrait croire ]ue des médications très variées sont logiquement déduites de ces conâctions théoriques. Il n’en est rien : en fait, c’est dans la médication exciante directe que, sous les formes les plus variées, se résume en principe e traitement local des alopécies en aires, et cela de toute antiquité.

A la vérité, depuis Bazin, quelques auteurs choisissent, pour les appli- ;ations irritantes, des agents supposés parasiticides, mais ils n’ont pas )ris garde que ces« parasiticides » n’agissaient qu’à doses très élevées — olutions alcooliques, ou alcoolisées, de deutochlorure et de deutoodure de mercure, dosées de 1 à 5 pour 100 — et alors irritantes. ^endant plusieurs années, dans notre policlinique de l’hôpital Saintjouis, qui comprend en permanence un très grand nombre de pelaliques, nous avons systématiquement exclu du traitement de î’alo- •écie en aires tout agent dit « parasiticide » et, au premier rang, le gerçure; et rien n’a été changé à la durée quelquefois très courte, l’autres fois très longue, de l’atrichie dans cette maladie. Si c’était [éellement l’agent dit « parasiticide » qui faisait tous les frais de la ruérison, ce n’est pas en solution que l’on devrait l’employer, mais en riclion à l’aide des graisses, seul moyen assuré de le faire pénétrer irofondément, à doses massives, dans les tissus sans les irriter nécesairement; or, chacun sait que les frictions mercurielles seraient un étestable moyen de traiter l’atrichie peladique.

Nous reprendrons ce sujet plus à fond, à propos du traitement du 31VUS et de la trichophytie.

I Voici maintenant, en aussi peu de mots que possible, la conduite à înir dans les cas particuliers :

A. Cas le plus simple : Il ny a sur toute la tête, qu’une plaque de jelade : — 1® Si le malade est un homme ou un enfant, il faut tenir les heveux coupés ras, et maintenus ras, aux ciseaux, seul moyen de faire ce raitement commodément et sûrement, et le seul qui permettra la sur- [eillance exacte. Chez quelques malades, il est impossible de l’exiger jarce que, pour des raisons diverses, il leur est nécessaire de conserver ps cheveux longs pour dissimuler la partie malade. On peut, parfai-

TRENTE-SIXIÈME LEÇON

Suite de la note des Traducteïirs.

lement, obtenir la guérison dans ces conditions ; mais on ne se trouve plus dans les conditions de facilité d’exécution et de sécurité que nous venons d’indiquer.

Si les cheveux ne peuvent pas être coupés, nous considérons comme fort important d’établir alentour de la plaque chauve, dans les cheveux sains, une zone tonsurée aux ciseaux, que nous faisons entretenir jusqu’à réparation entière de la plaque.

Si la partie alopéciée — ce qui est fort rare — est entourée par des poils solides, que l’examen microscopique détermine normaux, il n’est i. pas nécessaire de prendre d’autres mesures. Mais si, — ce qui est la règle, ,!

— dans l’étendue de un ou de deux centimètres autour de la partie dé- i

nudée, il y a des cheveux peladiques, cassés, cassants, venant à la moindre ^ traction, nous prescrivons expressément de faire Vépilation de celle zone i périjihériqiie — zone de proteclion — jusqu’à ce que la pince de l’épileur *1 rencontre des cheveux solides, résistant à la traction. Cette bordure ii d’épilation faite, il est exceptionnel que la plaque chauve s’agrandisse ci ultérieurement. Si l’avulsion des poils de la bordure n’a pas été faite t avec toute l’attention voulue, on peut voir de petites dénudations par- j tielles former, à la périphérie, des centres alopéciques nouveaux, et <| faire une encoche sur la partie saine; pour réparer l’omission, il suffit ^ alors de faire une nouvelle épilation autour de ces points. :

Enfin, pour assurer la sécurité de cette bordure — zone de surveil- ' lance — tous les deux ou trois jours nous la faisons éplucher à la pince 4

— c’est-à-dire opérer de faibles tractions sur les poils courts pris dans i la piuce par bouquets. — Il est rare que l’instrument ne ramène pas quelques cheveux atrophiés, ou en voie de mue, caducs, ou décollés.

