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CHAPITRE III

LEUCOCYTES. MODIFICATIONS PATHOLOGIQUES.

De tous les éléments morphologiques du sang, le leucocyte est le plus sujet à subir des changements de qualité et de quantité. Jusqu’à ces derniers temps, n’étaient considérées comme anomalies que les variations numériques de ces globules. Aujourd’hui les modifications de la morphologie des leucocytes du sang fixent vivement l’attention. Le terme « globule blanc », « leucocyte » est le nom collectif donné à plusieurs espèces de globules sanguins, de forme distincte, qui ont comme caractère commun d’ètre nucléés, de nager librement dans le sang, et enfin d’ètre dépourvus d’hémoglobine. Malgré l’extrême multiplicité des recherches poursuivies dans cette voie, il est encore impossible d’établir une classification définitive de leurs diverses variétés.

La notion de l’importance du rôle du globule blanc en pathologie date d’un demisiècle et elle doit sa démonstration à Virchow (1845). Dans le sang des leucémiques, ce savant découvrit la présence d’un nombre anormal de ces éléments, et remarqua que beaucoup d'entre eux se distinguaient par la petitesse de leur diamètre et par certains caractères de leurs noyaux. Il observa tantôt la prédominance de cellules blanches ordinaires, et tantôt celles de petites cellules que nous appelons aujourd'hui les lymphocytes.

L'année suivante (1846), Warthon Jones constata les mouvements amœboïdes des leucocytes. En 18G0, Max Schultze signala, dans le sang frais de 1 homme, divers aspects morphologiques de ces cellules : formes petites et moyennes à un seul noyau, formes multinucléaires, avec des granulations fines ou grosses. Il distingua plusieurs variétés : des cellules très petites, ayant un diamètre égal ou même inférieur à celui d une hématie, avec un gros noyau entouré d’une couche très mince de protoplasma finement granuleux et capables de donner de courts prolongements rétractiles ; de grands globules, pourvus de un, deux, trois noyaux, présentant un diamètre supérieur à celui d’une hématie, doués de mouvements amœboïdes très nets et contenant des granulations réfringentes très fines ; de gros globules, semblables aux précédents par la forme et les propriétés du noyau, mais dont le protoplasma renfermait de grosses granulations très fortement réfringentes.

Ces divers éléments étaient pour Virchow les représentants des phases

succès-

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sives cl’un même développement; les globules k noyaux multiples étant les plus avancés en âge. Cependant, en 1870, Ranvier, étudiant les globules à noyau visible de l’axolotl, constata que nombre de ces cellules, qui semblaient posséder plusieurs noyaux, n’en portaient en réalité qu’un seul, mais contourné; il fit aussi k ce sujet une découverte importante en physiologie, celle des réactions différentes que présentent, sous l’influence de l'iode, les granulations des globules de la lymphe et du sang, chez les batraciens et les mammifères. Les matériaux de ces substances étant, d’après lui, des produits élaborés par l’activité propre du leucocyte, celui-ci devait être considéré comme une glande unicellulaire, douée de mouvement.

La classification d’Ehrlich et de Kourloff (1878-1880), basée sur la fixation des couleurs d’aniline par les granulations protoplasmiques, correspond en partie à la classification de M. Schultze ; les cellules à grosses granulations de ce dernier sont les éosinophiles d’Ehrlich. Les granulations leucocytaires axant été considérées par Ranvier comme des produits de sécrétion cellulaire, Ehrlich adopta cette idée.

Grâce aux réactions histochimiques on distingue aujourd’hui dans le sang de l’homme les types suivants de leucocytes :

i° Lymphocytes. — Cellules petites, à noyau relativement très volumineux, arrondi et quelquefois un peu incisé en forme de bissac, prenant fortement les couleurs basiques.

Autour du noyau s’étend une couche de protoplasma finement granuleux, mince autour des plus petits éléments, un peu plus abondante autour des autres (moyens mononucléaires). Le protoplasma est basophile ; il l’est parfois avec une telle, intensité qu’on a distingué une variété spéciale de lymphocytes dont le protoplasma se teint intensivement (mononucléaires opaques d’Hayem).

