ATROPHIE PROPRE DES POILS
Toutefois, ce n’est qiTaprès plusieurs mois d’un traitement convei nable et bien dirigé que l’on peut attendre la guérison (1). j On peut désigner sous le nom à.' atrophie propre des poils, l’altération destructive qui intéresse le corps même de ces organes. Cette atrophie survient, à titre secondaire, à la suite des maladies du folli- I cule que nous avons mentionnées, et, d’une manière plus directe, par le fait de la dissociation des éléments du poil qu'entraîne la présence ; des champignons dans le favus et l'herpès tonsurant. Les cheveux
il (1) Quelques détails complémentaires sont nécessaires pour établir j les bases du traitement de l’alopécie progressive du cuir chevelu, et I être en mesure de saisir les différentes indications qui se présentent en pratique.
Lorsque l’on a réglé l’hygiène générale du sujet atteint, et recherché, dans les conditions locales, ce qui pourrait être défectueux, irritant, ou nuisible mécaniquement, il ne reste plus qu’à instituer le ï traitement proprement dit.
Aucun médicament n’est spécifique; mais on sait, à n’en pas douter, que l’arsenic et le fer apparaissent dans le système pilaire, quand ils I sont introduits pendant un temps déterminé dans l’organisme; de là,
I l’indicâtion très logique de prescrire ces deux médicaments, alternativement, à doses faibles et tolérées, mais longtemps prolongées.
Localement, aucune médication n’est applicable indifféremment à tous les cas, et la prescription faite par le médecin doit toujours être motivée par un examen attentif de l’état local.
Les cheveux seront tenus aussi courts que possible, ne fût-ce que j pour faciliter cette surveillance, en même temps que la propreté de la I région, et l’application des agents médicamenteux.
Si le cuir chevelu est sensible, irritable, hyperhémie, on fera tenir la tête en bon état de propreté à l’aide de lotions faites avec de ! Teau un peu plus que tiède, après avoir frictionné le cuir chevelu avec ' un jaune d’œuf étendu d’eau; répété deux ou trois fois par semaine, ce nettoyage élémentaire suffit à tenir le cuir chevelu en bon état; et il ■ est bien supporté sans exception, il ne laisse pas à sa suite de sécheresse locale.
Si, au contraire, la tête ne présente pas de traces d’irritation, ou n’est pas irritable, il est plus simple de se servir des savons doux, et particulièrement du savon blanc amygdalin, savon médicinal, réduit en pou- I dre impalpable, et mélangé à la quantité suffisante de glycérine pour en faire un mélange crémeux.
Quelques sujets enfin supportent les lavages au savon ordinaire, et même aux savons médicamenteux, au goudron, au naphtol, à l’ichthyol, etc., ce qui rend l’application plus aisée. On pourra procéder par gradation en commençant par les nettoyages au jaune d’œuf, pour arriver plus tard aux savons simples ou médicamenteux.
Chez quelques sujets, les seuls moyens, généraux et locaux, que nous j avons indiqués sont suffisants pour ralentir considérablement le pro- I cessus définitif, et pour amener une situation stationnaire dont beau-
ÏREÎMTE-SIXIEME LEÇON.
deviennent ternes, secs et se cassent (dans l’herpès tonsurant) au-dessus de leur point d’émergence. On peut rapporter à cette même affection la sécheresse et la perte du hrillant des cheveux que l’on observe chez les phtisiques et chez les individus atteints de flèvre.
Le fendillement spontané des cheveux constitue une forme idiopa-
coup de malades se contenteront. Sous leur action, on voit diminuer progressivement les quantités de cheveux perdus chaque jour, l'adhérence être plus solide, le prurit disparaître, et la mue épithéliale devenir insensible.
S’il en est autrement, si le bénéfice obtenu est éphémère, l’indication de la médication locale se présente, et varie selon qu’il y a de la desquamation sèche, de la desquamation sébacée, grasse, une hyperidrose positive.
Dans le premier cas, on obtient, généralement, un effet avantageux des applications grasses additionnées de soufre, d’acide salicylique, de résorcine, d’ichthyol, de goudron, de baume du Pérou, de naphtol, etc., en proportions variées selon la tolérance individuelle.
Nous recommandons, le plus habituellement, la préparation suivante :
Acide salicylique, résorcine, baume du Pérou, dâ 0,50 à 1 gr.
Soufre précipité 5 à 10 grammes.
Lanoline et vaseline ââ 50 —
On fait, le soh\ sur la peau de la tête, une friction légère avec une petite quantité de cette pi’éparation ; et, le lendemain matin, la tète est lavée à l'eau chaude, à l’aide d’un des procédés de savonnage indiqués ci-dessus.
Si au contraire, pendant la saison chaude, ou en toute saison, le cuir chevelu est gras, humide, mouillé de sueur pendant la nuit, nous prescrivons, le soir, de faire sur la peau de la tête une friction avec une poudre inerte, amidon et iris de Florence, amidon simple, ou additionné d’aristol, de salol, de soufre précipité, ou de salicylatc de bismuth dans les cas où l’hyperidrose et l’hyperséborrhée coïncident.
Le lendemain matin, le lavage de la tête est fait comme ci-dessus, toujours de façon à ce que le malade puisse n’être, en rien, gêné pendant le jour par la médication.
Lorsque les phénomènes accessoires : dermite, séborrhée, desquamation, hyperidrose, ont cessé, ou s'ils n’existent pas, on peut avoir recours aux applications légèrement excitantes employées, tons les jours comme simples soins de toilette, ou à intervalles réglés.
Le soir ou le matin, à sa convenance, le malade lave la tête à l’eau chaude avec un savon d’ichthvol, denapiitol, ou de goudron, etc., puis il passe sur le cuir clievelu, après avoir séché, un petit fragment d’éponge imprégné d'un alcoolat à volonté, auquel on ajoute des (luantités, qui doivent toujours être très faibles, de teinture de can-