Sur la plaque alopécique, et sur la zone de surveillance, nous faisonsi tenir les cheveux sans cesse coupés ras, les follets de repousse, aussi bien que les poils solides de la périphérie. '

Ces préliminaires établis, on peut commencer avec méthode, et dansi les conditions favorables, l’application des médicaments locaux destinés, suivant la théorie, à détruire l’agent parasitaire, ou à exciter la fonction pilaire suspendue.

Tout topique irritant capable de déterminer une congestion légère di>\ derme, et une épidermite du Igpe de la rubéfaction eczématique ou, ai<\ i ])lus, de la vésication simple, ])cut être em])logé indifféremment. Nous avoiui J parcouru la série entière de la matière médicale locale, et nous pou vons parler sur ce point avec une entière connaissance de cause. Quelques auteurs prétendent que tel ou tel agent réussit plus rapidemen ■ qu’un autre, sans tenir compte de ce fait que le jugement du temp- ' nécessaire à la guérison d’une pelade est très difficile à i>oiier. Tout ai il plus, pourrait-on soutenir que les agents les plus énergi(|ues sont les plu | rapidement piligènes; mais cela, encore, sous la réserve des cas parti culiers, et en se rappelant que beaucoup de guérisons sowi spontanées ! et d’autre part que, chez certains sujets, à une période déterminée d< la maladie, et dans quelques cas, qu’ils soient modérés ou violents, tou: les topiques échouent également.

TRAITEMENT DE LA PELADE

Mais il demeure bien entendu que les irritants dont nous parlons restent dans la mesure des rubéfiants oi\ des vésicants, et nous proscrivons, pour avoir trop souvent constaté les résultats fâcheux que leur emploi,

I fait contre notre avis, avait amenés, tous les topiques capables de proi duiré la folliculite pustuleuse, et notamment l’huile de croton, la pom- !, made au tartre stibé, etc., lesquelles entre des mains inexpérimentées, et j chez certains sujets, amènent, à coup sûr, des alopécies irrémédiables.

L’application des topiques irritants variera nécessairement selon 1 qu’elle doit être laissée à l’exécution du malade, ou faite parle médecin lui-méme.

Sicile est laissée à l’exécution du malade, on peut avoir recours aux emplâtres rubéfiants, tels que l’emplâtre de thapsia, appliqué jusqu’à J rubéfaction légère, et renouvelé aussitôt que la desquamation consécu- 1 tive est effectuée. Ce moyen fort simple est excellent pour les plaques discrètes ; mais il ne doit pas être employé sur de très grandes surfaces ; à cause des irritations de voisinage qu’il peut alors produire.

Dans le cas où le malade fait lui-même son traitement, nous prescri- , vons habituellement de faire chaque matin, sur les plaques chauves et sur la zone tonsurée alentour, une friction légère avec une boulette de I coton imprégnée de quelques gouttes du liniment suivant :

Hydrate de chloral 5 grammes.

Ether officinal 23 —

Acide acétique cristallisant de 1 à 3 gr.

On obtient, par ce moyen, une rubéfaction légère qui ne risque jamais être trop énergique, et que l’on peut exercer tous les jours, ou tous les deux, trois, ou quatre jours.

Si l’aclion est insuffisante, on élève suivant les cas, pour la même formule, la dose d’acide acétique cristallisant à 2 ou à 3 grammes, et l’on a alors atteint, à ce dernier chiffre, la limite d’énergie du liniment à confier à l’application du malade.