20 Grands mononucléaires. — Cellules assez volumineuses dont le protoplasma est clair, abondant, légèrement basophile. Le noyau de ces éléments est assez pauvre en chromatine ; sa forme est un peu variable, ronde, ovalaire, réniforme, parfois un peu contournée (formes dites intermédiaires aux lymphocytes et aux grands mononucléaires).

Parmi les mononucléaires du sang de l’homme, on rencontre, très rarement dans le sang normal, plus souvent dans des conditions patho-

Fig. 43. — Globules blancs du sang normal examinés sans coloration. — (a) lymphocyte ; — (é) leucocyte mononucléaire ; — (c) leucocyte polynucléaire avec granulations éosinophiles ; — (il) leucocyte polynucléaire ; les fines granulations du protoplasma sont dites neutrophiles ; — (e) globules rouges. Grossissement 1 000.

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Fig. 44. — Lymphocytes petits et grands et globules rouges ou érythrocytes. — Grossissement 1 000.

logiques, un élément dont le protoplasma et le noyau sont très fortement basophiles. Le noyau est arrondi et présente à son centre un gros nucléole chromatophile : c'est la Plasmazelle.

3 0 Polynucléaires. — Cellules petites ou grandes, à noyau déchiqueté, lobulé ou encore divisé en plusieurs amas réunis entre eux par de petits filaments de substance nucléaire (Ranvier). Ces éléments sont donc, non des polynucléaires, mais des leucocytes à noyau polymorphe. Les fines granulations de leur protoplasma, difficiles avoir sans coloration, présentent une affinité tinctoriale manifeste pour le mélange « neutre » d’Ehrlich, qui les teinte en violet, d’où le nom de granulations neutrophiles. Ehrlich les a désignées sous le nom de granulations s : elles sont en réalité à la fois acidophiles et basophiles ; elles se rapprochent donc beaucoup de la granulation amphophile que l’on trouve dans le sang du lapin (granulation [3 d’Erlich).

Très différente du polynucléaire ordinaire, bien qu’elle ait un noyau multiloké, la MaStzelle d’Ehrlich est rare dans le sang, à l'état normal.

Son protoplasma est fortement vacuolisé et renferme des granulations qui, après fixation par la chaleur, sont incolorables par le mélange neutre d’Ehrlich. En revanche, les granulations de la Mastzelle sont basophiles (granulations y d’Ehrlich) et se colorent d’une façon métachromatiqueen violet, sous l’influence des bleus basiques. Levaditi a décrit dans la Mastzelle des granulations hétérochromatiques, colorées en rouge par les colorants acides, tels que l’éosine, et dont la signification resle problématique.

4° Éosinophiles. — Cellules à noyau polymorphe, formé d’ordinaire de deux masses nucléaires distinctes, réunies ou non pai un mince filament chromatique. Leur protoplasma contient de grosses gianula tiens réfringentes (granulation a d’Ehrlich), acidophiles, piése niant une affinité encore plus marquée pour l’orange G que pour 1 éosine. La pie

Fig. 45. — Leucocytes mononucléaires. Les uns sont dépourvus de granulations («). Les autres possèdent des granulations basophiles fines (b) ou basophiles grosses. Ces derniers sont appelés leucocytes gras ou Mastzellen (c). — Grossissement iooo.

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mière couleur les teinte en orangé, la seconde en rose et le mélange neutre d’Ehrlich en rouge brique.

En dehors du sang, dans le tissu conjonctif, on trouve des cellules chargées de granulations et tout à fait analogues aux leucocytes. Les unes contiennent parfois des granulations graisseuses teintes en noir par l'acide osmique, les autres des granulations colorées en brun acajou par l’iode ( dépôts de glycogène signalés par Ranvier/. On y rencontre aussi les clasmatocytes de Ranvier et les Mastzellen d'Ehrlich. Les clasmatocytes s’observent surtout chez les batraciens urodèles, dans la membrane conjonctive péri-œsophagienne. ils se présentent sous la forme de cellules allongées à prolongements protoplasmiques fragmentés, isolés les uns des autres ou reliés par de fins filaments. On pense que ces éléments représentent des globules blancs servant à la nutrition des tissus et immobilisés momentanément pour ce rôle dénutrition. En effet, si l'on irrite la membrane péri-œsophagienne, ces clasmatocytes disparaissent pour faire place à de nombreux leucocytes et si, à l’exemple de Ranvier, on place en chambre humide de la lymphe péritonéale, on assiste à l’immobilisation des globules blancs et à la formation de prolongements. Il est vrai que Ranvier n'a jamais constaté in vitro la fragmentation de ces prolongements.

