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PROPHYLAXIE DE LA PELADE

Suite de la note des Traducteurs.

dans toutes les agglomérations, aucun sujet atteint de pelade ne peut réclamer son admission ou sa conservation comme un droit. Cette admission ou cette conservation restent subordonnées aux résultats de l’enquête ouverte par les médecins particuliers à chacun de ces groupes.

Pour les cas où l’intéressé n’accepterait pas la décision de ces médecins, ou si ceux-ci déclinaient la responsabilité à encourir, la question serait portée devant une commission compétente nommée par l'autorité supérieure.

II. — Les mesures de prophylaxie générale doivent être dirigées de manière à protéger les sujets sains contre les contacts médiats ou immédiats avec les régions atteintes de pelade.

Les contacts immédiats seront évités, en maintenant la tête des peladiques couverte, ou au moins en oblitérant exactement la surface malade; les bonnets, les perruques partielles ou totales, les emplâtres agglutinatifs, les enduits de collodion ou de traumaticine, etc., peuvent être utilisés selon les diverses circonstances.

Sans parler de la thérapeutique à employer, qui doit être laissée à la direction absolument indépendante du médecin traitant, il est nécessaire de dire que l’exécution de ce traitement a une importance de premier ordre dans la prophylaxie générale delà pelade. Le sujet peladique, régulièrement soigné et soumis à des mesures de propreté convenables, représente le minimum possible de danger pour les sujets sains avec lesquels il peut être mis en rapport.

Con'courent au même but, tous les moyens de nettoyage et de propreté qui doivent être strictement appliqués aux peladiques :

Pendant toute la durée de la maladie, ils auront les cheveux tenus courts sur là tête; la barbe sei'a rasée ou coupée rase aux ciseaux; chaque matin, les parties malades seront exactement lavées à l’eau chaude et au savon, sans préjudice des moyens thérapeutiques que le médecin traitant j ugera utile d’appliquer et dont il conserve la plus libre disposition. Ces mesures ont pour seul but d’éliminer régulièrement de la surface de la tête tout élément qui y serait déposé, et qui pourrait être un agent de transmission; elles sont absolument de rigueur.

Il sera prudent de les continuer longtemps après la guérison confirmée, non seulement pour assurer celle-ci, mais encore pour prémunir les sujets sains contre la contamination directe ou indirecte, au cas, très fréquent, de guérison imparfaite ou de récidive.

On s’attachera avec autant de soin à mettre les sujets sains à l’abri du contact, particulièrement sur la tête ou sur la face, avec les objets ayant été en rapport avec les parties malades; on interdira et on préviendra par les mesures appropriées, soit dans les familles, soit dans les divers établissements, l’échange de coiffures, la communauté des objets de literie, parliculièrement des oreillei’s, travei’sins, lits de camp, appuis de tête divers, et l’on devra au moins les recouvrir, si l’on est obligé de s’en servir, de linge appartenant au sujet sain.

Tous les objets ayant été en contact avec la tête des peladiques seront désinfectés, sinon détruits. Cette mesure est nécessaire, même pour le peladique, qui peut être réinfecté par ses propres coiffures.

Les objets de toilette du sujet malade doivent lui être réservés exclusivement; il ne serait pas inutile d’aviser les coiffeurs que cette mesure est de rigueur pour tout client sur la tête duquel existe une plaque de pelade, maladie qu’ils connaissent très bien. Dans les agglomérations où la tondeuse est en usage, celle-ci sera momentanément abandonnée aussitôt qu’on aura

Suite de la note des Traducteurs.

constaté l’existence d’un peladique dans le groupe auquel elle sert; en tout temps, il serait bien de la désinfecter par immersion et mise eu action dans l’huile ou dans la glycérine portées à l'ébullition ; les ciseaux ordinaires pourront être aisément et rapidement flambés.

Enfin, on portera quelque attention, dans la recherche de l’origine des pelades, sur l’état des animaux domestiques.

Mesures de "prophylaxie spéciale.

III. — Chaque sujet atteint de pelade fera l’objet d'une enquête médicale qui aura surtout pour but de rechercher, par une analyse attentive du cas particulier, les conditions dans lesquelles la maladie s’est développée, ses origines probables ou certaines, et de déterminer la période à laquelle est arrivée l’affection. Son ancienneté, son état stationnaire, le bon état du cuir chevelu en dehors de la portion dénudée, sa réparation manifestement en voie d’exécution, sont au nombre des conditions qui permettront l’admission ou la conservation sous certaines réserves qui seront formulées; les circonstances opposées, le début récent, l’augment manifeste, la multiplicité des plaques alopéciques et le peu d’adhérence des cheveux alentour motiveront, au contraire, la non-admission, le renvoi ou l’isolement temporaires. Dans l’application, dont le détail va être indiqué, les règles pourront être modifiées parle médecin selon les différentes conditions et les cas particuliers et toutes les fois où il le jugera utile.

IV. — Pour les asiles et les écoles de la première enfance, la non-admission, l’exclusion, ou l’isolement effectif seront la règle, parce que la rigueur de ces mesures n’a pas pour les enfants de cet âge la même gravité que pour ceux qui sont plus avancés, et parce qu’il est impossible de compter en rien sur leur concours.

V. — Dans les écoles primaires, il sera possible d’admettre les peladiques, à la condition qu’ils demeurent séparés pendant les classes, isolés pendant les récréations, soumis à un traitement approprié et aux mesures de {)ropreté ci-dessus indiquées, enlin qu’ils auront la tête couverte toutes les fois que l’étendue et le nombre des plaques alopéciées ne permettront pas d’en faire l’occlusion effective.

VI. — Pour tous les externats, les peladeux peuvent être admis aux classes et aux cours à des conditions analogues ; la récréation et l’étude eu commun sont soumises à une surveillance particulière sous la direction du médecin de l’établissement. Les élèves auront la tête couverte par une perruque, si les plaques peladiques sont nombreuses et étendues, ou un bonnet dans les cas moins intenses.

VIL — Pour les internats, écoles supérieures, écoles spéciales, etc., la surveillance pouvant être exercée encore plus utilement que dans les conditions de l’article précédent par le médecin attaché, et l’àge des sujets ])ouvant permettre de compter sur leur concours, on ne prononcera la non-admission ou l’exclusion temporaires que rarement, et pour des cas particulièrement intenses.