La vésication à l’aide de V ammoniaque liquide., que l’on peut faire extemporanément, ou la vésication à l’aide des emplâtres vésicants ordinaires, ou des teintures vésicantes — Vidal, Bulletin de la Société de thérapeutique., Paris, 1883, — de la teinture acétique de cantharides de Bidet — constitue assurément une médication très active que Vidal préconise depuis près de trente ans. Après l’avoir employée, sur une très large échelle, nous ne l’appliquons plus maintenant qu’à certains cas particuliers, par cette raison que, pour les pelades à aires petites et peu nombreuses elle n’est pas indispensable, et que sur les surfaces dénudées étendues, elle ne peut être appliquée, sans inconvénients, que fractionnellement ; et aussi pour éviter les accidents locaux ou autres de la vésication cantharidienne, et particulièrement, les épidermites trop actives, les suintements concrescibles, et les adénopathies de voisinage, surtout chez les enfants. Ces réserves, nous le répétons, s’appliquent surtout aux cas dans lesquels le médecin n’a pas la surveil-

TRENTE-SIXIÈME LEÇON

Suite de la note des Traducteurs.

lance entière et quotidienne des patients, ce qui est l’ordinaire en dehors de l’hôpital.

Hallopeau — De la nature de la pelade, et des antiseptiques propres à son traitement^ Congrès de Paris, 1889 — après avoir pre'conisé le traitement par la vésication faite à l’aide de la teinture de Bidet, suppose que l’action de l’acide acétique, que nous employons sous des formes et à des doses variées, est moins active. Notre observation ne justifie pas cette proposition, la repullulation du poil est activée aussi énergiquement que possible par l’acide acétique ; la teinture vésicante de Bidet est essentiellement acétique, ce qui rapproche singulièrement les deux médications.

C’est quand il faut agir énergiquement, et au début du traitement, que nous préconisons particulièrement les badigeonnages des parties alopéciquesavec l’acide acétique qui, employé pur, constitue un moyen d’action , douloureux, mais très énergique. Jamais nous ne mettons cet agent entre les mains des malades; nous réservons son emploi pour les cas rebelles, nous l’appliquons alors à l’aide d’une boulette de coton ou d’un pinceau de charpie bien étanché, en évitant le coulage sur les parties voisines. La surface badigeonnée prend rapidement une teinte blanc d’argent, en même temps que la périphérie se congestionne vivement; la douleur, très variable selon les sujets, est toujours vive et se prolonge quelquefois dans la journée. Les jours suivants, il se produit une épidermite exfoliante, quelquefois exsudative, dont la durée dépasse celle qui suit la vésication simple, et dont l’action peut être considérée comme se prolongeant en moyenne pendant deux semaines. L’application faite, le malade peut rester pendant ces deux semaines sans avoir à s’occuper du traitement local. L’acide acétique est donc un excellent moyen d’irritation superficielle dermo-épidermique à employer aux périodes initiales, surtout dans les policliniques, où. le patient n’a à revenir qu’une ou deux fois par mois. Si le sujet est très jeune, très pusillanime, si la surface à irriter est grande, si il a une grande irritabilité tégumentaire, l’acide acétique peut être étendu, comme nous le faisons chaque jour, au moment de l’application, de chloroforme, d’éther officinal, ou de teinture d’iode, etc. Avec un peu d’habitude, on réalise facilement des agents irritatifs, gradués, selon chaque sujet particulier.

Mais dans tous les cas, à dose faible ou forte, en applications quotidiennes ou éloignées, c’est à l’acide acétique que nous donnons la préférence après avoir, nous le répétons, longtemps expérimenté, parce que c’est l’agent dont l’action sur le follicule pileux et sur la fonction pigmentaire est la plus certaine.

Cela dit pour ce qui concerne la plaque alopécique, que faut-il faire pour le reste du cuir chevelu? Bien à tort, quelques médecins ne formulent aucun précepte à ce sujet.

Il faut une surveillance attentive pour saisir, à leur début, les foyers nouveaux qui peuvent apparaître, et qui apparaissent souvent, car les différents points du cuir chevelu ne sont, en aucune manière, solidaires. En même temps que la plaque première guérit, il n’y a rien de si ordi-

Si

TRAITEMENT DE LA PELADE

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i naire de voir naître, à côté ou à distance, de nouveaux foyers peladiques.

— Dans beaucoup de cas, en outre, on verra que la totalité du système J pilaire de la tête est plus ou moins en état d’ imminence morbide — cheveux caducs, cassants, secs, s’arrachant facilement avec leurs gaines.

