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On a tenté, pour la tuberculose, l'utilisation pratique de cette méthode diagnostique La valeur n en a pas été établie jusqu’ici avec la précision désirable.

La méthode, au contraire, a donné des résultats très importants pour le diagnostic du bacille de la dysentérie épidémique. La spécificité de ce microbe, découvert en 1888 par Chantemesse et Widal à l’autopsie d'un malade qui avait succombé à une attaque aiguë de dysentérie, a été reconnue par un grand nombre d'auteurs, quand Shiga eut montré que ce bacille était agglutiné par le sérum des individus qui avaient subi une attaque sévère ou prolongée de dysentérie (Kruse, Flexner, Strong, '\ edder,

Fig. 41. — Dysentérie bacillaire de l’homme. Point A de la figure précédente vu à un grossissement de 45o. On distingue dans la muqueuse la présence de petits bacilles dysentériques.

et Duval, Pfuhl, Drygalsky, Chantemesse, Vaillard et Dopter, Broïdo, Rathery, etc.). Le sang des patients atteints d'une autre variété de dysentérie, — la dysentérie amibienne — n’agglutine pas ce bacille (Osler).

L’étude des substances capables d’agir sur les éléments étrangers au sang (microbes, toxines, cellules animales), matières qui existent dans le sang normal et surtout qui s’y développent à la suite de la pénétration dans le milieu sanguin de ces éléments étrangers, a été poussée 1res loin depuis quelques années. On a reconnu que ces substances pouvaient èti e

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fort nombreuses cL qu’elles présentaient entre elles des différences marquées.

Celle que l’on trouve dans le sérum normal et aussi dans les leucocytes d’où elle s’échappe, substance inconnue dans son essence niais qui a beaucoup de rapport avec les diastases — elle est détruite par le chauffage à 55° — avait été désignée tout d'abord sous le nom d humeur bactéricide. Plus tard Buchner l’appela alexine; on la désigne actuellement sous le nom de cytase (Metchnikoff), de complément (Ehrlichj. hile est différente, comme nous l’avons vu, de l’agglutinine — qui résiste à 53° — et aussi de la substance dite préventive. Au sujet de cette dernière.

Fig. 42. — Dysenterie ulcéreuse du chien provoquée par l’inoculnlion sous-cutanée du bacille de Chantemcsse-Widnl. (D’après Vaillard et Dopter.)

les travaux récents ont apporté beaucoup de renseignements. Le sérum d’un animal qui a reçu des injections de vibrions cholériques contient non seulement de la cytase ou complément qui disparaît avec le vieillissement ou parle chauffage à 55°, mais il renferme aussi une autre matière très spécifique à l’égard deces mêmes vibrions, matière qui résiste à 53° et à laquelle on a donné le nom de philoeytase ou fixateur (Metchnikofî), de corps intermédiaire (Ehrlich), de sensibilisatrice (Bordet). Ce rt’esl que lorsque cette sensibilisatrice a pu agir sur les vibrions, et les impressionner, que la cytase peut à son tour agir énergiquement sur ces mêmes microbes pour exercer sa fonction bactéricide. — Par conséquent, la dissolution des vibrions exige pour se réaliser que le sérum contienne et delà cytase et du fixateur. Si l’on dépouille le sérum de sa

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cytase — par le chauffage à 55° — il continuera à renfermer du fixateur qui impressionnera les microbes, mais ceux-ci ne seront pas détruits, faute de cvtase. 11 suffira d’ajouter à ce sérum chauffé un peu de sérum ordinaire non chauffé, c’est-à-dire muni de sa cytase et toutefois incapable à lui seul de détruire les vibrions, pour restituer au sérum chauffé la cytase dont il avait été dépouillé. Ce sérum renfermera donc de nouveau les deux éléments, cytase etfixateur, nécessaires pour constituer la lysine elles vibrions seront rapidement dissous.

Dans un sérum normal et surtout dans un sérum de vacciné, il y a donc une substance bactéricide ou lysine (mélange de cytase et de fixateur), une substance préventive (fixateur), une agglutinine et, parfois dans certains sérums, une substance anti-toxique qui résiste à 55° et qui est capable de se combiner dans l’organisme vivant et même in vitro avec la toxine correspondante qu’elle neutralise. On désigne encore sous le nom d 'anticorps ces substances spécifiques des sérums anti-microbiens et anti-toxiques.

M ais les sérums ne renferment pas seulement des substances qui sont toxiques à l’égard des microbes ou des produits microbiens ; ils peuvent contenir, soit à l’état normal, soit le plus souvent à la suite des vaccinations, des poisons cellulaires ou cytotoxines susceptibles d’agir sur les cellules animales. 11 existe des cytotoxines naturelles, par exemple celles

que l’on trouve dans le sérum des murénides et qui portent leur action sur différentes cellules des mammifères. Les cytotoxines provoquées artificiellement sont très nombreuses et gardent le caractère d’être strictement spécifiques. On les fait apparaître dans le sang d’un animal en lui injectant des cellules déterminées d’un animal d’espèce différente (Belfanti et Carbone, Bordet). Les cytotoxines sont tout à fait comparables aux bactériotoxines, c’est-à-dire qu’elles sont capables cl' immobiliser les éléments mobiles tels que les spermatozoïdes ou les épithéliums à cils vibratiles, d'agglutiner les cellules et de les dissoudre. Injectées à lorte dose à des animaux neufs, les cytotoxines se montrent des agents de destruction des cellules correspondantes; à faible dose, elles agissent plutôt à la façon d’excitants de ces mêmes cellules (Metclmikoft). Comme les bactériotoxines, les cytotoxines renferment de 1 agglutinine, de la cytase et du fixateur et chez elles également la cytase qui disparait par le chauffage à 55° ou par le vieillissement n est pas spécifique, tandis que l’agglutinine et surtout le fixateur le sont manifestement. On a pu, en injectant au cobaye du sang défibriné d autres espèces animales, préparer divers sérums hémoloxiques spécifiques poui l’animal qui a fourni les hématies injectées (Bordet, Metchnikofi, Erlilic h et Morgenrolh), ou encore à l'aide de procédés analogues, des seiums

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leuàotoxiques (MetchnikolF, Besredka) des sérums spevmoloxiqu.es (MelclmikofF), névrotoxiques (Delezenne), néphrotoxiques (Lindeinann), surrénotoxiques (Bigart el Bernard), lrichoioxiqu.es (von Dungern), hépalotoxiques (Delezenne), etc.

Enfin, en injectant peu à peu à des animaux des sérums doués de ces toxicités diverses et spécifiques, on a pu faire apparaître dans le sérum des vaccinés un contre-poison de ces cytotoxines, par exemple, une anti-spermoloxine (MetchnikofF) etc..

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