Presque toujours les jeunes peladiques pourront être conservés, à la condition que leurs parents acceptent les mesures auxquelles ils devront être soumis, la surveillance et les soins du médecin de l’établissement, qu'il soit

ALOPÉCIE NÉVROTIQUE. ALOPÉCIE PRÉMATURÉE 207

ALOPÉCIE NÉVROTIQUE

On a observé des cas où l’alopécie était en relation directe avec des maladies du système nerveux, et où par conséquent elle devait être également considérée comme idiopathique ou alopécie nerveuse; on a vu des cas où les poils sont tombés dans toute l’étendue du cercle de distribution périphérique d’un nerf sensitif, dont la fonction avait été préalablement troublé,e ou détruite à la suite d’un traumatisme, ou d’une maladie spontanée, ou de lésions survenues dans les centres nerveux. Ainsi Ravaton a vu, dans un cas d’amaurose du côté droit; Romberg, dans un cas de paralysie faciale unilatérale, les cheveux et les poils tomber sur les régions correspondantes à ces affections; Gooper Tood a vu un individu perdre ses cheveux à la suite d’une commotion cérébrale, et un autre, après un coup de foudre, ses cheveux (et ses ongles) ; Deghilage, une alopécie circonscrite en connexion avec une névralgie du trijumeau. Gomme fait curieux, il faut rappeler ici que Pohl- Pincus croit reconnaître les différentes causes psychiques ou nerveuses de la chute des cheveux à l’état des « papules delà racine » des cheveux tombés, lorsqu’on regarde ces papules à la lumière polarisée (1).

Fin de la note des Traducteurs.

pris, aux récréations ou au dortoir, des mesures de précautions appropriées, et qu’ils aient la tête couverte d’un bonnet.

Si ces mesures, dont le degré sera réglé par l’intensité de la maladie, ne sont pas applicables dans un établissement en particulier,'ou aura toujours la ressource de conserver les peladiques comme externes.

VIII. — Dans les aggloméi’ations militaires, l’exécution des règlements eu vigueur permet de donner satisfaction à toutes les exigences du service et de préserver les sujets sains, ainsi que cela se pratique dans l’armée de mer et dans l’armée de terre.

Les hommes reconnus peladiques sont envoyés à l'hôpital; les suspects sont momentanément isolés et mis en observation en même temps que l’on prend toutes les mesures de désinfection et de prophylaxie appropriées, nettoyage de la tête, suspension de l’usage de la tondeuse, flambage des ciseaux du perruquier après chaque opération; interdiction des échanges de coiffure; objets de toilette particuliers à chaque homme ; surveillance des lits de camp, etc.

IX. — Dans tous les cas où des sujets peladiques, conservés par tolérance, seront devenus le point de départ manifeste de cas nouveaux, cette tolérance cessera aussitôt la constatation d’un foyer, laquelle entraîne de plein droit l’élimination immédiate de tous le.s malades.

Ernest Besnier. — A. Doyon.

(1) L’alopécie prématurée héréditaire ne saurait rentrer dans ce groupe; elle appartient, à tous les titres, au suivant, aux alopécies pré-

TRENTE-SIXIÈME LEÇON

On pourrait encore rattacher aux formes névrotiques^ idiopathiques, l’alopécie prématurée qui résulte d’une disposition héréditaire et qui est attachée à certaines familles; il en est de même de la chute prématurée des cheveux qui survient sous l’influence d’émotions morales déprimantes, des chagrins, des soucis, ou d’une activité intellectuelle excessive ainsi qu’à la suite de fréquentes migraines. Frédet a rapporté le cas d’une jeune fille de dix-sept ans qui, après avoir échappé à un danger de mort subite, a perdu en peu de jours tous les poils de son corps, qui n’étaient pas encore repoussés deux ans après cet événement.

L’alopécie prématurée symptomatique comprend les formes de chute rapide des cheveux et de calvitie qui ont pour base une altération de la substance de la peau, et en particulier des follicules pileux et des glandes sébacées. L’extension, la durée, l’intensité et la curabilité de l'alopécie tenant aux causes que nous venons d’indiquer, sont en rapport direct avec l’étendue, la durée^ l’intensité et la curabilité de la cause spéciale qui lui a donné naissance. Limitée à un petit nombre de follicules, la calvitie prend le caractère persistant dans les cas où ces follicules ont été détruits par le fait de la suppuration ou de la production de cicatrices, comme après l’acné, le sycosis, la variole, la syphilis ulcéreuse, le lupus. 11 en est de même dans les cas où, en même temps que les papilles cutanées, les papilles piliféres ont été, frappées d’atrophie par suite d’une infiltration cellulaire considérable, comme cela se voit au niveau des points qui ont été atteints dans la syphilide papuleuse, le lichen ruber ou le lupus érythémateux. C'est ce que l’on observe également enfin dans le favus et dans l’herpès tonsurant, affections dans lesquelles la pression mécanique et la végétation des parasites propres à ces affections, déterminent non seulement des phénomènes inflammatoires, mais encore diminuent l’adhérence des cheveux, en provoquent la chute, et plus tard entraînent l’atrophie des bulbes pileux et la destruction des follicules.

On observe la chute des cheveux sur une plus grande étendue que celle que nous venons d’indiquer, et même sur toute la surface du cuir chevelu, à la suite des affections inflammatoires aiguës diffuses, qui provoquent une exsudation abondante dans les couches du réseau muqueux et dans les couches épithéliales des gaines de la racine; le défaut d’adhérence et la chute des cheveux, et probablement aussi en même temps un trouble analogue dans la partie succulente de la racine

maturéesde causes diverses, dans lesquelles l’hérédité se manifeste, non pas métaphysiquement, mais par la reproduction de conditionspathologiques locales, dont l’alopécie prématurée est un résultat.

ALOPÉCIE FURFURACÉE.

des cheveux, en sont la conse'quence. C’est ce qui se produit dans l’eczéma aigu et dans l’érysipèle du cuir chevelu, qui entraînent souvent après eux, dans l’espace de peu de semaines, la chute des cheveux totale, mais généralement tempoi’aire.

Les dermatoses exsudatives chroniques, l’eczéma chronique, le psoriasis, le lichen ruber, ainsi que la séborrhée, déterminent cette forme d’alopécie que l’on appelle, à cause de la desquamation de l’épiderme qui caractérise ces affections, furfuracée ou pityriasique (1).

ALOPÉCIE FURFURACÉE OU PITYRIASIQUE (PINCUS)

Le type le plus fréquent de cette alopécie est la forme à laquelle la séborrhée donne naissance. La variété subaiguë est la moins défavorable; elle se montre à la suite de la variole, de la fièvre typhoïde, de l’état puerpéral et des pertes abondantes de sang. La séborrhée est la manifestation première, puis la chute des cheveux se produit, habituellement suivie de la guérison après quelques mois. A coté de la séborrhée, la dépression générale de la nutrition contribue vraisemblablement aussi, dans ces cas, à la chute des cheveux (2).