Pour toutes ces raisons, nous portons la plus grande attention à l’état du cuir chevelu entier, et, très ordinairement., quand la médication est exécutée avec rigueur dès l’apparition de la première plaque, il ne s’en développe pas de nouvelles.

Quand les cheveux ont pu être coupés ras, chaque matin, nous faisons laver la télé à l’eau chaude à l’aide d’un savon de goudron, d’ichthyol, de naphtol, etc., et faire ensuite une friction rapide générale avec une \ petite quantité d’un liniment alcoolique faible, tel que :

Alcoolat de lavande 125 grammes.

I ’Salol ou acide salicylique 0 gr. 05 à 0 gr. 50.

' Cette friction, chez les sujets qui ont, à la suite des applications pré- [ cédentes, le cuir chevelu squamulaire et les cheveux secs, est suivie I d’une friction huileuse légère, selon le type des formules de Lassar :

. Huile de ricin, de pied de bœuf, etc. . 100 grammes.

Salol ou acide salicylique de 0 gr. 25 à 1 gr.

Teinture de benjoin, baume du Pérou, etc. q. s. p. aromatiser.

Dans les cas les plus ordinaires, nous faisons frictionner la peau de la tête, tous les soirs, avec une petite quantité de la pommade suivante :

Baume du Pérou, acide salicylique et

résorcine ââ 1 gramme.

i Soufre précipité 10 grammes.

I Lanoline et vaseline ââ 50 —

' Chez les sujets hyperidrosiques, hyperstéatosiques, pendant la saison I chaude, au lieu de l’onction précédente, nous prescrivons une friction avec la poudre d’amidon simple, ou additionnée de 1 à 5 p. 100 de soufre précipité, d’aristol, de salol, de salicylate de bismuth, etc. i Pour les malades qui n’ont pas pu, ou qui n’ont pas voulu, couper leurs. cheveux, ces moyens ne peuvent être que rarement appliqués tous les jours; on les met alors en usage le plus souvent possible selon les cas, ou selon la saison, mais toujours au moins une ou deux fois par ! semaine.

! B. H y a sur la tête plusieurs plaques de pelade; elle en est couverte;

I elle est entièrement dénudée.

' Il y a plusieurs plaques de pelade . — La conduite à tenir est la même

que dans le cas précédent ; il faut insister davantage pour que le malade

coupe ses cheveux, et les maintienne ras pendant la durée du traitement.

On peut dissimulera peu près les plaques alopéciques, en les colorant avec le noir de fumée, l’encre de Chine, les cosmétiques noirs, et même au besoin les solutions faibles de nitrate d’argent cristallisé; il est quelquefois possible de les dissimuler complètement en collant à leur surface des rondelles garnies de cheveux de même nuance, dont l’adhérence est facilement maintenue à l'aide de la poix à perruques. Ces diverses applications ne mettent pas obstacle à la curation.

2“ La tête est couverte de plaques alopéciques. — Chez l’homme ou chez la femme, la coupe des cheveux est devenue obligatoire. On fera, pour chaque plaque, le traitement indiqué plus haut pour une aire en particulier. Les surfaces alopéciques seront soumises successivement à l’action des irritants adoptés, dont le titre sera gradué selon la tolérance particulière, et toujours maintenue selon ce principe que,pendant toute la durée du traitement^ on doit entretenir à leur niveau une irritation légère, mais permanente. Pour la bordure des plaques, les îlots de cheveux restés indemnes, on se comportera comme nous avons dit plus haut.

Dans la plupart de ces cas, le malade est obligé de porter, pendant le jour, une perruque complète; nous recommandons expressément qu’elle soit aussi légère que possible, tenue très propre, et posée non pas directement sur la peau, mais sur une petite coiffe de linge fin, et maintenue rigoureusement en état strict de propreté. Les îlots de cheveux préservés devront être toujours, ainsi que les follets de repousse, tondus ras aux ciseaux fins.