Chez les mammifères on constate la présence de cellules qui rappellent les clasmatocytes des batraciens ; elles ont un aspect fusiforme et sont parfois fragmentées. Ces cellules sont probablement les mêmes que les Mastzellen d'Ehrlich. Ces dernières se rencontrent en abondance dans la lymphe péritonéale du rat ; elles sont farcies de granulations qui prennent vivement la coloration du bleu de méthylène; elles ont un aspect lusiforme et se voient dans le tissu conjonctif, autour des vaisseaux. On les trouve également dans la lymphe et plus rarement dans le sang. Dans l’état actuel de nos connaissances, on ne peut encore identifier les clasmatocytes et les Mastzellen ; les premiers ont pour caractère particulier la fragmentation de leur protoplasma, les secondes la présence de leurs granulations basophiles. Cependant on peut rapprocher les clasmatocytes des Mastzellen, le corps des premiers prenant sous linfluence des colorants bleus basiques une coloration violet rouge, identique à celle des granulations des Mastzellen traitées de même façon (Marchand, Jolly).

L’accord n’est pas fait sur l’origine des diverses variétés de leucocytes. Les nombreuses hypothèses émises à ce sujet peuvent être classées en deux catégories : pour les unes, tous les leucocytes proviennent d’une seule variété génétique primitive : les lymphocytes, ceux-ci aboutissant aux diverses formes existantes par complication ou adaptation fonctionnelle progressive. Pour d’autres, il existe deux formes principales de globules blancs : les lymphocytes et les mononucléaires à gros noyau, d oii dérivent les autres variétés, par différenciation progressive du noyau et du proloplasma. La première opinion est défendue par Ouskoff et son école ; elle a réuni dernièrement les suffrages de Galland, Arnold et A. Frankel. La seconde hypothèse est celle d’Ehrlich, de Kourloff, de Ribbert, de Dominici, etc. C’est à elle que nous nous rattacherons, nous basant sur notre expérience personnelle.

LEUCOCYTES

Il est certain que bon nombre de leucocytes polymorphes et polylobés proviennent des mononucléaires, qui se transforment en avançant en âge ; ce fait a été constaté par l'étude histologique de la suppuration aiguë. Il faut ajouter immédiatement que tous les mononucléaires n aboutissent pas à constituer des leucocytes à noyaux polymorphes.

La transformation des mononucléaires en leucocytes à noyaux polymorphes est suivie de changement dans leurs fonctions; peu mobiles autrefois, ils acquièrent des mouvements amiboïdes très vifs et un pouvoir phagocytaire énergique. Le polymorphisme du noyau des leucocytes peut donc être, jusqu’à un certain point, considéré comme l’expression de leur adaptation aux conditions nouvelles de la vie qu ils vont mener. En effet, il se rencontre parfois dans 1 organisme, dans le sang ou dans les tentes lymphatiques, des substances étrangères, des

particules en suspension. Les lymphocytes et les gros mononucléaires, peu mobiles, passent en faible quantité des ganglions lymphatiques dans le sang, ou du sang dans les lentes interstitielles, à travers les parois capillaires, tandis que les leucocytes polymorphes, doués de propriétés particulières, dites chimiotactiques, de mouvements amiboïdes énergiques et aussi d’un pouvoir phagocytaire intense, sont capables de manifester à un haut degré un mouvement progressif à l’encontre des substances étrangères à l'organisme.