L’alopécie furfuracée, qui se développe progressivement A la suite de la séborrhée chronique, est plus grave : au début, c’est-à-dire pendant un ou deux ans, les seuls symptômes qui se manifestent sont ceux de la séborrhée (v. page 196), c’est-à-dire une desquamation pityriasique abondante, puis vient la chute des cheveux, qui tombent en quantité extraordinaire avec, le peigne ou spontanément. Au bout de quelques années, la chevelure est singulièrement éclaircie, composée seulement de cheveux grêles et courts; la région du front et du sommet de la tête reste dégarnie. Si l’on veut comprendre le phénomène intime qui se produit dans cette affection, il faut considérer le processus physiologique du développement et de l’accroissement des cheveux.

Chaque cheveu, pris. isolément, a une durée d’existence « typique », variable cependant, à l’expiration de laquelle il tombe, et est remplacé

(1-2) Presque toutes les espèces d’alopécie qui viennent d’être mentionnées manquent de l’individualité qui en justifie la description particulière : les unes doivent être reportées aux maladies dont elle ne sont qu’un élément ou un reliquat; les autres, secondaires à des états pathologique classés, ne peuvent être, sans produire de la confusion, intercalées dans la description du type de l’alopécie dont il va être question; celles-là même qui ont la' séborrhée comme partie intégrante de leur complexus, mais qui ne se développent qu’à l’occasion de la variole, du typhus, etc., ne doivent prendre rang qu’à la suite dans le chapitre des séborrhées secondaires. E. B. — D.

KAl'OSl, 2° ÉD. 14

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par un nouveau qui s’est produit dans le même follicule. Ce renouvellement typique des cheveux ou des poils, qui chez beaucoup d'animaux s’accomplit chaque année à des pe'riodes l’égulières, chez l’homme se poursuit d’une manière continue, mais toutefois avec des variations d’intensité qui dépendent en partie de l’état général de l’organisme, en partie de diverses affections locales. Les modifications anatomiques qui accompagnent le renouvellement typique des poils, c’est-à-dire le décollement et l’expulsion du poil arrivé à maturité et la production du poil nouveau ou jeune, ont fait l’objet d’études approfondies de la part de Heusinger, Kôlliker, Langer, Steinlin, Werlheim, Gotte, Stieda, Unna, Esoff, Ebner, Waldeyer, etc. (1). 11 [

reste cependant encore à instituer de nouvelles recherches relatives à ;

quelques points essentiels. 11 paraît certain que chaque poil isolément, J lorsqu’il est arrivé à sa maturité typique, n’est plus susceptible d’accroissement, la reproduction nouvelle de cellules épidermiques cessant alors sur la papille.

Dès que les cellules qui ont été produites en dernier lieu ont pris la consistance cornée, elles forment entre le bulbe et la papille une cloison impénétrable au suc nourricier, et le poil se trouve ainsi séparé de la papille. Dans cette séparation est compris le corps du poil avec la gaine interne de la racine qui, dans son mouvement de bas en haut, est souvent renversée en même temps que le bulbe pileux, jusqu’au niveau d’une couche unique de cellules qui revêt la papille (v. Ebnei'y; |

et la gaine extérieure de la racine est également renversée de bas en |

haut jusqu’à la hauteur d’une couche qui tapisse sans solution de conti- ) imité le fond du follicule pileux et le col de la papille. A ce moment, |

sans doute parce que la diminution de la turgescence des masses j

cellulaires qui remplissent le fond du follicule pileux entraîne égale- |

ment une diminution de la pression intérieure, à ce moment, dis-je, j

par suite de la pression maintenant prédominante du tissu qui entoure I

le follicule, la paroi du follicule pileux se trouve repoussée en dedans l|

et les masses de cellules appartenant à la paroi externe de la racine, j

qui sont expulsées, se trouvent refoulées entre la racine du poil et |j

la papille; c’est ainsi que le poil est soulevé dans sa totalité et i

repoussé dans le sens de la hauteur. L’extrémité inférieure de la •!

racine du poil, qui antérieurement otïrait une surface concave cor- i

respondant à la papille qu’elle contenait, forme maintenant, avec i

la masse cellulaire agglomérée de la gaine extérieure du poil, un ,

(1) L. Ranvier, Traité technique d’histologie, 2“ édit., Paris 1889; Edition et travaux antérieurs, etc.

ALOPÉCIE FURFURACÉE.

cône dont la pointe est dirigée en bas, d’apparence fibrillaire, et fendillé en balai (fig. 43, l).

Le poil expulsé se trouve, en cet état, arrêté un peu au-dessous du niveau de l’orifice des glandes sébacées, ou à la hauteur du point d’insertwn du muscle redresseur du poil. En même temps, le fond du follicule pileux se rétrécit et se raccourcit, parce que la membrane vitreuse est souvent plissée en dedans (v. Ebner), et refoulée en haut avec le corps de la papille. Au contraire, les gaines extérieure et moyenne (probablement musculaire) du follicule pileux, qui sont plus solidement adhérentes à leur entourage, restent à la profondeur qu’elles occupaient antérieurement, de sorte que entre elles et le corps dë la papille refoulé et saillant, le col de la papille se distend, et il survient une formation que Wertheim décrit sous le nom de calice ou tige du poil. Après un certain laps de temps, sous l’influence d’une nutrition plus active de la papille (infiltration cellulaire), il commence à se former : au-dessus d’elle un nouveau cône épi- 1 thélial qui repousse la papille à sa , profondeur antérieure, et dans la- I quelle on distingue déjà, dans la par- ! tie extérieure qui correspond à la ! zone corticale, les deux couches (de Henleyet de Huxley) de la gaine interne de la racine.

Lorsque ce nouveau cône, par suite de son développement, est remonté jusque dans le voisinage du poil expulsé, il se forme dans la partie moyenne, provenant des cellules de la voûte de la papille, un poil grêle, pigmenté et d’abord dépourvu de i moelle, en même temps que, de la couche cellulaire de la papille qui est restée dans le fond de celle-ci, se reforme la gaine extérieure de la

Coupe d’un follicule pileux pendant la formation d’un poil nouveau (d’après v. Ebner).

a. Gaines extérieure et moyenne du follicule pileux; ô, membrane vitreuse; c, papille du poil avec une anse vasculaire ; d, e, gaines de la racine, d, externe, e, interne (divisée en couche de Henley et couche de Huxley) ; f, cuticule de cette dernière; g, cuticule du poil; h, poil jeime (dépourvu de moelle); f, extrémité conique du nouveau poil; l, bulbe du poil expulsé, avec k les débris de la gaine externe de la racine également éliminée.

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racine. D’après cet exposé (Langer, v. Ebner), le poil nouveau se pro- i duit sur le fond de l’ancienne papille, tandis que d’autres auteurs supposent que celle-ci s’atrophie complètement, et qu’à côté d’elle il se développe aussi pour le poil nouveau une papille nouvelle à l'intérieur du réseau muqueux proliférant, comme dans la formation embryonnaire des poils (Steinlin, Stieda).

