CHAPITRE VI
TROUBLES ATROPHIQUES DE LA NUTRITION CELLULAIRE (Suite) DÉGÉNÉRESCENCE GRAISSEUSE
La dégénérescence graisseuse a ce point de ressemblance avec la dégénérescence glycogénique que, dans l’un et l’autre cas, l'albumine organisée se transforme pendant la vie en un corps non azoté.
La dégénérescence graisseuse du protoplasma est une des formes d’altération anatomique les plus fréquentes; elle peut accompagner la tuméfaction trouble, la dégénérescence granuleuse et aussi les dégénérescences muqueuse, colloïde et même bydrocarbonée. Dans ces divers cas, au milieu du protoplasma modifié apparaissent de très petites granulations qui sont chimiquement des triglycérides d’acides gras.
Quand elle n’apparaît que sous la forme d’un phénomène accompagnant les autres lésions dégénératives, elle ne se manifeste pas avec évidence et ne force pas l’attention attirée ailleurs par la présence des désordres atrophiques prédominants ; mais elle peut exister comme une variété autonome du trouble régressif. Elle occupe même, par sa fréquence, la première place parmi les altérations dégénératives.
Le processus chimique de la transformation de l’albumine en graisse n est pas jusqu’à présent entièrement élucidé. Le radical graisse ne semble pas préexister dans la molécule d’albumine ; sa formation ne peut donc être la conséquence d’une simple décomposition de l’albumine : elle est le produit de l' activité vitale du protoplasma. Aussi ne semble-t-il pas que la graisse puisse se former au sein du protoplasma mort; sa naissance est toujours la traduction d’un acte réactionnel de la matière vivante.
La formation de la graisse aux dépens de la matière albuminoïde est un fait prouvé par une série d’expériences et ne soulève plus aucun doute. Composée de trois éléments, C, Il et O, elle ne renferme ni Az, ni S dans sa molécule. Il s’ensuit que, dans la transformation d’une molécule