Deux variétés de leucocytes se rencontrent chez tous les vertébrés ; ce sont les lymphocytes, petites cellules possédant un gros noyau et une couche protoplasmique très mince, et les gros monucléaires. Quant aux polynucléaires, c est-a-dire aux leucocytes à noyau polymorphe, on n’a pu encore les découvrir dans le sang de tous les animaux. Chez les mammifères adultes, ces formes de globules blancs polylobés sont plus fréquentes que les autres. L’inverse se constate chez les animaux à sang (roid. Le sang de la plupart des amphibies, des poissons et des reptiles contient plus de mononucléaires que de leucocytes polylobés. Il résulte des recherches faites pai Mme Svirskaïa-Podwyssolskaia dans le laboratoire de Metchnikolf, que le sang des toi tues et des crocodiles sains ne contient point de leucocytes à noyau polyinoi plie. Seule, la moelle osseuse de la tortue renferme quelques rares cellules blanches dont le noj au

Fig. 47. — Leucocytes en état de karyolyse. — Grossissement 1 000.

Fig. 46. — Divers aspects du leucocyte dit polynucléaire, ou plus exactement du leucocyte à noyau polymorphe. — Grossissement i ooo.

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revêt la forme d’un H de chiffre, sans prendre toutefois une apparence polymorphe bien nette. On ne trouve pas de telles cellules chez le crocodile, même au. moment de l’hyperleucocytose énergique provoquée par l'injection de toxine tétanique.

La vieillesse des leucocytes se traduit par un signe morphologique,

rallongement et la division du noyau en plusieurs amas ; ces derniers restent d’abord unis entre eux (formes mûres ou adultes', puis se séparent complètement, s’arrondissent, et manifestent diverses apparences de karyolyse.

En se basant sur ces constatations, Ouskoff a tenté d’établir une classification des leucocytes en : i° éléments jeunes ; a0 éléments mûrs et 3° éléments ultramûrs. Les jeunes correspondent aux mononucléaires, les mûrs aux polymorphes, et les ultra-mûrs aux leucocytes dont le noyau est divisé en amas complètement distincts. Mais ce mode de maturation ne suit pas une règle absolue. Lorsque le leucocyte mûrit et que son noyau se divise en plusieurs fragments, unis entre eux ou complètement séparés, il n’en résulte pas que ces amas nucléaires forment des noyaux autonomes ; le leucocyte ne devient donc jamais réellement polynucléaire.

Si l’on considère la phagocytose cellulaire comme une fonction qui s’acquiert progressivement, on conçoit que le globule blanc âgé la possède à un degré plus parfait que le leucocyte jeune.

En dehors des groupes de cellules blanches dont on constate dans le sangles formes bien vivantes, on aperçoit aussi des leucocytes en voie de destruction. Telles sont : i° les cellules dont le noyau est en état de karyolyse ou de karvorrhexie, c’est-à-dire divisé en amas anguleux ou en gouttelettes de chromatine (fig- 4~)> el 2° les différentes formes tic dissolution du proloplasma et de la substance nucléaire (leucocytolyse de E. Botkine). Le noyau du leucocyte sain se

Fig. 49. — Leucocytes et érythrocytes présentant des granulations éosinophiles dans la substance du noyau.

Cette constatation prouve que les granulations éosinophiles proviennent, en partie au moins, du noyau. — Grossissement i ooo.

Fig. 48. — Diverses espèces de leucocytes. Les granulations contenues dans leur protoplasma présentent des volumes inégaux et ont une affinité plus ou moins forte pour l’éosine. — Grossissement 1000.

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colore nettement, tandis que celui du globule en karyolyse prend mal les matières colorantes, parce qu’une partie de la nucléine est précipitée. A l'étal normal, on trouve sans doute toujours un certain nombre de leucocytes altérés qui présentent avec plus ou moins de netteté le tvpe de la karyolyse. Toutefois ces formes de désagrégation sont disséminées dans le sang tout entier en faible quantité ; aussi ne les voit-on en abondance que dans divers états morbides, surtout dans les maladies infectieuses.