D’autres études sont relatives aux phases que subit le poil expulsé, ' mais occupant encore pour un certain temps le follicule.

Gotte considère ce poil, ou à proprement parler son bulbe (fig. à3, /), comme un « poil supplémentaire » né, à une certaine distance de la papille, par la proliféi’ation des cellules corticales, et se produisant d’une façon provisoire, pendant que le poil définitif s’élève de la papille. Au contraire, Unna lui donne le nom de poil de la couche pili- f gène « Beethaar » (1), supposant que le poil expulsé continue à pousser encore, pendant un certain temps, à l’endi'oit où il est demeuré, vers l’extrémité en forme de crosse, par le fait de la prolifération de la gaine extérieure de la racine qui l’entoure, couche piligène du poil > « Haarbeet », jusqu’à ce que le nouveau poil papillaire (poil secon- -i daire) arrive à rejoindre l’ancien. Esoff et Schulin adoptent la même manière de voir, avec cette différence toutefois que, d’après eux, dans les couches pilifères de la peau, il se forme également une nouvelle papille avec un follicule pileux. \Yaldeyerest également d’avis que de nouveaux follicules pileux peuvent survenir. Ces différents points sont . y encore très controversés, ainsi que certaines questions relatives, par | exemple, à l’existence de plusieurs poils avec ou sans papille (Wertheim et d’autres auteurs') à l’intérieur d’un seul follicule, et aux rapports qui peuvent exister entre le nouveau poil papillaire et les gaines i de la racine des poils supplémentaires, dont une partie tombe tandis' | f que l’autre persiste. j Lj

Plus l’existence typique d’un poil est longue, plus ce poil devient I épais et long; plus elle est courte, plus il pousse mince et grêle. De | même, quand une clievelure est forte et abondante, les papilles ||

pileuses pénètrent plus profondément dans les tissus, tandis que le i

(1) Unna appelle « Beelhnar », poil de la couche piligène (A rc//m. /'. j mikrosk. Anat., Xlî Bd.) le poil (jui s’est détaché pendant la mue et ? lequel, toutefois, n'est pas entièrement tombé, mais (jiii continue de ♦

pousser pendant un certain temps sous forme d'une simple kératinisation des cellules, dentelées, comme dans la matrice de Fongle. l.es poils (|ui poussent normalement des papilles, ou, pour mieux dire, les poils (pii se trouvent dans la première période de croissance, Unna les désigne, afin de les distinguer des autres, sous le nom de « ])oils papillaires ». !■). B. — .\. D.

ALOPÉCIE FURFURACÉE.

‘ follicule de cheveux grêles et de courte existence reste superficiel et la papille est située aune faible profondeur (v. Ebner). î La force de la chevelure, c’est-à-dire la quantité (épaisseur) et la longueur des cheveux, dépend donc de la constance du rapport de la ; durée et de la reproduction typiques de chacun des cheveux. Dans la séborrhée chronique, cette proportion est détruite sous tous les rapports dans le sens défavorable; chaque cheveu en particulier, ayant perdu de sa durée d’existence typique, est plus court, plus grêle et tombe plus tôt. D’après Pincus, la perte quotidienne des cheveux varie au minimum entre 13 et 17, au maximum entre 62 et 203; et ' même à une période où la chute des cheveux n’est pas encore très ! considérable, cet état se manifeste en ce que laproportion quantitative : des « cheveux à pointe » (cheveux de courte durée) est réellement augmentée par rapport à la chute totale de la chevelure (1).

[ Sous l’influence de l’affection séborrhéique, la reproduction du che- ' veu se fera d’une façon d’autant plus insuffisante sous le double rapport de la qualité et de la quantité, que cette affection persistera ( plus longtemps. Les glandes sébacées et le follicule pileux enlacés dans le' même réseau de vaisseaux et de nerfs (Arnstein) souffrent I d’un même trouble de nutritition. Comme dans les glandes sébacées, l’épiderme (altéré d’une façon chronique) est produit d’une manière rapide et incomplète pour le but physiologique, et se détache; alors I les gaines de la racine du poil, qui se continuent avec les cellules glandulaires, manquent d’adhérence et sont facilement expulsées. 11 en est ainsi de celles qui sont fournies par la papille et qui sont destinées à la reproduction du poil, d’où il suit que celui-ci ne se développe 'que d'une façon incomplète, c’est-à-dire qu’il ne pousse qu’un poil follet grêle, ou qu’il se forme seulement une tige épidermique peu , solide, qui reste dans le follicule pileux. Par suite de ces altérations, la papille elle-même finit par s’atrophier, le follicule se détruit et la : calvitie devient persistante (2).

(1) Cf. F. CiiiNCuoLLE, De la nat. paras, du pityriasis capitis, et de l’alopécie consécutive. Thèse de Paris, 1874.

(2) Même appuyée par les savantes observations de Pincus, la doctrine de Hebra-Kaposi sur « l’alopécie furfuracée », considérée comme une dépendance des séborrhées, — • séborrhée sèche, — est fortement [ébranlée par les recherches ultérieures d’histologie et de microbiojlogie. On peut prendre une idée générale des bases de la discussion (engagée sur ce point, en lisant le très bel article critique de Unna — Was ’Wissen vvir von der Seborrhoe? (Que savons-nous sur la séborrhée?)

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C'est ainsi que chez la plupart des hommes la calvitie prématurée se développe lentement, sous forme d’alopécie furfuracée. Chez les

Monatsh. f. prakl. Dermat., n° 15, 1887, trad. franc, par Doyon, In Ann. de Derinat., 2® série, t. VIII, 1887, n® 707 et suiv. I.

Mais la question à résoudre est encore plus complexe que ne le montrent les commentaires du savant médecin de Hambourg. Il ne s’agit pas de savoir seulement si la desquamation furfuracée provient de l’épiderme indifférent, ou de la cavité des diverticules sébacés ; si la graisse qui infdtre les squames, ou qui se dépose à la surface de la peau, vient des glandes sébacées ou des glomérules sudoripares ; s’il y a, ou non, des phénomènes de dermite, etc., etc.; si l’on trouve plus ou moins de parasites banals qu'à l’état sain, etc. ; mais, avant tout, quelle est la cause des altérations de tissu et de fonctions? Quelles sont primitives, essentielles, quelles secondaires, accessoires? En un mot, quelle est la hiérarchie des phénomènes morbides?

