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qui accompagnent le processus de l'ossification normale des cartilages et du tissu conjonctif. La trame des cartilages s’imprègne de très minimes granulations de phosphate acide et de carbonate de chaux, grâce auxquelles elle change d’aspect : d’uniforme et mate, elle devient brillante
et finement granuleuse. Peu à peu, les grains de calcium entrent dans une combinaison, mal définie chimiquement, avec l’albumine de la trame londamentale. Ils disparaissent pour former une substance osseuse dure dans laquelle toute trace des granulations fait défaut. Mais le processus d imprégnation de la base cartilagineuse par le calcium, c’est-à-dire la précipitation dans ces régions de sels tenus jusque-là en solution dans les plasmas, a été précédé et commandé par des phénomènes d’atrophie survenus dans la substance mémo du cartilage. Le relâchement et la division de la substance hyaline, la mort des cellules cartilagineuses ont été des actes précurseurs.
Le fait anatomique observé par L. Neymann, visant les rapports particuliers entre le système vasculaire et les premiers points d’ossifi- < dtion, intéressent le pathologiste. Neymann a vu que les capillaires artériels qui amènent le sang à la région ossifiée ont un faible calibre, tandis que les veines qui en partent sont très larges. Celte disposition facilite le ralentissement de la circulation et prédispose au développement d altérations régressives dans la substance fondamentale du cartilage. Le lait qu il su r\ ient alors des changements de la substance albuminoïde du cartilage se manifeste visiblement par des modifications dans Je mode de coloration de ces parties, sous l’influence de diverses teintures. En effet, les régions ossifiées s’emparent de couleurs qu’elles ne fixaient pas avant 1 ossification (hématoxyline, indigo, carmin et plusieurs couleurs d’aniline, et, d’une manière générale, tous les colorants du noyau). La teinte n est pas due à la présence des grains de calcium; elle apparaît de la façon la plus nette quand la chaux a été éliminée des régions ossifiées.
Le processus de la calcification sénile des cartilages peut être considéré tomme un stade transitoire entre les dépôts physiologiques et pathologiques des sels de calcium. La nature intime du processus est celle de l’ossification normale. En divers points des cartilages (larynx, etc.) apparaissent de petites granulations de calcium qui peu à peu forment des plaques calcaires. Le ralentissement de la circulation, dû à l’affaiblissement du cœur, à l’artériosclérose, contribue sans doute à assurer l'ossification des cartilages, en dehors même des lésions des tissus (condensation, ratatinement) qui sont le propre de la vieillesse.
Le dépôt pathologique des sels de ch aux représente une altération anatomique fréquente. Il s’observe dans tous les cas où, la nutrition des
Chantemesse et Podwyssotsky. Processus généraux. 10
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lissus cl leur fonctionnement étant profondément affaiblis, le courant sanguin apporte à res éléments en nécrobiose «les combinaisons organiques de Ca et Mg, des phosphates et des carbonates calcaires. Le pouvoix- que possédaient jusqu’alors les éléments des tissus d’assimiler ces sels et de les faire entrer en combinaison avec la matière albuminoïde, est détruit. La chaux se dépose dans les cellules et dans les tissus, sous la forme de très lins granules de phosphate et de carbonate basiques. La nature chimique intime de ce processus n est pas encore élucidée jusqu’à présent. On ignore en effet les étapes des mutations minérales alealino-terreuses dans l’organisme; on connaît imparfaitement les formes sous lesquelles ces sels sont absorbés par le tube digestif et circulent dans le sang. Les combinaisons organiques de calcium et de magnésium (albuminates, saccharates, lactates, glycérophosphates, etc. jouent un rôle important dans les échanges de ces sels. Leur précipitation dans les tissus se produit, semble-t-il, bien plus souvent, sous l’influence d’une dislocation de ces combinaisons, provoquée elle-même par l’affaiblissement du processus vital, que par le fait du passage à l’état basique de sels inorganiques acides et neutres. Si la précipitation des sels alcalino-terreux dans les tissus reconnaissait pour cause la transformation des phosphates et des carbonates solubles en sels insolubles, ce phénomène ne pourrait avoir lieu dans les régions engorgées par une stase veineuse; les sels basiques insolubles ne tarderaient pas à passer de nouveau, sous l influence île 1 excès il acide carbonique, à l’état de sels solubles. Or les régions qui sont le siège il une stase veineuse ne sont pas exemptes de dépôts calcaires. La condition essentielle de la précipitation des métaux alcalino-terreux dans les (issus vivants ne réside donc pas dans la pauvreté de ces derniers en acide carbonique , mais bien dans la stabilité variable des combinaisons organiques du calcium d du magnésium effectuées par le protoplasme vivant, (.elle stabilité est. vraisemblablement, sous la dépendance île l’intensité des processus d’oxydation et de réduction dans la cellule même. Les causes qui président au dépôt de sels calcaires dans les tissus morts et dans les cavités reconnaissent sans doute un autre mécanisme pathogénique.
L’incrustation calcaire s’exerce dans les tissus vivants et dans les tissus morts ; elle peut aussi se montrer dans les diverses cavités du coi ps. Les sels précipités se présentent alors sous la forme d’agglomérations plus ou moins volumineuses, désignées sous le nom de concrétions ou de calculs, lesquels reproduisent parfois le moule «h-s cavités qui les renferment.