On a beaucoup discuté sur l'origine et la nature des granulations leucocytaires. Nous avons déjà signalé l’opinion de Ranvier et d Ehrlich, qui regardent les granulations comme des produits de sécrétion du globule blanc. Ehrlich admet la spécificité de ces granulations, puisqu'il pense que chacune des diverses espèces de leucocytes ne peut former qu’une variété, toujours la même, de ces microsomes intra-cellulaires. Les auteurs qui regardent les leucocytes comme dérivant tous d’une souche commune et ne différant entre eux que par leur âge et leur stade d évolution, ne souscrivent pas à ces conclusions. Le problème a été agité surtout a propos de la nature des granulations dites éosinophiles. Se fondant sur des réactions histochimiques, Sakharoff, Breker, Przevoski, regardent les granulations éosinophiles comme des composés de matières albuminoïdes et de 1er, le métal étant apporte par la substance nucléaire des hématies que les leucocytes engloberaient dans la moelle osseuse. Celte hypothèse s’appuie sur une constatation expérimentale : les bactéries absorbées par certains globules blancs se transforment dans le protoplasma en grains éosinophiles, par exemple la bactéridie charbonneuse (Mesnil). Hardy et Kanthak ont constaté directement la transformation en sphérules éosinophiles d hématies mortes englobées parles leucocytes. Cependant les réactions microchimiques des granulations a, toutes rapprochées qu elles soient de celles de 1 hémoglobine, ne sont pas identiques a elles et Malassez a signalé un caractère différentiel. Si l'on place pendant une demiheure dans l’alcool au tiers une lame de verre tapissée de sang desséché, l’alcool dilué fixe bien les granulations a, qui ensuite seront très bien colorées par 1 éosine, tandis qu'il transforme en détritus le protoplasma des globules rouges.

Beaucoup d’expériences ont été lailes pour pénétrer la nature des leucocytes éosinophiles.

L’introduction sous la peau d’un animal (lapin) de lragments de viande cuite provoque l’apparition d’un grand nombre d éosinophiles ; presque tous les leucocytes qui entourent, pour les dévorer, ces lragments de viande, sont farcis de granulations acidophiles. Les savants de 1 école d’Ehrlich interprètent cette constatation, non pas comme le fait d une formation sur place de granulations éosinophiles dans 1 intérieur <l< s leucocytes, mais comme la démonstration d un appel d origine chimiotactique exercé par le corps étranger sur les cellules éosinophiles du sang et de la moelle des os, appel d’où résulte 1 immigration el 1 accu mulation de ces éléments.

Le nombre proportionnel des diverses espèces de leucocytes subit

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clés variations dans le sang de la circulation générale et dans celui des divers départements vasculaires. Chez l’homme adulte, on trouve d’ordinaire beaucoup plus de globules foliés et polymorphes que de mononucléaires ; sur ioo leucocytes, on compte (Jolly) G5 p. 100 des premiers et et 20 à 3o p. ioo de lymphocytes et de mononucléaires. Eu outre, dans les artères, le nombre des leucocytes lobés augmente, tandis que celui des mononucléaires diminue. D’une façon générale, plus le sang s’éloigne des ganglions lymphatiques et de la moelle osseuse, plus le nombre des polymorphes qu’il contient augmente. Lôwit a trouvé, dans le sang des veines des os, 46 p. 100 de mononucléaires et 53 p. 100 de cellules à noyaux lobés; dans le sang des jugulaires, 23 p. 100 de mononucléaires et 77 p. 100 de lobés ; enfin, dans l’artère crurale, 18 p. 100 de mononucléaires et 81 p. 100 de leucocytes polymorphes. Ces constatations confirment l’hypothèse d’après laquelle les leucocytes foliés seraient des éléments mûrs, car plus on s’éloigne du lieu deformation de ces globules et plus le chiffre des cellules jeunes diminue, tandis que celui des éléments mûrs semble proportionnellement s’accroître.

Le nombre des diverses espèces de leucocytes varie beaucoup, même à l’état normal, suivant l’âge, l’alimentation, la pression sanguine, la rapidité de la circulation et, toutes conditions égales d’ailleurs, suivant le vaisseau qui fournit le sang artériel ou veineux, et même suivant son calibre.

La dilatation ou la contraction des petits vaisseaux cutanés modifient singulièrement la teneur leucocytaire d’un volume donné de sang extrait par une piqûre. Un exemple le démontre : sur une même personne, en apparence bien portante, on fait, à deux minutes d’intervalle, une prise de sang sur un doigt qui a été trempé dans l’eau chaude à 4o degrés et sur un autre qui a été refroidi par une compresse imbibée d’éther; les résultats de la numération totale des leucocytes et les proportions relatives des divers éléments blancs du sang sont les suivants (Chantemesse et Rey) :

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