Il n’en est pas de la maladie de Pincus comme des alopécies accidentelles, temporaires, à évolution limitée, plus ou moins bien classées et dénommées, qui appartiennent au favus, au irickophylon, à la pelade, aux folUculites ou aux acnés décalvantes, etc., — à divers états pathologiques du cuir chevelu : eczéma stéatidrosique, hyperldrose et hyperséborrhée fluente ou concrète — aux dermatoses localisées ou généralisées : érythrodermies exfoliantes, kératoses pilaires diverses, éty/sipèle du cuir chevelu, etc., — en dehors de celles qui accompagnent la syphilis secondaire ou la lèpre, qui succèdent aux pyrexies exanthématiques, aux typhus, etc.; à la grossesse et à lu. parturition , etc.

L’alopécie dont il s’agit ici a pour base une altération propre au système pilaire de la surface du crâne ; régionale, due à des conditions individuelles et locales; et dans laquelle l'athrepsie et l’atrophie progressive du poil, et de l’appareil pilaire, constituent le phénomène essentiel ou prédominant qui, lentement ou avec rapidité, d’un pas égal ou irrégulier, progresse sans cesse vers la caducité, et la déchéance définitive de la fonction et de l'appareil.

Toujours qualifiée d'après quelques-uns de ses phénomènes accessoires : Pityriasis du cuir chevelu. Séborrhée sèche de IIebha, Alopécie pityrode, furfuracée, de Pincus; Calvitie ou alopécie précoce, prématurée, sénile, héréditaire, etc., cette affection peut être dénommée plus simplement suivant ses caractères fondamentaux. Nous l'appellerons Alopécie progressive du cuir chevelu.

Dans sa forme typique, elle représente un simple phénomène, localisé au cuir chevelu, de la régression physiologique du tégument externe qui marque les phases avancées de l'àge adulte. -Vu cours normal et régulier des choses, c'est entre la quarantième et la cinquantième année qu'elle se manifeste sur le cuir chevelu par plusieurs symptômes, dont les plus évidents sont la calvilie partielle, l'atrophie d’un certain nombre de poils, particulièrement aux sommets des angles frontopariétaux et aux régions prétem[)orales, au sommet de la tète, avec des localisations prédominantes variables chez riioinme,

ALOPÉCIE FURFURACÉE.

personnes du sexe féminin, cette séborrhée est plus fréquente, mais elle affecte plutôt la forme subaiguë. Aussi voit-on la chute des che-

chez la femme, et, dans les deux sexes, selon les individus. En même temps, quelques phénomènes qui n'existaient pas passaient inaperçus, ou étaient très légers, se montrent, sont remarqués, ou s’accroissent notablement; les sueurs locales sont plus faciles, la desquamation épithéliale devient plus sensible, la graisse libre déposée à la surface de la peau, plus abondante. Il y a du prurit, et du grattage inconscient. Tout cela, très léger, lentement progressif, éclaircissant lentement la chevelure, ou la reculant peu à peu dans ses insertions antérieures; et persistant jusqu’aux extrêmes limites de l’existence, sans pi-oduire la dénudation complète des régions antérosupérieures, sans calvitie proprement dite, et en respectant plus ou moins complètement la demi-circonférence postéro-inférieure, l’occiput, la nuque, et les régions occipitotemporales. C’est l’alopécie du cuir chevelu progressive, simple, sénile. Quelques. sujets échappent à cette loi et conservent, bien au delà des délais, une chevelure uniforme, à peine éclaircie, toujours serrée et solide ; ils sont en minorité.

Mais, d’autre part, chez l’homme, bienayantle plein de l’àge d’adulte, en pleine jeunesse, et quelquefois même dans la jeunesse première, chez des sujets de conditions vitales très diverses, on voit se développer sur le mode suraigu, aigu, ou subaigu, une alopécie tout à fait pareille, occupant les mêmes localisations que celles de la calvitie sénile, avec une mue plus accentuée, des éliminations furfnracées, stéatosiques, plus actives, qui assimilent, en peu de temps, dans les cas sévères, ces tout jeunes gens, ou ces hommes jeunes, aux hommes sur le retour, aux hommes vieillis, aux vieillards, et dénudent, quelquefois jusqu’aux limites les plus extrêmes, la zone antérosupérieure du crâne, qui apparaît éburnée, lisse, grasse, luisante, et plus ou moins complètement glabre.

C’est l’alopécie du cuir chevelu progressive, survenue avant l’àge, anticipée, prénmturée, précoce.

C’est en vain que l’on a cherché à réduire à une condition univoque la lésion instrumentale qui préside à cette alopécie, et à subordonner les uns aiix autres les divers phénomènes dont la réunion la constitue. Les plus grandes variétés individuelles se présentent, au contraire : en même temps que se fait l’atrophie pilaire, l’ascension du poil, son expulsion, il peut exister de l’anidrose ou de l’hyperidrose, de la séborrhée ou de l’astéatose, de la desquamation pityriasique ou un état lisse; le cuir chevelu peut être dans ses conditions normales de nutrition apparente, ou au contraire en état permanent de subirritation, tolérant des applications les plus énergiques, ou ne supportant pas les plus anodines.

Les altérations du poil sont précoces, sa croissance est plus lente, son adhérence s’ébranle promptement; dès les premières périodes, l’implantation radiculaire du poil, qui tombe ou qui cède à la moindre raction, est devenue superficielle ; il est manifeste que sa nutrition

veux se répéter plus souvent chez elles, mais chaque fois ils se repro-

est primitivement compromise. A la vérité, il ne s’agit pas exclusivement, pendant toute l’évolution, du simple trouble fonctionnel de la papille pilaire, de l’athrepsie du poil; on voit intervenir des phénomènes connexes — altérations des gaines épithéliales, de l’enveloppe connective du follicule, du chorion interfolliculaire, de la glande sébacée annexe, de l’infundibulum pilaire, de l’appareil stéatidrosique (sudoral), et de l’épiderme interfolliculaire, qui peuvent activer la nécrobiose, l’atrophie, la désarticulation, l’expulsion, la mue, mais qui ne la produisent pas directement.

D’autre part, à un degré variable suivant l’ancienneté, les lésions proprement dites sont constantes : hyperkératose infundibulaire, encombrement corné du canal pilaire, chorionite scléreuse cirrhotique, endartérites oblitérantes, atrophie et tension avec adhérence dermique profonde accrue, glandes sébacées- atrophiées ; hypoderme accru, glomérules sudoripares hypertrophiés, abondance anormale de spores banales, etc.

Mais la précision cesse quand il s’agit d’établir la hiérarchie et les rapports réciproques de ces lésions, à ce point que l’on ne saurait dire si la maladie est une .hyperidrose ou une hyperstéatose, une parakératose, une dermite avec endartérite scléreuse, une épidermite, et si la jjlupart des lésions fermes ne sont pas consécutives, secondaires, à l’atrophie pilaire. Elles sont, en tout cas, si peu accentuées, au débuts qu'on a pu ne pas les y rencontrer, ou les méconnaître. Dans aucun cas, elles ne semblent liées aux altérations des nerfs cutanés que Leloir, — llech. clin, et anal. path. sur les aff. eut. d'orirj. nerv., Paris 1881, — a toujours trouvés sains.

