CAUSES EXTERNES ET INTERNES
dépenses de 1 activité musculaire et intellectuelle péchant par leur exagération ou par leur insignifiance, la maladie ne tarde pas à apparaître. A les considérer au point de vue de leurs qualités propres, les facteurs de maladie dont nous avons parlé ne sont pas par eux-mêmes des agents nocifs; ils ne renferment rien d’essentiellement toxique, rien d’étranger à 1 organisme; ils ne deviennent agents morbides qu’en raison du changement de leurs proportions quantitatives dans le milieu extérieur. On peut donc admettre qu une modification quantitative dans les éléments du monde cosmique qui entourent l’être vivant peut créer un premier groupe de causes de maladies, tandis que le second groupe de causes morbides résidera dans Yaltèration qualitative de ces mêmes éléments Les aliments, 1 eau, 1 air de composition convenable, maintiennent les conditions de la santé moyenne ; qu a ces aliments s’ajoute une substance étrangère qui exerce d une laçon quelconque une action nocive sur des parties isolées de 1 organisme, celle-ci deviendra une cause importante et même prépondérante de 1 apparition de troubles pathologiques dans un organe ou dans 1 économie entière. Cette substance, physiologiquement étrangère, peut appai tenir au monde inorganique ou au monde organisé, d’où la subdivision de cette cause de maladie en deux classes : l’une qui comprend les agents physiques et chimiques, les poussières de l’air, les traumatismes, le* intoxications minérales, etc. ; l’autre qui renferme les parasites d’origine animale ou végétale.
Cependant, les modifications d’ordre quantitatif ou qualitatif que nous avons passées en revue représentent uniquement des causes extern — de maladie. 11 est des causes internes d ont la source est inhérente a 1 organisme lui-même. Il faut placer au premier rang l'hérédité. A côté d elle se range une série de malformations, nanisme et gigantisme, anomalies de développement, etc., qui tiennent à des conditions encore imparfaitement connues de l’organisation même de l’individu, du développement intra et extra-utérin.
Lnfin, nombre d états pathologiques, parmi lesquels s’inscrivent les maladies dites de la nutrition, diabète, goutte, obésité, certaines maladies du sang, comme la chlorose, l’anémie chronique, tirent leur origine de causes combinées, externes et internes, sans qu’il soit facile de dire lequel des deux facteurs étiologiques l’emporte. A ce groupe de maladies appartiennent encore les auto-intoxications, l’urémie, le surme-
nage, etc.
L’étude des causes des maladies s’appelle étiologie pathologique (ài-ia== cause) et la connaissance du mécanisme suivant lequel agissent ces causes et se déroule la maladie constitue la pathogénie (y£veai; = genèse).
D après la classification que nous proposons, l’étiologie comprend
É TIOLOGIE GÉ S Éü A LE UES MALADIES
trois classes de maladies, suivant (|ue les causes sont d’origine externe, interne ou combinée.
conditions ordinaires qui permet-
aj action des agents pathogènes non organisés.
b) action des agents pathogènes organisés = parasites végétaux et animaux.
A côté des causes primordiales ou déterminantes des maladies, il faut placer les causes secondes, celles qui par elles-mêmes sont incapables de créer la maladie, mais qui exercent, pour assurer sa réalisation, une influence parfois capitale : on les nomme causes prédisposantes. Pour une raison quelconque, et variable suivant les cas, elles mettent obstacle à l’adaptation défensive de l’organisme, à l'accommodation des réactions internes aux actions externes. Parmi ces causes prédisposantes, il faut citer l’influence de l’âge, du sexe, des races, de l’obésité, de certaines prédispositions permanentes ou momentanées de l’organisme. 11 faut signaler également la fragilité particulière qui résulte de la vieillesse, de la convalescence, de la puerpéralité, de la dépression morale et d autres causes encore qui favorisent puissamment l’éclosion des maladies infectieuses, telles que le froid, la fatigue, l’encombrement, la misère physiologique, etc.
L’influence des causes prédisposantes est si grande pour la réalisation de la maladie, que, très souvent, les agents pathogènes seuls, sans le secours de ces causes, ne peuvent provoquer la maladie. Des modilications insignifiantes dans la composition du monde extérieur peuvent, au contraire, aboutira faire éclore la maladie, pourvu qu elles rencontrent chez la victime soit une prédisposition personnelle, soit 1 intervention d’éléments qui créent celte prédisposition. Qui ne connaît la sensibilité de certaines personnes vis-à-vis du refroidissement et les suites qui en découlent! On peut dire qu’en dehors de l’action de germes pathogènes puissants par leur nombre ou leur virulence, la maladie infec-
/ I. Variations dans la quantité de lent la santé.
CAUSES