3° La tête est entièrement déymdée. — Le matin, la tête est savonnée comme ci-dessus à eau chaude, massée soigneusement à la main pendant plusieurs minutes, frictionnée en entier nsec, tes liniments excitants faibles, quartiers quotidiens si on emploie les liniments forts, et le soir, onctionnée ou frictionnée à la poudre comme il a été expliqué ci-dessus.

La durée de ces cas étant toujours longue, on devra concilier la sévérité du traitement avec les conditions particulières de cha(jue malade.

Ce sont ceux-là qui réclament le plus activement le concours de la médication locale et de la médication générale.

Ce sont les seuls dans lesquels nous ayons encore quelquefois recours à l’application des co«r««<A' co«h’/iWi- faibles, avec les précautions très soigneusement prises pour n’avoir pas d’eschare chimique. Dans aucun cas, l’emploi de l’électricité ne nous a paru avoir une importance réelle dans le traitement des alopécies en général, et de la pelade en particulier; nous n’en déduisons aucune considération sur la nature de la pelade; nous constatons simplement.

C. La pelade occupe la région velue de la face, ou s'g est étendue.

Les principes de traitement sont exactement les mêmes que pour le

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cuir chevelu, et les modifications à apporter dépendent exclusivement de la région anatomotopographique. De plus, l’irritabilité plus grande de la peau de la face, l'impossibilité de dissimuler les dénudations sans couper toute la barbe, et d’entretenir sur le visage une épidermite active, rendent les applications plus délicates.

Le visage entier doit être lavé, malin et soir, à eau chaude additionnée, pour une demi-cuvette, d’une cuillerée à café d’un alcoolat à volonté, additionné d’une substance légèrement excitante, et aromatique, et même théoriquement antiparasitaire, telle que la suivante :

Salicylate de mercure 0 gr. 05 à 0 gr. 25 cenligr.

Salol làS grammes.

Alcoolat aromatique 250 grammes.

Les plaques alopéciques limitées par une bordure d’épilation — que la barbe alentour ait été rasée, ou qu’elle soit conservée — sont frictionnées, tous les matins, avec une boulette de coton imprégnée légèrement d’un Uniment faible tel que le suivant :

Hydrate de chloral ....'. De 1 à 4 grammes.

' Éther officinal 25 —

Acide acétique cristallisant . De 0 gr. 50 cent, à 2 grammes.

Les applications sont réitérées, ou interrompues, selon l’état de la peau, de façon à la maintenir légèrement hyperhémiée et à peine excoriée, surtout s’il s’agit de dénudations étendues, lesquelles ne peuvent que rarement être restaurées avec rapidité.

E. La pelade est étendue aux membres et au tronc.

Les bains excitants, sulfureux, sulfosalins, les bains électriques, les frictions excitantes faites avec le gant de crin arrosé d’un liquide approprié :

Alcoolat de Fioravanti Alcoolat de lavande.

Salol 5 grammes.

ââ 250 grammes.

ou selon toute autre formule analogue, constituent la base du traitement local.

F. L'alopécie est ambiguë, du type des variétés irritatives.

Dans la première variété de ces alopécies innominées, la médication ordinaire delà pelade, laquelle est surtout excitante, ne convient pas; l’épilation, les applications irritantes, déterminent un accroissement de la rougeur, des folliculites, ou de l’alopécie. Nous nous sommes mieux trouvé de tenir les cheveux ras aux ciseaux, la tête soigneusement lavée le matin avec un savon d’ichthyol, de goudron ou de naphtoÉ et de faire, le soir, des onctions avec une petite quantité de vaseline sou-

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frée ou ichthyolée à 5 p. 100, ou avec une solution alcoolique de sublimé à 1 ou 2 pour 1000.

Dans la seconde variété, celle qui a été plus particulièrement décrite par Quinquaud, notre savant collègue recommande les savonnages quotidiens, la lotion faite, chaque matin, sur les plaques alopéciques avec une solution de 1 gramme de bichlorure, et del gramme de bi-iodure de mercure pour 60 grammes d’alcool, étendus de 500 grammes d’eau ; la périphérie est badigeonnée avec la teinture d’iode.

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