Au milieu de la diversité des éléments symptomatiques qui peuvent être observés au cours de l’alopécie atrophique, et qui, selon les cas, les sujets, la saison, les périodes, etc., prédominent dans l’un ou dans l’autre des éléments de l’appareil pilaire et du système anatomotopographiqoe — épiderme corné et muqueux, glandes sébacées et sudorales, follicule, derme et épiderme interfolliculaires — le phénomène constant reste l'atrophie progressive du poil, marchant symétriquement vers la destruction définitive, et inévitable à brève ou à longue échéance. 11 est vrai que les phénomènes accessoires, péripilaires, desquamation sèche, astéatose, hyperidrose ou hyperstéatorrhée, irritation dermique avec rougeur, prurit, tension, etc., sont loin d’être sans action sur l'activité du processus atrophique, et que le traitement qui les atténue ou qui les supprime, ralentit l'activité du processus alopécique, mais il ne l’arrête pas plus (lu'il ne le produit.

11 n’existe pas de rapport régulier ni constant entre ces deux ordres de phénomènes. Cliacun d’eux, mené à un degré intense, peut amener la chute momentanée du poil, mais non son atrophie progressive, et chacun d'eux peut exister à un degré considérable sans produire l’alopécie. Le pityriasis pilaire, où la desquamation est excessive, le psoriasis, l'eczéma, etc., n’ont pas l’alopécie atro])hi(iuo progressive

ALOPÉCIE FURFURACÉE. 217

I duisent; c'est pour cette raison que la calvitie est beaucoup plus rare I chez les femmes (1).

dans leur symptomatologie régulière ; la chevelure la plus solide est souvent encombrée pendant de longues années par une desquamation j qui reste inoffensive, si elle ne provient pas de l'infundibulum pilaire, j ou du diverticule sébacé.

Le trouble primitif de la fonction piligène, altération essentielle de |i nutrition de la papille pilaire, nous apparaît donc, au milieu de j la complexité des phénomènes qui l’obscurcissent, comme le carac- ' tère propre de l’alopécie simple progressive ; toutes les autres manifestations symptomatiques n’étant que le résultat d'une même cause première, et ne représentant que des conditions apparentes, mais non l’élément pathologique essentiel.

L’alopécie simple progressive affecte des rapports étroits avec les Il alopécies dues à la séborrhée, à l’hyperidrose, à la dermo-épider- I mite spéciale qui constitue l’eczéma séborrhéique de Unna ; elle se ' complique de la germination accessoire de parasites divers encore incomplètement connus, — parasites du pityriasis de Malassez, de l’eczéma séborrhéique de Unna, etc., — mais elle peut exister en i dehors de toutes ces conditions, et elle ne se confond pas avec les f affections qu’elles déterminent.

Malheureusement, cette conception, bien que basée sur une observation précise, ne peut pas être appuyée par un thème de différenciation catégorique, et par un énoncé de signes pathognomoniques directs.

Pour établir un diagnostic et nn pronostic, il faut s’appuyer sur le sexe et sur l’âge du sujet, sur ses antécédents d'hérédité, et sur l’absence I de rapport exact entre les lésions, les troubles de fonctions, et l'alo- ! pécie proprement dite.

I Si le cuir chevelu est nettement atteint de dermite eczémateuse du I type de l’eczéma séborrhéique de Unna, d'hyperidrose excessive, i de séborrhée huileuse ou concrète abondante, c’est à chacune de ces altérations de tissu, ou de fonction, que doit être rapportée l’alopécie. I Mais si, chez un homme encore jeune, et surtout chez un jeune homme, avec une desquamation, une séborrhée ou une hyperidrose légères, sans signes de dermite proprement dite, on voit se développer régulièrement, et symétriquement, une alopécie atrophique rapide i ou lente, qu’elle attaque la région frontale, les régions temporales,

I ou qu'elle débute par le sinciput, il n’y a guère de doute, il s’agit de ; l’alopécie atrophique papillaire simple pj'écoce; il n’y en a pas davantage sur le diagnostic d’alopécie sénile prématurée, si le sujet a atteint ' la quarantaine, et s'il présente des caractères analogues à ceux qui viennent d’être décrits.

Enfin, à partir de cinquante ans, époque normale de la déchéance confirmée du tégument externe, l’alopécie sera régulièrement dénommée alopécie atrophique progressive sénile.

Ernest Besnier. — A. Doyon.

i (1) Chez les jeunes filles, chez les jeunes femmes, et chez les j femmes encore jeunes, on voit rarement se produire des phéno-

TRENTE-SIXIEME LEÇON

Mais dans des cas isolés, même chez des femmes, j’ai observé pendant des années avec des phénomènes de séborrhée anémique ou d’anémie générale, chez des personnes stériles, une alopécie à marche progressive continue, avec raréfaction, amincissement et diminution de la poussée ultérieure. Michelson a vu également l’alopécie étendue à toutes les autres réglons du corps et des poils (alopécie pityrode généralisée).

Nous ne pouvons passer sous silence que pour l’alopécie furfuracée il faut tenir compte, comme étiologie (G. Bœck), des cocci et des bactéries qui existent dans les squames de la peau (Malassez, Balzer, Bizzozero, etc.) (1).

mènes analogues à ceux qui constituent l'alopécie progressive simple, tandis qu’on observe également dans les deux sexes Veczi’ina s(H)orrhéique et les séborrhées ou les hyperidroses dépliantes. Cette seule différence suffirait bien à montrer que l’alopécie simple progressive est indépendante des conditions extrinsèques; que l’on ne saurait en faire une affection parasitaire; et qu’elle est bien une altération propre de l’évolution.

Chez les jeunes tilles et chez les jeunes femmes, il est, en outre, très fréquent de voir se produire, généralement en rapport avec des troubles de la fonction menstruelle, ou de l'hématopoièse, avec des lésions utérines, etc., des mues alopéciques, des alopécies temporaires qui se distinguent très nettement de l’alopécie atrophique simple par leur généralisation, leur durée limitée, et leur guérison ordinairement facile à l'aide de moyens appropriés locaux et généraux, mais qui s’accompagnent des mêmes phénomènes éventuels de desquamation, d’hyperidrose, de séborrhée, etc.

Mais, à partir de la quarantième année, l’atrophie progressive commence à se montrer très commune chez la femme, dénudant les régions temporales incomplètement mais symétriquement, et ayant le sincipiit pour lieu d'élection régulier, y déterminant une tonsui'e atrophique à développement excentrique et progressif.