La calcification des parties vivantes apparaît a la suite d un trouble primitif de la nutrition des tissus et de l’aflaiblissement de leur energie
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vitale, ou bien, phénomène plus rare, elle est le résultat de la richesse excessive .le l’organisme en matière calcaire cl de la sursaturation du sang. Dans le premier cas , la précipitation de la chaux a un caractère de distribution limitée, elle ne s’exerce que dans un système de tissus; (tans le second , le dépôt calcaire se généralise et marque son empreinte en plusieurs régions du corps.
Provoquée par des conditions parement locales , la calcification s’observe principalement dans la substance interstitielle, le long du trajet des fibrilles et des fibres conjonctives. Elle se rencontre aussi dans les cellules, mais en général elle montre une prédilection pour les éléments du mésoderme. A ces groupes de calcification appartiennent l’incrustation des cartilages et des muscles autour des foyers de stase veineuse et d’inflammation chronique; les dépôts calcaires dans les ganglions lymphatiques, dans les valvules cardiaques, dans les parois des grandes artères (athéromasie), dans les régions qui ont subi l'épaississement préalable inflammatoire et la dégénérescence hyaline; dans le poumon atteint de tuberculose, dans l’atrophie régressive des néoformations tuberculeuses et, parfois, dans les lésions qui font suite aux inflammations catarrhales du poumon [phtisie calculeuse). La calcification peut aussi atteindre certaines régions des tumeurs pauvres en vaisseaux (fibromes, chondromes, myomes, lymphomes, lipomes, etc.). Les dépôts calcaires se rencontrent plus rarement dans les éléments parenchymateux, dans l'épithélium rénal, dans les régions atteintes de nécrose de coagulation, nécrose provoquée par l’arrêt temporaire de la circulation, ou bien par une maladie infectieuse ou encore par l’action de substances toxiques diverses (sublimé, glycérine, etc.). L’incrustation peut aussi se manifester dans les cellules nerveuses, à la périphérie des foyers de ramollissement et d’encéphalite.
Dans tous ces cas, l'affaiblissement de la nutrition, la dégénérescence parenchymateuse et hyaline des éléments des tissus, atteignant presque les limites de la gangrène, précèdent la formation des dépôts calcaires. Le rapport intime qui existe entre la calcification et la dégénérescence parenchymateuse est surtout visible dans l’épithélium rénal en cas d’intoxication par le plomb (Charcot et Gombault), par le sublimé, et sous 1 influence des troubles nutritifs provoqués par l’arrêt temporaire du courant sanguin (Litten, Kaufmann, Neubekger, et.'.). L’imprégnation par les sels calcaires n’a lieu .pie dans les cellules amenées préalablement jusqu’à un certain degré de dégénérescence, presque à la limite de la mortification. Les expériences de Werra ont montré .pie les sels calcaires peuvent se déposer dans l’épithélium vivant et .pie la mortification cellulaire n’a pas besoin d’être réalisée pour .pie l'imprégnation
TROUBLES ATROPHIQUES 1)E la nutrition cellulaire
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calcique s'exerce. Cet auteur a établi que l’incrustation calcaire de l'épithélium rénal peut être temporaire. L’arrêt de la circulation pendant une heure assure cette calcification, laquelle peut disparaître au bout de deux semaines, quand la circulation normale a été rétablie. Cependant, la restitution intégrale n’est possible que dans les premiers stades de la calcification, lorsque les granulations calcaires ne se sont déposées que dans le paraplasme du corps cellulaire, que le noyau conserve encore sa sensibilité à l’égard des matières colorantes et que le protoplasme proprement dit est encore vivant. Dans le cas contraire, quand la cellule a été profondément altérée à la suite d’un arrêt prolongé de la circulation, la pétrification s’exerce pleinement et amène avec elle la cessation de toutes les fonctions vitales et la transformation morphologique des cellules. A la place de celles-ci gisent des concrétions calcaires.
Les rapports qui unissent la calcification et la dégénérescence hyaline n’apparaissent nulle part avec plus d’évidence que dans les dépôts calcaires des parois artérielles. Les plaques scléreuses dégénérescence hyaline! subissent l’incrustation de la chaux et se transforment progressivement en lamelles d’apparence ossiforme. Lorsque le dépôt calcaire est accompagné d’une dégénérescence graisseuse des cellules conjonctives et des fibres de la paroi vasculaire, on voit apparaître au centre de la lésion une bouillie formée de granulations pierreuses et de détritus graisseux (f( àôâpa = bouillie), a laquelle son apparence a lait donnei le nom d 'athérome. Cette bouillie peut s’effriter, tomber dans la lumière du vaisseau, laisser des perles de substance de la paroi vasculaire, provoquer la formation d’anévrysmes et donner lieu parfois a des phénomènes emboliques.
Dans la vieillesse, domaine de l’artériosclérose, chez 1 adolescent et l’homme adulte, chez les intoxiqués par l’alcool, chez les patients atteints de maladies constitutionnelles ou toxiques (saturnisme, etc. , le dépôt calcaire des parois vasculaires constitue une lésion fréquente qu on 1 encontre en diverses régions. Certaines ramifications vasculaires se transforment en des tubes rigides qui donnent au doigt qui les presse une sensation de dureté toute spéciale.
Pour cpie la calcification des parois vasculaires se produise, il ne suffit pas, comme le montre l’exemple de l’ostéomalacie, que le sang contienne des sels calcaires en excès. En effet, la cause de 1 incrustation des plaques scléreuses des vaisseaux résidé essentiellement dans 1 alteration locale, dans la nécrobiose limitée des parois artérielles fiappées de dégénérescence hyaline. La surcharge du sang en sels calcaires est impuissante à elle seule à provoquer le dépôt des matières minérales dans les tissus, sous forme de combinaisons insolubles : pour que le