Passé l’àge de la ménopause, après la cinquantième année, l'alopécie progressive diffuse devient plus accentuée ; son développement régulier commence avec l'àge de retour qui, sous plus d'un rapport, uniformise les deux sexes. E. B. — A. D.

(1) Le rôle des spores banales, ou autres, dans l’alopécie progressive du cuir chevelu, peut être actif sans cesser d’être accessoire, c’est-à-dire secondaire à d’autres altérationsvitales préalables — Voy. L. ]\[.\l.\ssez. Note sur le champignon du pityriasis simple, Arch. de Physiol., 1874, p. 4ol ; Note sur l’anat. patti. de l’alopécie pityriasique, eod. ann. et eod. loc.,j). K),'); et Sur le pityriasis capitis et l'alopécie pityriasicpie, Progrès médicaf 1877, p. 882. — Les spores, bien que banales, dit ce savant observateui-, existent dans l’alopécie précoce plus abondantes peut-être (pie partout ailleurs, et si abondantes qu’on ne saurait se l’imaginer avant d’en avoir vu des préiiarations inicrosco-

ALOPÉCIE FÜRFÜRACÉE.

Sous le rapport anatomique, les cheveux qui tombent ne présentent rien d’anormal. Ils semblent avoir été cassés clans leur partie radiculaire, leurs fibres paraissent souvent dissociées, ils sont grêles. La peau atteinte de calvitie s'altère avec le temps comme dans l’alopécie sénile.

piques soigneusement faites. Mais il reconnaît expressément que l’action de ces spores ne se produit que si elles sont déposées sur un terrain favorable.

« Si, dit-il, les spores Irouvent ces coiidilions propices — sujets arthritiques — elles se multiplient avec une extrême activité; elles s'infiltrent dans la couche cornée de l’épiderme qu’elles dissocient et divisent en lamelles. En même temps, l'irritation que leur présence détermine dans les tissus amène l’état vésiculeux des cellules épidermiques, nouvelle cause de desquamation. La cause du pityriasis serait donc double ; externe par l’ensemencement des spores, interne par la prédisposition à être envahi par ces spores. Le mécanisme serait double également ; action directe des spores s’infiltrant entre les cellules épidermiques, réaction du tissu épidermique dont les cellules deviennent vésiculeuses. »

Dans leur très remarquable mémoire intitulé : Obs. et Rech. sur l'érythrasma et sur les parasites de la peau à l’état normal — Ann. de Dermat. et de Si/phil., 2® série, T. V, 188-i, p. 597, Ofil et suiv., — F. Balzer et Dübreuiui déclarent la spore banale non pas seulement par son ubiquité à la surface de la peau, mais encore parce qu’elle pullule partout où existent en abondance les produits de la « séborrhée ».

« Pour conclure, disent ces auteurs distingués, nous croyons pouvoir admettre que la spore de Mal.vssez résulte de la fermentation des sécrétions de la peau, et plus spécialement de la sécrétion sébacée. Elle joue un rôle important dans l’évolution du pityriasis capitis, en exagérant l’irritation de l’épiderme et des glandes, et entretient ainsi les causes qui l’ont produit. »

En attendant plus de lumière des progrès de l’histologie pathologique du cuir chevelu, et de la bactériologie pilaire, il est prudent de s’en tenir à ces constatations, et de considérer la spore de Malassez, ou autres microphytes du même ordre, comme nuisibles à l'appareil pilaire préalableynent altéré, mais incapable de produire, à eux seuls, les altérations qui leur sont attribuées. Malgré les rapports de l'alopécie progressive du cuir chevelu avec l’eczéma séborrhéique de Unna supposé parasitaire, nous pensons que la vérité est dans la direction que nous indiquons, et dans laquelle on se garde de confondre les véritables parasites du poil sain, favus, trichophyton, etc., avec les parasites du poil altéré, au nombre desquels la spore de Malassez.

Nous pensons toujours, comme l’enseignait notre savant collègue E. Vidal en 1877 — Du pityriasis. Progrès médical, 8 sept. 1877, p. 088, — que l’alopécie progressive est une affection atrophique de cause vitale. Les éléments parasitaires, ainsi que la « séborrhée », etc., peuvent jouer un rôle considérable chez les sujets qui présentent la disposition préalable, prédisposition organique locale de déchéance pilaire. Aucune des recherches faites sur l’homme, aucune des expé-

220 TRENTE-SIXIÈME LEÇON

La description que fait Pincus d’un processus « induratif » est tout à fait obscure (1).

Le pronostic est meilleur dans les formes aiguës et subaiguës de l’alopécie furfuracée, et pendant les premières années de son existence; plus tard, il devient défavorable (2).

Les causes de la séborrhée du cuir chevelu qui donne naissance à l’alopécie ont été déjà mentionnées en partie. L’anémie spontanée ou consécutive à des maladies aiguës et chroniques qui affaiblissent la constitution, la chlorose chez les femmes, le gastricisme chronique et

rimentations sur les animaux, tels que les cobayes ou les lapins, n'intirme le fait d'observation qui montre, dans l’alopécie progressive du cuir chevelu, une affection primitivement liée à des conditions à'évolution de tissu organique. Ernest Besnier. — A. Doyon.

(1) C’est au contraire avec la plus grande clarté que Mal.vssez, loc, sup. cif., a exposé les phénomènes de ce processus, qu’il compare à la cirrhose des glandes dont le canal a été obstrué. Dans l’alopécie progressive, l'obstruction du canal pilaire serait produite par l’encom- ^ brement de l’infundibulum, rempli de cellules desquamées en raison de l’irritation produite par l’accumulation et la germination des spores banales. Cette kératolyse de l’infundibulum produirait un

« véritable bouchon épidermique », lequel fait obstacle à la sortie normale du cheveu, et d’où il résulte, dans les parties profondes du follicule, une irritation qui se manifeste d’abord, par l'hypertrophie ascendante et concentrique des parois folliculaires, puis amène, en dernier lieu, l'oblitération de presque tout le follicule.

L’obscurité réside surtout dans l'interprétation des phénomènes, dont la simplicité théorique ne répond pas à l’observation des faits poursuivie cliniquement: Non seulement il est peu vraisemblable que la siiore banale « irrite » l’épiderme primitivement ^ et qu'elle pullule avant que celui-ci ne soit altéré; mais encore le cheveu est compromis bien avant que ne soient produites les altérations éburnées du derme, qui apparaissent plutôt comme un phénomène concomitant, une suite, un reliquat. 11 ne saurait être contesté que les lésions irritatives du derme et de l’épiderme, que la présence des spores accumulées, que les lésions fonctionnelles ou matérielles des glandes sébacées ou sudorales jouent un rôle dans la destruction de la fonction pilaire, mais aTicune d'elles n’est suffisante pour produire la maladie ; elles appartiennent au mode pathogénique de l’alopécie, mais n'en représentent pas la cont^/'ô'on pathogénique véritable. E. B. — A. D.

(2) Le pronostic motivé de l’alopécie progressive du cuir chevelu ne doit être porté qu’avec la plus grande réserve, surtout dans les premières phases. Non seulement le diagnostic est souvent difficile à établir, et quehjuefois impossible momentanément, entre l’alopécie progressive, quelques alopécies atrophiques consécutives aux maladies générales, et l'eczéma séborrhéique ; mais encore ce diagnostic étant établi, les conditions individuelles, l’état général de la santé, l'hygiène

ALOPÉCIE FURFUIIACÉE.

i l’anémie chez les hommes, les cachexies tuberculeuse et cancéreuse, |i sont en général les causes éloignées de cette affection (1).

[ Comme la diathèse syphilitique peut aussi, dans sa marche ulté- I rieure, déterminer la séborrhée et l’alopécie, on pourrait dans ce cas ! donner à cette dernière la dénomination d’alopécie syphilitique.

' locale et les interventions théi’apeutiques, établissent tant de différences entre les cas divers, qu’il sera rarement prudent de prophétiser.

A égalité, la condition héréditaire, l’état « arthritique », l’obésité, l’hyperidose, la dysgastrie, le surmenage, l’obligation professionnelle I de porter longtemps des coiffures lourdes ou non ventilées, costumes I militaires, casque, etc., constituent des circonstances adjuvantes.

Chez presque tous les sujets, on peut affirmer qu’une hygiène générale et locale bien dirigée, un traitement approprié, pourront reculer, t quelquefois à beaucoup d’années, l’échéance delà calvitie: mais il est des cas véritablement malins^ dans lesquels tout échoue, et il n’en est aucun dans lequel on puisse affirmer qu’il s’est produit une guérison ' réelle. L’alopécie progressive du cuir chevelu vraie., aboutit à la cal- |i vitie à une échéance qui peut être reculée, mais qui n’en est pas moins I inévitable. Ernest Besnier. — A. Doyon.

(1) La condition première qui préside au développement de l’alopécie simple progressive du cuir chevelu, réside dans la disposition individuelle du sujet atteint, débilité ou irritabilité particulières du système pileux de la tête, faisant partie de la constitution de l’individu, transmissibles par hérédité, constitutionnelles au sens vrai et exact du mot.

: Elle peut accompagner les états diathésiques les plus divers, mais elle

' est surtout commune dans la série qui comprend « l’arthritisme » de Bazin — alopécie arthritique — dans la diathèse congestive.

; Les conditions secondes, accessoires, adjuvantes, excitantes, sont I fort nombreuses; aucune n’est capable à elle seule de produire la maladie; mais elles doivent être recherchées avec soin, car elles constituent la base des indications thérapeutiques ; c’est en les combattant ! que l’on peut arriver à retarder plus ou moins considérablement l’échéance de la calvitie inévitable.

Dans l’hygiène générale de l’individu, on a noté avec raison l’action des conditions dépressives, excès de travail, veilles habituelles et prolongées, excès vénériens, pertes séminales; le sujet que cela intéresse devra être averti du rôle que ces conditions peuvent avoir dans l’évolution de l’atrophie progressive du cuir chevelu.

L'hygiène locale irrégulière entre aussi, pour une part, dans la mai’che des altérations ; le manque des soins de propreté du cuir chevelu, son irritation répétée par des topiques de mauvaise qualité, les coiffures lourdes, mal ventilées, surtout si elles sont portées en permanence ; la tension exercée par elles sur le cuir chevelu quand elles sont trop étroites ou trop serrées, etc., etc.

Ernest Besnier. — A. Doyon.

TRENTE-SIXIÈME LEÇON

Quelquefois l’alopécie résultant de la séborrhée envahit en même temps les sourcils et la barbe, ou bien elle atteint exclusivement l’une ou l’autre de ces deux régions, mais ce n’est qu’exceptionnellement qu’elle s’étend sur toute la région du cuir chevelu en un temps relativement court (forme maligne de l’alopécie pityrode, Michelson).

Le traitement de l’alopécie furfuracée doit avant tout être dirigé contre la séborrhée qui lui donne naissance. Avec de l’huile, on ramollit les masses squameuses par des lotions, puis on les enlève avec de l’eau de savon; ensuite on applique une ou deux fois par jour sur le cuir chevelu, avec un pinceau, de l’alcool additionné d’acide phénique ou d’acide salicylique (1 sur 200), de vératrine (0,50 sur 200), de teinture de benjoin (1 sur 200), de baume du Pérou, d’éther sulfurique ou d’éther pétroléique, en ayant soin de faire une ou deux fois par semaine un lavage avec l’esprit de savon de potasse, suivi d’une douche froide. Dans les cas où la peau est congestionnée, il est bon de faire des applications de teinture de bouleau, ou de pâtes de soufre et d’alcool, d’huile et de naphtol ou d’alcool. Pour combattre la sécheresse de la peau à laquelle ce traitement donne souvent lieu, il faut faire des onctions avec des pommades contenant du tanin, de la quinine, de la teinture de cantharides, du piment, de la vératrine, de l’huile éthérée, du précipité blanc, etc...

Parmi ces pommades, les plus usitées sont la pommade dite tanoquinique et la pommade populaire de bourgeons (résine) de peuplier. Voici quelques formules :

Précipité blanc, 0,50; onguent émollient, 50; teinture de benjoin, 1; huile de roses, 3 gouttes.

Ou la pommade de Dupuytren :

Moelle de bœuf, 73 ; extrait de quinquina préparé à froid, 10 ; teinture de cantharides, jus de citron, ââ 3 ; huile de cèdre, bergamotte, ââ 10 gouttes.

Dans ces derniers temps, on a beaucoup vanté (Schmitz) la pilocarpine muriatique, en injections sous-cutanées, comme favorisant le développement de la cheveliu'e.

En coupant les cheveux court, sous prétexte de leur donner de la force, on n’obtient pas du tout le résultat désiré; aussi faut-il dissuader les femmes de couper leurs cheveux.

En outre du traitement local, il faut s’adresser aussi aux causes éloignées de l’alopécie, la séborrhée, la chlorose, l’anémie, le gastricisme chronique, que l’on combattra par le régime et par des médicaments tels que les ferrugineux, les amers, l’arsenic, les cures de lait et de petit-lait, parles eaux tliermales en bains et en boisson, les bains de rivière et de mer, le séjour des montagnes pendant l’été, etc.

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